MALEFICENTIA
ANGMAR
NIRNAETH
AZATHOTH
KAMPFAR
NYDVIND
WARGASM
HYADNINGAR

16 & 17 avril
Au Klub, à Paris

Il est évidemment difficile de ne pas jaser sur un « Pagan Fest » se déroulant a Paris, place forte dont les bastions true blackeux sont nommés « Les Furieux » ou « Black Dog » (j'en sens certains qui rougissent) et, où on peut recruter une véritable élite de peigne-culs estampillés« For HIM » rien qu'en ouvrant un pack de bières a la fontaine de Châtelets-Les-Halles...
C’est un peu plus difficile quand le lieu des hostilités se révèle être un bar a pédés...
Le Klub est plutôt ardu a repérer, étant donné qu'il ne constitue qu'une porte anonyme dans le bordel ambiant et olfactif du Paris des Halles. Aucune devanture ou enseigne, juste une affiche photocopiée façon agenda de l'étudiant qui présente les groupes de ce soir et les prochains concerts, le tout scotché a l'arrache sur une porte pourrie. UG quand tu nous tiens...
Après avoir descendu un petit escalier insalubre vaguement gardé par un gros noir dont le manque d'énergie fait plaisir à voir et, surtout à rentrer ma bouteille des vin des prêlats, j'accède a la scène...minuscule car étant bien entendu la piste de danse réservée à de jeunes éphèbes aimant s’enculer entre copains... On remarquera que juste derrière la batterie se trouve un joli four, certes un poil exigu mais c’est fou ce qu'on peut faire avec un corps hum... bref une jolie déco bien pratique qui permet de ne pas trop se prendre le crâne quand on cherche une plaisante saillie à vomir à la gueule d'un groupe qu'on abhorre, si vous voyez ce que je veux dire...
Jetant un coup d'oeil à la faune environnante, la satire au garde-à-vous, je constatais que le paradoxe Parisien était à son apogée... Pour faire court et exciter vos imaginations débordantes de fiel, disons que le « Black Metal For White People » avait sérieusement mal à la gueule ce soir-là...

AZATHOTH délivre un black correct devant une audience anesthésiée. Je remarque immédiatement un truc assez nouveau en ce qui me concerne: le son est puissant et clair, voire peut être le concert de black le mieux sonorisé auquel j’ai assisté. Une première. Les musiciens semblent avoir de la bouteille, à l'image de la calvitie conquérante du chanteur, et le tout sonne aussi classique qu'appréciable. Groupe idéal de chauffe.

De ce qu'on m'avait dit de MALEFICENTIA, de l'illustre label à tendance combustion spontanée Melancholia Records, je devais m'attendre à un spectacle des plus caustique, et je me plaquais devant la scène pour ne rien en manquer. Je pus enfin voir a quel genre de bestiau j'avais vraiment affaire autour de moi, et une fois n'est pas coutume, tout le devant de la scène était encombré de jeunes pucelets parlant de leur nouveau groupe élitiste monté la semaine dernière ou, de leur grade d'elfe noir sur le dernier jeu de rôle en réseau, histoire de draguer de la pouffe NS (C'est la dernière mode). Au moins en Angleterre, on pouvait choisir de ne pas comprendre les conversations environnantes. Quoi qu'il en soit, moi qui m'attendais a de relativement jeunes zicos, voilà que deux bons gros bœufs débarquent sur le devant de scène, poilus et tatoués. Seul le bassiste fait un peu tâche mais on ne croirait pas s'attendre a voir débarquer un groupe de sympho (au passage le pauvre claviériste est planqué derrière les autres, quasi invisible, un signe?) . Le son est toujours au top à part le clavier complètement noyé dans le mix, ce qui donne au final l'impression d'assister à un set certes mélodique mais non symphonique. Et je vais faire chier des casques à pointe dans le Landernau, mais cette prestation fut plutôt agréable...On est dans un black tout sauf raw mais ça passe. Au passage ,ce sera le groupe estampillé « potes-bourrés-à-poil », ce qui enlèvera un peu plus de noirceur à la prestation, sans compter les diverses pitreries des gamins du devant de scène, qui, en plus de se tenir droit comme des piquets a chaque vaine tentative de pogo, n'hésitent pas a faire des gaudrioles pour faire craquer les musiciens et, vont jusqu'à leur expliquer comment s'accorder...bref malgré tout ça, prestation honorable de Maleficentia, sachant quand même que le côté sympho était ici quasi inexistant.

Alors qu'un cassage de trendies se profile a l'horizon sous la forme d'un bon gros gaillard barbu qui touche presque le plafond et qui grogne tout seul, NIRNAETH prend place et, ma première constatation est que nous avons affaire ici à la patrouille des frisés, à un bal de gueules cassées, entre le guitariste au nez crochu orné d'une vilaine moustache et le chanteur tendance Colin Farrell au petit matin après le rail de trop. Les corpse-paints auraient peut-être été nécessaires ce soir-là... 
Mais je suis mauvaise langue tant leur set s'avéra le vrai début des hostilités dans une ambiance bien sage pour le moment. Déjà on appréciera l'effort du chanteur qui parviendra à rester insensible aux pitreries des chiards de devant dont le seul but semble ici de tuer le minimum d'ambiance requise à un concert de black. Il tirera une gueule de cent coudées de long et semblera dans son monde, bon point car cette attitude ira à merveille avec le black bien raw qui nous est distillé ici. Cette prestation de Nirnaeth enterre avec une aisance toute nekro les deux groupes précédents et, s'avèrera sans faille aucune, à revoir donc ,avec des corpse-paints si possible. Au passage merci au barbu de deux mètres qui créa enfin un pit digne ce nom, envoyant chier les trendies comme des culbutos et faisant de beaux ravages à lui tout seul. Un nabot morveux s'étant mis en tête de slammer malgré la salle extrêmement basse de plafond, il emmerda tout le monde, défonça un light pour finir par retomber dans les bras du viking, le tout formant une pietà d'un genre nouveau et touchant pendant deux secondes, avant que la vierge barbue berce son gniard contre un pilier et le finisse à coups de paras, ce qui provoqua les couinements effarouchés d'une drôlesse offusquée par tant de violence contre les petits êtres.

