Une
année, scellée à même le sang et la sueur
les plus abrasifs, s’est écoulée depuis l’avènement
d’un « A Prelude To The End » en son temps unanimement
salué, hormis, bien évidemment et à ma plus grande
satisfaction, en les rangs les plus suffisants et délateurs
de nos opposants ; Ultime année au terme funeste de laquelle,
après avoir encore un peu plus pénétré
le firmament de la haine la plus pure, le maelström de dégoût
estampillé SVART HAT réinvestit enfin les devant d’une
scène gâtée, inexorablement vouée à
sa perte, via un « Nihilistic Holocaust » appelé
à plus nettement enfoncer le clou inquisiteur de ses ambitions.
+++ Holocaust Side +++
C’est alors qu’explose « World
War III », premier véritable track, et, autant le préciser
d’emblée : Que celles et ceux qui auraient étés
violentés par « A Prelude To The End » n’espèrent
pas ici trouver plus de repos, d’échappatoire, tant l’effort
de production semble avoir été chiadé à
l’acide de batterie la plus glaireuse, transcendant le potentiel de
SVART HAT vers un échelon supérieur d’agressivité.
En accord avec ce qu’impliquent ces nouvelles bases, les esprits initiés
retrouveront pour sûr le feeling ayant fait la gloire des premières
heures, mais, sauront également lui reconnaître une évolution
notoire vers une personnalité bien plus troublante, bien moins
probable et classique. A l’image d’un front gagnant du terrain et abandonnant dans l’éternité de son sillage ses premières et informes charognes, ses premières femmes violées, égorgées et, enfants pendus, calcinés, ses premiers traîtres fusillés sans égards et loin de toute dignité, « World War III » s’achève sur une accalmie lancinante des plus éthérée, comme pour sournoisement mieux déféquer la seconde offensive sur des objectifs encore béats de quiétude. Contexte propice à ce que le troisième track qu’est « Nihilistic Holocaut » vienne fendre l’air avec une suave délicatesse que pas même un mortier pénétrant la vitrine d’un bar gay parisien saurait revêtir. Lobotomie auditive de tout les instants, ode au concassage le plus débauché … toutes les métaphores les plus flinguées ne pourraient suffire tant ce track, en son essence déconcertante de relief, semble avoir été conçut avec la volonté d’annihiler à loisir tout repaire cohérent, se plaisant à brutalement mettre à mort son souffre le plus frénétique pour entraîner l’âme égarée dans les entrailles les plus dépressives de cycles arpégés et dissonants à la Xasthur, puis ensuite profiter de sa vulnérabilité pour le disloquer à nouveau vers des sphères épileptiques confinant les frontières de la saturation la plus inouïe, quasi insupportable. Une aliénation totale, que seule une poignée de maniaques sera accueillir la bave aux lèvre, tels les insurgés les plus sanguinaires contemplant avec avidité l’ultime fission de plutonium brûlant l’horizon . A l’heure où des cohortes d’endomorphes
sous entendent que le nihilisme se baserait, comme son nom l'indiquerait,
sur du vide, se résumerait à un delirium j'menfoutiste
ne s’appuyant sur rien de concret ou encore, qu’il s’agirait de la
doctrine politique éponyme qui vit le jour au cours du 19e
siècle, une sorte d'anarchisme poussé à son paroxysme,
alors que certains autres, toujours plus farfelus, vous affligent
d’un cartésianisme que vous n'avez jamais revendiqué
sous prétexte que vous avez trop tendance à douter...
« Mental Genocide » semble venir rétablir les lettres
de noblesse de ce qui est, ni plus ni moins, qu’un retour vers soi-même,
vers le concret émotionnel en dépit de la fausseté
ambiante et des valeurs vitalistes purement fictives.
Sans la moindre transition, souvent trop revigorante, « Black Lethal Rain » s’abat sans la moindre compassion sur les pitoyables vestiges de la race, tel la plus abondante et corrosive pluie acide. Il est à ce stade peu utile de développer outre mesure tant ce track s’érige dans la continuité logique de la base sonore, anti-mélodique et dé-constructive de « Nuclear Eclipse ». L’on pense, une fois de plus aux plus récents opus vinyliques de Darvulia tout en ne négligeant pas la patte aussi acérée que nostalgique de SVART HAT. En les entrailles de la discorde résonne à nouveau cet organe vocal dément qui vous viole les tympans et semble ici se gausser des viandes mutant, brûlant sous les cendres radioactives. Comme un hypnotique parallèle avec la verve incontrôlée du « World War III » précédemment disséqué, surgit « Third Ascetic Of Hatred », probablement l’un de tracks les plus intense de ce « Nihilistic Holocaust » tant il se révèle en un déluge de riffs et rythmes mis à mort à même leurs structures, écartelés jusqu’à leurs derniers retranchements. Un feeling atroce, une atmosphère vénéneuse face auxquelles, je dois l’admettre, les servitudes m’animant dans la création consubstantielle à Votum Mortis ne sauraient rester de marbre et où, l’on devine le désir ardent de Herr Skoll de pénétrer les entrailles de chaque bunker de fortune pour y débusquer puis égorger les derniers survivants. La haine la plus noire et absolue contenue en tout au plus sept minutes. L’avant dernière plage renferme un exercice de style que j’ai souvent tendance à redouter puisque « Black Bubonic Plague » est une instrumentale. Néanmoins, bien que sa durée soit assez longue, que de surcroit il s’agisse du track le plus monochrome et éthéré de la rondelle, et qu’il serait quelque peu prétentieux, qu’à l’instar d’un Malefic, Skoll puisse déjà prétendre enfanter une galette totalement instrumentale, SVART HAT tire remarquablement bien son épingle du jeu via une substance pouvant se situer à mi chemin entre la noirceur d’un Xasthur et la souffrance quasi dramatique d’un Peste Noire. Semblant obéir à la logique implacable et sacrifiée de sa quête, le maître d’œuvre, dernier maillon vivant respirant l’haleine d’un monde en ruine, s’efface à son tour pour que ne subsistent plus que des siècles de pourriture. Enfin, ce « Nihilistic Holocaust » s’achève sur une reprise qui, comme tout le monde peut s’en douter, ne succombe pas à la tendance qu’ont actuellement bien des groupes à piller le répertoire de Darkthrone & Cie puisqu’il s’agit de « Guilty » de Belketre ; Cover à mon sens aussi audacieuse en sa substance bien plus crue et brutale que l’originale, que réussie tant le son globalement pestiféré et grouillant de ce « Nihilistic Holocaust » lui convient. A l’écoute d’un tel track, les nostalgiques de l’aussi noire que glorieuse époque des Légions Noires ne pourront réfréner leurs désirs d’envoyer rats crevés et menaces de tout ordres aux multiples pédales infiltrées n’ayant de cesse, jours après jours, de nous servir, du haut de leur conformisme tiédasse, leur lot de vœux mondains straight-edge, de souhaits de tolérance cosmopolite, de réformisme mainstream et, d’élans onanistes puritains, pour, tant bien que mal, tenter de justifier leur place dans le milieu et y avoir pignon sur rue. Une fois de plus Herr Skoll offre à l’UG une œuvre impliquant un véritable voyage initiatique et, au final, pour enfoncer le clou, est il encore réellement utile d’exhorter les maniaques les plus flingués au soutient le plus aveugle, et, les cohortes de trends les plus mièvres au suicide le plus dépité ? Sperm. S. TRACKLIST
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