F.A.M.A.S « Est Imperare Orbi Universo » (2008)

D'une crasse à dégueuler tripes et boyaux, empreint de cette ultra violence absolue, perpétuellement poursuivie crescendo par les rats de la pire espèce mais, hélas et bien souvent, que trop présomptueusement scandée par les bestiaires de l'underground... et, en conséquence, colossal, en son temps, d'un karma réellement vénéneux, dangereux, surtout à notre misérable, esthète et bien coincée du cul, échelle française, Cantus Bestiae fit partie de ces choses au contact desquelles je laissa une partie de mon âme. Indéniablement.
Intégriste sans pour autant susciter la moindre passerelle avec des influences évidentes, d'une intensité m'ayant quasiment fait entrevoir les colonnes aussi froides qu'ardentes du Séjour Des Morts au chapitre de l'expérience live, Inkisitor provoqua en moi la résurgence d'arcanes que, en terme de densité, d'atmosphère abrasive, d'obscurantisme Old School, quasi War Metal par instants, je cru à jamais enfouies depuis les « Rekordin 2000-1 » ou « In Sperma Infernum » de qui l'on sait, et, je pèse mes mots.
Aussi, lorsque Impia Fraus, bassiste de ces deux entités, me parla pour la première fois de F.A.M.A.S. , side project dont la genèse intervint entre un ultime cantique bestial, et l'inquisitrice renaissance du plus immuable mal, autant dire que, d'ores et déjà, mon sang ne fît qu'un tour. Mais, lorsqu'il fut concrètement question de mettre fin à de bien trop chaotiques années pour arracher la bête au misérable destin de projet voué à ne jamais voir le jour qui l'accablait, autant dire que tout l'effort de guerre de R.U. se vît mobilisé.


Les mièvreries pastorales, F.A.M.A.S. les noie sous l'huile grumeleuse de tout un détachement de Neubaufahrzeug fraîchement vidangés. Les volatiles pédants en faisant l'ode pompeuse F.A.M.A.S. les gave de Kampfstoff LOST.
Les aberrations chétives, F.A.M.A.S. les décore d'une Rosa Winkel pour mieux lubrifier au napalm leurs nécessiteuses alcôves.
L'inoffensif putsch des évolutionnistes de salons de thé, F.A.M.A.S. le contemple à peine rassasié à la lueur de l'autodafé.
Pour citer son commanditaire : "F.A.M.A.S. n'est pas du Black Metal stricto-sensu. Musicalement, il s'en approche, mais les textes traitent uniquement de la guerre. Une sorte de contemplation de différentes scènes. Un peu comme un documentaire descriptif où corps calcinés, lambeaux de chairs s'entremêlent avec la terre, l'acier et le sang dans une sculpture organique" et, c'est ainsi que "Air Aces War" inaugure donc, sans courtoisie aucune, prés de quinze minutes d'une furie ascensionnelle avant l'explosion du néant. Un simple quart d'heure, certes, mais se vivant tel la sensation d'une injection oxygénée remontant inexorablement vers les cavités d'un palpitant en panique.
Des guitares nerveuses telles les cabines disloquées d'un Messerschmitt en proie au mal de l'altitude, consommant, dans le désespoir, le cri des derniers barbares, délivrant des riffs systématiquement tranchant comme autant de carcasses de Spitfires fendant inexorablement Stratocumulus et autres Cumulonimbus ensanglantés vers la débâcle civile. Une basse, l'on s'en serait douté, bien présente, qui, toute en toniques crépitements, s'érige tel le chant lointain & sourd de toute une chiée de batteries D.C.A. aussi consciencieuses que débordées. Une programmation rythmique sans artifices, mais, qui soignée, dense et réaliste transcende ce tonnerre saturé vers le firmament du foutrique en tant que vecteur de totalitarisme glacial.
Enfin, une voix rampante, définitivement spectrale, qui ne prévient pas à la façon d'un lâcher de bombe que l'on devine au dernier moment s'abattre sur sa chaumière. Beaucoup la jugeront probablement trop en retrait dans le mixage pour le genre, d'autres, tels que moi, aviveront, nostalgiques, la mémoire d'un certain Ross Bay Cult...

