GLADSHEIM « War Wolf Spirit » (2005)

Si Svart Hat, dont la noirceur révélée il y a quelques mois à l’underground, implique une introspection pure et totale vers les sphères malsaines d’abstraites et escarpées pulsions émotionnelles, ce second projet de Skoll qu’est Gladsheim est quand à lui beaucoup plus enclin, dans une optique tout aussi dénuée de compromission, à la propagation d’une rhétorique bien plus concrète, implacable et spirituelle.

Ce « War Wolf Spirit » a été, excepté pour un track datant de l‘été dernier, composé, écrit et capturé à la charnière de l’hiver 2004 / 2005 et, c’est donc en ce début d’année que, tout crocs acérés, cette première démo donne l’assaut, faisant par la même pénétrer la bête en les rangs du Hate Korp. 

« Battlefront » ouvre la galette, en accord avec son appellation et, en un souffle qui ne sera pas inconnu aux maniaques s’étant intéressés en temps et en heure au fantastique « A Prelude To The End », avant sa totale combustion spontanée, puisque y sont reprises les hostilités là où le tracks « In The Flames Of Honour » les avait laissées ; Une substance nostalgique et combattive en perpétuel mouvement qui, galvanisée par un effort de production hyperboréen toujours aussi soigné et puissant, corrobore avec noblesse et brillance ce fantastique avant propos. 

« Rhétorique Lycanthropique » s’inscrit dans la même lignée. Ce track semble à lui seul, via la plus souveraine, révérencieuse et puissante détermination, perpétuer l’aura hermétique et inimitable de l’ancienne scène Toulonnaise via des riffs mélodieusement grandioses gorgés d’un fanatisme des plus auguste inspirant les plus illustres aïeux et, palpant même par moment l’influence finnoise du grand Satanic Warmaster ; Des percussions toujours aussi bien pensées suintant d’un atavisme des plus conquérant ; Des vocaux tantôt gorgés de haine dans leurs profonds écorchements, tantôt hautains et nostalgiques dans leurs distants phrasés clairs ; Et, l’apport sporadique de nappes de clavier glaciales du plus noble effet. 

Ce serait néanmoins trop réducteur et, faire fausse route d’emblée que de vouloir enfermer l’Art de Gladsheim en cette véhémence si typique à notre scène sudiste et, « Fimbul Winter » le prouve avec force en ce que, détonant tel une salve de Mg 42 débourrée à bout portant, il prend vigoureusement son envol sous le joug d’une emprise tenace en appelant au Darkthrone de l’époque la plus obscurantiste ; Puis, c’est finalement toute l’importance qu’a eu la scène scandinave dans un passé lointain qui semble recevoir hommage en ce track d’une complexité structurelle dithyrambique avoisinant les douze minutes( !!). Un tonnerre d’épilepsies à la froideur tranchante copulant finement avec de suicidaires et pastorales retombées arpégées en un contexte propice de haine pure. L’inacceptable résistance semblerait presque luire à nouveau aux abords nocturnes des Fjord… 

« Chosen Of Gladsheim » du haut de son ton grave et solennel embraye avec une lourdeur hypnotique paraissant bien plus sereine et assurée de part un savoir faire n’étant pas sans rappeler la quintessence d’un Drudkh se déclinant occasionnellement à la manière du Graveland de la nouvelle époque ; Comme pour démontrer, après l’hommage incontrôlé de rancœur, que l’avenir se tourne désormais vers l’Est… Skoll sachant néanmoins préserver l’identité de Gladsheim se fait ici lancinant comme sous le joug fédérateur des ancestraux enseignements, des séculaires valeurs aujourd’hui bafouées sans vergogne, pour un track quasi intimiste atteignant parfois des dimensions quasi tragiques lorsque surviennent de lentes déclamations en voix claires. 

Exacerbant ce feeling majestueux et renouant avec la densité alambiquée d’un « Fimbul Winter », « Nightshade Wandering » enfonce le clou de façon tout aussi convaincante et, en accord avec ce que son appellation vaporeuse suppose plonge son auditoire en un halo pastoral pluridimensionnel mis en abîme par un jeu en perpétuel mouvement entre arpéges acoustiques cristallins et riffs submergeant aux saturations chargées du poids d’une histoire tourmentée. Sentiment d‘une enivrante douleur passéiste transporté par d’épars samples obtenus des grâces de Mère Nature, violemment déchirés par la hargne lacérée des vocaux de Skoll et, les multiples emballement guerriers de la bête…. Une véritable incitation au voyage ancestral. 

« La Volonté Du Jeune Loup » suggère un retour à plus de véhémence, à plus de fougue et d’instincts destructeurs. Un track très soutenu passant à la trappe tout onirisme progressant tel une division de panzers sur les lignes ennemies et où, les initiés y découvriront un palpable clin d’œil à Svart Hat. 

S’ensuit ce qui est probablement le track le plus primaire et violent de ce « War Wolf Spirit » à commencer par sa durée laissant présager un assaut intense, cru et direct. « Final War, Nuclear War » est effectivement un manifeste de haine pure ne s’embarrassant d’aucun artifice. Les riffs sont primaires et taillés à la machette, les percussions simplistes dans leurs structures mais extrêmement soutenues, l’organe vocal de Skoll semble se disloquer en tout instant. A noter un délectable passage central dégueulant d’une subversion des plus martiale, syncopé, auquel se greffent des samples agonisant repartant subitement sur un mid tempo tout bonnement foutrique préfigurant la mise à mort finale. 

Enfin, l’œuvre s’achève sur un « Bearers Of Ascending Life » qui, comme tout le monde l’aura compris, est une reprise du grand et défunt Kristallnacht ; Reprise sur laquelle je pourrais difficilement être objectif dans la mesure où j’y ai vocalement participé en accord commun avec la rhétorique d’élévation personnelle qu’elle implique et que je partage avec Skoll…. Tentez donc seulement de vous imaginer la rigueur, la puissance et le tranchant typique à Svart Hat / Gladsheim, qui, aux cotés de l’écorchement inhérent à Votum Mortis, s’allieraient en un dernier hommage à ce monument éternel de la scène française et, vous serez relativement proches de la réalité bien que l’originale soit inégalable… 

En conclusion, bien plus qu’une simple démo, ce « War Wolf Spirit » est un véritable voyage initiatique que seuls les plus forts et convaincus seront aptes à comprendre et qui, malgré sa très alambiquée diversité parviens à conserver une identité forte et propre en tout instant… prouesse….

Une tuerie que nous sommes fiers de soutenir !

Sperm. S.

TRACKLIST

I) Battlefront
II) Rhetorique Lycanthropique
III) Fimbul Winter
IV) Chosen Of Gladsheim
V) Nightshade Wandering
VI) La Volonté Du Jeune Loup
VII) Final War, Nuclear War
VIII) Bearers Of Ascending Life (cover of Kristallnacht)

Durée totale: 60:52 mn

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