MORTICIAN
BLOOD RED THRONE
Le 3 novembre 2005
L’Underworld
Ayant passé la journée à Camden
à tenter de chiner dans les bacs du seul disquaire abordable
de tout Londres (libre a vous de préférer Resurrection
records et ses galettes, certes rares, mais tablant à une vingtaine
d’euros minimum) et, ayant essentiellement trouvé encore plus
d’enregistrements de Bukowski et une sympathique anthologie de chansons
a boire allemande, je me dirigeais vers le maintenant intime Underworld
avec, certes, une heure d’avance sur l’horaire mais moult rotteuses
dans la liquette et, d’excellents sandwiches au pain a disposition.
A peine cinq personnes sont déjà en train de faire la
queue (les anglais…) une heure avant l’ouverture des portes, dont
l’habituelle vieille gothique d’au moins 50 balais qui est présente
a tous les concerts et, les passe a lorgner les fougueux (enfin façon
de parler on a affaire a des anglais je rappelle) chevelus qui suent
a foison dans la fosse.
Environ 30 minutes plus tard et, alors que je prends peur et me demande
si je ne me suis pas gouré de concert vu que la file ressemble
plus a un défilé de mode Tim Burton 2005 qu’a la réunion
de hell’s angels à laquelle mon esprit ingénu s’attendait,
voila qu’une étrange créature se dandinant au ras du
sol attire mon attention. Mon cerveau se refusant à interpréter
le message, il fallut qu’une “chanson” de supreme MRAP s’y imprime
pour que je me rende a l’évidence: un NAIN chevelu avec un
t-shirt girly de Mortician, lui arrivant aux genoux , gambadait allégrement
devant moi, avec en plus du sourire enfantin plein la gueule.
Quelque part, il sauva un peu l’ambiance, fournissant un sujet inépuisable
de conversation à la populace. De fait il y avait intérêt
a trouver quelque chose a dire, car les portes s’ouvrirent avec DEUX
HEURES de retard sur l’horaire prévu, sans aucune excuse ou
justification bien sûr. Les anglais étant ce qu’ils sont,
aucune gueulante ne fut poussée, ni d’explication demandée
(imaginez la même chose en France…non? Je surestime le public
parisien?) et tout le monde rentra bien sagement.
On pourra dire ce qu on veut sur Mortician, mais pas qu’ils prennent
la grosse tête ni qu’ils manquent de contact avec le public,
quand on découvre un Roger Beaujard s’occupant tout seul (?)
du stand de merchandising. Le pire c’est qu’apparemment il n’y a pas
grand monde qui le reconnaît…Passons.
Pas de groupe local pour ennuyer tout le monde cette fois, BLOOD RED
THRONE entame les hostilités dans l’urgence, et annonce tout
de go que le retard occasionné va obliger tout le monde à
écourter son set (vous me direz, pour Mortician, la durée
du set n’est pas vraiment un problème…). Au passage , malheureusement
Ackercocke ne joue pas ce soir là, ayant préféré
faire un concert tout seul, une semaine avant, spécialement
pour Londres.
De Blood red throne, je ne connaissais pas grand chose, me disant
seulement encore un groupe de Death-Thrash qui sonne suédois
bien que norvégien, et, comme n’attendant pas grand chose,
j’ai été plutôt agréablement surpris...
Le seul membre un tant soi peu connu de ce groupe est le gros Tchort
de Carpathian Forest (qui pour le coup ressemble de plus en plus a
Vrangsvinn; Nattefrost va bientôt pouvoir le faire jouer en
string lui-aussi, et Carpathian devenir le plus gros ramassis de laiderons
depuis l’ancien line-up de Marduk) et, la musique est belle et bien
du bon Death Thrash de base, mais joué avec une énergie
toute Black. Ca ne casse pas trois pattes a un connard mais ça
a le mérite d’être le parfait groupe de chauffe qui fait
headbanguer tout le monde (même des Anglais). Un petit problème
d’ordre tout personnel me gâchera un peu la prestation, c’est
a dire que le blondin et prognathe chanteur me rappelant mystérieusement
le chanteur de Destinity (Mais si, le groupe qui jouait du Black avec
pour influences principales cradle et hecate enthroned, et, qui fait
maintenant du Death avec pour influences… je ne préfère
pas savoir quels groupes mais ils devraient avoir honte), et, qui
dit Destinity dit ce concert mémorable a Vierzon, dont la langue
et le crane de deux camarades se souviennent encore. Enfin bref ne
ressassons pas les mauvais souvenirs et passons au set de MORTICIAN.
