Yperite « Seuls Les Morts Ont Vu La Fin De La Guerre » (2005)  

Originellement baptisé Ruine pour finalement devenir YPERITE, c’est en ce funeste jour d’octobre 2006 qu’en les rangs du Hate Korp émerge ce one man band dirigé d’une poigne de fer par Verrukose Urethra ; Entité, un peu à la façon d’un Charogne et comme son nom l’indique, entièrement vouée à l’annihilation la plus rédemptrice et qui, avec pour seule justification la haine la plus insatiable, délivre via ce « Seuls Les Morts Ont Vu La Fin De La Guerre » cinq tracks d’un War Metal sauvage d’une aussi impressionnante qu’insolente efficacité pour une première démo.

Dressant lentement le théâtre des hostilités, « Requiem Pour Un Supplice Intronisé » pousse ses premiers souffles sur un palabre introductif que beaucoup qualifieront de classique, au sens propre comme figuré, et, certes j’en conviens mais, quoi de plus idoine que le mysticisme de l’un des requiem les plus séculaires pour transcender, entre sifflements de balles, chutes de mortiers et effluves de gaz moutarde, le sang du sacrifice vers l’éternité ?
Ce calme somme toute bien relatif au vu du tonnerre qu’il annonce finit par mourir pour laisser place à la substance même d’YPERITE, sulfureuse et indomptable. Sous couvert d’un effort de production effroyable de puissance, rompant avec la foultitude de bouses enregistrées en fosse sceptique sous prétexte d’éthique UG, pilonnant les diverses listes de distro, YPERITE offre les atouts les plus solides à une personnalité se situant à la charnière de tout ce que le Metal a connut de plus extrême : Des riffs résolument Death / Black concassés par de nobles influences Thrash et sporadiquement déchirés par des solos aussi difformes qu’épileptiques ; Une programmation rythmique écrasante alternant cycles martiaux hypnotiques d’atavismes et, envolées confinant les frontières de la démesure la plus Grind ; Une osmose aussi optimale qu’aliénante entre vokills BM sur-saturés dignes d’un Infernal ou K. Wodhanaz et, grunts façon débouche chiotte à la Carcass époque « Reek Of Putrefaction », le tout psalmodié en Gaulois…. A noter la présence d’un sample des plus bucolique et parfaitement justifié dans le contexte qui, s’il fera perler le foutre des initiés, foutra pour sûr la gerbe aux petites fiottes politiquement correctes se revendiquant du milieu.

Les pièces d’artillerie désormais positionnées et menaçantes, les chairs des troupes encore avides et galvanisées par les alcools les plus frelatés, « Champ d’Acier – Une Valse Avec La Mort » résonne brutalement, entérinant l’assaut en un feeling n’étant pas, de prime abord, sans m’inspirer la hargne du « Hell Injection » d’Arkhon Infaustus. Véritable maelström métallurgique où chaque frappe blastée résonne comme autant de fantassins tombant sous les salves les plus lourdes et automatisées ; Où chaque séquence mid tempo s’impose tel un Blindé déboulant au cœur d’une infirmerie de campagne ; Où chaque envolée de solo fend l’air à l’image d’un baïonnette déchirant les corps ennemis ; Où chaque cassure de rythme en contretemps procure à l’auditoire l’effet que connaît les tympans de tout soldat effleuré de trop prés par la déflagration d’un tir de mortier. Au cœur de cette folie sans nom, trônent les lyrics de Verrukose Urethra exhortant plus que jamais la cruauté la plus brute de façon étonnamment compréhensible.

Des effluves de la charogne s’entassant dans les tranchées entre boue, rats et cloaques de sang vicié, et, parmi les derniers soupirs des viandes solitaires agonisantes en les entrailles de l’innommable tumulte s’élève « La Complainte Du Charnier » ; Track qui, en rupture avec son appellation faussement intimiste se consume d’une rage que ne saurait pas même ressentir un pitbull, ou autre saloperie bâtarde et consanguine, lâchée, affamée, au chevet de l’Abbé Pierre. L’influence malsaine et amorale de groupes de Death Metal à la Angel Corpse se fait ici clairement ressentir, rejoignant le fuzz très brut et old school régnant sur les guitares depuis la première décharge de ce « Seuls Les Morts Ont Vu La Fin De La Guerre » et, qui s’en plaindrait de bonne foi au vu du syndrome Cannibal Corpse semblant de nos jours régner en maître ? Enfin, comment ne pas avoir envie de dépoussiérer un bon vieux « Accelerating Process » de Morsüre, de se dégorger une bonne rotteuse belge et, au passage une virginale pute albanaise en se pétant les cervicales à l’écoute du riff Thrash central ; De se coller un bon vieux « Reign In Blood » de Slayer en se prenant le solo final dans la gueule ?

Le quatrième track qu’est « Stormgod Unbound », douce interlude, se veut être un hommage au Angel Corpse précité, à l’héritage laissé par ce groupe titanesque trop souvent ignoré.
Je ne saurais être réellement objectif sur ce point puisque je me suis personnellement chargé des parties vocales. Que dire donc quand à cette reprise demeurant très fidèle à la version primale si ce n’est que celles et ceux me faisant le plaisir de me conchier et de surcroît étant peut être même adeptes du groupe, vont, une fois de plus gerber grassement, tandis que les autres ayant accueillis les travaux antérieurs d’un bon œil devraient y trouver leur compte. Quoi qu’il en soit, une fois de plus, le kamp RU ne succombe pas à la facilité d’une cover estampillée Norvège époque 90s.

« Le Souffle Du Génocide » clôture noblement cette rondelle aux allures de concept destructeur. Que proférer de plus que précédemment si ce n’est que ce track est probablement le plus varié et aboutit de tous, le plus contemporain dans ses diverses émulations. Au fur et à mesure que la reverb de la disto se meurt, les samples de l’outro prennent, de façon très atavique, leurs marques, dépeignant les pas massifs, lourds et déshumanisés des gueules casées désertant ruines et volutes calcinés pour gagner le fanatisme d’un autre front.

Somme toute, à moins d’être autiste, vous l’aurez compris, voici une fois de plus une prod ne taillant pas dans la dentelle pour sexagénaires et dont nous sommes de fait et de part sa qualité très fiers.
Je conseilles à tout les maniaques adeptes du genre d’y jeter une oreille attentive et, il va de soit que toutes les précieuses abonnées aux lectures d’Anne Rice en cimetières de sous préfecture et, autres légumes sautillants comme des pédales aux concerts de Tamtrum peuvent passer leurs chemins.

Sperm. S.

TRACKLIST

I) Requiem Pour Un Supplice Intronisé
II) Champ d’Acier – Une Valse Avec La Mort
III) La Complainte Du Charnier
IV) Stormgods Unbound
V) Le Souffle Du Génocide

Durée totale: 22 : 28 mn

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