Après avoir sorti un nombre assez conséquent de démos ("maniac depression" enregistrée à 50 exemplaires en octobre 1990; viennent ensuite"unrecognizable human form" en juin 1992 (130 copies),"hyperborea" en août 90 (30 copies), "siegeswille" en mai 1995 (150 copies) qui sera à l?occasion pressé en cd le mois suivant) Tsatthoggua signe chez osmose pour en 1996 enfanter du malsain et sadique : " hosanna bizarre ", qui se veut une déclaration de déviance pure, mêlant ainsi débauches sexuelles en tout genre, aux cultes les plus obscurs dédiés au malin. Tsatthogua délivre un BM apocalyptique et torturé au croisement entre un Impaled Nazarene et Marduk avec certains relents très harsh à la Swordmaster.

Le premier titre de l’album "heirs of fire " est introduit sur fond de culte ethnique plus ou moins vaudou, quand sur un coup de latte retentissant se font sentir les premiers assauts très thrash. Tandis que north wind, vocaliste et claviériste de la formation nous fait clairement comprendre que c’est bien de Black Metal dont il est question, son chant, sans être d’une particularité géniale, fait preuve de rigueur et de précision ; lightning bolt est quant a lui un véritable acharné, martelant avec une verve proche de la flagellation ses pauvres fûts qu’il doit sûrement prendre pour les fesses de sa courtisane, leur imposant au demeurant des alternances et des cassures rythmiques dignes d’un épileptique en pleine crise. Ce qui n’est pour l’instant qu’un BM proprement exécuté prend une tournure différente à l’entente des premières notes de ce synthé criard volontairement mis en avant, conférant à Tsatthoggua cette aura malsaine si particulière, et offrant dans toute sa quintessence la maladie mentale et le génie orchestral dont est capable cette formation. Ce déluge orgasmique est comparable a l’assaut d’un gode clouté dans les parois rectales encore tendres d‘un non initié !

Un doux blizzard souffle en guise d’interlude et nous voilà repartis dans la chevauchée cataclysmique des enfants héritiers des Hyperboréens avec "2000 V Kum " où les claquements de cymbales résonnent comme un fouet sur du cuir tendre quand un synthé soudain, impérial fait son apparition pour laisser place à un riff tout bonnement démentiel et très emballé, soulignant au passage le talent de nar marratuk, gratteux de la formation. Morceau très court ou plutôt très rapide, qui en appelle aux frères et sœurs de Thulé à anéantir foi, amour et faiblesse dans le blasphème (dixit Tsatthoggua).

" Niemals Geboren "est teinté de relents death et rythmiquement assez war ; et quelle fût ma surprise a la découverte d’un chant féminin aussi laid qu’inutile, mais cela est bien vite pardonné a l’écoute de ces passages totalement déviants et torturés soulignant la symbiose parfaite entre les divers organes du groupe ; Un tel enchevêtrement de mélodies dissonantes, d’écorchage de cordes vocales et de synthé incantatoires relèvent d’une préméditation et d’un travail mûri ayant pour seul but l’annihilation totale de prévisibilité. Tsatthoggua encule donc tout sur son passage.

Un des points fort de cet album sont les intros qui ouvrent chaque titre. Ces passages ambiants de très bonne qualité, mettent en scène présentement de vieux bestiaux d’outre tombe soupirant sur fond d’orgues lunaires ; Etant un prélude au maladif et démoniaque "intrude into immortality " (et mes mots sont pesés à l’écoute d’une composition aussi timbrée que celle-ci) le clavier, toujours aussi laid, souligne des accords se faisant de plus en plus gras et evils, le chant quant à lui est jappé puis soudain, sur un break, quelques lourdeurs death thrash se font ressentir ; tout est viscéralement déballé chez ces apôtres du cul qui visiblement ont une dent contre J.C qu’ils invitent au passage à aller se faire sodomiser au point culminant du titre.

Ces fantastiques interludes sont pour Tsatthoggua l’occasion de taper dans un ersatz d’indus expérimental teinté de femal vocals où de lubriques chiennes vous susurrent à l’oreille une invitation a célébrer l’" hosanna bizarre " dans un accouplement incestueux entre le malin et ses adeptes. Ce track fait plus largement place aux style S.M. abordé par Tsatthoggua qui voit en cette forme de sexualité déviante l’accomplissement d’un chaos régénérateur.

