LORD
INKISITOR
EXCRUCIATE 666
PHOBOS
DAWN OF CRUCIFIXION
CODEX INFERIS
Maniac Metal Fest
Le 21/11/09 - Le Garage Café [Cambrai]

Arsongod : Puisque cette année tout se passe dans le nord, nord-est, faut bien y aller et on charge le corbillard comme on le peut avant de s’en aller tant bien que mal… Le mal avec un grand M viendra cette fois-ci de mon GPS sûrement trafiqué par les gars d’en face, car il nous amènera dans des endroits pas possibles et situés aux deux extrêmes de l’échelle sociale, à savoir un coupe-gorge du quart monde Parisien, ou un chemin de terre dans une forêt peuplée de bourgeois qui nous auraient sûrement tiré à vue du haut de leurs canassons si on avait daigné sortir nos gueules chevelues de la cage roulante…
On arrive finalement devant le rade situé à deux pas du commissariat local, d’ailleurs les condés passeront plusieurs fois devant le rade sans jamais s’arrêter, et chacun ira de sa spéculation au sujet de la camionnette aux vitres fumées en face de la salle, dont les vitres font toc-toc à chaque fois que quelqu’un passe à coté… Mais nous reviendrons plus tard à ces messieurs qui n’en font jamais assez…
Le rade est fonctionnel, il y a l’assortiment de distros le plus fourni vu à ce jour, qui m’auraient fait hypothéquer ma baraque si je m’y étais risqué de trop près… Le public est peu bigarré et ça fait plaisir, une certaine ambiance familiale se fait sentir, sans non plus tomber dans la camaraderie métrosexuelle… Seuls un ou deux guignols à l’accoutrement douteux et un punk visiblement égaré mettront de la vilaine couleur là-dedans…
Sperm S : Périple laborieux sous le joug de ce putain de GPS berrichon totalement aliéné, qui nous fit découvrir le charme des coupes gorges africanisés de la capitale, les affres les plus bourgeoises mais salopes de la forêt de Chantilly... avant de nous inciter, en totale dégénérescence, à de multiples demi-tours sur l'autoroute A1. Qu'à cela ne tienne, nous arrivâmes suffisamment tôt pour vider nos vessies déjà bien avinées, avant de les remettre à l'épreuve avec des Inkisitor en grande forme & une partie de la bête Christicide montée en renfort.
Gheritarish : Pas grand-chose à ajouter sur le trajet qui fut riche en spéculation et en blagues politiquement incorrectes diverses et variées quand à la provenance et la programmation dudit GPS. Après avoir errés comme des âmes en peines sur les routes «bigarrées » de France nous arrivâmes à bon port.
Arsongod : CODEX INFERIS commence… Hum, des masques à gaz et des têtes de braves trentenaires, un black-death ultra basique et répétitif, même en groupe de chauffe ça me casse les couilles et je m’en vais baver sur les distros…
Gheritarish : Mouais, black basique, pas fondamentalement mauvais, quelques riffs ont l’air intéressant, mais noyé dans une flopée d’autres tous plus inutiles les uns que les autres. Attitude scénique quasiment inexistante, un gros au chant et un masque à gaz (histoire d’attirer les enfants adeptes de NWN j’imagine) sont les seuls souvenirs qu’il me reste de ce groupe. Je sors picoler, pour de la chauffe ça peut passer mais j’ai des doutes en cas de position différente au sein de la programmation.
Sperm S : CODEX INFERIS a déjà largement entamé son set lorsque, à l’inverse, je me décide à foutre les pieds dans le Garage Café.
Premier constat : Le rade est plutôt bien achalandé pour une affiche underground.
Second constat : Le public semble plus que respectable, avec, à deux trois exceptions prés, une moyenne d'âge honnête & une foultitude de gonzesses toutes plus labourables les unes que les autres.
Troisième constat : Le son est très correct pour une telle infrastructure.
Le groupe Lorrain faisant l'ouverture est un bon groupe de chauffe, mais il délivre un Black Metal mille fois entendu / mille fois oublié. Je profiterai donc de ce set pour [enfin] mettre un visage sur Maltkross, Sabbath's Fire, Gorification MusiXXX, Infernal Kommando Rex & The Sound Of Charge ; Autant d'individus & structures avec qui nous entretenons des contacts / rapports de soutien mutuel depuis déjà des lunes.
