SVART HAT « Nihilistic Holocaust » (2005)   

Une année, scellée à même le sang et la sueur les plus abrasifs, s’est écoulée depuis l’avènement d’un « A Prelude To The End » en son temps unanimement salué, hormis, bien évidemment et à ma plus grande satisfaction, en les rangs les plus suffisants et délateurs de nos opposants ; Ultime année au terme funeste de laquelle, après avoir encore un peu plus pénétré le firmament de la haine la plus pure, le maelström de dégoût estampillé SVART HAT réinvestit enfin les devant d’une scène gâtée, inexorablement vouée à sa perte, via un « Nihilistic Holocaust » appelé à plus nettement enfoncer le clou inquisiteur de ses ambitions.


+++ Holocaust Side +++


L’allégorie hideuse suggérée par la cover suffira probablement à épurer le cercle de l’auditoire, condamnant au néant le plus dédaigneux toute une plèbe de mollusques bienséant, d’eunuques conformistes et autres extrémistes de basses fosses, quoi qu’une redondance éphémère de fashion victims pro BlackSStorm / Command & Cie se perdra probablement en route…. Passons… C’est donc une assemblée éthiquement apatride, se consumant d’une haine insatiable qui se verra, via la brève et infecte mise en bouche qu’est « War March », propulsé au rang de chair à canon en le tumulte d’un front se préparant au chaos le plus généralisé. Porté par l’enivrante haleine de la Mort, le rouage des blindés s’esquisse inexorablement dans la crasse d’une boue destinée à accueillir le sang du sacrifice et, tandis que les premiers tirs partisans se font de plus en plus omniscients, le tonnerre éveille enfin le champ d’acier, le propulsant sur les sentiers d’une nouvelle ère obscure.

C’est alors qu’explose « World War III », premier véritable track, et, autant le préciser d’emblée : Que celles et ceux qui auraient étés violentés par « A Prelude To The End » n’espèrent pas ici trouver plus de repos, d’échappatoire, tant l’effort de production semble avoir été chiadé à l’acide de batterie la plus glaireuse, transcendant le potentiel de SVART HAT vers un échelon supérieur d’agressivité. En accord avec ce qu’impliquent ces nouvelles bases, les esprits initiés retrouveront pour sûr le feeling ayant fait la gloire des premières heures, mais, sauront également lui reconnaître une évolution notoire vers une personnalité bien plus troublante, bien moins probable et classique.
Ainsi, toujours aussi intransigeante et fanatique dans son matraquage la programmation rythmique se révèle néanmoins bien plus contrastée, nuancée, enrichissant les riffs d’une marge de manœuvre nettement plus audacieuse en terme de complexité. En découle une déstructuration de tout les instants où, entre de difformes, glaciales et presque tragiques mises en abîmes mélodiques que ne renierait pas un B.A.N. époque « The Work … » , et, de lacérés, sur-saturés concassages, exécutés avec un doigté psychotique à en faire passer Cryfemal pour la compagnie créole, se trouvent forcées à copuler des émotions aussi violentes qu’antagonistes. Les vokills de Skoll, de part leur souffrance inhumaine, leur verve écorchée et, leur degré aussi insondable qu’incontrôlé de haine, n’ont plus qu’à enfoncer hypnotiquement le clou, faisant ainsi irrémédiablement basculer l’auditeur endoctriné vers les tréfonds de la folie destructrice la plus aveugle.

A l’image d’un front gagnant du terrain et abandonnant dans l’éternité de son sillage ses premières et informes charognes, ses premières femmes violées, égorgées et, enfants pendus, calcinés, ses premiers traîtres fusillés sans égards et loin de toute dignité, « World War III » s’achève sur une accalmie lancinante des plus éthérée, comme pour sournoisement mieux déféquer la seconde offensive sur des objectifs encore béats de quiétude. Contexte propice à ce que le troisième track qu’est « Nihilistic Holocaut » vienne fendre l’air avec une suave délicatesse que pas même un mortier pénétrant la vitrine d’un bar gay parisien saurait revêtir. Lobotomie auditive de tout les instants, ode au concassage le plus débauché … toutes les métaphores les plus flinguées ne pourraient suffire tant ce track, en son essence déconcertante de relief, semble avoir été conçut avec la volonté d’annihiler à loisir tout repaire cohérent, se plaisant à brutalement mettre à mort son souffre le plus frénétique pour entraîner l’âme égarée dans les entrailles les plus dépressives de cycles arpégés et dissonants à la Xasthur, puis ensuite profiter de sa vulnérabilité pour le disloquer à nouveau vers des sphères épileptiques confinant les frontières de la saturation la plus inouïe, quasi insupportable. Une aliénation totale, que seule une poignée de maniaques sera accueillir la bave aux lèvre, tels les insurgés les plus sanguinaires contemplant avec avidité l’ultime fission de plutonium brûlant l’horizon .

A l’heure où des cohortes d’endomorphes sous entendent que le nihilisme se baserait, comme son nom l'indiquerait, sur du vide, se résumerait à un delirium j'menfoutiste ne s’appuyant sur rien de concret ou encore, qu’il s’agirait de la doctrine politique éponyme qui vit le jour au cours du 19e siècle, une sorte d'anarchisme poussé à son paroxysme, alors que certains autres, toujours plus farfelus, vous affligent d’un cartésianisme que vous n'avez jamais revendiqué sous prétexte que vous avez trop tendance à douter... « Mental Genocide » semble venir rétablir les lettres de noblesse de ce qui est, ni plus ni moins, qu’un retour vers soi-même, vers le concret émotionnel en dépit de la fausseté ambiante et des valeurs vitalistes purement fictives.
Les quelques chroniqueurs ayant, dans le passé, plus que rapidement, fait le parallèle entre le premier opus et l’héritage de la vague norvégienne des 90ies risquent fort de percevoir en les premiers instants de ce track un certain retour aux sources tant ils peuvent inspirer l’essence d’un « … Of Emptiness » mais, les choses ne tardent pas à dégénérer vers un fanatisme toujours plus forcené où bouillonne une alchimie traumatisante d’envolées en speed picking rappelant la meilleure époque d’un Dark Funeral et, multiples mises en bière décharnées se situant à la croisée vertigineuse d’Haemoth & Xashtur. D’une noirceur impénétrable, il filtre autant d’espoir de ce « Mental Genocide » que du souffle de l’onde de choc se rapprochant inexorablement.


