ARCHGOAT
BEHEXEN
DIABOLICUM
NECROSCHRISTOS
GOAT MOLESTOR

Le 22 / 10 / 05.
L’electrowerkz [Londres]

Mon exil a Londres a moult défauts mais, néanmoins, quelques vertus: ce n’est pas tous les jours qu’on peut assister a des gigs de Decapitated, Deicide, Mortician et un fest réunissant Behexen et Archgoat en a peine deux mois (et ne me parlez pas de Paris...)
L’electrowerkz se situe dans une petite rue crade et malfamée qui jette déjà l’ambiance. Je constate également avec joie que pour une fois les trends habituels arborant la coupe réglementaire cheveux-mi-longs-crasseux-avec-raie-immonde-sur-le-coté (nouvelle coupe réglementaire chez les rosbifs, même pour les pseudos-metalleux) ne sont pas présents. Je pourrais prétendre que c’est à cause du coté UG de l’affiche mais ce serait l’hôpital qui se fout de la charité, sachant que moi même ne connaissant peu ou prou rien aux groupes présents a part Behexen...
Je remarque a nouveau cet attachement émouvant et tellement britannique qui est de faire la queue même quand ce n’est pas nécessaire (les portes ne sont même pas ouvertes) et, me morfonds de voir ces chevelus a cartouches obtempérer poliment et, ne protestant a peine quand les veaux de la sécurité leur hurlent, sur un ton militaire, de séparer la queue en deux de chaque cote de la rue pour ne pas bloquer la circulation (c’est une IMPASSE !). Bref, je reviendrais plus tard sur ce manque agaçant de caractère chez les metalleux anglais, tous plus polis et gentils les uns que les autres...
Heureusement, une fois encore, les bœufs de la secu ont beau faire les marioles, ils ne s’ennuient même pas à fouiller à l’entrée, une bénédiction assez fréquente à Londres, même pour les concerts moins UG... Je serais néanmoins le seul à en profiter, étant donné qu il ne vient même pas à l’idée d’un Anglais de rentrer de la picole en fraude, ce dernier préférant s’envoyer ses 33cl a 4.50€ au bar (no comment...)
La salle est bien Underground , dégueulasse , étroite et toute en longueur, et, la scène est ridiculement petite, complètement disproportionnée par rapport a l’endroit. A peine le temps de tenter d’engager la conversation avec un russe de 3 mètres au sujet de son énorme patch V.O.N, que le set de GOAT MOLESTOR commence. Ces derniers jouant a domicile, on pourrait s’attendre à un minimum d’ambiance dans la fosse mais las, comme d’habitude, le simple fait d’headbanger semble un effort insurmontable pour le blackeux anglais, alors ne parlons même pas de pogo... Goat Molestor se présente comme un groupe de Black mais, il faudrait être sourd pour ne pas entendre un bon groupe de Death, basique et efficace. Une bonne entrée en la matière pour tenter vainement de chauffer l’ambiance soporifique de la salle. Au passage, beau geste du groupe qui à peine son concert fini, descend dans la fosse pour mettre l’ambiance quand d’autres s’enferment dans leurs tour-bus.

NECROSCHRISTOS suit, ces allemands pratiquent une sorte de Doom-Black ultra-lent aux résonances bien necro, allié a un chant Death mortifère, assez intéressant mais peut être plus a son aise au sein d’une affiche orientée Doom, le groupe ayant une fâcheuse tendance a plomber l’atmosphère déjà sérieusement lymphatique... Dans une ambiance plus appropriée ce groupe pourrait presque tenir de l’expérience.

Suit DIABOLICUM, suscitant déjà un peu plus d’intérêt de la part de la fosse, ce groupe comptant entre ses rangs nul autre que l’anorexique Kvarforth de SHINING venu nous présenter ses dernières scarifications et, dont c’est d’ailleurs le baptême du feu en tant que nouveau chanteur du groupe... Seulement le gig sembla être également un douloureux baptême du feu, en fait on avait tout simplement l’impression de voir un tout jeune groupe faire ses premiers pas hésitants sur scène... C’est simple, les deux premiers morceaux furent brouillons et inaudibles, à part de nombreux samples assez longuets et débiles pendant lesquels le groupe ne savait que faire, le guitariste rougissant même de confusion tandis que le bassiste restait pétrifie derrière sa basse, jouant de profil pour pouvoir se calquer sur la section rhythmique car complètement aux fraises. Kvarforth faisait de son mieux pour donner le change mais son charisme d’allumette ne pouvait pas grand chose, ses multiples saluts militaires bizarres ne faisant que la joie de l’unique ns de la salle qui pensait avoir trouvé un ami en ce bas monde. Au mieux la musique de Diabolicum fait parfois penser a un Sadistik Exekution indus passé a l’envers, au sein duquel surnagent parfois les vocaux tantôt Death / Black ou clairs de kvarforth complètement noyés... Quelques secondes sur chaque titre paraissaient intéressantes mais définitivement à revoir dans d’autres conditions ou avec d’autres musiciens...

Il est temps de passer aux choses sérieuses avec BEHEXEN. Après ce qui commence a devenir le passage oblige dans cette salle avec le premier morceau inaudible, la messe est vite dite et, Behexen écrase ses prédécesseurs en quelques secondes. Une belle performance de black intègre bien qu’ACCROCHEUR... On regrettera juste que le groupe soit un peu statique et ne se donne pas a fond, ne faisant que refléter l’ambiance de morts vivants de la salle, une des pires fosses que j’ai vu de ma vie avec peut être trois ou quatre personnes headbanguant, les autres croisant les bras...ceci finira par copieusement énerver le chanteur et, il semble que le groupe ait finalement écourté son set... Merci les rosbifs.

Alors qu’ARCHGOAT entre en scène, on observe par miracle un semblant de vie dans le pit et, on aura même droit, bon dieu, a un pogo d’environ dix secondes (il n y en aura pas de second, faut pas rêver non plus). Quand au groupe, il délivre un bon vieux Trash/Death/Black des familles aussi bordelique que jouissif, ce groupe m’a fait la même impression qu en découvrant "a blaze in the northern sky": On ne comprend rien pendant deux minutes puis vient le break et LE riff qui pénètre dans la chair puis reproduit ad nauseam sans qu’aucun ennui ne transparaisse. Archgoat dégage vraiment quelque chose de primitif et dégueulasse (faisant passer Behexen pour un groupe fin et classieux) ce qui devient de plus en plus rare sur scène de nos jours. Une belle démonstration de force...
Au final on remerciera a nouveau les anglais pour leur manque total d’ambiance guerrière dans la fosse, les seuls mettant un peu l’ambiance étant, comme d’habitude, les gars bourrés, les skins et le ns de service qui assume le rôle de guignol de la soirée... La salle se transformant en club a gothopouffes immédiatement après le concert, je m’enfuis sans demander mon reste, chassé par une abominable tentative du dj de service de mélanger Slayer avec de la hard tech, et, me mêlant vaguement a une bande de skins que je choisis précipitamment de quitter après que l’un d’entre eux aie mis une tête a un passant "pour rire"... On aimerait un peu plus d’énergie gratuite PENDANT les concerts et un peu moins après messieurs...

Arsongod