" the belief, the lie "est un titre philosophiquement tourné vers le réveil et la prise de conscience qui nous incombe. Nous nous devons en tant qu’élus de renier dieu aux vues des évidences même de son inexistence et de cracher à la gueule de ceux qui font perdurer le mensonge.

Quelques samples de guerre mondiale et un synthé très mystérieux ouvrent le titre "seventh solitude "

" Worm of sin " est un pamphlet anti church où nar marratuk fait preuve de toute sa dextérité par une irruption de riffs saccadés et enchaînés à la vitesse d’un missile de croisière ; toujours en accord avec les orgues démoniaques de north wind.

" Dionysos ecstasy " commence quant a lui sur le bruissement agréable d’une fraise rognant des chicots pourris ; le thème de cette chanson est la débauche vouée au dieu Dionysos, divinité grecque liée entre autres au vin qui grise toutes les âmes et à la dévoration de la chair crue. Ce titre est à l’image d’une orgie romaine dûment orchestrée prônant tour à tour l’extase et la crucifixion, l’alliance et la participation ; Ce titre est un bon résumé de ce premier album qui n’est qu’un fourre-tout idéologique, faisant référence à des thèmes d’un anachronisme qui ne peut être que volontaire tant il est grossier, mais le tout est joué avec violence et débâcle.


Puis en 1998, toujours chez osmose sort le nouvel opus " trans cunt whip " au visuel décidément marqué par le latex, le Skaï et les chaînes cloutées, enfin avec ce deuxième on arrive à la définition d ‘un style auto proclamé de " satanic sado maso hyperspeed metal "(?)

" trans cunt whip " ouvre sur une scène de fessée dont les murmures de la victime sont à peine audibles, très vite s?enchaînent les premiers riffs toujours dans la même lignée thrash black, cassures rythmiques, breaks et reprises sur grosses accélérations.

" Iä O tsatthoggua " est un appel fait à l’entité du même nom dans une lignée textuelle tout droit inspirée de la démonologie lovecraftienne, somme d’incantations vouées à honorer le retour sur terre des Anciens qui y firent régner terreur et désolation.

Le titre "golden shower " est représentatif de l’album et compare de la vulgaire pisse à un champagne aux propriétés hallucinogènes !!! Le schéma type est repris par un morceau comme "in dope we trust " en opposition a la maxime "in god we trust ". Les titres s’enchaînent, tout ça bourrine, va très vite, une flambée de violence culminant au milieu du track et ainsi de suite pendant huit titres. Les orchestrations se succèdent sans l’intelligence digne du prédécesseur, plus rien de spontané, cela devient prévisible, et n’accroche pas, ça fleure le copier-coller.

Je juge digne de vous livrer le sentiment suivant ; à l’écoute première de cet album je n’ai pas ressenti ce grain de folie propre au Tsatthoggua des premières heures ; le style s’est peu à peu polissé pour frôler le quasi chiant, rigueur monotone sous jacente à la volonté commerciale d’exploiter plus profondément le thème du S.M. (qui n’était peut-être au départ qu’une référence) se traduisant par un vide artistique caractérisé, par une linéarité et une monotonie proche de l’emmerdement. Restent les photos de la pochette assez marrantes, voir clownesques. Tout cela pue le mercantilisme digne d’une super prod. Peter Tägtgren (Täd’ merde lui siérait mieux) n’est peut être pas étranger à cela, car en effet le bougre de l’Abyss Studio s’est retrouvé impliqué dans ce CD, ne serait-ce qu’en tant qu’ingénieur du son. Et quand on voit de quelle manière il a contribué à rendre populaire et accessible le metal extrême, cela colle la gerbe. Tout ça pour vous dire d’économiser dix sacs sur cet album de merde qui n’arrive en rien à la cheville de son grand frère.

En 1999 sort le vinyl "german black metal ", suivi l’été 2000 d’ "extasia " sur necropolis peu de temps après ce fût le split. Ainsi mourût Tsatthoggua, conçu dans le chaos, égaré dans l’oubli.

Contact :
http://home.snafu.de/tsatthoggua/index.htm

Yiskandar.