WATAIN
IMPIETY
PENTACLE


Le 13 Octobre 2007 - The Fridge [Londres]

Retour au bunker du Fridge pour ce gig. Vu le déploiement de sécurité rencontré la dernière fois, je prends mon temps pour planquer mon cutter en lieu sûr et m’assurer que mes clés de maison n’aient pas l’air trop agressivement affûtées, sait-on jamais… Sauf que les braves allogènes sont aujourd’hui bien plus décontractés du gland, et la fouille se fait négligente, comme j’aime.
Rien à dire de plus sur la salle, à part que cette fois-ci on a droit à un gros ibère dans les chiottes qui distribue sucettes, capotes…et attend sa petite pièce qui ne viendra jamais. Au passage il bloque aussi l’accès au lavabo.

Bref, les vétérans de PENTACLE montent sur scène, et le son me pète encore une fois de plus le crâne, ça va me faire bizarre quand je vais retourner aux concerts gaulois, vu la différence de volume sonore… Une quinzaine de péquins apprécie fortement ce mélange d’Aphyx (évidemment) et d’Obituary, c’est ma fois pas mal comme groupe de chauffe, mais point trop n’en faut…L’ambiance me fait étrangement penser à celle d’un groupe local donnant son premier concert, avec tous les potes qui encouragent et crient « A poil ! » devant… C’est bon enfant quoi…C’est l’Angleterre quoi.
Quand le chanteur beuglera finalement « ARE YOU READY FOR IMPIETY ? » La réponse quasi-totale sera « NOOO !!! » Je n’en crois pas mes putains d’oreilles…

Tout le monde retourne sagement se vautrer au bar, que je digère encore ce que je viens d’entendre, il semblerait que comme pour UNPURE un mois auparavant, je me retrouve à nouveau tout seul devant la scène…Putain c’est quoi ce pays, pardon cette île…Once an empire, now a slum…

Enfin ça commence, je remarque immédiatement que les zicos ne sont pas les membres « officiels » d’Impiety mais d’anciens membres recrutés pour l’occasion, indisponibilité des autres oblige… Deux beaux quartiers de viande pigmentés façon Sud-Amérique, parfait reflet de la moitié de la fosse ma fois… Le pauvre Shyaithan a un peu une tronche à vendre des kebabs au milieu des deux chicanos mais qu’importe.
La bastonnade commence. Le son est assez moyen, ce qui atténue l’impact mais renforce le côté crade, les drums ont un plaisant son de tambours de guerre, et les doigts volent littéralement sur les grattes, Shyaithan sort une vilaine langue virevoltante… PENTACLE est renvoyé à l’état de grabataire en deux secondes….et là c’est le drame, car bah, fidèles à eux-mêmes, les anglais n’en ont rien à foutre, deux trois personnes headbanguent, le reste croise les bras et lève mollement un regard vide et bovin vers la scène… Achevez-moi… Il y a bien un polack complètement bourré qui beugle par cœur les paroles d’un vieux titre qui ne viendra jamais (la setlist insistera un peu trop sur le dernier opus) mais sinon c’est le calme plat… Cette absence totale d’ambiance n’aidera pas un groupe apparemment handicapé par des problèmes récurrents de retours et de sonorisation, et après un temps incroyablement court (perso je dirais qu’ils ont joué une grosse demi-heure à tout casser) le groupe se barre en n’ayant clairement pas tout donné, mais bon ce qui servait de public le méritait-il de toute façon… A peine le temps de penser à ça que la fosse se vide, direction le bar, putain on se croirait au cinoche dans les premières secondes du générique de fin où c’est la course pour se ruer dehors… C’est Transformers ou IMPIETY là ????? Pute vierge…

Alors que j’assiste au très long déploiement des backdrops et artefacts de scène de WATAIN, une étrange odeur me saisit les narines, indéniablement une odeur de pisse pas fraîche, bientôt tout le monde dans la salle regarde son voisin avec suspicion et se renifle le perfecto discrètement…
Le mystère aurait pu être éclairci si nous avions eu droit au coup des rats ou du sang, mais il semble que le groupe s’était mis en tête de respecter son contrat cette fois-là (d’autant qu’on ne déconne pas avec les rats à Londres, pour des raisons évidentes). Tant pis.

Bon la fosse se remplit cette fois-ci, les rosbifs semblent re-découvrir la notion d’intérêt et d’impatience… WATAIN pète d’un coup et je grille direct :
Putain le son est massif et clair comme de l’eau de roche, jamais entendu un son aussi clair à un concert de black
Putain, le batteur a vraiment une sale dégaine de croisement improbable entre Vince Neil et Axl Rose, les corpsepaints par-dessus la chose…
Putain Erik a vraiment une gestuelle anti-nordique, à faire passer un Nattefrost pour un dolmen souillé de déjections canines…
Je ne suis pas un grand fan de WATAIN sur disque, mais il faut avouer qu’en live ça en fout un coup, son clair, compos ultra accrocheuses avec refrains pour faire chanter le public, pyrotechnie réglée au riff prêt… A côté une prestation de1349 sur la grande scène d’un quelconque festoche passerait pour un concert de Cavaticus dans une fosse à purin Berrichonne. On l’a trouvé le Amon Amarth du black…

Il est donc assez difficile de ne pas se faire prendre au jeu, d’autant plus que, seigneur Voland, les anglais bougent cette fois-ci, et l’habituel Strata-Dwarf est comme d’habitude utilisé comme balle de ping-pong, tandis que les nabots sud-américains montrent les dents et s’agrippent aux jambes… Ces derniers feront aussi la gueule quand, entre deux morceaux, l’habituel pakistanais multi-usage et orange fluo vaporisera de la bombe à chiottes directement dans la fosse pour chasser l’odeur de pisse…. Ces braves chicanos ne doivent pas avoir l’habitude des bonnes odeurs synthétiques…
Durant Sworn To The Dark, on se croirait dans un stade avec la fosse chantant carrément les mélodies de grattes, et ne parlons pas de la reprise de DISSECTION qui tournera en karaoké général improbable... A décrire cela on se croirait dans un concert de pop mais croyez-moi, l’efficacité de Watain en live est telle qu’on en redemande… Et il est toujours plaisant de voir une espèce de couple se roulant ostensiblement des pelles contre les retours se faire malmener par deux trois enragés, IL serait fier de ses ouailles, mainstream mais pas trop quand même…

Contre toute attente, le groupe retrouve un peu de misanthropie et se barre sans dire un mot dès la dernière note, certains en resteront le cul par terre tant ils espéraient des rappels… Pas totalement mainstream donc, mais quand même pas mal, mais bon c’est pour SA bonne cause…
Un PENTACLE comestible, un IMPIETY monstrueux malgré l’effet de rendez-vous manqué, et un WATAIN à l’efficacité confondante, pour un troupeau chevelu à peine moins mauvais que d’habitude… Décidément on ne peut pas tout avoir sur cette péninsule ghettoisée.

The sands of time are running out for this land
It's time the people stood and raised their hands
This is our land, the European man
So where are you, a land so fair and true

Pas dans les concerts de métal il semblerait en tout cas, hin hin...

S.H.S

Arsongod