On aura déjà le plaisir de constater qu’un vrai batteur
aux allures de Peter Jackson chevelu se trouve derrière les
fûts (espérons qu il ne meure pas celui la…) et quelques
petits malins ricanent déjà en se figurant qu il ne
terminera pas le concert debout.
Déjà , un bon point, tous les titres joués seront
accompagnés de leurs samples respectifs, et, quelques accrocs
iront jusqu’a les scander tous par cœur, à la perfection. De
mon cote , j’avoue avoir complètement lâché Mortician
depuis « Chainsaw Dismemberment » mais bon, euh, quand
tu en as un tu les as tous (n est pas Macabre qui veut).
Et voila que débarquent nos rednecks préférés,
Beaujard avec mulet, casquette et t-shirt de Star Wars, et Rahmer
avec Stetson et la même veste a patch depuis 15 ans…La machine
peut s’emballer et, ce n’est pas peu dire. En ce qui concerne la batterie,
rien a dire la mesure est aussi rapide que la boite a rythmes sur
album et c’en est impressionnant mais, bien évidemment le batteur
est forcé de taper très faiblement sur les toms et,
le tout n’étant pas triggé (vous imaginez Mortician
sonnant comme Mayhem en live? Moi pas), le rendu est un peu faible
évidemment, mais, la vitesse de mitrailleuse est là.
Quand a Beaujard et Rahmer, ils sont aussi différents que complémentaires
sur scène. Alors que le premier est hystérique, grimace
, sue et bave en courant partout, le second est droit comme un I et
semble taillé dans le marbre (il ne bougera pas d’un cheveu
de tout le set et, gardera le regard fixe sur un point imaginaire,
ce qui est plutôt impressionnant quand même). Son chant
est complètement étouffé et sonne encore plus
comme un siphon que sur cd, ce qui ne découragera pas certains
qui CHANTERONT les “paroles” par cœur.
Alors que je constate avec joie que le set retrace l’ensemble de leur
carrière en remontant jusqu’à « Mortal massacre
» et même avant, voila qu’une créature frétillante
au niveau du sol attire mon regard: le NAIN est de retour et il est
tellement content qu’il mord les genoux de tout le monde en couinant
“Blow my ass!” (ce qui peut être doublement, voire librement
interprété). Alors que l’on se prend mutuellement en
photo après avoir assisté à la fin d’un ersatz
de pit (ces cons ont peur de lui marcher dessus mais au moins ça
déclenchera une éphémère bagarre) il s’accroche
a ma jambe en me demandant de le lancer (oui je sais moi aussi ça
m’a rappellé quelque chose) sur scène.
M’accomplissant avec toute la théâtralité requise,
je lève le pied bien haut et lui botte le cul de toutes mes
forces , le faisant atterrir entre les jambes de Beaujard (première
fois que je marque un but de ma vie et, il faut que ce soit dans des
conditions pareilles…)
Le mulet humain, constatant ce qui lui lance un sourire joyeux d’entre
ses jambes, pousse une beuglante et commence a poursuivre le nain
sur scène en tentant de le piétiner et, TOUT en continuant
a jouer , le nain n’ayant d’autre choix que de se réfugier
ENTRE les jambes de Rahmer, ce dernier ne bougeant pas d un cil !!!
(A ce stade on se croyait dans un spectacle de clowns et, imaginez
l’ambiance de la salle qui en résultait) . Bref les choses
se calmèrent enfin quand le nain eu droit a son slam, couronnant
ses cinq minutes de gloire et donnant l’envie à tout le monde
de le ramener chez soi pour épater ses amis.
Sinon, voir Mortician en live relève de l’expérience
tant on a l’impression d’être plongé dans l’ambiance
de leurs albums sans aucun besoin de fumée ou de faux sang.
Et, il est unique d’enfin vivre ces petites choses qu on évoquait
dans le temps au sein d’une soirée avec pour fond sonore l’intégrale
de Mortician en boucle, du genre : “Je suis sûr qu’en concert
tu n’as même pas le temps d’entamer un pogo que le morceau est
déjà fini et que quand tu t’en aperçois tu es
à la fin du sample du morceau d’après”, EXACT , et rien
que pour ça, les rednecks resteront cultes même après
quinze albums. Ah et au fait le batteur a tenu jusqu au bout et sans
aucun effort visible, bande d’Anglais…