FAIRYTALES
NEHL
NESSERIA
AKPHAEZYA
INNEURFEUDS
KORUM
GARWALL

METALLOWEEN 24 octobre 2003

J’avais déjà vaguement entendu parler de cet « événement » via divers correspondants implantés dans les contrées orléanaises. Autant dire que la perspective de gaspiller ma nuit du 24 octobre 2003 pour y faire une descente ne m’emballait pas au plus haut point. Le concept général, le fait d’être le témoin d’un mélange hétéroclite et commercial entre diverses scènes ne correspondait guère à ma vision sectaire et élitiste des choses.

Je me suis finalement et contre toute attente laissé traîner dans la première édition de ce bourbier fielleux et peu appétissant organisé par l’organisation Métal Maniac.

Le début des « hostilités » était prévu pour dix neuf heures et, c’est tout naturellement que le temps de trouver un truc à bouffer, de se rincer un minimum la gueule puis, de débusquer cette foutue salle Yvremont, notre escadron débarque à vingt et une heure sur les lieux du sacrilège.

C’est une fois à l’intérieur que nous découvrons enfin la consistance de l’affiche et surtout l’ampleur de la situation : Une infrastructure énorme et sur-équipée, un matériel sono et instrumental pantagruélique, une atmosphère hideusement bon enfant, un melting pot culturel abominable….

Aaaarrgggh !!!! Quelle horreur !!!!

Je me souviens encore de cette étrange sensation de démangeaison qui a gagnée le bout de mes rangeots, de ces pulsions soudaines et, de ces envies naissantes de massacrer tout ces bâtards sociétaires au service d’une banalisation écœurante, d’un déclin alarmant qu’il n’y a plus besoin en ces sombres jours d’évoquer. 

Au moment du débarquement, nous avons déjà loupés deux groupes à savoir Fairytales et Nehl. Rien de bien déplorable au demeurant puisque ces deux combos officient respectivement dans le heavy et le goth. Au vu du respect que nous éprouvons pour ces deux styles, le fait d’avoir manqué leur prestation n’a pas fait partie des nombreux regrets qui ont entourés cette soirée. 

Nesseria entre rapidement en scène pour présenter ses compos ancrées dans un style tout aussi futile négligeable et obsolète, c’est à dire du hardcore.

Nous avions déjà eu affaire à ce type de groupe et à son public à plusieurs reprises ; C’est donc sans grande surprise que nous retrouvons un de ces éternel line-up qui se sentant probablement crédible et vecteur de violence semble être monté sur ressorts et désireux de creuser la scène comme une taupe en colère. En face, une foule de dégénérés vêtus de baggys et de tout l’attirail streetware qui se la pêtent en tapant des poings et des pieds dans le vide.

Accablés par ce spectacle et, au delà, par la mollesse, le caractère trop jumping et clichesque de la musique, nous nous retirons momentanément de ce que nous considérons alors plus comme le théatre d’une gigantesque parade nuptiale partouzarde de colibris défoncés au chimique que comme un concert de metal ; Cela pour mener une opération pinard fortement réparatrice. 

De retour sur les lieux du crime, nous découvrons Akphaezya et, le spectacle n’est guère plus reluisant que celui proposé par ses prédécesseurs. Pour commencer, à peine le set entamé, le gratteux pête une corde et rejoint en panique les backstages comme submergé par une honte insondable. Le batteur et le bassiste suivent le mouvement si bien que la chanteuse se retrouve livrée à elle même face à un « public » heureusement pour elle peu téméraire et dénué de toute malveillance. La jeune devochka tente tant bien que mal d’amuser la galerie et, après quelques discours et sourires tiédasses pathétiquement gênés, elle décide d’empoigner son synthé et de balancer quelques compos de son cru personnel (compos à l’égard desquelles les plus ponctuels ont dus se sentir familiers puisque la demoiselle fait également partie de Nehl…)

Quoi qu’il en soit, c’est à pas loin d’une demi heure d’un gothic à consonances tristes et médiévales que nous avons eu droit. Sans pour autant remettre en cause la chose du point de vue du talent, ce petit écart intimiste était bien soporifique et, n’ayant pas fait le déplacement pour assister à une opérette, nous tentâmes tant bien que mal d’instaurer chaos et rébellion ; Malheureusement, les remarques tonitruantes déplacées et déstabilisantes du camarade Eriogerg ne suffirent pas à instaurer haine et débâcle dans un auditorat qui semblait étrangement plus captivés par les rustines et le fessier bardé de cuir de la donzelle que par autre chose…

Finalement, les déserteurs réinvestissent la scène et, les choses reprennent leur cours. Akphaezia offre un set plutôt maladroit et peu addictif emplit d’un espèce de neo-gothic metal festif avec synthés et voix féminines. Inutile d’en dire plus, vous aurez tous compris le fond de mes pensées.

Ne désirant plus subir plus longtemps, une seconde opération pinard s’imposa à nous comme une nécessité. 

C’est revigorés et lavés de toutes ces souillures que nous réintégrons quelques dizaines de minutes plus tard la salle alors que les ingénieurs son sont à la tâche pour préparer le prochain set.

Pour la première fois de la soirée, un sentiment hautement conquérant nous envahit lorsque nous voyons le personnel s’affairer autour du second drum-kit ; Drum-kit jusque là laissé pour compte et qui semblait bien plus propice à l’annihilation qu’aux mièvreries couillues précédentes.