Quelques poignées de mains, levées de coudes et intenses échanges sous le manteau plus tard, l'on murmure ça et là que DAWN OF CRUCIFIXION s'apprête à monter sur scène et que, stupeur, il s'agit du nouveau groupe de Lord Sabathan. Au programme, une performance Black / Thrash très burnée & Old School, dominée par une attitude des plus agressive. Un véritable ravage pour les cervicales. A noter un retrait palpable de l'ex Enthroned, principalement autour de sa basse & de quelques backing vocals, probablement pour laisser une place suffisante à ses nouveaux acolytes.
Un groupe au sujet duquel il ne circule encore que peu de choses mais, qu'il faudra incontestablement surveiller à l'avenir.
Arsongod : DAWN OF CRUCIFIXION attirait vaguement ma curiosité. Pensez-donc, Little Fattie Sabathan en personne et pas de myspace à ma connaissance, il fallait voir ça… Hé bien, si le groupe avant de jouer ressemblait à Sabathan perdu au milieu d’une garderie, les choses me firent vite ravaler ma mauvaise langue… Une sorte de bon vieux death-thrash bien lourd et graisseux, avec un jeune chanteur très excité en mode Dead/GG Allin, qui tente de se faire tomber le faux plafond dessus, me lance sa bouteille de whiskey dans le bide, met des tartes à ceux qui montent sur scène : plaisante attitude… Une reprise de GG Allin comme par hasard se fera entendre d’ailleurs… A revoir moins bourré et malade…
Gheritarish : Jamais entendu parler de ce groupe auparavant, juste entendu quelques rumeurs quand à la présence de Sabathan. Début des hostilités avec un black-thrash couillu (je ne sais pas où mon comparse à entendu du death là dedans ?
Ca bourre, le batteur est franchement très bon, assez technique sans en devenir étouffant, un Sabathan dont je ne me rappelle quasiment plus la présence, il fait son boulot avec sa basse de manière très efficace et on ne lui en demande pas tellement plus.
Je me plaignais du manque d’attitude du groupe précédent, ce coup-ci on est servit. Un jeunot certes, mais déjà passablement bourré et surtout très énervé, le premier glandu qui tenta une incursion sur scène pour tenter l’accolade fraternelle fut renvoyé illico dans la fosse par une bonne vielle mandale des familles en pleine gueule. En s’excitant tout seul le chanteur fini par découvrir qu’il pouvait atteindre le plafond, et finira par s’en faire tomber une bonne partie sur la gueule à force de coup de poings.
Pogo encore une fois quasi inexistant, Sperm S nous faisant l’honneur de sa présence par intermittence nous oscillâmes entre 2 et 3 personnes pour s’échanger des pains. Comme le dit mon comparse suite au lancé de bouteille du chanteur nous eûmes un peu plus de piment pour la suite des évènements puisque la moindre chute risquait de se transformer en véritable bain de sang de part la foultitude de morceaux de verre éparpillés.
Une des meilleures attitudes scéniques vue à ce jour, les mecs étaient là dans une optique de haine, de violence et non d’amitié et d’amour entre les peuples, enfin de l’esprit black metal comme on en voit peu de nous jours. Plus qu’à espérer que le public en prenne un jour de la graine…
Arsongod : J’avais déjà vu PHOBOS dans des conditions exécrables, avec en plus un rideau de fumigènes qui m’avaient fait renoncer assez vite à en savoir plus… Et bien, même dans de bonnes conditions, je suis plus qu’imperméable à leur raw black ultra répétitif et plat… Je me barre donc après deux-trois morceaux, loupant la reprise de BUNKER 84… Tant pis.
Gheritarish : Même souvenir enfumé de ce groupe, je retente l’expérience, sans que cette dernière ne soit forcément plus concluante. Brutal black très linéaire, batteur en mode blast non stop, vocaux un poil trop en retrait et absence cruelle de basse qui aurait pu permettre de placer un faux semblant de relief là dedans. De même qu’Arsongod je me tire et rate la reprise, qui fut très bonne si l’on en croit l’avis général de la plèbe ainsi que des camarades présents.
Sperm S : Le temps de boire quelques pintes avec les Zebarges et quelques autres individus d'envergure que le spectre du politiquement correct m'interdit de nommer sur un média public, et PHOBOS entonne ses premiers soubresauts. Si mes camarades de virée ont déjà eus l'occasion de voir ces représentants du True Lothringen Black Metal sur scène, ce n'est pas mon cas et, ce que j'en avais entendu ça et là, notamment sur leur mysperm', attisait fortement ma curiosité.
Au final, une performance brutale menée par un état d'esprit the way it must be assez délectable. Un peu linéaire à l'usure, certes, mais à mon sens principalement à cause d'une sonorisation pas assez propice à la nuance des tracks.
