CHAROGNE +++ Purge +++ (2005)

Il y a de cela un an, le Split MTD nous avait fait, entre autres, découvrir les soubresauts de Charogne ; Premiers souffles certes brefs et radicaux mais, ô combien brutaux, froids et impitoyables... Aujourd'hui, selon le même mode opératoire et, se consumant d’une détermination inchangée, ce duo -toujours composé de Yiskandar pour la programmation rythmique, les vokills & lyrics et, de Spem. S. pour les guitares et la basse – réinvestit la crasse de l’underground armé d’un « Holocaust Metal » ayant franchit un cap impressionnant dans l’art de l’extermination sonore .
Les cinq déflagrations ici à peine contenues dans ce +++ Purge +++, dont deux étant des versions remasterisées des premières moutures décomposées du resit 004, sonnent donc, une fois de plus, le glas de la déshumanisation la plus aveugle, de l' annihilation la plus globale et de l' autodestruction la plus aliénée, son leitmotiv n’ayant eu de cesse de « conchier son dégoût envers tout ce qui contribue à falsifier et à embellir l'idée d'une mort dans son plus total dénuement ». Inutile en somme de dire que l'assaut -limité à 150 exemplaires- est une fois de plus très cru, brutalissime et, qu'il est réservé exclusivement à une frange de maniaques psychotiques déséquilibrés et autres parias ayant depuis des lustres reniés le concept d’humanisme, le caractère précieux et inviolable de notre espèce.

Un vent glacial souffle sur le front d’un monde fracturé, balayant les effluves pestilentielle des innombrables charniers se consumant à ciel ouvert, se mêlant à l’enivrant volute d’une poudre oeuvrant inlassablement à forger de nouveaux lendemains. « De L'inconvénient d'être né » débute sobrement dans ce climat de discorde génocidaire sur un sample au sujet duquel je ne saurais être réellement objectif, puisque je me suis personnellement chargé de sa conception. Que dire donc, si ce n'est qu'après une quarantaine de secondes irradiées au possible, la substance même de cette entité charognarde se dévoile à nouveau dans une déferlante martiale de riffs Black / thrash / Death concassés avec autant de frénésie et de froideur qu'un AK 47 en pleine besogne.
Epileptique, avilissante, la programmation de la B.A.R est époustouflante de précision. Qu’il s’agisse de blaster aux limite de la limite, d’offrir aux guitares des relances mids tempos ou, de faire sombrer l’auditoire dans la crasse oppressive la plus absolue, sa rigueur, à l’image d’un autiste compulsif pilonnant sauvagement au 108mm des zones civiles, ne décroît jamais, ne laissant aucun échappatoire possible.
Les vokills quand à eux ne sont plus exactement les mêmes que sur « Prophétie Charognarde » et « Rhétorique De La Puissance », tant au niveau du placement que du timbre, car chantés Yiskandar dans un registre plus caverneux, rauque, hautain et, parce que subissant de temps à autres les immixtions de Sperm.S. Au delà de son incroyable animosité, de l’insondable névrose qu’elle dégage via des lyrics hideux et amoraux désormais scandés dans la langue de Molière, de la haine qu’elle suscite, cette osmose transcende le potentiel d’agression de CHAROGNE, déjà originellement indéniable.

Le deuxième morceau qu'est « Prophétie Charognarde », bien connu de certains, est en effet une version re-masterisée de la quatrième plage gangrenant le Split +++Manipuliser Terroriser Detruire+++. Je ne pense donc pas qu'il soit nécessaire de s’étendre d'un point de vu purement instrumental, cependant ceux qui connaissent déjà ce track pourront apprécier une nouvelle et non négligeable puissance sonore … Pour les retardataires il s’agira d’une seconde opportunité de découvrir le passé du groupe.

