D'une
crasse à dégueuler tripes et boyaux, empreint de cette
ultra violence absolue, perpétuellement poursuivie crescendo
par les rats de la pire espèce mais, hélas et bien
souvent, que trop présomptueusement scandée par les
bestiaires de l'underground... et, en conséquence, colossal,
en son temps, d'un karma réellement vénéneux,
dangereux, surtout à notre misérable, esthète
et bien coincée du cul, échelle française,
Cantus Bestiae fit partie de ces choses au contact desquelles je
laissa une partie de mon âme. Indéniablement.
Intégriste sans pour autant susciter la moindre passerelle
avec des influences évidentes, d'une intensité m'ayant
quasiment fait entrevoir les colonnes aussi froides qu'ardentes
du Séjour Des Morts au chapitre de l'expérience live,
Inkisitor provoqua en moi la résurgence d'arcanes que, en
terme de densité, d'atmosphère abrasive, d'obscurantisme
Old School, quasi War Metal par instants, je cru à jamais
enfouies depuis les « Rekordin 2000-1 » ou « In
Sperma Infernum » de qui l'on sait, et, je pèse mes
mots.
Aussi, lorsque Impia Fraus, bassiste de ces deux entités,
me parla pour la première fois de F.A.M.A.S. , side project
dont la genèse intervint entre un ultime cantique bestial,
et l'inquisitrice renaissance du plus immuable mal, autant dire
que, d'ores et déjà, mon sang ne fît qu'un tour.
Mais, lorsqu'il fut concrètement question de mettre fin à
de bien trop chaotiques années pour arracher la bête
au misérable destin de projet voué à ne jamais
voir le jour qui l'accablait, autant dire que tout l'effort de guerre
de R.U. se vît mobilisé.
Les mièvreries pastorales, F.A.M.A.S. les
noie sous l'huile grumeleuse de tout un détachement de Neubaufahrzeug
fraîchement vidangés. Les volatiles pédants
en faisant l'ode pompeuse F.A.M.A.S. les gave de Kampfstoff LOST.
Les aberrations chétives, F.A.M.A.S. les décore d'une
Rosa Winkel pour mieux lubrifier au napalm leurs nécessiteuses
alcôves.
L'inoffensif putsch des évolutionnistes de salons de thé,
F.A.M.A.S. le contemple à peine rassasié à
la lueur de l'autodafé.
Pour citer son commanditaire : "F.A.M.A.S. n'est pas du Black
Metal stricto-sensu. Musicalement, il s'en approche, mais les textes
traitent uniquement de la guerre. Une sorte de contemplation de
différentes scènes. Un peu comme un documentaire descriptif
où corps calcinés, lambeaux de chairs s'entremêlent
avec la terre, l'acier et le sang dans une sculpture organique"
et, c'est ainsi que "Air Aces War" inaugure donc, sans
courtoisie aucune, prés de quinze minutes d'une furie ascensionnelle
avant l'explosion du néant. Un simple quart d'heure, certes,
mais se vivant tel la sensation d'une injection oxygénée
remontant inexorablement vers les cavités d'un palpitant
en panique.
Des guitares nerveuses telles les cabines disloquées d'un
Messerschmitt en proie au mal de l'altitude, consommant, dans le
désespoir, le cri des derniers barbares, délivrant
des riffs systématiquement tranchant comme autant de carcasses
de Spitfires fendant inexorablement Stratocumulus et autres Cumulonimbus
ensanglantés vers la débâcle civile. Une basse,
l'on s'en serait douté, bien présente, qui, toute
en toniques crépitements, s'érige tel le chant lointain
& sourd de toute une chiée de batteries D.C.A. aussi
consciencieuses que débordées. Une programmation rythmique
sans artifices, mais, qui soignée, dense et réaliste
transcende ce tonnerre saturé vers le firmament du foutrique
en tant que vecteur de totalitarisme glacial.
Enfin, une voix rampante, définitivement spectrale, qui ne
prévient pas à la façon d'un lâcher de
bombe que l'on devine au dernier moment s'abattre sur sa chaumière.
Beaucoup la jugeront probablement trop en retrait dans le mixage
pour le genre, d'autres, tels que moi, aviveront, nostalgiques,
la mémoire d'un certain Ross Bay Cult...
Ce premier track en fout plein la gueule. Représentatif d'un
ensemble se voulant puissamment homogène, il n'ôte
pas pour autant tout effet de surprise à la suite des hostilités.