Une reprise de Bunker 84 servie à point & certifiée catchy à souhait en guise de clôture. Plutôt convaincu pour ma part. Il faudrait que j'approfondisse sur disque.
Arsongod : D’EXCRUCIATE 666, je me rappelais surtout les têtes de porc, et peu la musique… Hé bien, c’est à du black de valeur de tradition qu’on a droit, pas dégueu mais pas non plus transcendant… Il semble que leur musique soit plus taillée pour chauffer la salle que pour déclencher les réelles hostilités… Groupe valable néanmoins, qui terminera son set par une antique compo faisant pas mal penser à du ABSURD… Les têtes de porc sont toujours bel et bien là, et une génisse vite estampillée slutz officielle du concert, fera mumuse avec… Dommage qu’elles n’aient pas été gorgées de sang, la vision de cette génisse à moitié à poil se vidant du sang de porc sur les roberts m’aurait ému jusqu’aux larmes… On en aurait fait une nouvelle Marianne…
Sperm S : EXCRUCIATE 666 faisait partie des groupes connus au bataillon pour lesquels j'avais fait le déplacement. Un souffre & une virulence parfaitement à la hauteur des quelques releases que je possède. Une violence sonique n'ayant pas inventée le fer à défriser le poil de cul mais, maitrisée avec tripes. Une attitude volontaire & satisfaite du déplacement qui contraste nettement avec celle de certains trous du cul parisiens méprisant totalement le public claquant ses deniers pour les soutenir en concerts... Tout cela faisait aisément oublier quelques défauts mineurs de sonorisation.
Gheritarish : Groupe déjà vu dans des conditions bien pires que ce soir là et ça ne m’avait pas fait une plus forte impression que ça. Ce coup-ci ça passe nettement mieux, on comprend enfin les riffs (même si par moment ce fut quelque peu brouillon), un black basique, qui ne révolutionne rien, mais foutrement efficace. Contrairement à Codex Inferis, l’attitude est plus intéressante et le décorum participe grandement à l’ambiance générale. Un black violent et haineux, qui passe malgré tout mieux pour moi sur support physique que live (plus compréhensible). On a eu droit à des titres en provenance des différentes périodes du groupes, allant du récent avec de fort relent thrash aux plus anciens fortement brutaux, en faisant quelques détours par les titres des très bon splits avec Warage et Sovereign. Un titre fut fort surprenant avec ses relents d’Absurd des plus inattendus mais agréables.
Arsongod : Bon, les choses sérieuses peuvent enfin commencer avec INKISITOR, qui arrive toujours à me faire vibrer malgré le fait que je les voie pour la 666ème fois… On se lâche enfin dans le pit, en mode intime malheureusement comme d’habitude, où qu’on aille décidément… Le groupe a l’air un peu plus imbibé et chaotique que d’habitude, ce qui n’est pas pour me déplaire, et cela tournera au concours de grims de chaque côté de la scène… Un set plaisant qui se terminera par un Black Magic des familles… Non vraiment je ne m’en lasse pas…
Gheritarish : Même constat, vu et revu mais toujours aussi efficace. Enfin un peu de violence dans le pit avec mes 2 compères, coup dans le plexus solaire et autres coups peu réguliers y furent échangés et certains partirent avec quelques contusions. Musicalement le chant sonnait beaucoup plus black et criard que d’habitude. A voir si ce changement se poursuit sur la durée ou si ce n’était qu’une tentative unique. Amusant de voir un pèlerin perdu dans son coin qui décida de se taillader l’avant bras au couteau sur la fin du set…
Sperm S : De même quant à INKISITOR, je ne saurai être réellement objectif dans la mesure où j'ai bien dû les suivre sur un bon 80% de leurs dates. Si en mai dernier au Mans, je me suis plus employé à coller des purges dans le pogo qu'à réellement découvrir les nouveaux tracks, j'étais néanmoins décidé à ici adopter l'attitude inverse.
Pari à moitié honoré : Je pris suffisamment d'altitude pour attendre avec encore plus d'impatience la suite des hostilités mais, l'instinct me rattrapa au galop et me fit à nouveau sombrer dans le chaos. Pogo, certes en vase clos, mais primitif à souhait avec un revers du coude d'Arsongod lancé en pleine tronche, si mémorable qu'il eu le mérite de me décoincer un nerf qui me lançait depuis quelques jours au niveau des burnes... Pogrom, à répétition & jusqu'à disparition dans la nature, sur un bâtard qui attendait les passages les plus improbables pour se jeter dans le dos des premiers rangs... Personnes fauchées net qui s'accrochent aux jambes de celles / ceux restés debout de peur d'être piétinés... Shampoings à la rotteuse... Explorations brutales du parquet...
