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L’entretien qui suit est un hommage ; Hommage
a un groupe dont l’authenticité, la philosophie ultra underground,
et la musique primitive et impériale force le respect. CAVATICUS
offre ici une magistrale et décadente leçon d’humilité
à l’égard de toutes les sous merdes qui ont oublié
ce que le pur Black Metal doit être.
Entretient avec ERIOGERG I) Présente-nous l’entité qu’est CAVATICUS.Cavaticus est à l’origine la bête fauve et destructrice de deux frères : Eriogerg et Tienoeb. Il est la consécration musicale des sombres pensées et sentiments inhérents à nos personnes. Cavaticus n’est pas un simple groupe, son aura –véritable code de vie et de mort-vit en nous. Notre horde s’est d’abord nommée Hécatombe puis Léviathan puis Anonymous pour enfin devenir Cavaticus. Cavaticus incarne et représente « ce qui vit dans les trous », cela correspond plus a notre état d’esprit, à nos activités underground. Après quelques déboires de personnel, Freddy nous a rejoint en tant que vocaliste. Cavaticus se compose donc à ce jour de Freddy au chant, de Tienoeb à la batterie et de moi-même a la guitare. Malgré l ‘absence de bassiste ce line-up est ce que Cavaticus a connu de plus efficace et productif. Ce n’est que le début… L’assaut ne fait que commencer. II) Vous pratiquez un Black Metal brutal, haineux, froid et malsain, fidèle a la sombre et glorieuse époque du début des années 90. Que représentent les groupes de cette époque à vos yeux ? Peut on dire que certains vous ont influencés ? Cette scène était admirable par son authenticité et sa fraîcheur. Je suis d’accord pour l’influence, mais dans une certaine mesure. Musicalement la chose est indéniable, mais idéologiquement ce n’est pas le cas. Nous ne nous identifions pas aux dérives puériles qui ont pût avoir lieu. Musicalement je peut te citer, sans grandes surprises, des formations telles que Gorgoroth, Darkthrone, Immortal, Burzum, Mayhem, Old funeral… La liste est longue, mais la plupart se sont ridiculisés dans de pathétiques déclins. Heureusement certains brandissent encore le flambeau avec dignité tels que Maniac butcher, Armagedda, Craft, Nargaroth… III) Penses-tu que le Black Metal soit demeuré un mode de vie ; Ou, qu’à l’inverse il est simplement aujourd’hui un style musical comme certains l’affirment ? Ce débat est une véritable foutaise, il est stérile et vide sens. En tant que style artistique il s’agit principalement de musique. Par la suite, l’un ne va pas sans l’autre pour celui qui, avec convictions et tripes joue des hymnes guerrières et malsaines sans trahire l’esprit du mouvement. Cavaticus crée de la musique, musique en accord avec une certaine quête spirituelle. IV) Je considère Cavaticus comme une formation ayant une aura peu commune et une authenticité exemplaire, autant musicalement que dans votre attitude. A ce titre, quelle est la philosophie qui guide vos actes, votre état d’esprit ? Nous ne trahissons jamais nos convictions et ne céderons en aucun cas à la prostitution musicale et culturelle ambiante. Notre isolement nous a forgé spirituellement. Nous nous sommes développés et évoluons loin de cette urbanisation et civilisation écœurante, dans un environnement riche historiquement et esthétiquement. Nous cultivons cela. Notre quête spirituelle est teintée de paganisme. C’est un retour à la nature, une errance parmi les forêts, les profondeurs des terres et leurs légendes. Nous nous foutons du satanisme, de l’élitisme, des profanations et incendies…toutes ces conneries. Il faut savoir rester humble et à sa place. Trop peu de gens savent encore perpétuer ces quelques valeurs. Un jour mère nature reprendra ses droits. V) Je fais partie des rares privilégiés qui en des lieux décadents et intemporels, ont pût constater votre efficacité, puissance et noirceur en live. Le fait de jouer devant un nombre restreint d’adeptes et dans des lieux sombres, isolés reflète il une volonté de rester plus underground, ou simplement de fortes convictions ? Je suppose que c’est implicitement un mélange des deux. Une