Ainsi, si, de prime abord, "War For Blood" explose dans
la parfaite lignée blastée de son prédécesseur,
il ne tarde pas, redoublant, en des structures improbables / non
conventionnelles en terme de tempos & bien au delà du
basique mid tempo ou autre archi convenu roulement de caisse cérémonials,
de déclinaisons martiales à tiroirs, portées
par une double plus aveugle qu'un déploiement de fantassins
dopés au schnaps, d'où s'élèvent des
mélodies d'une véhémence dictatoriale, à
démontrer que toute rapidité supersonique qui soit
n'est pas fondamentalement porteuse d'agression, que le matraquage
peut revêtir bien des visages.
Riche mais cohérent, tout en relief mais brutal en toutes
circonstances, ce track est à mon sens le plus aboutit de
la galette ; Matérialisation auditive d'un décharné
Einsatzgruppen sans nom, criminel et en ligue contre sa propre espèce,
marchant, hypnotique et froid, sur un monde en ruine et cendres,
admirant parmi les brasiers la perfection d'un crépuscule
sans lendemain, sondant de leurs baïonnettes rivières
de sangs et charniers ; Explosant littéralement à
l'odeur, vue ou ouïe du moindre résidu de vie...
... Vie que F.A.M.A.S. méprise, nie et dégrade.
Là où, chaque jour passant m'amène, aux détours
de vaseux forums de discussions quand ce n'est pas aux hasards de
rencontres plus réelles, au dépité constat
d'une plèbe métalloïde ne cultivant plus qu'une
haine de façade, un dégoût esthétique,
somme toute d'un résidu de wanabees, ou, bien pire encore,
de personnes respectées, s'offusquant de propos trop hargneux,
radicaux et, tentant de se rassurer comme il le peut entre les pages
de "l'imaginaire metal", torchure en puissance... "Under
Attack" transpire de salvatrices images d'Epinal :
Célébration des râles baveux, des léthargiques
convulsions purulentes d'une enfant immolée qui, aux portes
de la démence, implore à la tête décapitée
de son père d'abréger ses souffrances ; Ode à
la beauté d'une femme gisant égorgée, dont
l'abdomen, jadis berceau d'espoir, ne laisse plus, aujourd'hui criblé
et souillé, filtrer qu'une larme informe de liquide amniotique
ensanglanté ; Jugement du jeune homme, aussi hagard que pathétique,
tentant, sanglotant de ses yeux arrachés, se traînant
sur ses jambes disloquées, d'extraire du tombeau de gravats
insalubres celle qui lui fut jadis promise... Perdition dans les
miasmes d'un tunnel au bout duquel rien ne teintera jamais plus.
Enfin, alors que le spectre d'un War Metal de tradition semble actuellement
ressurgir en grande pompes des tréfonds de l'underground,
chose dont je ne saurais me plaindre s'il n'en résultait,
que trop souvent, pas tant de fantaisies second degré type
"nous sommes nés pour idolâtrer la vengeance du
bouc nucléaire" ou autres "seul l'uranium du bouc
nécromantique est réel", le duo Impia Fraus [Vox
& Lyrics / Basse / Concept / Musique] & K.W. [Guitares &
Programmation] en reste, inflexible, à l'essentiel avec un
"Warfront" qui; à l'image des salves le précédent
et, dont il parachéve l'impact, ne souffre d'aucunes failles.
An Ending In Fire en régles, condamnant son auditoire à
l'impitoyable morsure d'une vertigineuse désolation hivernale,
laissant toute gueule cassé destinée à survivre
à boue, froid et rats, en droit d'espérer que, sans
trop longue trêve, neige devienne cendres pour une résurgence
totalement irradiée,prompte à la happer sous les faisceaux
d'une couche d'ozone dévorée d'ultraviolets cancérigènes,
la confronter à toute la démesure d'un embrasement
des ressources vitales et technologiques, la mesurer au givre moribond,
nocif et durable d'une nouvelle ère obscure, lui faire entrevoir
l'effondrement des nomenclatures politiques et sociales, l'obsolescence
des devises, le démantèlement des structures de soins,
la corruption des polices, des armées, la famine...
Mon royaume pour la stérilité intronisée, la
destruction pure et simple de notre civilisation, le Chaos suprême...
Sperm. S.
TRACKLIST
I) Air
Aces War
II) War For Blood
III) Under Attack
IV) Warfront
Durée totale : 14:18 mn

Pro CD-r ltd to 500 copies. 5 € Post Paid.
Trades are Welcome.

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