MASTER
NEBUKADNEZZA
SCYTHIAN
ANOXIA
Le 4 Février 2008 – The Underworld [Londres]

Une bonne vieille légende du Death à la clé, en pleine
semaine, à Londres… Je m’attends à la trentaine de personnes
et peut-être un pogo à trois, comme quoi je m’y suis fait
à force…
Comme quoi la malédiction m’a suivi par delà les mers, un
type bourré fringué façon rockab du pauvre, fait
tout le wagon en titubant à la recherche d’un ami, puis évidemment
vient directement me baragouiner des trucs incompréhensibles parmi
lesquels je capte qu’il cherche les chiottes pour y aller gerber. Je les
lui montre d’un geste compréhensif en agitant mon Zinophrénia
(quoi de mieux qu’un bon Zinophrénia pour indiquer la fosse d’aisance),
et il part y dégueuler avec ardeur et en laissant la porte ouverte,
mais les Rosbifs en bon peuple dégénéré par
l’alcool depuis des générations en ont vus d’autres…
Je débarque un quart d’heure avant que les portes ouvrent et effectivement
c’est peu glorieux, il doit y avoir une dizaine de personnes dehors qui
attendent. Comme prévu. En attendant, je taille la bavette avec
un vieil Irlandais qui me parle de son amour du camembert et qui me fait
rougir en prouvant vite qu’il connaît mieux la géographie
de l’hexagone que moi, puis je m’amuse à faire galérer un
Français en lui parlant Anglais, jusqu’à lui révéler
la supercherie alors qu’il lutte pour trouver ses mots, moui un Toulousain
qui ne ressemble à rien mais qui s’y connaît bien niveau
UG Français, je me méfie, la dernière fois que j’ai
accordé ma confiance à un type cultivé mais à
l’allure douteuse, je l’ai retrouvé plus tard secouant le derrière
sur un dance floor universitaire en courtisant de la négresse,
et après avoir secoué ses quarante kilos contre un mur,
il m’a avoué entre ses dents qu’il avait tout appris sur Internet…
Bref, je descends finalement et ANOXIA a déjà commencé,
des dégaines de vieux briscards, une drôlesse typée
coreuse avec ma fois une jolie gueule montée sur un corps indélicat
de rugbyman, et une musique typée Death-Grind… Pas ma tasse de
pisse, mais la grognasse possède un organe déjà plus
convaincant que disons…la grande gueule d’Adorior…
Je pars causer avec le Grec de RAZOR OF OCCAM qui a sa distro à
des prix défiant toute concurrence, celui ayant une manière
bien à lui de vendre ses skeuds, mélange de passionné
et de marchand de tapis. Il me sort qu’il est venu essentiellement pour
SCYTHIAN, on verra bien…
En attendant, profitant de l’inhabituelle sortie libre, je me retrouve
à errer dehors en quête d’alcool, et ça ne loupe pas,
tous les clodos/dealers du coin me tombent dessus comme un seul homme,
je ne sais pas si je dois rabattre dignement mon t-shirt Imperial sur
ma gueule en marmonnant des Tu Quoque Fili ou tenter de communiquer avec
cette chienlit, mais un type avec une gueule de redneck pur jus les éjecte
pour me proposer des billets pour le concert dont je viens de ressortir,
à des tarifs MOINS CHERS que ceux proposés à l’entrée…
Ben merde alors, c’est plus le marché noir c’est la cotorep…
Alors que je me remets de mes émotions, un vieux négrillon
s’accroche à moi en marmonnant des trucs vaudous, j’ai pas le temps
d’aller clouer un chat à ma porte d’entrée pour repousser
eul’mauvais œil qu’il me glisse une maglite entre les mains et s’enfuit
en sautillant… Je regarde si la chose n’est pas couverte de sang ou si
elle n’est pas bourrée de drogue, et m’aperçois que je suis
en train de le faire sous les yeux du vigile qui me raconte que le vieux
singe fait ça à tout le monde et qu’un jour il a offert
un flingue dans la rue à un type comme ça…
Ok, je rentre dans la salle pour méditer sur tout ça, et
ne m’aperçois qu’une minute après que le vigile m’a laissé
rentrer une maglite à la main… Pourquoi pas.
