TEMPLE OF BAAL
SVAROG
VORTEX OF END
ODE TO DECAY
DUNKELNACHT

Bestial Blasphemic Fest’Evil Part III
Le 17/10/09 – Dock Club 412 [Marange-Silvange]

Arsongod : Vu qu’en cette fin d’année tous les concerts intéressants se passent en Lorraine, pas le choix il va falloir pisser de l’essence et partir tôt le matin. Malgré une carte des territoires occupés et un déluge de plans Mappy/ViaMichelin/Google Earth, on ne cessera de se paumer à l’aller comme au retour, et le centre-ville de Metz ainsi que la Zone Ethniquement Perdue de Blois n’ont plus de secret pour nous à force d’y errer comme des âmes en peine…      
Sur le chemin, nous n’aurons guère comme divertissement que de compter les kebabs qui fleurissent à présent même dans les petits villages paumés, pas de doute on est bien en France…     

Gheritarish : Certes périple long et chiant tout en réussissant à être profondément déprimant au vu de tous les hauts lieux gastronomiques orientaux croisés de ci de là sur les routes et une absence cruelle de patelin de tradition gauloise non envahi…            

Arsongod : Un ultime feu grillé par joie d’arriver enfin et on débarque devant la salle/rade, située dans un quartier morne et surtout cerné d’habitations. Pourtant pas une trace de condés ou de plainte de riverains, ça change d’autres endroits plus au centre…            
La bar n’est pas trop mal, et la faune environnante comporte un lot inhabituellement fourni en drôlesses très court vêtues, ce qui amène un Gheritarish peu habitué au lâcher de salopes et donc sensiblement en rut à proférer divers commentaires que la décence et les Chiennes de Garde m’interdisent de reproduire ici…        

Gheritarish : Après 9h de bagnole on se pose finalement 2 min sur un parking où des jeunes locaux en adéquation avec les restaurants précités ont décidé de passer la nuit à tenter des deals devant un Crédit Agricole, tradition locale peut-être..   
« Drôlesses très court vêtues » est un euphémisme digne des plus grands gentlemen dont je ne savais pas mon comparse faire partie. La réalité fut plus crue : tenues au raz de la salle de jeux et nibard débordant, attitude vestimentaire plus proche de l’incitation au viol qu’à la conversation philosophique et quelques génisses qui semblaient physiquement intelligentes, mais à mon grand étonnement nous ne croisâmes pas, mis à part 2 individus, les sempiternels ados rebelles adeptes du sida mental FM à la sauce Slipknot et autres germes de pourriture. La soirée s’annonçait donc sous un angle propice : du black UG, de la drôlesse, des skins…     

Arsongod : On remarquera également que des tendances politiquement très à l’opposé peuvent cohabiter et même se frôler dans un espace confiné, réunies et apaisées par le vibrant esprit de solidarité métal, ou alors juste par les recommandations persuasives du patron/videur dont le chien a apparemment faim…           
Une petite pique aussi à ceux qui disent que cette mode du War Metal est surestimée : une espèce de guignol devant un des stands présents gesticulait sans pouvoir articuler sa pensée, il finit par balbutier qu’il ne voulait « pas du Black traditionnel, mais du avec des masques à gaz et des pics, gneeee »… Alors je fabule ?    
Nous débarquons dans l’arrière-salle plutôt bien foutue sur un ODE TO DECAY, qui pourtant prête à confusion car jouant devant le backdrop d’un DUNKELNACHT que nous avons loupé sans remords… Play-boy aryen au chant et musiciens discrets pour une sorte de black indus avec quelques touches dépressives bien jouées mais franchement pas adaptées pour le live. Si en plus on se tape en permanence des lights aveuglants et hors-sujet en pleine tronche, on finit vite par rebrousser chemin alors que le beau gosse au micro se roule par terre, remarquant quand même au passage que le son est inhabituellement bon et clair…      

Gheritarish : Strictement aucun souvenir de ce black lent, et chiant comme un herpès génital, mis à part le chanteur faisant un morceau entier couché sur la scène et un public amorphe au possible mais au vu de la prestation impossible de les blâmer sur ce coup là. Aucun intérêt on ressort picoler en paix.

