« Funestes Augures – Notre Tyrannie Retentira Outre-Tombe » (2005)
Après
plusieurs mois d’une aussi passionnelle qu’harassante fermentation,
moult menus déconvenues et contretemps, voici que sort en ce
jour des forges du camp R.U. cette « Funestes Augures –
Notre Tyrannie Retentira Outre Tombe », double compilation
Cd-r réunissant trente deux groupes des terres gauloises et
québécoises pour plus de deux heures et demi d’Art Noir.
+++ CD I +++ C’est au défunt Stigma Diabolicum
qu’il incombe d’introduire l’affront via un « Black Funeral »
exhumé du sixième opus de la bête. Préambule
tourbillonnant, effroyablement décharné et abrupte,
au cœur duquel les plus fins gourmets ne tarderont pas à déceler
l’abjecte créativité typique de l’esprit déchu
de Luc Mertz ; Nauséeuse marque de fabrique sur laquelle nous
aurons tout loisir de revenir par la suite... Cette effluve Dark Ambiant éjaculée
dans sa forme la plus cauchemardesque se révèle particulièrement
propice à l’avènement du torturé « Dawn »,
track à paraître dans les entrailles de la prochaine
démo de Pagan Eternal. A cette occasion le quatuor reprend
les hostilités là où il les avait laissé
avec son « Goatlord Devastation », première
démo du nom, de part une substance primitive, intégriste,
épileptique et maculée de hargne résonnant telle
une froide et tourmentée mise à mort. En une verve toute aussi belliqueuses
& sanguinaires mais empreintes de l’effronté feeling Old
School qui le caractérise, Unholy War reprend le flambeau,
offrant avec l’impressionnant appui rythmique d’Armageddon, batteur
d’un Lord qu’il n’y a plus besoin de présenter, un « Winter
War Commander » exclusivement enfanté pour cette
compilation. Les esprits dévoués ayant eu la clairvoyance
de s’intéresser aux deux premières déjections
du bestiaire de Herr Mephisto ne pourront, en de pulsionnels headbangings,
qu’instantanément retrouver son inflexible et tenace essence
Black / Thrash ici exacerbée par quelques tranchantes et nerveuses
envolées de solis. Comme ressuscitant à lui seul
le spectre le plus auguste et fanatique de la vieille scène
sud gauloise, « Sous le Signe du Soleil », fragment
de l’album « Nos Anciens Rituels » estampillé
du sceau d’Unterwald emboîte le pas. Guidé vers les lignes
de front par un halo intrinsèquement rustique l’art du trio
s’érige tel un mégalithe des plus authentique et traditionaliste.
Le jeu de corde de Waldpest suintant d’une implacable et hyperboréenne
froideur nostalgique se révèle être aussi acérés
que le coup de grâce s’abattant sur la carcasse ennemie à
l’agonie ; Les percussions exécutées par Wolf Von
Urwald fendent l’air telles une cohorte de larmes d‘aciers purifiant une
terre souillée dans son honneur ; Et, les vocaux de Black
Wood Majesty tantôt souverains dans leur timbre clair, tantôt
lacérés d’une rancœur insondable résonnent comme
le feraient les hurlements guerriers de l’être païen consommant
dans le sang son sacrifice vengeur.
Sur les saturations mourantes de ce
vertige semblant avoir franchit, par je ne sais quel vortex impie,
les couloirs du temps depuis les vestiges les plus décadents
des seventies, prend son envol le premier groupe de Nouvelle France
présent sur cette compilation. « Let The Night Come »
emprunté à la première démo de Würm,
entité ayant pour seul maître d’œuvre notre camarade
Mortenak. Dans le droit lignage de ses plus nobles et sincères
aînés, ce one man band, mené par un effort de
production aussi rustique que les effluves viriles et odorantes d’un
lendemain de banquet sylvestre, nous délivre un Black Metal
Païen noble et contemplatif. Dominés par des percussions
enivrées d'un instinct épique grandiose, rigide et déterminé,
dont la froide et vacillante résonance peut, de temps à
autres, inspirer Arnstadt, les riffs, dans leur monotonie quasi dépressive,
sont une invitation de tout les instants à une nostalgique
introspection vers le plus minimaliste folklore, les plus séculaires
pensées. Un Art vaporeux forgé à l'ancienne aux
allures de lancinant & hypnotique cycle sans fin vocalement déchiré
par des émotions se consumant à la fois de fierté
et de douleur. La plage suivante renferme un« Nihil »,
qui est probablement, et à titre personnel, mon hymne de prédilection
du fantastique « Universal Void » du non moins
excellent Wolok car, probablement le plus expéditif et sans
merci tout en restant intrinsèquement malsain et nécrotique.
