GORGOROTH
ENTHRONED
TYRANT
Le 21 Novembre 2007 –
The Scala [Londres]


Etant donné que le gig se déroule à King’s Cross, je fais le chemin en regardant de tout côté en espérant apercevoir une pute ou deux, mais rien à se mettre sous la dent, et normal car comme je le révélerai plus tard, les putes étaient déjà dans la salle…
Les concerts Londoniens sont généralement un nauséeux melting-pot approuvé par Benetton, mais ce soir c’est l’hallali. En fait je ne me souviens même pas avoir entendu parler anglais à ce concert, pas une seule fois. Je sirote donc mes Grafen, cerné par la horde habituelle de polacks fortement imbibée, qui éructent dans leur dialecte rugueux et sanguin. Je donnerai cher pour ouïr de quoi roule leur jactance, mais vu les gestes équivoques et les grimaces, ça tourne autour de vive la bière, la baston et vive le cul. J’ai vaguement envie de causer politique mais je m’abstiens, en contemplant médusé le défilé de cas sociaux qui fait la queue devant la salle…
Si le dernier concert de Gorgoroth à Londres il y a deux ans avait déjà rameuté une faune digne d’une salle d’attente de la Cotorep, cette fois c’est la curée… Entre le couple de pédés en costard-cravate qui gloussent comme à leur première bar mitzvah, une ou deux vieilles peaux fardées comme des voitures volées dont l’énergie vitale semble avoir été siphonnée par des manouches, j’en passe et des pires, les bras m’en tombent… Mais ça sera bien pire à l’intérieur…
Après avoir gravi un escalier cosy (on se croirait dans un hôtel classieux), et percuté le gros Barker (qui s’excusera dans son accent de bouseux ‘achement exotique) qui sortait des chiottes, j’arrive enfin dans l’antichambre de la cour des Miracles…. Hé beh, une certaine ambiance « salon privé de l’ambassadeur » règne, y’a même une arrière salle pour que les couples se fassent des bisous, avec un gros ventilo qui aère la chevelure des pouffes majoritairement présentes qui se recoiffent en vain. Je me rabats sur une distro polonaise (pour changer) qui propose de bonnes choses pour un prix modique mais aussi de bien douteux bootlegs…
La salle est correcte, un certain compromis entre le classieux du Fridge et le plus UG de l’Underworld. Un groupe inconnu a déjà ouvert les hostilités, le son est une bouillie, les compos sont incompréhensibles, mais la coupe de cheveux obole du batteur obèse est divertissante…
Quand le bruit se tait je jette un coup d’œil autour de moi et constate que c’est pire que prévu : il y a absolument n’importe qui dans cette salle, des emos-goth, des allogènes en t-shirt Burzum ou Judas Iscariot, des gens habillés comme si ils allaient à une soirée Tupperware, des fiottes branchouilles ou des types qui ont vu de la lumière et qui sont passés voir si il y avait un buffet gratos…
TYRANT commence. J’avais été plus qu’emballé par le côté rétro sur cd et m’attendais à une bonne tuerie Hellhammeresque. Mouais j’ai plus pensé à un concert d’Illdisposed qu’autre chose… Il y a un bon feeling et des compos minimalistes qui font taper du pied, mais les mecs semblent être en mode gueule de bois permanente et le chanteur à mèche rebelle manque singulièrement de coffre… Je finis par me barrer et revenir à la soirée Ferrero Rocher…
Le merchandising Gorgoroth vient d’ouvrir et je m’esclaffe en remarquant que des nouveaux t-shirts ont été fait à l’arrache, sauf qu’un certain Infernus a subi un traitement Photoshop qui ferait faire des loopings dans sa tombe à Trotzki…
Je me retourne et qui voilà ; Gaahl et King droits comme ma bite à une sortie d’école maternelle, entourés d’une horde de pouffes rougissantes qui réclament photos et autographes… Les pauvres norvégiens n’ont pas l’air très rompus à ce genre d’exercice et leur gueule d’ange en est toute figée…Quand je vous disais que les putes étaient dans la salle…
A ce stade je considère fortement me casser direct après le set d’Enthroned…
ENTHRONED donc, groupe qui n’a sorti qu’un véritable bon album de toute leur carrière, mais ne faisons pas dans les Lapalissades…
Le son est exécrable, immonde et parcouru de larsens, seuls les moments d’accalmie sont audibles. Mais étant donné que le set est plus que fortement axé sur leur dernier album tout mélodique, ça passe ma fois. Ca donne donc une sorte de heavy-black teinté de passages tatatatin épiques, pas trop mal ma fois… Les anciennes compos sont juste inaudibles, et étant loin d’être un fan d’Enthroned, je me fais un peu chier… Nornagest a une bonne présence, n’a pas peur d’en faire des tonnes, même si sa fameuse insulte rituelle en milieu de concert fait un peu forcée… Le squelettique Nguaroth semble se liquéfier à vue d’œil… Mais vu que apparemment ils étaient tous malades comme des chiens, la prestation fut plus qu’honorable. Un Enthroned nouvelle cuvée convaincant, même avec un son atroce, mais ne cherchez pas l’UG là où il n’est plus…
Je décide de rester finalement pour Gorgoroth, même si le concert est déjà quelque part gâché pour moi en raison de l’attitude de vieilles putes à autographes de balai-dans-le-cul numéro 1 et 2…
Après un maquillage interminable et une mise en place de chandeliers toujours moins ridicules que leur pièce montée d’il y a deux ans, ça commence par un Procreating Satan, histoire de ne pas changer une équipe de winners…
Bon, leur gig de Londres en 2005 m’avait soufflé. Là, le souffle retombe…
J’en ai vu des groupes poseurs, mais là ça dépasse l’entendement. Un gaahl qui superpose sa voix criarde (toujours un son immonde à la clé) avec ses habituelles poses de poster-boy (les kids de devant se piétinent littéralement pour pouvoir effleurer ses doigts) et ses regards pseudos terrifiants qui me font l’imaginer faisant la même grimace assis sur le trône. Un King qui tente des pseudos poses heavy metal et qui a l’air d’une gonzesse sous son war paint, plus deux zicos de session qui dorment sur place, et un gros Barker qui fait ce pourquoi il a reçu son chèque…
Les compos récentes me font à peine lever un sourcil, à part un plaisant enchaînement Deströyer/Incipit Satan (en fait exactement le même qu’il y a deux ans)…. Alors certes, quand on en vient aux premiers albums, le vit se dresse de lui-même, mais c’est marrant il manque une certaine personne pour les jouer ces fameux hymnes… Je m’emmerde sec et me rabats sur le pogo où je m’échange quelques droites bien senties avec un clone de Lenny Kravitz (only in England…). Le pit s’avèrera pas trop mal si on se réfère à la lamentable moyenne rosbeef…
Il y a deux ans, je voyais Gorgoroth pour la première fois et putain oui j’avais été marqué. Là je les vois pour la seconde fois et je vois un « groupe » qui se repose sur ses acquis extorqués à un autre, qui assure le strict minimum, et qui surtout attire la faune qu’il mérite par ses lamentables frasques… Un groupe sauvé de l’ennui par des compos qui ne lui appartiennent même pas…
Et ultime coup dur, «Possessed By Satan » ne sera même pas joué, alors que je n’attendais que ça pour délivrer quelques ultimes coups de genoux dans le pit puis me casser derechef…
Résultat, je loupe mon dernier train, et je finis dans un bus-charter avec des immigrés clandestins et des clodos trois heures durant…
Parfois les anciens vous font bander, plus tard ils vous foutent la gerbe. Amen.
S.H.S

Arsongod