ANGMAR prend la suite et des chants pro-patria-Normandia sont entonnés, ceci motivant un type demeuré invisible et qui beugla quelques Sieg Heil dans une indifférence polie. Ayant déjà vu le groupe plusieurs fois mais toujours dans un état plus qu'indécent, j'avais hâte de me faire un jugement non alcoolisé cette fois-ci. Leur black est brutal, sans aucune fioriture, limite suédois dans la volonté jusqu’au-boutiste de ne jamais concéder une baisse de rythme de plus de dix secondes. Bel effort de la part du batteur-beugleur. Excellent set dans une ambiance barbare, enfin.

Le lendemain se tenait le set Pagan à proprement parler. HYADNINGAR ouvre les hostilités et franchement le soufflet retombe au bout de quelques morceaux, je ne vois d'ailleurs pas vraiment pourquoi on a collé ce groupe dans un pagan fest car leur death-black est on ne peut plus basique et prévisible. Passons...

WARGASM est le premier groupe Parisien à fouler les planches mais, la vague attendue de chauvinisme n'arrive pas. Pire, on dirait que personne n'en a rien foutre, le chanteur ayant beau faire ce qu'il peut dans une indifférence quasi-méprisante, et finira par menacer de régler ça lui même dans la fosse.. Au passage il faut bien avouer que leur musique est aussi, sinon plus chiante, que le groupe d'avant et encore une fois qu'on m'explique le côté païen dans tout ça... J'assistais à une conversation pitoyablement animée entre un individu basané, et auto-proclamé chasseur de NS de la soirée, et des pauvres gens qui avaient le malheur de l'entourer. Notre bounty hunter des bacs à sable s'énervait à cause du t-shirt Funerarium du chanteur, celui-ci arborant un logo qui, dans l'esprit paranoïaque de l'hystérique, était copié sur un logo de Seigneur Voland, et donc, le chanteur était un nazi-pas-bien-idéologie-bouh-sale. Impossible de le calmer malgré les menaces de lynchage commençant à pleuvoir sur lui. Bref il faut avouer que de telles discussions mettent un peu de baume au cœur fataliste pendant un set chiant... Alors que le chanteur annonce une reprise de Dissection, pour laquelle il est épaulé par un pote, et qu'il réclame enfin le réveil de la fosse, des petits malins bien planqués commencent à se foutre ouvertement de sa gueule et à arguer qu'ils n'en ont rien à battre de Dissection. Résultat, le trapu beugleur met sa menace à exécution et se jette dans la fosse (où les petits malins ne se trouvent bien sûr pas) où il savate à qui mieux mieux, redonnant enfin du peps aux parigots qui n'ont de toute façon pas trop le choix entre lui et le barbu qui fait un fracassant retour dans le pit. Bonne attitude du chanteur, qui ne fera pas oublier une musique quand même gonflante.

Quand NYDVIND débarque, les choses deviennent radicalement différentes tant la salle entière semble accueillir le messie. On remarquera que le groupe entier est aux couleurs de Kampfar, ce qui donne un peu l'impression d'assister à un set de roadies. Dès la première seconde du premier titre, la messe est dite et des corps s’écrasent contre retours, amplis et micro du chanteur, qui semble apprécier. L'ambiance change radicalement et le pogo devient général. Je ne cacherai pas que Nydvind était également le groupe que j'attendais particulièrement et, que mon avis sera purement subjectif. Malgré deux-trois problèmes techniques résultant de types s’écrasant régulièrement sur scène, le set s'avère de loin le meilleur et de loin des deux jours, avec un chant clair au top et du folk à revendre, enfin. Avouons quand même que le groupe sonne beaucoup moins black sur scène que sur album et que le nouveau titre annonce une progression encore plus folk. Prestation néanmoins bandulatoire en ce qui me concerne, avec un pit déchaîné de bout en bout.

L'ambiance ne faiblit pas pour KAMPFAR accueilli à force beuglantes. Une overdose de fumigènes et une longue intro plus tard, la horde nordique arrive et balance la purée heathen. Et là je vais me faire des ennemis mais franchement je reste assez circonspect. Le son est étrangement plus mauvais que tous les groupes qui ont précédés, et le black-trash pourtant relativement clair de Kampfar se transforme en bouillie sonore. Impossible de reconnaître le moindre titre de ma connaissance, le superbe « Ravenheart » étant passé au mixeur. Dommage car l'attitude et l'ambiance y étaient, mais avec un son pareil Kampfar ressemblait plus à un énième groupe de black-trash bas du front et dépourvu de toute subtilité. Blasphème peut-être mais, je me barrais avant la fin du dernier titre tant leur set m'ennuya, et, doutant de mes oreilles tant le peuple autour de moi semblait assister au concert de l'année. Disons que je constituais l'exception qui confirma la règle ce soir-là. Pour résumer un premier soir bien plus convainquant que le second et une foule parisienne donnant décidément dans le tout ou rien.

Arsongod