Arsongod : Prévenu par le gars d’AFFLICTIS LENTAE (le nouveau leader du NSBM Terroriste Français, faut se mettre à la page les filles, c’est plus THE END 666…) qu’il y a un changement inattendu de prog, on se carapate vers VORTEX OF END qui n’était pas prévu si tôt au programme. Autant je suis assez hermétique à leur évolution sur album, autant ils jouissent d’une bonne réputation live que j’avais envie de vérifier par moi-même.            
Fringues de curé rappelant immanquablement ARKHON INFAUSTUS live, et affichant de seyantes jeunes têtes de premiers communiants, ils vont pourtant faire un sacré boucan en mode power trio.
Le son est encore une fois nickel, ce qui colle parfaitement à la branlée musicale intense qu’ils vont mettre. Les titres qui me faisaient chier sur album passent ici comme une lettre à la poste, avec un style personnel et percutant. C’aurait pu être une prestation marquante si le public avait été à la hauteur en face, mais non COMME D’HABITUDE dans les concerts relativement UG, on se retrouve encore avec les éternelles statues de sel qui s’écartent dès que ça cogne et rue dans les brancards un tant soi peu, et ça se finit très vite avec le pogo erratique à trois habituel, un unique local étant venu nous prêter main forte…   
Alors dans le Nord Pas de Calais c’était la proximité néfaste des Britons, ici on va dire que c’est celle des Boches hein, également peu réputés pour leur vivacité en concert… Donc si on résume il ne semble guère rester en Gaule que Lyon ou Paris où ça se bouge le cul un tant soi peu… On prend note mais on ne peut pas non plus y téléporter toutes les dates intéressantes par la pensée… Monde de merde.         
Prestation écrasante et foutrement convaincante de VORTEX OF END donc, ce qui revenait à donner des perles aux cochons vu la réactivité en face…   

Gheritarish : 3 mecs qui payent pas de mine, mais bordel ça envoie, c’est puissant, carré et ultra maîtrisé, peu être un peu trop d’ailleurs, manque ce petit quelque chose de folie au niveau attitude scénique qui aurait été de bon aloi. Le batteur est excellent, blast en mode boite à rythme au vu de la régularité et ce même quand sa ride se fait la malle, chapeau l’artiste. Niveau son, c’est peu être un des meilleurs son live qu’il m’ait été donné d’entendre, tous les instruments sont audibles et le tout est bien équilibré, chose assez rare pour être souligné. Intervention du gros chanteur de Frozen Storm et Disgraseed sur un morceau, son chant se compose en majorité d’éructations de porc en rut en mode gruiiiiiiik absolument pas adapté à la musique de VOE à mon goût, mais qui pourrait être plaisant sur un bon vieux grind à la Exhumed. Tête de méchant surjouée pendant tout le titre mais présence scénique beaucoup moins retenue. Niveau publique l’excuse précédente ne tenant plus on se retrouve encore et toujours à se mettre des pains entre nous, en faisant fuir les photographes et autres pouffes venues se pavaner autour. La palme de la dégénérescence métallique reviendra malgré tout à un joyeux drille devant la scène passant la moitié du set à poser avec sa bière à la main pour être toujours dans le champ des photographes. Le gros bémol de cette salle outre ce publique d’hydrocéphales finis à la pisse de Tchernobylien fut, comme l’a souligné mon camarade, les lights braqués sur le public en mode lampe à bronzer en pleine gueule.          

Arsongod : Rien qu’avec le nom de SVAROG, j’en baillais déjà, m’attendant à une prestation générique d’un groupe générique, et le paradoxe là-dedans c’est peut-être que c’est justement cet aspect là qui m’a conquis au final, car en entrant dans la salle c’est une aura d’honneur et de tradition qui m’assaille : corpsepaints baveux, pics et cartouchières, barbelés, crânes et défenses anti-char en guise de décor scénique, je me rue évidemment devant, d’autant que le chanteur y met du sien et ne se contente pas de se planquer derrière son pied de micro, loin de là…         
Tout aurait été parfait si le son n’avait pas baissé en qualité, ceci handicapant une musique elle pour le coup bien plus générique que traditionnelle…       
On se retrouve donc malheureusement avec un black brouillon et peu convaincant, quasi inaudible par moments. D’autant que les zicos semblaient parfois un peu perdus et jouaient presque dans leur coin, avec des parties lentes débarquant sans crier gare et arrachant une grimace. Si au moins le chaos sur scène avait été à l’unisson de celui créé par la fosse, la pilule aurait pu passer. Mais non, toujours cette cohorte de baleines échouées et je laissai Gheritarish, plus enthousiaste que moi, jouer à saute-mouton avec le seul énergumène ayant du répondant alentours… Sans doute fut-il galvanisé par le débarquement de gotho-pouffes groupies du groupe, certes bien gaulées mais visiblement au QI d’huître, et qui passèrent leur temps à se prendre en photo comme à leur première bar mitzvah, avant de se barrer derechef. Sans commentaires.                
Bonne dégaine et attitude, musique moyenne, c’est assez rare comme constat.