Hormis lors du break très lourd, dépressif et dissonant
qui préfigure l’explosion finale et, qui fait étroitement
penser à certains plans des nouvelles créations de Blut
Aus Nord, ce track ne consiste qu’en une alternance psychotique de
deux riffs décharnés à outrance. L’essence qui
s’en dégage est démentielle, le relief tout bonnement
schizophrénique. Un track qui mérite totalement son
appellation. Side project d'un Chaosbutcher dont
le nom ne sera pas inconnu aux individus réellement dévoués
ayant toujours sus s'intéresser en temps, en heure et, comme
il se doit au combat métallurgique hexagonal et à ses
plus honnêtes représentants, Abteilung 500 nous fait,
l'espace du neuvième track, l'honneur de sa présence
pour un "Der Todesweg" annonçant le premier album
à venir. La pression montant inexorablement, la substance d’Abteilung
500 s’embrase rapidement telle une bombe artisanale réduisant
en cendres une stave-church oubliée quelque part entre Fantoft
et Sarpsborg par V. Vikernes lors de sa grande tournée nationale
de 1992. Tout semble ici forgé avec sagesse dans les glaces
éternelles les plus pures et immaculées et, l’art immortel
qui en découle semble, en un tumulte de riffs d’une nostalgie
quasi maladive, de percussions écrasantes et cliniques et,
de hurlements ravagés par l’aversion la plus totale et douloureuse,
s’ériger comme une foultitude de stalactites acérées
et prêtes à vous perforer en tout instant. Noble, intégriste
et sincère, ce « Der Todesweg » laisse
indiscutablement présager du meilleur pour l’avenir. De retour vers des cieux plus païens,
"Adel" de Nattvarg est une éloquente preuve de domination,
en accord avec le périple sauvage et instinctif dépeint
avec intimisme et forte personnalité dans l’album « Loup »
d’où il est extrait . De part un effort de production puant
le terroir le plus atavique, les riffs emplis de puissance, suscitent
dans leur noblesse révérencieuse l'affirmation de soi ;
Les martèlements de la boite à rythmes ne sont ici conçus
que pour assommer quiconque souhaiterais défier le jeune loup.
Le chant haineux et écorché déclame en sa distance
spectrale une maturité nouvellement acquise avec force et vigueur. Accablés par la récente
et ultime révérence d'un Nordum en pleine ascension,
il nous aurait été impensable de ne pas rendre à
l'entité un dernier hommage et témoignage de respect
via un "Le Seigneur M'a Trahit" puisé à
même les tourments de "Vengeance Humaine", fantastique
opus testamentaire gorgée de la haine la plus pure et sauvage;
Devoir de mémoire savamment entretenu par des riffs tout bonnement
massifs, véritables avalanches d’un givre assassin transpirant
de nostalgie, de dégoût et de rage primitive ; Des percussions
écrasantes où chaque frappe résonne tel un pilon
déshumanisé ne désirant que répandre mort
et chaos sous sa détermination implacable ; Un organe
vocal semblant retranscrire des souffrances lointaines étouffées
dans un blizzard sans nom ; Enfin, quelques synthés ajoutés
exacerbant le tout en une noblesse hyperboréenne et désespérée.
Que sais je encore, de simples mots ne sauraient suffire à
retranscrire la grandeur de ce point final apporté à
une oeuvre dont les seuls maîtres mots auront étés
loyauté et intransigeance. Conchié ou soutenu pour ses
positions, pour ainsi dire, extrêmes quand aux rouages du milieu,
et dans tout les cas remarqué pour son fond spirituel lucide,
immoral & crasse ne pouvant laisser indifférent, Haine
Noire, one man band enfanté par un certain Zagam, reprend les
armes le temps d'un "Propagande De Terreur" totalement inédit
et réservé à ce double crachat fielleux. L'on
y retrouve instantanément l'aura exécrable, le feeling
terroriste ayant marqué les précédentes déjections.
