URGEHAL
Pour UNE fois, prendre la bagnole pour changer de région ne provoque pas de hauts de cœur de notre part… Habitués d’habitude aux coins plus que déprimants des alentours de Lyon, du Nord-est ou du Poitou, il nous est ici donné de traverser une Bourgogne ma foi magnifique et enchanteresse, ce qui nous fout donc un bon coup au moral quand on arrive dans cette ville pourrie qu’est Montbéliard et qu’en plus on doit se garer sur un parking de supermarché, alors que les hordes multicolores dégénérées nous regardent d’un œil torve, ayant souillé ce qui leur sert de territoire… Tiens, il n’y a que des vieux pour une fois, me dis-je en contemplant la faune environnante. Pour une fois également, des têtes connues débarquent quasiment de suite, ce qui m’évite d’avoir à gérer la crise d’autisme aiguë que je me fade chaque fois que j’arrive dans un concert metal d’habitude. Malgré la sortie définitive, le coin est tellement pourri et l’air froid qu’on se hasarde à l’intérieur de la salle en avance. Constat rapide : « ils vont vraiment garder autant de gens dans un banal hangar ? » Ca me rappelle les Heures Les Plus Sombres et Confinées de Notre Histoire tout ça… Ah bah non en fait il y a aussi un fumoir, mais là il ne manque clairement que l’arrivée de gaz pour parfaire à l’atmosphère… Bah, il y a un stand avec plein de trucs pas chers et c’est des gonzesses qui vendent, on va pouvoir survivre… On arrive à la fin du set de MYRKVID, assez ennuyeux, et qui déclenchera de belles grimaces en foirant complètement leur reprise de Mayhem. A oublier… Arrivent ensuite NEFASTT, encore plus insipide. Je vois des gens qui jouent du Black Metal, et sûrement pas un set Black Metal. Je somnole donc sur les côtés de la scène en matant quelques culs féminins (le hangar est bourré de génisses, jamais vu autant à un concert extrême), y’a que ça à faire quand sur scène ça ne dégage absolument rien… Pour AOSOTH, je fais un effort, espérant un peu plus que le banal qui a précédé, et me place bien au milieu de la fosse. Le groupe me laisse complètement de marbre sur album, mais sur scène ma foi c’est violent et entraînant, bien que n’apportant pas grand-chose de frais au genre. MKM fait son show, mais le voir tenter de se protéger d’une lumière divine imaginaire façon Nosferatu du pauvre me fit plus sourire nerveusement que communier… Un morceau à la rythmique bien thrash et la reprise attendue d’ANTAEUS furent le point d’orgue d’un set efficace mais ne laissant pas beaucoup de traces à part les gnons dus au pogo… Un bon groupe de chauffe on va dire… Un coup de pompe inattendu me fait regarder le début d’ANGANTYR sur le côté de la scène, et le moins que l’on puisse dire c’est que si les compos épiques à rallonge peuvent avoir leur charme sur album, elles n’en deviennent que plus chiantes sur scène… Amusant de voir que pour le groupe estampillé « pagan » de la soirée, et qui en plus en fait des tonnes niveau communication avec le public, toutes les gonzesses affluent au premier rang… Après tout ça, inutile de dire que j’attendais URGEHAL comme le messie qui remettrait les choses en place, et force fut de constater qu’un unique morceau de leur part effaça l’intégralité des prestations des groupes précédents. Néanmoins la magie de l’Art Noir fut brisée dès que le chanteur prit la parole entre deux morceaux. En effet ce dernier est dans le même état que lors de sa prestation légendaire dans un « reportage » d’M6 et tient à le faire savoir. Etonnant qu’il puisse jouer aussi carré tout en se tenant quasiment au micro dès qu’il lâche sa guitare… Quand le groupe enchaîna sur une reprise de SEPULTURA puis AUTOPSY, le message était passé, les gars n’étaient pas venus jouer du Black Metal, du moins au sens que je l’entends. A partir de ce moment-là, je m’accommodai du reste du set comme d’un défouloir de plus, avec d’excellents riffs certes mais dépourvu de tout feeling haineux intrinsèquement lié à l’Art Noir selon moi… Une bonne branlée musicale certes mais j’ai attendu des heures un concert de Black Metal qui n’est jamais venu… Dommage.
|