BLACK METAL IS RISING

TEMPLE OF BAAL
HELL MILITIA
MALLEUS MALEFICARUM
OTARGOS
FUNERARIUM
FORNICATION
ARKHAM

La Loco - Paris
05/02/05

Pour ce Festival présenté comme l’évènement Black Metal du début 2005, sept milices de Black Metal, toutes originaires de Gaule, vont s’unir et prendre les armes pour asseoir la supériorité de nos convictions. Le Hate Korp ne pouvait se permettre de rater cette Blitz et c’est donc au grand complet que celui-ci se retrouve dans la Capitale bien décidé à marquer son territoire.
Le temps de s’enfiler deux-trois bières devant le Moulin Rouge et ses célèbres prostituées slaves, le temps est venu pour tout le monde de rentrer dans le sous sol de la Loco pour voir le premier groupe déjà en action. Près de 400 personnes ont alors déjà investi la Loco.

Je passerai rapidement sur le Lovecraftian Dark Metal d’Arkham qui fut chargé d’ouvrir ce Festival sous les coups de 14h30. Les Toulousains bénéficient certes d’un gros son, quelques riffs claquent bien mais rien de bien transcendant. Un bon groupe d’entrée tout de même.

Les Toulousains de Fornication prennent le relais et là on peut dire que le festival dégaine véritablement ses premières cartouches meurtrières. La fosse subit ses premières secousses sous l’impulsion de la Division Varoise de RU qui, insupportés par l’apathie du public parisien devant une telle prestation, est bien décidé à faire place nette et à renvoyer goths et autres travestis Black Metalleux hémophiles présents en nombre sur la Himmelsstrasse. Skoll et moi- même nous chargeons donc de purifier dans un premier temps La Loco suivi de près par le reste du Hate Korp. Tout ce qui passe à portée de poings et de paras est alors bon à prendre sans aucune discrimination (n’est ce pas Verrukose!) même s’il faut reconnaître qu’il y eu des cibles privilégiées notamment quelques trends bien gratinés et un Red qui regrettera longtemps de s’être frotté d’un peu trop près à un membre du HK.
Pendant ce temps là, le surpuissant Black Death de Fornication continue sa marche victorieuse tel un Panzer sur le front. Efficace et on ne peut plus jouissif. Assez à l’aise sur scène, Fornication bénéficie notamment de la furie du Count Sabbat aux vokills qui semble possédé au point de ne plus se maîtriser totalement. Le Count se laisse littéralement envahir par ses vokills ce qui donnera lieu à quelques situations cocasses ( se fait scalper régulièrement par son gratteux, offensive incontrôlée sur son bassiste, se casse la gueule tout seul, fait tomber son micro...) mais à ne blâmer sous aucun prétexte. Bien loin des groupes statiques et sans saveur, Fornication a marqué de son empreinte ce festival. Peut être qu’un extra SM à la “Sadistik Virgin” et un ou deux samples entre les tracks (cf. Sektanic Neocide) auraient été bien vus. Mais toute critique serait inopportune pour ce groupe qui nous a exécuté un set purement jouissif. A noter une reprise assez osée de Death sur la fin.

Fornication ayant bien éprouvé les organismes et devant le prix prohibitif des consos du bar, une partie du Hate Korp effectuera le premier de ses nombreux va et viens avec son point de ravitaillement à savoir la supérette du coin. A noter la bienveillance de la Loco qui aura le bon goût de ne pas décréter toute sortie définitive. L’efficacité des Cavaticus fera le reste et permettra au Hate Korp de profiter de près d’une dizaine de bouteilles de vin du terroir à l’intérieur de la Loco.

Passée l’offensive Fornication, c’est au tour de Funerarium de prendre les armes. Ayant déjà eu l’occasion de les voir il y a deux-trois ans du temps de leur implantation marseillaise, je dois dire que le combo s’est musicalement nettement amélioré mais a toujours un problème concernant la prestance scénique. Tant que le décalage entre le chanteur et le reste du groupe persistera, difficile de s’enflammer pour Funerarium. En effet, le chanteur en WarPaint de goret se trouve en totale opposition avec le reste du groupe bien BCBG. Le batteur est comateux et se cache derrière ses fûts. Quant aux deux gratteux, ils semblent littéralement absent : l’un statique ne levant pas la tête une seule fois durant tout le set tandis que l’autre, fringué comme le patron du MEDEF, n’arrive pas à cacher son ennui. Funerarium doit donc revoir son line up pour être crédible car quelques passages restent malgré tout bien accrocheurs.