Un artisanat des plus intransigeant suintant d'une fibre ravagée
tellement primaire, et minimaliste qu'elle en devient manipulatrice
pour un track tout en lancinance où riffs hypnotiques dérangés
et, arpéges écorchés et discordieux m'inspirant
un Craft sous xanax, copulent au grés de samples sadiques,
moites et de vocaux pestiférés et fuyants. Tout simplement
insane et suicidaire. Entièrement dévoué
au mythe lycanthrope ancestral, Sons Of Fenris nous offre un bref
retour à sa première démo via le track « Fenris ».
En cette heure où un second opus se profile, l’on retrouve
ici d’emblée, après un court sample introductif fort
approprié, la verve de la bête de Werewolf : Un
amoncellement barbare et tranchant de riffs transpirants d’une cristalline
froideur, d’une ferme et belliqueuse détermination et d’une
auguste nostalgie que seuls ceux puisant leurs substances au cœur
des sanctuaires aussi paisibles que meurtris de Mère Nature
savent enfanter ; Des percussions frénétiques programmées
par Tyran qui, comme résonnant au rythme du fracas de plusieurs
milliers de lames et malgré certaines particularités
et instabilités de temps à autres, s’affirment en un
perpétuel concassage, un tumulte épileptique aussi primaire
qu’élaboré ; Et, ce spectre vocal qui, scandant
à mon plus grand plaisir des lyrics écrits dans notre
noble dialecte, semble résonner tel le râle rassasié
de la bête victorieuse sur la vermine humaine, la gueule encore
gorgée du sang de l’ennemi terrassé. Tapis dans l’ombre
panachée de bois profonds, les enfants de Gaia veillent et
portent un regard avide sur une civilisation humaine qui ne sera bientôt
plus que l’ombre d’elle-même dans la terreur d’un règne
animal reprenant ses droits. Un flux informe de vertiges lacérés,
odieusement crasseux et porteur d'abominables effrois ne tardera
pas à faire frénétiquement mousser le créateur
des maniaques les plus acharnés du bestiaire de Yutz ; Car
foutre (!!), ce "Dirt", arraché dans le sang et la
souffrance au vingtième opus du nom, entièrement dédié
à la Team D.U.K.E., renferme du très grand Zarach’ Baal’
Tharagh' tantôt plus épileptique et effréné
que jamais, tantôt lourd et oppressant comme rarement il l'a
été, à grand renfort d’apports occasionnels de
Dark Ambiant en directe provenance du tombeau putréfié
de Stigma Diabolicum. Un véritable déluge où
la boîte à rythme se fait toujours aussi clinique et
aléatoire, où la violence des riffs ( agrémentés
de solos démentiels qui auraient fait chialer de dégoût
le Euronymous de « Deathcrush » ou, le Zephyrous
de « A Blaze…. » !!!) vous crache avec
un minimalisme des plus rutilant au visage et, où les vokillz
sont tels que seuls les relents gastriques écœurés d’un
coprophage qui aurait du mal à digérer son petit déjeuner
pourraient égaler ! A peine remis de la mise à
Mort de Nordum, c’est désormais face à la décision
de Körös de mettre un terme au traumatisant Nihilistic Kaos
qu’il nous faut faire face ; Retraite annoncée aux lendemains
de la sortie proche de la démo « Necro Sad »
d’où le « Dead » ici immortalisé
est issu. Ultime occasion donc pour les adeptes, dans l’attente de
l’œuvre, de s’abreuver une dernière fois, en un déploiement
des plus lourd et sentencieux, de ce feeling harsh, brut et simple ayant
fait l’heure de gloire de déjections telles que « Demence
& Perversion » ou « Alchimie De La Douleur
– L’art De La Souffrance »; De cet ichoreux élixir
qui, palpitant avec sobriété et froideur, repousse toujours
un peu plus loin le fonds de l’abîme où l’auditeur initié
saura sombrer avec dévotion et croyance; De ces râles
inhumainement mutilés qui, s’exhalant du larynx ravagé
de Körös, résonnent tels les chants et clameurs d’une
Mort matérialisée. Somme toute, un intégriste
point final apporté à un périple d’une droiture
exemplaire. Le chaos faisant rage, celles et ceux
s’étant dans le passé foutriquement laissés pervertir
par le séculaire Split tape partagé entre Krazumpath
et Z’B’T’, observeront l’avènement de la plage suivante d’un