SCYTHIAN commence. Rien que la dégaine très War Métal
des mecs me pousse à me coller devant (pas difficile, y’a personne).
Le son est abominable, mais la zique est du bon gros black/thrash avec
des touches War Metal, et j’headbangue tout seul le pied sur les retours,
avec une trentaine de péquins les bras croisés derrière
moi. Le Grec viendra agiter son poing gros comme ma gueule sur un titre,
mais c’est bien tout… Mais le groupe semblera n’en avoir cure, le chanteur,
qui ne quittera jamais ses ray-bans, affiche une attitude totalement décontractée
du gland qui ma fois sied étrangement bien à la musique.
Une bonne tuerie extrême, mais quand on s’agite tout seul, c’est
point drôle longtemps… ces rosbifs me gâcheraient limite mes
concerts…
NABUKADNEZZA enchaîne, je reconnais le tout petit chanteur avec
sa tronche d’origine douteuse à qui j’avais mis des claques sur
le crâne à un concert UG de thrash dans les sous-sols d’une
université un mois plus tôt… Le look est ici furieusement
Thrash/Crossover vintage, et la zique est ma fois un rip-off assez confondant
de mimétisme des premiers Sepultura… C’est assez efficace néanmoins,
et deux trois types bourrés se rentrent dedans mais j’ai trop besoin
d’alcool et hors de question de consommer au bar, donc direction le dehors
pour repousser les hordes barbares ethniques cadavéreuses avec
ma nouvelle maglight trop cool…
Après avoir trouvé du nectar et échangé quelques
mots avec une pétasse gothique fardée comme une bagnole
tunée à l’envers par des manouches ayant trop siphonné
d’essence et mangé d’aluminium, j’y retourne. ça s’est rempli,
mais on doit arriver à maximum 70 personnes pour MASTER, no comments…
Et hop, Papi Speckmann débarque avec sa mauvaise troupe, et c’est
parti pour une heure de bon vieux death old school avec un tempo soutenu
et groovy. Je me prends plein de méchants coups par derrière
et alors que je m’apprête à fondre dans ce que j’espère
être enfin un pogo valide je m’aperçois avec esbaudissement
que le pit est à 100% asiatique et féminin, en fait une
bande de petites jaunes en tenues multicolores se mettent des tartes dans
la gueule, avec à leur tête un veau marin bridé d’environ
90 kilos qui doit être la chef de bande. N’écoutant que mon
cœur et ma bite commençant à poindre vers le soleil levant,
je me jette dans ce merdier kawai… Je pelote, je tente d’insérer
des doigts, mais entre la grosse tong qui cogne comme une sourde et une
petite pour qui c’est manifestement le premier pogo et qui griffe et qui
mord, j’ai fort à faire… Finalement un type venant juste de se
renverser une pinte entière sur la gueule pour se donner du courage
vient me prêter main forte, et on retrouve vite à tenter
désespérément de prendre la grosse en sandwich mais
nenni elle se révélera totalement imprenable, ah la chiennasse
…
Pendant ce temps Papi Speckmann enchaîne les blagues et les anecdotes
de vieux qui a tout vu entre les titres, mais c’est bien sûr Funeral
Bitch qui enflammera la salle (enfin mettons un bémol, c’est Londres
ici hein…), Pépé ira même de ses poses limites Manowariennes,
et le côté Power Trio de l’ensemble fait franchement penser
à une version extrême de Motörhead, du bonheur, et l’ancêtre
a de l’énergie à revendre pour son âge (en fait pas
si avancé que ça mais disons poliment qu’il fait un peu
plus que son âge réel). Gig ultra intense, l’unique pogo
de ma vie avec la gaule tout le long durant, et une chouette maglite pour
aller tabasser les renards obèses qui bouffent mes poubelles pleines
de capotes usagées dehors pendant la nuit (Les bruits que font
un renard et un chat se battant pour une poubelle sont uniques, Silencer
peut aller se faire foutre ailleurs).
S.H.S
Arsongod
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