Ce premier track en fout plein la gueule. Représentatif d'un ensemble se voulant puissamment homogène, il n'ôte pas pour autant tout effet de surprise à la suite des hostilités. Ainsi, si, de prime abord, "War For Blood" explose dans la parfaite lignée blastée de son prédécesseur, il ne tarde pas, redoublant, en des structures improbables / non conventionnelles en terme de tempos & bien au delà du basique mid tempo ou autre archi convenu roulement de caisse cérémonials, de déclinaisons martiales à tiroirs, portées par une double plus aveugle qu'un déploiement de fantassins dopés au schnaps, d'où s'élèvent des mélodies d'une véhémence dictatoriale, à démontrer que toute rapidité supersonique qui soit n'est pas fondamentalement porteuse d'agression, que le matraquage peut revêtir bien des visages.
Riche mais cohérent, tout en relief mais brutal en toutes circonstances, ce track est à mon sens le plus aboutit de la galette ; Matérialisation auditive d'un décharné Einsatzgruppen sans nom, criminel et en ligue contre sa propre espèce, marchant, hypnotique et froid, sur un monde en ruine et cendres, admirant parmi les brasiers la perfection d'un crépuscule sans lendemain, sondant de leurs baïonnettes rivières de sangs et charniers ; Explosant littéralement à l'odeur, vue ou ouïe du moindre résidu de vie...

... Vie que F.A.M.A.S. méprise, nie et dégrade.
Là où, chaque jour passant m'amène, aux détours de vaseux forums de discussions quand ce n'est pas aux hasards de rencontres plus réelles, au dépité constat d'une plèbe métalloïde ne cultivant plus qu'une haine de façade, un dégoût esthétique, somme toute d'un résidu de wanabees, ou, bien pire encore, de personnes respectées, s'offusquant de propos trop hargneux, radicaux et, tentant de se rassurer comme il le peut entre les pages de "l'imaginaire metal", torchure en puissance... "Under Attack" transpire de salvatrices images d'Epinal :
Célébration des râles baveux, des léthargiques convulsions purulentes d'une enfant immolée qui, aux portes de la démence, implore à la tête décapitée de son père d'abréger ses souffrances ; Ode à la beauté d'une femme gisant égorgée, dont l'abdomen, jadis berceau d'espoir, ne laisse plus, aujourd'hui criblé et souillé, filtrer qu'une larme informe de liquide amniotique ensanglanté ; Jugement du jeune homme, aussi hagard que pathétique, tentant, sanglotant de ses yeux arrachés, se traînant sur ses jambes disloquées, d'extraire du tombeau de gravats insalubres celle qui lui fut jadis promise... Perdition dans les miasmes d'un tunnel au bout duquel rien ne teintera jamais plus.

Enfin, alors que le spectre d'un War Metal de tradition semble actuellement ressurgir en grande pompes des tréfonds de l'underground, chose dont je ne saurais me plaindre s'il n'en résultait, que trop souvent, pas tant de fantaisies second degré type "nous sommes nés pour idolâtrer la vengeance du bouc nucléaire" ou autres "seul l'uranium du bouc nécromantique est réel", le duo Impia Fraus [Vox & Lyrics / Basse / Concept / Musique] & K.W. [Guitares & Programmation] en reste, inflexible, à l'essentiel avec un "Warfront" qui; à l'image des salves le précédent et, dont il parachéve l'impact, ne souffre d'aucunes failles.
An Ending In Fire en régles, condamnant son auditoire à l'impitoyable morsure d'une vertigineuse désolation hivernale, laissant toute gueule cassé destinée à survivre à boue, froid et rats, en droit d'espérer que, sans trop longue trêve, neige devienne cendres pour une résurgence totalement irradiée,prompte à la happer sous les faisceaux d'une couche d'ozone dévorée d'ultraviolets cancérigènes, la confronter à toute la démesure d'un embrasement des ressources vitales et technologiques, la mesurer au givre moribond, nocif et durable d'une nouvelle ère obscure, lui faire entrevoir l'effondrement des nomenclatures politiques et sociales, l'obsolescence des devises, le démantèlement des structures de soins, la corruption des polices, des armées, la famine...
Mon royaume pour la stérilité intronisée, la destruction pure et simple de notre civilisation, le Chaos suprême...

Sperm. S.

TRACKLIST

I) Air Aces War
II) War For Blood
III) Under Attack
IV) Warfront


Durée totale : 14:18 mn

Pro CD-r ltd to 500 copies. 5 € Post Paid.
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