chose est sûre: nous ne jouons pas pour la gloire ou pour une quelconque reconnaissance. Evidement il est toujours flatteur que quelqu’un te dise avoir apprécié ta musique, ta prestation, mais, ce que nous faisons, nous le faisons avant toute chose pour nous. De ce fait, bien souvent seul la substantifique moelle de nos fréquentations est conviée aux hostilités. Les lieux sont aussi très important, une certaine atmosphère est nécessaire pour que la musique puisse y suinter et y prendre toute sa dimension. Les salles de concert ou se bousculent des myriades d’adolescents boutonneux, bourrés à la bière, amateurs de pogos juvéniles et de sensations fortes ne nous intéressent pas. Nous préférons de loin les sous-sols crasseux et mal éclairés ou les catacombes infestées de rats et d’insectes. VI) Il en va de même pour vos démos : Vos diverses destructions sonores ne circulent pas, même dans le milieu de l’underground. Seul un cercle d’initiés peut se venter d’avoir pris une claque à leur écoute. N’avez-vous pas quelques projets ? N’aura t’on jamais la possibilité de se procurer une de vos démos en bonne et due forme ? Une fois de plus, ce que nous faisons, nous le faisons avant tout pour nous. Nous avons d’autres préoccupations que de nous diffuser. Nous ne sommes pas gérants d’une entreprise, notre optique est non commerciale, nous refusons le profit. Ce qui doit-être fait sera fait. Ce n’est qu’une question de temps. VII) Lors de vos rares apparitions vous arborez des war paints / corpse paints. Qu’est-ce que cela représente pour vous ? Est-ce pour perpétuer une tradition ? Pour renforcer le côté nekro a vos œuvres ? Je ne pense pas que ce soit l’un ou l’autre. Avoir le visage moisi et cadavérique va bien au-delà de l’apparence, c’est pour nous une touche finale. Cela se marie parfaitement avec les lieux ou nous exerçons nos méfaits et avec notre musique. Cavaticus n’a pas besoin de cela pour être nekro. Nous ne nous réfugions pas derrière des artifices pour dissimuler un vide musical. Il ne s’agit pas de cradle of shit ou de dimmu burger…Nous ne faisons pas dans les mièvreries théâtrales, nous laissons cela aux poseurs. VIII) Pour en revenir au simple aspect musical : Vous ne vous embarrassez pas des détails, ni de fioritures ; Vous pratiquez un Black Métal dans ce qu’il a de plus pur, sans synthétiseurs ni voix féminines. Que pensez-vous de l’intégration de ces éléments dans la Black Métal ? Votre opinion sur les groupes qui pratiquent la grandiloquence symphonique aux limites du ridicule ? Cette mouvance et répugnante et détestable. Tous ces opportunistes font ce qu’ils veulent, nous ne perdons pas notre temps à les en empêcher comme certains ont pût essayer de le faire. Il n’en demeure pas moins que ce n’est pas du True Black Fucking Métal !!! Il y a pire que de créer de la merde : créer de la merde et ne pas s’en rendre compte. Il est déplorable que tout cela soit assimilé au mouvement… Soutenir Cavaticus c’est nier toute cette merde. Il n’y a pas besoins d’épiloguer plus, tout le monde connaît ces groupes et toute personne censée saura faire le tri. IX) A ce sujet, que pensez-vous de la popularisation du mouvement dont nous avons été témoins ces dernières années ? Le black Métal doit rester dans l’ombre. Une popularisation et donc une commercialisation ne peut-être que néfaste : La crédibilité, l’identité et l’aura du mouvement ressortiraient souillés. Le Black Métal ne peut qu’en être dégradé. Une popularisation suppose un compromis dans le but de plaire un maximum. Or le Black Métal ne peut et ne doit être accessible a tous. Le fait d’y adhérer ne peut résulter d’une tendance de masse, d’une mode. Tout repose sur un cheminement personnel, fruit d’une certaine prédisposition. X) Je te laisse ces dernières lignes pour conclure librement, et, accessoirement m’insulter. Tu n’est qu’une petite merde fielleuse et vile mais tu as tout mon respect. Je suis flatté par l’intérêt que tu porte à Cavaticus. Longue vie à Nausea-Mistikum et, n’emprunte jamais les sentiers aguicheurs de la prostitution musicale et idéologique. |