œil des plus avide puisqu’elle renferme le très fédérateur
« Blakk Metal Militia » de Krazumpath, l’un
des projets parallèle de Lord Naggaroth, remarqué notamment
pour ses méfaits au sein de l’excellent Devilish Era. En accord
avec sa noble appellation, ce track, pouvant inspirer le Black Thrash
d’un Desaster de part une touche quelque peu Pagan, suppure de riffs
tous plus chaotiques les uns que les autres atteignant parfois des
fréquences tellement épileptiques que toute tentative
de reproduction par le premier novice venu se solderait d’une auto
mutilation du poignet ou, d’une amputation des phalanges ; De
percussions aussi cliniques que le seraient les débourrages
aveugles d’un autiste armé d’un MG42 ravageant une place Saint
Pierre en plein deuil pontifical ; Et, de phases vocales littéralement
dégueulées apportant un dernier élan d’aversion
tant elles résonnent telles les complaintes désespérées
d’un lépreux en phase terminale. Froid, malsain, crade et necro,
point besoin de plus de développements pour comprendre que
l’authenticité et l’esprit originel sont ici clairement palpables. Enfin, à titre d’outro, le
très narcotique Puanteur de Charnier ferme la marche de cette
première procession sulfureuse. Distillé du très
hermétique « Conglomérat de bulles iridescentes
et du petit polyèdre kaléidoscopique », « Sphère
d’Existence Mental » nous plonge dans un univers synthétique
fait de pourriture, de déchets et de delirium tridimensionnels.
En ce cauchemar vaporeux, l’on distingue quelques voix semblant tout
droit sortie d’une radio des années 40. Des interférences
brouillent la réception du message qui veut (sans doute) être
transmis. La boîte à rythme nous inflige des rythmes
froidement indus. Dans ce tout, l’on pense percevoir des bruits de
nourrissons, à moins que ce ne soit notre imagination à
l’agonie. Délicieusement infâme ….
La temps de changer de rondelle n'ayant
offert qu'un court répit, Zaghurim met instantanément
en branle les perfides rouages du second chapitre de la pièce
avec « Climax In Alchool Bath », l’un des supplices
irréversibles de la longue et douloureuse descente aux enfers
qu’implique la démo « ClimaXXX & Bondage “. Les
drum sounds décadents feront à l’âme pure et égarée
l’effet d’une horde de godes montés sur vérins violant
son intimité rectale avec pour seul lubrifiant une crasse huile
de vidange ; Et, alors que la douleur s’amplifiera, il ressentira
dans le fuzz des cordes et des riffs, la froide morsure de l’acier
pénétrant ses viandes ; Le dénuement glacial
et le vertige immoral exprimé dans les effets sonores et les
samples lui feront peu à peu lâcher prise tandis que
les atroces déchirements lyriques de Xul Zaghurim le mèneront
à sa perdition définitive, ne laissant plus derrière
eux qu’un vestige d’humanité passée, un amas de viande
et de fluides corporels, aujourd’hui corrompu dans sa moralité
et dénué de toute conscience. En un brusque retour à plus
de rigidité, Velkä Mandu reprend le flambeau avec un très
fidèle & conservateur « Destin Nocturne »
extrait du Mcd « Born Under The Throne Of Chaos »
à venir. Ce groupe s’impose d’emblée par une production
des plus underground et méphitique qui rappelle à ceux
qui ne l’auraient pas encore compris que cette « Funestes
Augures – Notre Tyrannie Retentira Outre-Tombe » s’adresse à
un public initié et non profane. De ce spectre hermétique
mais ô combien caractéristique s’exhale un Raw Black
Metal ancestral, malsain, dissonant, abrupte et éraillé
qui sait intelligemment faire monter la pression et la maintenir pour
mieux exploser dans le crane de l’auditeur. Ceux qui sont restés
fidèles à la tradition devraient trouver en ce « Destin
Nocturne » une authenticité et une rudesse rustique
digne d’intérêt. Il est de plus en plus rare de trouver
aujourd’hui des groupes sachant rester droits et fidèles passé
le stade des démos. Epheles fait partie de cette inflexible
& sincère caste. En témoigne « La Marche
Des Oubliés » emprunté à l’excellent
« Le Dernier Pardon ». Les riffs enfantés,