+++ Post-Holocaust Side +++


La quasi prophétique fracture ayant mis l’animal humain à genoux, poussant de là son insouciant règne au fond du gouffre, sera probablement pour certains esprits déjà durement éprouvés un prétexte suffisant à scander la fin du carnage mais, l’heure est propice à une nouveau règne, perspective funeste à laquelle nous invite « Nuclear Eclipse » ; Brève, mais ô combien éloquente, interlude qui, de part une lancinance arpégée des plus difforme, éveillera pour sûr les plus inspirés vers le souvenir du fantastique « L’ombre Malicieuse » de Darvulia, les percussions sabbatiques, quasi tribales, lui étant inhérentes ayant dans ce contexte précis fait place à une frappe résolument plus martiale ; Préalable insistant, très personnel, aussi famélique et instable que le seraient les survivants de l’holocauste titubant et vomissant leurs organes liquéfiés sous la pénombre âcre d’un hiver nucléaire assassinant le bleu d’un ciel d’ores et déjà condamné.

Sans la moindre transition, souvent trop revigorante, « Black Lethal Rain » s’abat sans la moindre compassion sur les pitoyables vestiges de la race, tel la plus abondante et corrosive pluie acide. Il est à ce stade peu utile de développer outre mesure tant ce track s’érige dans la continuité logique de la base sonore, anti-mélodique et dé-constructive de « Nuclear Eclipse ». L’on pense, une fois de plus aux plus récents opus vinyliques de Darvulia tout en ne négligeant pas la patte aussi acérée que nostalgique de SVART HAT. En les entrailles de la discorde résonne à nouveau cet organe vocal dément qui vous viole les tympans et semble ici se gausser des viandes mutant, brûlant sous les cendres radioactives.

Comme un hypnotique parallèle avec la verve incontrôlée du « World War III » précédemment disséqué, surgit « Third Ascetic Of Hatred », probablement l’un de tracks les plus intense de ce « Nihilistic Holocaust » tant il se révèle en un déluge de riffs et rythmes mis à mort à même leurs structures, écartelés jusqu’à leurs derniers retranchements. Un feeling atroce, une atmosphère vénéneuse face auxquelles, je dois l’admettre, les servitudes m’animant dans la création consubstantielle à Votum Mortis ne sauraient rester de marbre et où, l’on devine le désir ardent de Herr Skoll de pénétrer les entrailles de chaque bunker de fortune pour y débusquer puis égorger les derniers survivants. La haine la plus noire et absolue contenue en tout au plus sept minutes.

L’avant dernière plage renferme un exercice de style que j’ai souvent tendance à redouter puisque « Black Bubonic Plague » est une instrumentale. Néanmoins, bien que sa durée soit assez longue, que de surcroit il s’agisse du track le plus monochrome et éthéré de la rondelle, et qu’il serait quelque peu prétentieux, qu’à l’instar d’un Malefic, Skoll puisse déjà prétendre enfanter une galette totalement instrumentale, SVART HAT tire remarquablement bien son épingle du jeu via une substance pouvant se situer à mi chemin entre la noirceur d’un Xasthur et la souffrance quasi dramatique d’un Peste Noire. Semblant obéir à la logique implacable et sacrifiée de sa quête, le maître d’œuvre, dernier maillon vivant respirant l’haleine d’un monde en ruine, s’efface à son tour pour que ne subsistent plus que des siècles de pourriture.

Enfin, ce « Nihilistic Holocaust » s’achève sur une reprise qui, comme tout le monde peut s’en douter, ne succombe pas à la tendance qu’ont actuellement bien des groupes à piller le répertoire de Darkthrone & Cie puisqu’il s’agit de « Guilty » de Belketre ; Cover à mon sens aussi audacieuse en sa substance bien plus crue et brutale que l’originale, que réussie tant le son globalement pestiféré et grouillant de ce « Nihilistic Holocaust » lui convient. A l’écoute d’un tel track, les nostalgiques de l’aussi noire que glorieuse époque des Légions Noires ne pourront réfréner leurs désirs d’envoyer rats crevés et menaces de tout ordres aux multiples pédales infiltrées n’ayant de cesse, jours après jours, de nous servir, du haut de leur conformisme tiédasse, leur lot de vœux mondains straight-edge, de souhaits de tolérance cosmopolite, de réformisme mainstream et, d’élans onanistes puritains, pour, tant bien que mal, tenter de justifier leur place dans le milieu et y avoir pignon sur rue.

Une fois de plus Herr Skoll offre à l’UG une œuvre impliquant un véritable voyage initiatique et, au final, pour enfoncer le clou, est il encore réellement utile d’exhorter les maniaques les plus flingués au soutient le plus aveugle, et, les cohortes de trends les plus mièvres au suicide le plus dépité ?

Sperm. S.

TRACKLIST

I) War March
II) World War III
III) Nihilistic Holocaust
IV) Mental Genocide
V) Nuclear Eclipse
VI) Black Lethal Rain
VII) The Third Ascetic Of Hatred
VIII) Black Bubonic Plague
IX) Guilty (Belketre Cover)

Durée totale: 50:45 mn

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