C'est toujours un succès comme dirait une certaine peau de boudin dans une célèbre publicité pour une non moins fameuse marque de riz.
Excellent reprise de "Black Magic" en fin de set qui, bien que quelque peu bruitiste de prime abord, nous mena aux confins de la virilité primaire.
Au passage, un D-Hate qui me sembla plus pousser dans les aigus qu'à l'accoutumée, effectivement.
Arsongod : Voici enfin venu le temps de rattraper mon erreur d’il y a quelques années à un concert parisien où j’avais boycotté involontairement le groupe… Je suis remonté à bloc pour LORD, et malheureusement déchante rapidement sur les deux premiers titres, qui présentent une bouillie sonore où le chant est complètement noyé, d’autant plus dommage qu’il est assuré par à la fois le chanteur et le batteur…
Heureusement tout reviendra dans l’ordre dès le morceau suivant et je pourrai enfin me lâcher, quel pied d’entendre enfin interpréter ces tracks que je connais par cœur à force, malgré un pit inexistant… En live, le coté Black passe à la trappe et le groupe devient 100% Thrash, dégageant même quelque chose de presque… festif. Mais festif dans le bon sens du terme…
Poses viriles, leather and spikes, et un guitariste qui dégage quelque chose de joyeusement bestial et primitif, avec sa tronche de néanderthalien à quatre grammes qui confondrait sa guitare et sa bite… Vraiment un set idéal, la vigueur du groupe sur scène faisait d’autant plus regretter le manque de réponse en face, d’autant qu’un triumvirat conquérant de reprises de CELTIC FROST, KREATOR et BATHORY se fera entendre…
Gheritarish : Première fois que je voyais la bête en action, et je ne sais qu’en penser. Mis à part la bouillie sonore du début, le côté purement Thrash fit perdre une bonne partie de l’aura du groupe sur LP. Cependant prestation très honorable, des morceaux clairement taillés pour la scène (Die by my will fut un sommet) et des reprises de haut vol. Bilan en mi-teinte, objectivement très bonne prestation mais je m’attendais à autre chose.
Sperm S : Honte à moi, de LORD je n'ai du voir que les deux / trois derniers morceaux, trop occupé à conspirer autour de quelques binouses. On ne peut pas être au four et au moulin à la fois & je tente de laver ma conscience avec l'idée que les quelques excellentes bribes perçues du combo nordique étaient du même niveau que la prestation consommée jadis lors du Black Metal Is Rising II ...
Arsongod : Excellente façon de conclure une très bonne soirée, qui se finira n’importe comment avec pas mal de monde au Formule 1 du coin, où nous sera confirmée la plaisante impression que le métal peut encore faire peur de nos jours, eu égard au grand débarquement des Gens d’Armes gazeuse à la main, qui feront fuir une bonne moitié des personnes nous entourant… Des choses à se reprocher messieurs ? Hin hin hin…
Gheritarish : Fin de soirée alcoolisée après qu’une génisse ait tenté de se taper l’intégralité du line-up d’Inkisitor et qui au lieu de rester sur un échec tenta de se faire fourrer par la quasi intégralité des mâles présents. Et ce sous les yeux écarquillés de son fouteur attitré.
Descente des flics suite aux sueurs froides du taulier de l’hôtel en voyant débarquer une horde de chevelus, un Sperma en mode négociateur, qui nous évita de part là même toute emmerde, chapeau l’artiste…
Très bonne soirée, Dawn of crucifixion restera pour moi le groupe de la soirée (alors que je n’étais pas venu pour eux), guettez leur démo qui devrait sortir début 2010, si elle est à la hauteur de ce qu’on a vu ce soir, vos enceintes vont saigner…
Sperm S : After plutôt mémorable donc, au Formule 1 de Cambrai avec les Inkisitor, Dawn Of Crucifixion & Phobos, une partie de l'asso Underground Propaganda et quelques anonymes.
Effectivement combustion spontanée d'une partie de ce beau monde à l'arrivée de quelques uniformes, mais, qui pouvait mieux prendre en main la situation que Resistancia UG ? N'oublions pas que nous sommes de CRS dégénérés.
Il n'en demeure pas moins que, au prix de trois brigades [Anti Criminalité, Nationale & Municipale], il convient de faire écho à Arsongod tant la conclusion reste bénéfique : Le Black Metal est encore en mesure de susciter la crainte.
Arsongod / Gheritarish / Sperm. S. |