dans une douleur semblant inouïe, entretiennent plus que jamais
cette aussi effroyable qu’émotionnelle ambiguïté
entre explosions d’une virulence épileptique des plus crue
et brute se laissant submerger par une haine purement animale, et,
rechutes pachydermiques plus raffinées, s’abandonnant, via
divers arpéges ou mélodies saturées d’une froideur
cristalline, à une mélancolie suicidaire proche du mal
incurable. Le jeu de basse, bien plus présent que dans le passé,
offre à l’ombre de la grande faucheuse ici implacablement incarnée
un surcroît de profondeur abyssale ; Abîme funeste,
théâtre d’une perpétuelle étreinte entre
macabre décrépitude et haletant soubresauts d‘existence
d’où s’exhale une fois de plus des claviers tellement viscéraux
qu’ils luisent d’un inexplicable et morbitaire atavisme. Au firmament
de ce noir édifice trônent en maîtres les vocaux
de Nephtys ; Gravés à même le marbre sépulcral
le plus émoussé, ils perpétuent, dans leurs déchirements
résignés ou, leurs phrasés clairs plus cérémonieux,
l’héritage laissé nombre de lunes plus tôt. Enfin,
les percussions sont une grande première dans l’histoire d’Epheles
puisque assurées par un véritable batteur. Il n’en faudrait
pas plus pour vous convaincre de soutenir le groupe à l’heure
où il forge dans l’ombre son second album. Selon un modus operandi bien moins
fin et subtil mais tout aussi cruel, Wurzburg, l’une des nombreuses
hystéries ultra underground de Luc Mertz, entérine la
marche conquérante, déféquant sauvagement une
essence proche d’influences telles que le Beherit de la grande époque,
le Impaled Nazarene des débuts, ou, Gospel Of The Horns pour
ne citer qu’eux. L’on croirait presque revenir en 1983 à l’époque
de Skull Face mais, en beaucoup plus virulent avec des cordes plus
acérées, épileptiques et meurtrières que
jamais ; Un fuzz ayant gagné en aversion et toujours plus
déstabilisant, vomitif ; Des drum sounds bien mieux maîtrisés
qui de part une alchimie rythmique infernale martèlent nerveusement
tels des pilons qui auraient étés coulés dans
les forges les plus décadentes, malfamées et ignobles
de Pandémonium ; Et, un spectre vocal à la perpétuelle
charnière entre le Death Metal & le Black. Legolas menant désormais Searing
Skull seul, il n'en demeure pas moins que l'entité a conservée
toute sa grandeur, sa ligne directrice musicale et philosophique originelle
tout en ne négligeant pas d’évoluer dans sa progression.
En témoigne le track suivant qu'est "Life Follow Death"
parut sur la démo "Visions From The Past". Galvanisé
par une programmation des percussions plus contrastée et moins
supersonique que dans le passé, mais, toujours aussi soignée
et carrée l’art de Searing Skull franchit un palier supplémentaire
dans les hautes sphères de la quintessence païenne. Les
riffs possèdent tout les atouts rythmiques pour laisser exploser
une opposition de tout les instants entre violence barbare, belliqueuse
et, lancinances mélodiques empreintes de nostalgie, d’amertume,
de grandeur passée mais, toujours sous jacente pour ceux qui,
dans le sacrifice, y croient encore. Et, comment évoquer ce
glacial et menaçant massif vosgien sans palper les profondes
complaintes qui émanent de ses entrailles minérales
les plus enfouies, tant ces rauques et intenses « murmures »,
semblant emplis à eux seuls du plus ancestral héritage,
sont calés de façon accrocheuse et, se révèlent
incroyablement intelligibles malgré l’utilisation de la langue
de Shakespeare?? Un travail de composition et d’écriture tout
simplement impressionnant et sincère qui vous éclatera
à la tronche comme le feraient les forces de la nature les
plus déchaînées. En directe provenance de la démo
"Evil Archaic Order" parue courant 2004, surgit "Eternal
Torments" du trio de Glorrior Belli et par là même,
cette aussi typique qu'inexprimable aura Black / Death propre à
la scène parisienne. Souffle méphitique, démoniaque
et blasphématoire dégorgeant des flot de riffs épileptiques,
tranchants tels les caresses d'une lame rituelle sous la gorge de
