MAYHEM
DECAPITATED (ANNULE)
CADAVER
DEFILED

PORTAIL COUCOU - SALON DE PROVENCE
1 MAI 2004

La perspective de voir Mayhem ne me procurait pas l’excitation d’un soldat montant au front mais tout juste une curiosité malsaine. Par contre, celle d’approcher les kamikazes de Defiled me décidait à me diriger vers ce concert.
Me voilà donc parti à Salon de Provence où je m’aperçois, une fois arrivé, que l’hospitalité ne semble pas être le point fort d’une certaine partie de la fange locale puisque l’accueil qui nous fut réservé ne fut qu’insultes et gestes déplacés de la part de la vermine immigrée d’Afrique du Nord. Circulant en voiture, ces tétraplégiques du cerveau ne souhaitaient visiblement pas se confronter avec nous puisque sitôt leur méfait accomplit, l’accélération et la fuite étaient de mise. C’est donc avec déception que nous nous contentâmes de répliquer avec des gestes plus ou moins équivoques pour répondre à leur insuffisance génétique.
L’attente devant la salle me permettra de rencontrer Urkraft et Undergland Salivaires et d’observer toute sorte d’anomalie de la nature : goths en chaleur barbouillés au mascara, sous merdes neo metalleuses, metalleux à la sauce racaille c’est à dire en jogging-basket avec un TS de Mayhem ou de Burzum; metalleux en war paints de carnaval; personnes à la peau fortement pigmentée...
C’est dans cette atmosphère de melting pot nauséabonde que j’apprends que Decapitated est annulé et qu’il n’y aura finalement que 3 groupes. Devant cette déception et le fait que le concert ne commencerait que dans deux heures, nous nous éloignons de ce rassemblement cosmopolite pour observer un orgie alcoolique. Il est 21h quand nous revenons tant bien que mal à la salle. Nous constatons alors que celle-ci est pleine et que pas moins de 400 personnes y sont déjà entassés. 80 personnes resteront dehors. L’accès leur étant refusé car n’ayant pas acheté leur billet à l’avance. Ils réussiront tout de même à rentrer pour le set de Mayhem pour ceux qui avaient eu le courage de faire le siège du Portail Coucou durant plus de deux heures.

Defiled ouvre donc les hostilités. Les japonais de Season of Mist auront été pour moi le meilleur groupe de la soirée. Avec un son typé US mais tout en gardant une certaine originalité, Defiled n’est pas là pour faire de la figuration et, malgré un set un peu court à mon goût, leur Brutal Death fut en tout point dévastateur. Le batteur est une véritable batterie d’artillerie à lui tout seul, son mitraillage est incessant, précis et bien calé avec le reste à savoir les riffs surpuissants de Yusuke et Norihisa et la voix gutturale de Hideki. En témoigne les pogos qui commencèrent dès le premier morceau pour ne se terminer que sur les derniers grognements de la milice japonaise. Jouant essentiellement des titres de leur excellent dernier album « Divination », Defiled ne s’est pas économisé et n’a pas fait le voyage pour rien. A noter une distribution gratuite de stickers du groupe pendant le set. Cette offrande est tout à leur honneur et a été appréciée à sa juste valeur. Malgré une atmosphère devenue vite suffocante et irrespirable pour la fosse, les pogos s’exécuteront avec force et honneur durant tout le set dans une salle transformée en four crématoire par manque d’aération, l’impossibilité de ressortir et l’absence de consigne.

Cadaver est le deuxième groupe de la soirée. Ces norvégiens, inconnus pour moi, ne me laisseront pas un souvenir impérissable. Leur Black Thrash à l’ancienne était certes correct mais assez limité par la voix du chanteur et d’une linéarité affligeante. Impossible de différencier les morceaux. Les pogos n’en furent pas moins présents pour la jouissance de la fosse tandis que les cadavres du fond de la salle se tapaient inlassablement une branlette tout en se regardant dans leur miroir pour voir s’ils n’avaient pas un cil de travers ou si leur mascara n’avait pas coulé.

Le set de Cadaver terminé, je retrouve Urkraft et UGS pour approfondir la pleine connaissance des choses. Après 25 min d’attente interminable, le temps que les ingénieurs du son se règlent, la bête de foire Mayhem entre en scène. Maniac s’en va rejoindre son pied de micro en bois en forme de flamme d’une laideur incommensurable. Avec une capuche sur la gueule (tel un petit chaperon noir) et une dague à la main (ressemblant plus a un couteau suisse géant qu’à autre chose), The False Mayhem n’est pas loin de rejoindre à cet instant Misanthrope dans le ridicule. J’ai vainement attendu l’entrée le couteau à la main du grand méchant loup pour purifier tout cela mais le Count Grishnackh a fait faux bond... Cette mise en scène grotesque a l’air de ravir la foule, les drapeaux norvégiens sont de sortie. Mayhem va enchaîner les titres : « DeathCrush », « Freezing Moon »... Maniac reprend vite ses habitudes de toxico en se fumant clope sur clope entre les tracks et pendant les intros, prend la pose pour ses groupies... Du grand art, on se croirait presque à la Star Academy... Point de tête de porc lancée vigoureusement dans le public, de scarifications, d’hémoglobine... Les pogos seront néanmoins monumentaux. Malgré la décadence, il faut avouer que Mayhem arrive tout de même à dégager une ambiance malsaine.

La soirée se terminera pour ma part avec les membres de Defiled puis dans la nuit sombre de Salon de Provence par un début de pogrom sur un cafard nomatique insolent. Cette échauffourée sera vite stoppée par l’arrivée de deux voitures représentant les forces de l’ordre. Arrivée tout à fait inutile et inopportune, les gardiens de l’Ordre et du Despotisme étant déjà sur place pour exercer la Lex Talionis.
Honneur et respect à Manu qui a agit lors de cette action mais aussi dans un autre domaine à la personne qui veilla avec efficacité sur mon bombers tel un Totenkopf sur son prisonnier.

Mayhem : www.thetruemayhem.com
Cadaver Inc : www.cadaverinc.com
Defiled : http://listen.to/defiled

AMSG