OFERMOD
DARKENED NOCTURN SLAUGHTERCULT
OSCULUM INFAME
MORTIFERA
CHRISTICIDE
NYSEIUS
MOONREICH
Black Metal Is Rising VI
Le 16/10/2010 – Le Glaz’Art [Paris]

Disons-le tout net : j’étais plus là pour passer un week-end métal qu’alléché par l’affiche, car seuls CHRISTICIDE et DARKENED NOCTURN SLAUGHTERCULT m’emballaient vraiment…
Une fois extirpés du métro, c’est un spectacle de désolation qui nous attend car on a vraiment foutu les pieds dans le quart-monde parisien, et ici c’est nous les exotiques du coin. Agressés par ce tableau digne d’un album de PARIS VIOLENCE grandeur nature, on se fraie quand même un chemin vers la salle qu’ironiquement je pris d’abord pour une station de bus vu la gueule du lieu. Que de la grisaille à l’horizon, le seul coin d’herbe à côté d’une voie de chemin de fer étant envahi par les détritus et les merdes de quadrupèdes comme de bipèdes (ou quadrumanes, c’est selon…). Je m’attends à tomber sur un cadavre à chaque fois que je vais pisser.
Une rumeur se répandant nous pourrit déjà la journée : SORTIE DEFINITIVE.
Sans appel, pour un gig de sept heures, il ne me serait jamais venu à l’idée de vérifier auprès de la salle tellement cela tombait sous le sens qu’on pourrait aller et venir plus ou moins comme on le souhaitait… Hé bien non, et pour arranger le tout, on se retrouve à devoir vider toutes les bières sur nous et même finir nos sandwiches au pain… Misère…
Au bout d’un moment je craque et laisse mes compères finir leur pitance pour entrer dans la salle et ne pas sentir mes euros couler de mes poches alors que j’entends les groupes jouer juste à côté…
La cour intérieure de la salle est décorée de manière artificiellement tropicale, avec même la case de l’oncle Tom surplombant cette scène exotique, manque plus que les champs de coton pour se mettre à l’unisson avec le quartier autour…
J’arrive donc pour la fin de NYSEIUS, dont je ne connaissais strictement rien à ce jour… Ca n’a beau durer que deux titres, ça me casse déjà les couilles avec ce BM plus basique tu meurs… A côté de ça la salle n’est pas trop mal malgré la présence d’un ou deux piliers pour faire rebondir les mosheurs…
Suivront BLEEDING FIST, également inconnus au bataillon pour ma part. Ils ont beau être polacks, le fait qu’ils arborent masques à gaz, bedaines épiques, pikes et têtes de porc fait plutôt penser à des tiers-mondistes… Ah ça ils sont dans leur truc, à la limite de l’hystérie, mais ça ne me fait pas grand’ chose, surtout que le son est à chier et que ce que j’avais pris pour du BLASPHEMY-like est en fait une sorte de Black brutal et assez insipide. Au bout de deux titres j’en ai ma claque. L’occasion de sortir un peu, de me demander dans quel état sont mes compères restés à l’entrée, d’aller voir et de m’embrouiller avec les vigiles de plus en plus nerveux.
Il est d’ailleurs assez marrant de noter que le comportement de ces personnes s’améliora considérablement au fil du temps, car j’en connais un qui les fit passer de la colère à l’inquiétude en se vomissant dessus de deux couleurs différentes devant la salle, et un autre qui n’obtint qu’une mise au piquet après leur avoir pissé dessus (deux fois !). Comme quoi…
Bref, CHRISTICIDE a commencé quand je reviens et putain mes souhaits après le concert d’Angers ont été exaucés : le groupe est à fond cette fois, emmené par un Scars qui aurait limite le sourire plein la gueule… Les compos deviennent beaucoup plus énergiques et metal, y perdant certes leur côté hypnotisant mais gagnant en brutalité et ne tardant pas à me lancer dans mon premier pogo de la soirée, qui s’avèrera fort correct ma fois, à dominante rasée comme d’habitude…
CHRISTICIDE délivrera selon moi leur meilleur concert à ce jour, enfin la machine de guerre fonctionne à plein régime…
MORTIFERA fait retomber mon enthousiasme d’un coup. Certes leur premier album était bon, mais ce que j’avais entendu du dernier la veille m’avait mis le drapeau en berne, limite encore pire que le dernier CELESTIA… Dès les premières secondes de show, ça ne colle pas : entre Noktu qui se tripote convulsivement les tits, le skin à la basse qui a l’air de se demander ce qu’il fout là, et des compos casse-couilles avec des breaks bizarres et hors-sujet, je sors sans demander mon reste…
D’OSCULUM INFAME je ne savais strictement rien jusqu’à la veille, où on me fit écouter certains de leurs trucs qui ne passionnèrent pas des masses, ressemblant à du sous-GODKILLER vieille époque…
Mais quand je vis D Deviant d’ARKHON INFAUSTUS prendre le micro après s’être collé sa capuche verte de teufeur sur le crâne et haranguer la foule façon niquetoutcousinreprésente, les bras m’en tombèrent, surtout que leur BM sonnait extrêmement bizarre et pénible à l’oreille… Mais, et ce n’est pas un mince exploit, le tout s’améliora littéralement au fil du concert, la voix du zigue devenant de plus en plus convaincante, et les compos de plus en plus cinglantes avec des riffs bien killers, qui finirent par me lancer dare-dare dans le second pogo de la journée, peuplé de personnes qui n’en avaient pas grand-chose à branler du BM a mon avis. Bah ça met de la couleur et un peu de violence en plus pour pas un rond… OI remporte mon adhésion au finish, même si ce n’était pas gagné et qu’on pourrait faire mieux niveau présence scénique…
Alors là par contre niveau présence scénique, DARKENED NOCTURN SLAUGHTERCULT sait y faire, putain un vrai char d’assaut qui ne s’arrête presque jamais, avec quand même de savants ralentissements de tempos faisant très SLAYER ma fois… Bref, une tuerie totale, et c’est reparti pour le pit dont je n’émergeais qu’à la fin à demi-mort et ayant perdu dix litres de sueur d’alcool par tous les pores de ma peau. Black Metal as it must be.
Vanné et n’attendant strictement rien de OFERMOD, je me joignis quand même à la grand’ messe à contre-coeur pour faire acte de présence…. Hé bien, un type récitant les lignes d’un bouquin à la couverture bien kitsch, un autre derrière lui faisant des choses au sol tourné vers la mecque (c’est du moins l’impression qu’on avait depuis la salle qui s’était bien vidée), et un guitariste jouant des trucs interchangeables sans conviction aucune… Un titre et ite missa est, on ressort rigoler en observant les frasques de certains ayant finalement réussi à entrer on ne sait comment vu leur état, et on file vers le métro en slalomant entre la faune environnante qui à une heure pareille, se devrait de porter du jaune par salubrité publique.
Le retour dans le métro vit un asiate servir d’éponge vomi et la parade nuptiale d’un Lyonnais bourré qui nous laissa fort interloqués.
Bon, la soirée aurait pu être pire mais quand même le fait d’être enfermés pendant des heures dans un jardinet où il ne manquait que le manioc à récolter ça ne donne pas envie de refoutre les pieds dans cette salle, et dans un gig parisien par la même occasion… Autant aller s’enfermer au zoo du coin avec un ghettoblaster dans un coin de la cage pour avoir le bruit et l’odeur…
Arsongod |