l'enfant et, aussi meutrièrement avides que le seraient les
éclats d'un guide de tronçonneuse s'invitant au repas
de fin d'année d'une maison de retraite; De submergeant concassages
qui, semblant se faire les mornes échos d'une atroce course
aux armements intra terrestre, ne pourraient trouver d'équivalent,
en terme de frénésie, que dans la folie aveugle d'une
perceuse à coulisse pénétrant la boite crânienne
de je ne sais quel endomorphe; Et de vocaux rauques, torturés
et déshumanisés qui, à eux seuls, suffiraient
à justifier le nom du track. Un miasme méphitique d’obscurantistes
émotions nihilistes, dépressives et suicidaires ayant
au fil des lunes submergé son auguste dévotion d’antan
à la dame verte et ses mystères, Lord Ipes Luciferia
semble avoir désormais, de façon irréversible franchit
les fragiles frontières séparant la vie et la Mort et
le "Redemption In Suicide" ici régurgité suffit
à lui seul pour s’en convaincre amplement. Des riffs vecteurs
d’une oppression aussi glaciale que pachydermique et, des mélodies
maudites suintants en tout instant d’un dissonant désespoir
suppliciés par un acide et tranchant travail sonore, ce périple
vers le naufrage ultime s’abandonne de tout ses fluides dans le spectre
fuyant de troublants et hypnotiques apports synthétiques confinant
les limites de la claustrophobie et dont certaines intonations, d’une
pesanteur manipulatrice et d’une insistance quasi insoutenable, ne
sont pas sans rappeler les abruptes interludes régnants sur
un album tel que « The Mystical Beast Of Rebellion »
de Blut Aus Nord. En cette perpétuelle émulation, les
percussions se développent de façon évanescente,
donnant à l’ensemble un visage quasi psychotrope, fantasmatique.
Leurs consonances très indus semblent provenir d’un morne friche
industriel bombardé au napalm où quelques machines oubliées
poussent, en une coagulante sueur de rouille et de graisse, leurs
derniers soupirs. Enfin, les vokills rauques, maladifs et sentencieux
se marient à la perfection à l’atmosphère déshumanisée
de cet hymne sans bornes à l’autodestruction. La descente aux enfers se poursuit
sur les prémices de "Jugement Dernier" d'un Belzebul
une fois de plus avorté dans les limbes les plus viciées
de l'esprit de Luc Mertz. Rarement l’effort de guerre n’a été
aussi acharné dans les abysses, déployant, avec une
dévotion sans limites à l’égard du grand accusateur
divinisé, l’énergie frénétique et malsaine
propice à ce que la monstruosité soit invoquée !
Peut on encore parler de riffs tant leur fréquence ne trouverais
d’équivalent qu’en l’ultime et mortelle crise d’un épileptique
défoncé au speed, tant leur feeling semble provenir
du bouillon primitif le plus sauvage et enfoui, tant leur niveau de
recherche atteint un degré de négation total et intransigeant
de toute notion de beauté, de mélodie, d’harmonie, tant
leur saturation est unique de part le malaise nécrosé
et purulent qu’elle dégage ?!?!?! Les blast battent le
feu de l’enfer avec une frénésie annihilatrice, les
tempos plus mid sont tout autant qu’ils sont de sulfureuses danses
macabres et, les lourdeurs ne sont que d’infernales pulsations ritualistiques,
sanglantes et oppressantes ! Et putain, ces cymbales hurlant
le martyr, saillantes à en écorcher vif le rectum des
petites natures à un point qu’ils n’auraient même pas
espérés lors de leurs errances libidineuses dans les
sous sols du Queen !!!!! Enfin ces immuables vokills ! Cet
innommable dépeçage hypnotique ! Cette mutilation
lyrique absolue et quasi inimitable qui à eux seuls suffisent
pour transubstanter Belzebul à mille lieux de toute humanité
artistique et musicale ! Faisant écho à la présence
de Würm sur la première rondelle, Darkfield est la seconde
entité Quebécoise à hanter les limbes de cette
compilation; Entitée qui, composée de Mortenak à
la guitare, la basse, aux vocaux et, de Kharmash dérièrre
les fûts, impose ici un "Contre L'islam" puisé
à même la démo "Requiem Aux Anciens"
laissant clairement entrevoir ses positions ideologiques sans compromission.