C’est lorsque nous voyons le trio du combo suivant débarquer sur scène, que nous entendons les feulements des essais guitares et, la résonance des échauffements batterie que nous comprenons que le chaos allait enfin régner et, que nous décidons donc d’aller rameuter le restant de nos troupes.

Quelques minutes plus tard, Inneurfeuds entame son set et, toute la salle se prends un véritable cataclysme de Brutal Death à tendance Grind dans la gueule.

Malgré la staticité de la prestation, la brutalité est au rendez vous et, je ne peux rester inerte. Leur maîtrise technique est tout bonnement impressionnante sans pour autant altérer la violence jubilatoire de la prestation :

Le batteur, sans pour autant faire preuve d’un jeu supersonique martèle comme un acharné en exploitant totalement tout les atouts du matériel et en balançant des plans, breaks et roulement totalement inhumains.

Le bassiste chanteur jouit d’une assise démentielle et bien que torturant sa Bc-rich au médiator, n’a rien à prouver quand à sa maîtrise et sa dextérité. Son jeu est tout simplement frénétique et massif et, ses grunts sans failles et calés avec force.

Enfin, les riffs du gratteux relèvent de la démence masochiste maladive tant ils regorgent de tapings, d’harmoniques et d’une importante recherche dans le domaine de la boucherie. Ses backing vokills ne sont pas de trop et ne font qu’imposer un peu plus la musique d’Innerfeuds

Un véritable déluge meurtrier appuyé par une bonne attitude.

Il est amusant de voir que toutes les fientes qui jouaient les durs jusqu’alors se sont expatriées ! Où sont donc tout ces puceau prépubéres et leurs war-paints ridicules ? Les pseudos keupons qui auraient fait pâle figure à coté d’une simple crête de coq phallique ? Les goths battcave avec leur mascara suintant et leurs new-rocks ? Les sous merdes neo metalleuses et leurs slams gentillets ?? Dommage, nous aurions bien atomisés une paire de gueules !!!

Notons que ce concert était le dernier sous le nom d’Innerfeuds puisque le groupe va désormais se nommer Supremacy. A surveiller et à soutenir ! 

Qu’éspérer de plus après une telle claque ? Pas grand chose du moins pour ce qui suit dans l’immédiat. Tout cela était trop beau pour être vrai et, l’arrivée de Korum sur scène ne tarde pas à nous faire regretter la demi heure d’orgie qui vient de nous exploser à la gueule !

De Korum, je ne connaissait qu’un titre jusqu’à ce fameux soir ; Ce track m’avait semblé plutôt correct malgré son caractère un peu trop dispersé et commercial. Mais, comme à l’accoutumée , figure en général sur une compil le meilleur titre d’un album et, l’évolution de la prestation plombe rapidement l’étiquette Death Metal qui entoure ce groupe.

Tout cela manque très sévèrement de haine et de violence :

Le chanteur s’agite de manière incontrôlée tel un junkie en manque de coke ; Le batteur manque sérieusement de vigueur et d’assise ; les percussions étant molles, les riffs du gratteux ne parviennent pas à faire mouche ; Et, le bassiste jouant au doigt semble peiner et se déchirer comme pendant une séance de rééducation.

Mettons cela sur un éventuel manque de forme. 

Enfin, la tête d’affiche pour laquelle nous fîmes essentiellement le déplacement fait son apparition vers deux heures et demi du matin.

N’ayant pas une connaissance omnisciente au sein de l’underground, je croyais personnellement que Garwall n’existait plus et que je devrais à tout jamais me contenter de « Abyssus Abyssum Invocat » ; Et bien il faut croire que non.

La prestation commence très fort et sans fioritures avec une avalanche d’un True Black puissant, bien construit et sans failles tiré du Mcd.

C’est à cet instant que l’essentiel des trendies et autres poseurs qui étaient sortis de l’ombre pour éjaculer sur Korum réintègrent le fond de la salle ou quittent définitivement les lieux.

Une fois de plus, impossible re rester statique.

Le guitariste chanteur fait preuve d’aisance ; Ses riffs sont bien aiguisés et maîtrisés , ses phases vocales sont imposantes et éraillées à souhait.

Le second gratteux délivre des leads en speed picking parfaitement bien calés, profonds et dominateurs.

Le batteur est une véritable batterie d’artillerie ; Son mitraillage est sans compromis et parfaitement bien calé avec le reste.

Enfin, la basse est tenue avec prestance et efficacité par une représentante de la gente féminine et, je dois dire que j’aurais pus aisément m’enticher de cette valkyrie si la prestation avait conservé la même qualité et intensité jusqu’à la fin.

Là est tout le problème de ce dernier set car, sans crier gare, le quatuor passe d’un Brutal Black Metal blasphématoire à une sorte de mixture Black / Heavy bourrée de solos ultra techniques et de mélodies. Le tenancier des leads en fait beaucoup trop et, en exagérant un peu, on aurait presque cru assister à un concert de Children Of Bodom. Décevant donc, hormis pour les trois premiers titres, les quelques « public de merde ! » bien mérité et le crachat virulent à la face d’une goth de première ligne qui semblait se croire en rave !!!!! 

Plus grand chose à ajouter quand à cette soirée bien pathétique dans sa globalité et surtout à quatre vingt pour-cent chiante comme les bégaiements d’un pied de comptoir tentant une analyse lyrique des textes de Misanthrope.

Mes meilleurs souvenirs resteront la prestation d’Innerfeuds et, partiellement de set de Garwall. 

Sperm. S.