SILCHARDE « I
Love... My Death » (2006)
Moi
qui pris pour habitude de ne plus espérer qu’un modeste festival
Lochois / Tourangeau puisse amener à de quelconques intéressantes
rencontres, l’édition 2006 du Grindzor fest me mena de surprises
en surprises, puisque, alors qu’embusqué derrière notre
stand I.H.T.D., je m’affairait à pousser tout les prépubéres
semblant de métalheads présents à cracher leurs
embourgeoisés deniers familiaux pour financer l‘effort de guerre,
je fis, entre autres, connaissance, au détour du dernier Melek
Tha, avec le géniteur de Silcharde, projet solitaire estampillé
« Degenerated Sado Noise ». Quelques binouses et écoutes sommaires de ses travaux plus tard, je décida de pousser le vice pour finalement en arriver à sortir chez nous ce « I Love… My Death », première démo du nom, semble t-il. Bien indifférent à tout constructivisme harmonique, toute démonstration stylistique d’une futilité racoleuse, « I Love… My Dying Breath », premier track de cette galette fleuve, impose le ton d’un modus operandi d’un minimaliste sinistre. Le silence éthéré ouvrant le bal se plie rapidement aux faveurs d’un vaste bruit blanc qui, retentissant tel le concassage sourd de je ne sais quel nourrisson des familles dont la carcasse aurait été oubliée, entre deux seaux de boulons, à même le tambour d’une machine à laver en position essorage, se veut digne des plus lobotomisés & manipulateurs instants de MZ 412. Peu à peu d’intenses pulsations aux allures de battements cardiaques tressaillant aux confins de la dislocation se soulèvent, pour en arriver à la fracture. Fracture nécessaire, inévitable mais pas pour autant synonyme d’accalmie puisqu’un enfer laxatif de sonorités rampantes, abyssales, subconscientes et à l’agonie s’élèvent avec son retentissement avant de finir par mourir, dans la longueur, sur une âpre odeur de damnation. C’est avec « I Love… My Void » que la mention « Sado » auto-apposée à l’étiquette de cette diarrhée sonore commence réellement à se faire sentir. Une trame de fond antalgiquement scabreuse, d’une discrète dissonance tourbillonnante, inspirant le vertige d’une prude jouvencelle qui, au crépuscule de son rapt, reviendrais peu à peu à elle dans la moiteur rance et parasitée d’un friche industriel irradié, pour endurer sa mortelle souillure… ultime achèvement d’une existence trop candide. Le stupre s’instaure au fur et à mesure, et avec lui, d’informes plaintes, de suppliciées clameurs hurlées ne tardent pas à suggérer une innocence vouée à lâcher prise sous l’acharnement d’un criminel sadisme collectif. Il n’est pas rare, au cœur du vicié maëlstrom, de se laisser heurter par la résurgence de stridentes ampleurs métalliques, comme si l’atrocité de l’échange fluides / coups ne suffisait plus aux tortionnaires, que la substitution du vît par l’acier s’imposait tel un corollaire à la jouissance. Après une incantation aussi difforme que malsaine semblant en rappeler à la nature profonde et au passé baigné dans l’occultisme du géniteur de Silcharde, « I Love… My Madness » s’inscrit, en parfait accord avec son appellation, dans la droite continuité de son prédécesseur, comme par goût perfectionniste face à une inavouable besogne inachevée. L’on y retrouve cette toile de fond insondablement vertigineuse, ses étiolements verbaux, ses bourdonnements stridents mais, des sonorités instables semblables à une programmation rythmique branchée sur distos / effets divers ainsi que des envolées de sons tonalement déclinés de manière plus qu’improbable, à la façon d’imperceptibles notes de guitare que l’on glisserait du haut du manche jusqu’à la dernière frette et inversement, viennent rythmer l’ensemble de façon très rituelle, pour ne pas dire tribale. Juste avant de pénétrer des sphères insoutenables survient un silence fragile, laissant l’auditoire seul avec les pleurs émanant des viandes martyrs ; Derniers souffles accompagnés par le retour de l’incantation fondamentale et, autres râles glauques résonnant tels des semblant de satisfactions en proie aux éjaculations rédemptrices. Retour à plus de minimalisme, pour ne pas dire au primitivisme régressif le plus absolu, avec un « I Love… My Hate », inspiration ô combien foutrique et appréciée du côté de R.U, articulé autour d’une monotonie de réverbérations croupissantes, probablement proches de ce que certains associent à la musique Drone, sporadiquement concassés d’imprévisibles hurlements, de brusque et écorchées impulsions non identifiées. L’on imaginerait presque assister à la douloureuse resocialisation d’un maniaque sexuel qui aurait subit concomitamment une castration chimique et une lobotomie, pour ce track m’insufflant personnellement le spectre d’une fantasmagorique orgie auditive entre les instants les plus dépouillés des longitudinaux travaux expérimentaux de Cowell sur son « The Banshee » et les choses les plus inquiétantes, hermétiques qu’ait pu produire Emit. Sur ces derniers souffles aux allures de douce interlude, Silcharde en revient à plus de densité vomissant une mixture toujours plus atroce qui ne le quittera plus jusqu’au terme de ce premier affront entre un « I Love… My Blood » qui, de part un synthétismes anti-mélodiques grotesque dans son jusqu’au-boutisme, ses compressions pulsatives vomitives, ses miasmes de sonorités quasi schizophrènes en leur contrastes type Stigma Diabolicum et, ses cycles vocaux moribonds, se subit comme pourrait l’être un éventuel hommage de Stalaggh aux affres barbacanes d’une loge satanique clandestine… Un « I Love… My Decrepitude » qui, entremêlant inspirations Harsh Noise, larsens meurtriers et abandons suicidaires très Dark Ambiant se déguste comme je ne sais quel speed-ball anxiolitique / ecstasy jusqu’à l‘explosion, blastée, finale… Un « I Love… My Shit », enfin, semblant nous plonger dans les geôles tourmentées d’un camp de la Mort, bercées par le vrombissement proche de je ne sais quelle roulette chirurgicale et les lamentations sacrifiées de je ne sais quel cachectique cobaye voué au charnier. Enter The Madness If You Dare… Not For Trendy Ears… Sperm. S. TRACKLIST
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