Gheritarish : Oui contrairement à Arsongod j’ai bien apprécié ce set, musique parfaitement stupide, pas forcément super en place et parfois assez incohérente mais malgré tout quelques passages bien furieux en mode brutal black de l’école suédoise, Marduk en tête, assez efficaces. Décorum et corpsepaints (les seuls de la soirée), musique bête mais efficace malgré des changements rythmique douteux, certains musiciens ayant visiblement décidé de jouer ce qu’ils souhaitaient dans leur coin tout en ayant strictement rien à branler du reste du groupe, ce qui donna quelques passages en blast sur du mid tempo rythmique et autres bizarreries. Un groupe qui s’il décidait de bosser un peu la cohérence pourrait être très intéressant en live mais restera de toute façon inintéressant sur support physique. Encore une fois public en mode somnambule, pour bouger la tête il y a du monde mais pour le reste je me retrouve avec plus d’espace autour de moi qu’il y a de place dans mon appart. Seule une personne vient timidement tenter de former un ersatz de pit mais ce fut peine perdue, hail à lui pour l’effort malgré tout.   
Public metal = tarlouze et après on s’étonne que les gens prennent les metalleux pour des guignols, remettez vous un peu en cause bordel, vous assistez à une cérémonie sensée véhiculer de la haine et de la violence, pas poser pour Voici Metal et draguer de la génisse en lui offrant du thé, rangez vos bites et sortez vos poings...          

Arsongod : Vient enfin le moment de voir TEMPLE OF BAAL. Connaissant Traitors of Mankind sur le bout des doigts, j’appréhendais assez de voir le groupe se tourner vers un simili Black-Death et abandonner le coté thrashisant dans lequel il excellait. Le groupe semble avoir laissé tomber les corpsepaints, c’est dommage mais ça ne m’étonne pas. La montée sur scène sera à l’image du concert : sans fioritures, plus une grosse répète en public qu’un vrai concert.    
Le père Amduscias a de faux airs de Glenn Benton avec ses rides et sa bedaine, sans compter les grimaces pendant les morceaux. Tiens tiens, une bande de parisiens se matérialise d’un seul coup sur le devant de la scène, alors qu’ils brillaient par leur absence pendant le set des autres groupes. Ils seront évidemment en mode groupie, braillant les paroles par cœur et agitant leurs patches en rythme, mais pour ce qui est d’un peu d’action on peut toujours se la mettre sur l’oreille. Heureusement le pogo sera légèrement sauvé par deux enfants de chœur issus de VORTEX OF END, qui mettront un peu de vie avec nous dans la salle. Quand on doit compter sur les groupes eux-mêmes pour mettre de l’ambiance dans la fosse, c’est dire à quel point on en est…   
TOB débutera son set avec de loin le pire son de la soirée, à la limite du black/grind. Au bout de deux-trois titres, la coupe est pleine et le set doit carrément être interrompu, sous les quolibets de quelques guignols nuisibles. La set-list sera majoritairement axée sur Traitors, tant mieux en ce qui me concerne. Les nouveaux titres passent relativement bien, je m’attendais à pire. Les musiciens sont en mode répète, à part tonton Amduscias qui donne un peu plus de sa personne. Le set sera quand même terriblement court et sans rappel, et un des deux guitaristes fuira dès la dernière seconde du concert. Hmmm…   
Une bonne répète quoi, mais sans commune mesure avec leur set dévastateur de Poitiers. Heureusement qu’il reste d’excellentes compos dont on ne se lasse pas.

Gheritarish : Autant je fus emballé par leur prestation à Poitiers, autant je fus déçu par celle là.
Son pourri mais non imputable au groupe, mais surtout musiciens statiques au possible, qui jouent parce qu’ils doivent jouer, on a l’impression qu’ils sont au bureau. Amduscias reste malgré tout très bon sur scène et les morceaux tels Backstab, Slaves To The Beast, Under The Spell, Bleeding Thoughts passent toujours aussi bien l’épreuve du live, l’apogée fut atteint avec l’excellent Flames Of Baal.
Les nouveaux titres Hate Is My Name et l’autre dont j’ai oublié le nom passent bien sur scène mais risquent fort de me faire chier sur disque. Le coté black thrash semblant être définitivement passé à la trappe au profit d’un black death qui malgré tout reste très bien construit. Impression à confirmer sur album mais ce nouveau disque risque de déstabiliser pas mal de monde ayant suivi le groupe depuis les démos, moi y compris.           
Quand aux parisiens qui hurlent « Pariiiiis !!!! » entre chaque morceau, qui apparaissent pour le set en ayant négligé toutes les autres prestations, nul besoin d’épiloguer…       

Arsongod : On ne s’attarde pas à causer avec les locaux, on passe une très mauvaise et courte nuit dans la bagnole, avant de repartir tant bien que mal le lendemain, en faisant un petit détour pique-nique/tourisme par l’ossuaire de Verdun, où nous n’avons pas vu de kebab ambulant, à croire qu’on est plus en France…   

Au final 18 heures de bagnole pour un concert correct (TOB assure même en demi-teinte, et VOE fut une révélation) dans une salle fort correcte, malgré le public UG de chiffes molles habituelles…

Gheritarish : Même conclusion à la différence près que malgré toutes les erreurs commises Svarog délivra un set relativement efficace bien que perfectible et ce sont les seuls ayant fait l’effort de conserver la tradition du spike, leather and paint. La bonne surprise de la soirée et le meilleur groupe par la même occasion fut incontestablement Vortex of end.

Arsongod / Gheritarish