Otargos prend la suite de Funerarium pour ce qui va s’avérer le meilleur set de la soirée. Comment ne pas porter allégeance à cette horde agressive et haineuse après le set effectué ce soir là. Exceptées les personnes atteintes à la fois de cécité complète et ayant subi une ablation des organes de l’ouie, je ne vois pas qui d’autres peut nier la qualité de ce combo sur scène.
Otargos va être à l’origine d’une combustion spontanée de la Loco qui laissera des traces visibles chez certains. Les Bordelais vont engendrer une atmosphère malsaine, démoniaque où la mélodie n’a plus sa place. Loin d’être brouillon dans leur set, Otargos réussit à allier la puissance et l’ordre dans une ambiance des plus apocalyptique. Les pogos se déroulent à la limite de l’épuration pour honorer à sa juste valeur la milice Otargos. La haine, le désir de chaos, de destruction se liront sur les visages de certains. Les premières échauffourées dans la fosse entre membres du Hate Korp et d’autres metalleux naîtront de ce chaos et se poursuivront jusqu’à la fin du festival. Heil Otargos !

Après la Blitzkrieg d’Otargos, c’est au Black Brutal de Malleus Maleficarum de perpétuer l’holocaust de la Loco. Aux vokills, Tamas, malgré plusieurs tentatives pour haranguer la foule, ne recueille pas l’écho mérité. Mais Malleus Maleficarum ne se décourage pas pour autant et continuera jusqu’au bout son offensive sous l’impulsion notamment d’Ahriman et de ses backs vokills carrément démoniaques. La fosse aurait du être plus réceptive mais passer après Otargos a sûrement porter préjudice au groupe. Le ton un peu “rock n roll” donné par moment aux tracks ainsi que l’absence de titres de Taedium Vitae a aussi peut être été préjudiciable. Mais le départ de Mastema, l’ex chanteur et parolier de Taedium Vitae, explique sûrement ce négationnisme. A noter l’offensive de Tamas sur les dernières notes du set posant sa gratte et se jetant lui et son bon quintal dans la fosse. Malleus Maleficarum n’a donc rien à se reprocher et peut donc juste pester contre sa place dans l’ordre de passage.

Voici maintenant le tour du kommando qui semble être le plus attendu de la soirée vu la quasi hystérie qui émane de chez certaines personnes : Hell Militia. Malgré un line up prestigieux composé de T.Persecutor (Torturer dans Arkhon Infaustus), Arkdaemonn (Temple of Baal), Hellsukkubus (LSK dans Antaeus, Vorkreist), D. Terror (Vorkreist) et Meyhna'ch (Mutiilation), la milice de l’enfer ne m’a guère convaincu. En mettant de côté l’aversion que je porte à ce déchet de Meyhna’ch, Hell Militia est simplement un groupe comme un autre qui bénéficie d’une surévaluation du à la présence en ses rangs de Meyhna’ch.
Pour ce qui est du show, chose devenue rare, un certain cérémonial a été instauré avec une imposante croix où est crucifié un porc démembré. Si l’on excepte des problèmes de son venant d’un des gratteux faisant une quasi overdose sur scène, le groupe possède malgré tout un bon fond mais malheureusement gâché par Meyhna’ch et ses vokills quasi insipides. Ce dernier semble pressé de finir ses tracks et plus concentré sur ses bouteilles et son alcoolisme chronique que sur son chant. Nous aurons droit à un dialecte anglais entre les tracks. A noter tout de même, l’excellente prestation musicale et scénique de Hellsukkubus à la basse.

Ayant l’honneur de mettre à mort le Black Metal is Rising, Temple Of Baal nous a délivré un set Black Trash de haute volée. Arkdaemonn pour son deuxième set d’affilée est toujours aussi présent et Ambuscias vomit sa haine par des vokills convaincants. Les blancs entre les tracks étant quant à eux égayé par des “Sieg Heil!” retentissants de la part d’un NSBM isolé bien marrant auquel Ambuscias manquant de répartie ne fut capable de répliquer d’un ton gêné qu’un “euh pas trop quand même”. Malgré un manque de rythme et un certain manque de motivation palpable chez certains membres, Temple Of Baal clôtura honorablement la soirée.

Ce Black Metal is Rising restera donc une excellente Blitzkrieg de près de huit heures. On peut juste regretter l’atmosphère de franche camaraderie régnant au sein de la Loco qui ressemblait par moments à une véritable agence de rencontres. L’ordre de passage des groupes a été aussi quelque peu bâtard. Otargos et Fornication méritant largement la tête d’affiche pour l’énergie déployée.

Heil aux milices Otargos, Fornication & Malleus Maleficarum
Heil au Hate Korp & aux purificateurs de la fosse notamment Verrukose Urethra ainsi que Skoll, Yiskandar, Sperma S...

AMSG