En un savoir faire très épique, éveillant de
fantasmagoriques visions d'un chaos inquisitoire ravageant je ne sais
quelle école coranique locale, les riffs surplombés
de la noblesse hyperboréene la plus atavique fendent l'air
calciné du front avec une hargne aussi vive que l’œil du bourreau
le plus dénué de compassion, appuyés de percussions
retentissant, en une implacable et tyrannique détermination,
telles d'aveugles déflagrations d’une pluie d’acier menant
le fusillé à trépas et, exacerbés dans
leur virulente rancoeur par des vocaux écorchés d'une
haine insondable ne nourrissant que le désir de restituer le
titre de “mécréants” à la fange la plus apte
à le subir. Sous couvert de tourments d'une virulence
beaucoup moins immaculée et pure explose littéralement
l'innommable avec un "Dance Bitch" en directe provenance
de la frénésie vomitive souveraine du monstrueux "The
Ultra Violence" de The End 666. Avec pour unique mot d’ordre
une tyrannie froide et insondable, Infernal nous crache ici une substance
Black / Thrash des plus insolente où s’entrechoquent des riffs
tranchants au possible enfantés en un élan destructeur
que seul un tétraplégique lancé en plein office
religieux aux commandes d’un panzer gavé au kérozéne
pourrait égaler ; De percussions instables & raw qui
seront aux tympans et, au cervelet, ce que les ardeurs sodomites d’un
culturiste Est Allemand défoncé aux stéroïdes
seraient à un lapin de six semaines ou, ce que l’embrasement
d’une bombe à fragmentation serait à un paisible chiotte
public Afghan ; Et, des vocaux bilieux dans l’écorchement
desquels le sentiment de haine pure, de dégoût absolu
et, d’irritation émotionnelle schizophrénique sont tellement
palpables que l’on y ressent un réel besoin libératoire,
une nécessité effroyable qui ne trouverait d’autre alternative
que dans la mort. Dans la crasse la plus fanatique et
radicale de notre UG Gaulois, le nom d’Amazarak ne sera, pour sûr,
pas inconnu à certains maniaques chevronnés et, de notre
coté, il aurait été inconcevable de pas accorder
ici une place à l’un des premiers groupe à avoir témoigné
confiance et soutient au camp R.U. malgré les périodes
de troubles. Extrait du Mcd « Where Hate Begins… » parut
en 2002, « Of Hell We’ll Never Come Back” est un condensé
de haine brute et répugnante comme il serait de bon ton d’en
voir plus souvent. Une approche très conservatrice d’où
se dégage un message hautement satanique qui, comme l’on peut
s’en douter, est aussi important que la musique, ce qui est une qualité
rare de nos jours. Là où beaucoup de groupes gueulent
à tue tête « Hail Satan » sans
réelle force de croyance, ce groupe lui, déverse de
façon implacable ses convictions ; Cela au travers d’un
Art cru et haineux mis en forme de façon très violente
et agressive, prenant directement l’auditeur à témoin
pour mieux le convertir. Ce track en témoigne avec éloquence
en ce qu’il utilise des images bien plus appropriés à
la lutte idéologique que celles que l’on peut trouver sur un
album tel que “Satanized” de qui l’on sait et qui n’a de subversive
que son appellation. Bien avant que ne voient le jours
des monstruosités telles que les fameux "Prolegomena To
The Theory Of Wrath" ou encore "Under The Aegis Of The Megathropist"
qui révélérent Devilish Era à la face
de l'underground hexagonal, Lord Naggaroth fit ses premières
armes dans un certain nombre d'obscurs et clandestins projets. En
témoigne l'entité qu'est Fjalar, menée à
l'époque aux cotés d'un certain Viscount Krantar et,
ce "Ode To Grendel" jusqu'à ce jour jamais diffusé.
S'imposant d'emblée comme très influencé par
l'empreinte primale de la vieille et hérétique scène
scandinave, le Black Metal de Fjalar posséde une aura résolument
païenne, pour ne pas dire médievale, tant l'essence de
ce track se révéle atavique de part nombre de riffs
aussi épiques que froidement nostalgiques, parfois quasi fokloriques,
un tumulte de percussions empreintes d'une fougue des plus conquérante
et belliqueuse et, des vokills paraissant surgir d'un passé
aussi douloureux que glorieux. En somme assez rudimentaire et classique,
l'on ressent malgré tout en ce "Ode To Grendel" des
tourments alambiqués et abruptes laissant clairement présager
ce qui, quelques années plus tard, s'ensuivra. Avec tout autant de poigne et de convictions
mais, delaissant toute forme de finesse s'ensuit "Le Feu Vengeur',
assaut d'Arson God, également inédit dans le cadre de
cette compilation. Poussant ses premiers souffles en un élan
des plus guerrier et menaçant laissant, via des réminiscences
saturées oppressantes et de primitifs roulements de caisses,
présager d'inévitable effusions d'hémoglobine,
les hostilités ne tardent pas à littéralement
exploser faisant basculer ce chapitre dans une folie qui ne le quiterra
plus jusqu'à son point de chute. Un déluge rythmique
où chaque beat retentit comme le ferait une frappe nucléaire
en vase clot, un saquage de saturations primaires et minimalistes
étirées à même le fil de la baillonette
la plus criminelle et, un organe vocal purement et simplement lacéré
et, aussi doux à l'oreille que serait à un défilé
de la gay pride la caresse d'une pluie de gelée de napalm!