L'offensive continue alors que les corps s’écroulent par brassées et, que l'odeur de la mort se mariant à celle du gaz moutarde se fait de plus en plus présente. « Purge », le troisiéme track de cet opus est sans doute le plus violent et le plus spontané de ces cinq résidus sordides. Les influences sont ici nombreuses et, les plus initiés sauront y palper une substance putassiére ne reniant pas de groupes tels que le Ad Hominem période « A New World For A New Race », Imperial ou, dans une certaine mesure le Immortal de « Battle In The North ».
Les nombreux riffs ici déféqués s'enchaînent avec une folie aussi aveugle et insatiable que les incessants mouvements de va et viens d'une culasse de pistolet mitrailleur, quasi chirurgicaux dans leur placage. Un matraquage aussi changeant qu’omniscient, au sein duquel je ne peux m’empêcher de penser à un Messe Noir de part sa hargne à peine contrôlée.
La base rythmique, toujours plus avide, est une fois de plus chirurgicale et stupéfiante de richesse et de technique pour une BàR. De quoi annihiler certains débats stériles faisant la gloire des langues de putes, bien que le grain synthétique reste obligatoirement intrinsèque.
Les vocaux ici uniquement assurés par Yiskandar, résonnent comme de véritables hymnes exhortant l’extinction de toute vie, glorifiant la souillure de toute béatitude bassement humaine, qu’il s’agisse d’actes isolés et apatrides ou d’actions d’éclats de plus hautes envergures. Antipathiques , compulsifs, quasi pulsionnels, autant d’adjectifs qui ne pourraient objectivement suffire à l’exercice du descriptif.
En somme, rarement un morceau n’a tant mérité son appellation tant il se déguste comme une décharge de Luger P8 en pleine tronche, comme un Cuba Libre où la gelée de Napalm aurait remplacé le Rhum.

Le quatrième assaut qu'est « Rhétorique De La Puissance » provient, tout comme son homologue « Prophétie Charognarde », du +++M.T.D+++, ayant également subit une refonte sonore. Inutile une fois de plus, de pavoiser des heures quand à cet ancien et excellent track, si ce n’est pour constater, en comparaison des nouvelles déjection, l’énorme évolution du duo depuis ses premières heures.

A l’heure où l’UG se fourvoie dans une subversion mesurée, pour ne pas dire pédérastique, où il est de bon ton de gueuler Hail Satan mais, de ne pas trop frôler les extrême, Charogne n’en a cure et, tend à se rapprocher du blasphème par définition comme pour n’oublier aucun symbole dans son œuvre de négation. Ainsi, la cinquième et dernière salve rend hommage au aussi culte qu’interdit Grand Belial's Key de part une excellentissime, osée et très audacieuse cover de « Pimps Of Gennesaret ». Fidèle, mais malgré tout très personnelle dans la mesure ou la « refonte » Charogne, via son identité que je qualifierais de War Metal, lui confère une folie, une spontanéité nouvelles et inédites.
A l'écoute de cette covers et, connaissant l’Art du groupe Yankee, l'on comprend vite l'ampleur du travail fournit, d’autant plus que, contrairement à la suffisance de beaucoup de groupes actuels, ne désirant en rien fourvoyer sa patte insoumise et sulfureuse au profit du feeling très Heavy des aînés, hormis peut être pour l’accalmie centrale très progressive et au passage incroyablement restitué, le duo ne cède qu’à très peu de compromis. L’on obtient au final un track où The Black Lourde Of Crucifixion aurait rythmiquement succombé, sous speed, à des chimères quasi Grind Core et, aurait effectué ses vocaux après une trachéotomie chiée aux barbelés rouillés ; Où Gelal Necrosodomy aurait décidé de remplacer son médiator par une scie sauteuse après s’être cogné la compléte des Revenge ou autre Blasphemy etc….
Un hommage réellement remarquable. Il suffit d’être attentif à la programmation, aussi tarée qu’hors du commun, de la BàR ; Ou, aux arrangements psychotiques des vocaux de Yiskandar & Sperm. S… S’ajoutent enfin quelques samples lubriques et moites érigés par mes soins en l’honneur des fiottes obscurantistes tout de robes vêtues et, autres apôtres gays, pédophiles de surcroît, qui, il fut un temps, pullulaient dans les rues de Nazareth au nom du mensonge incarné.


Que dire pour conclure tant Charogne, de part ce +++ Purge +++ on ne peut mieux nommé je le répète, place encore plus haut la barre de ses ambitions en matière de violence musicale et conceptuelle, pour en arriver à un point de nom retour qu'il sera difficile d’égaler.
Pour toutes les âmes sanguinaires affamées de terrorisme auditif.


Verrukose Urethra

TRACKLIST

I) De L’inconvénient d’être Né
II) Prophétie Charognarde
III) Purge
IV) Rhétorique de la Puissance
V) Pimps Of Gennesaret

Durée totale: 21:53 mn

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