Pulsionnel, ravagé par la haine... un track tout simplement
en accord avec ce qu'il implique lyriquement. La quatorziéme plage léve
le rideau sur le nouveau visage de Eihwaz avec un "Le Cercle
De Gwenwed" qui, paré d’un son délicieusement froid,
distant, authentique et, chevauchant des percussions lourdes, indéniablement
guerrières, redonne vie à une substantifique quintessence
d’un autre âge et, par là, désigne sentencieusement
du fer de son glaive l’obsolescence du monde moderne ! Cela de
part des riffs qui, dégageants une très forte et hypnotique
aura de nostalgie, d’honneur et de fierté combattive que seuls
les individus ayant su rester authentiques malgré la pourriture
ambiante pourront comprendre, sont de façon très clairvoyante
et réussie exacerbés par de multiples variations de
basses, apports acoustiques, solos lancinants, flûtiaux et samples
médiévaux. Les vocaux ont quelque chose de particulier
et original en ce que, dans leur caractère rauque, solennel
et accusateur ils s'avérent être beaucoup plus proches
d’intonations RAC que purement Black Metal. Les textes de Kurgan exceptionnellement
compréhensibles et, dans la langue de Molière, résonnent
comme de preux et valeureux chants guerriers menant au combat. Se poursuivant en des sphéres
des plus séculaires, "Inta Notte Scua" de Raatgaldr
investit le champ de bataille en un élan sanguinaire incontestablement
érigé à la gloire du paganisme renaissant le
plus tenace de part un Artisanant forgé à l'ancienne
à mi chemin entre l'empreinte de la Norvége de l'époque
glorieuse et l'identité typique à la scène française.
Véritable tumulte de riffs cryogéniques reflétant
dans leur grandeur mélodique une nostalgie des plus tranchante,
de contemplations accoustiques quasi tragiques, de rythmes inquisiteurs
et de râles de rancoeurs, l'art d'Askesulf, seul et unique maitre
d'oeuvre de la bête, semble à lui seul ramener à
la vie la terreur glorieuse d'antan où, les flammes guettaient
l’insolente nonchalance des édifices de cultes imposés,
la gorge frêle et faussement innocente des hommes de foi se
trouvaient, dans l’ombre, être en proie au baiser épuratoire
d’un acier ancestralement ciselé et, où les marbres
de la paix éternelle étaient voués aux plus cruels
et vengeurs tourments. Enfin, les surivants, s'il en est,
verront cet immonde spicilége auditif s'achever dans l'intimisme
le plus cauchemardesque via "Nightmare 16" de Ewe; Projet
Ambiant de la fille de Luc Mertz conviant son auditoire à gîr
sous un maelström informe de murmures fuyants et impalpables
des plus malsains, de sonorités austères mais hypnotiques
et vertigineuses semblant provenir de je ne sais quelles manifestations
spectrales, de râles, gémissements et pleurs effroyablement
déformés d’une résonance glaciale que n’auraient
pas reniées Nacht & Nebel, les prêtresses noires
d'Aghast, de glauques, rauques et oppressantes tonalités très
industrielles, si persistantes et tourbillonnantes qu’elles semblent
émaner d'un vieux et improbable ventilateur rouillé
battant l’air vicié du chaos originel et, mélodies funèbres
exécutées de manière pulsionnelle et simpliste
sur un vieil orgue semblant avoir été conçut
à même le feu des enfers. Ewe dévoile sa propre
fable, morbide, dérangeante et par là se fait l'essence
pure d’un noir et vorace venin qui, vicieusement injecté, ronge
et dévore l’être et la conscience de l’auditorat à
fait que progressent les secondes. En conclusion voici donc une release dont le kamp R.U. est extrêment fier et qui, à mon sens, mérite le soutient de tout les maniaques se prétendant investis dans notre underground hexagonal. Sperm. S. TRACKLIST
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