C’est en 1998, après s’être adonné au blasphème dans Antaeus que, sous le pseudonyme du Grand Duc qui commande trente légions infernales, Amduscias crée Temple Of Baal avec la ferme intention d’opérer un pèlerinage musical et spirituel radical vers l’essence originelle du BM. De premier abord imaginé, dans ses fondements les plus inavouables, tel un one-man band, ce sombre projet ne tarde pas à accueillir en ses rangs MkM, que l’on ne présente plus, aux vokills, Arkdaemonn, des tueurs parisiens de Deviant, et Herr Rikk, un ex Penumbra, à la batterie. Ces nouvelles recrues laissent présager pour Temple Of Baal la possibilité pour l’avenir de répandre le message blasphématoire du grand cornu en cérémonies live. 

Après quelques répétitions MkM quitte la division. Temple Of Baal continue sa quête sous forme de trio, Amduscias reprenant le flambeau des incantations. 

Quelques mois plus tard en 1999, la première offrande officielle de la cohorte diabolique, intitulée « Satanas Lux Solis » et strictement numérotée à 200 exemplaires, prend sauvagement d’assaut l’underground. Cette cassette enregistrée à l’ancienne, c’est à dire « live » avec des moyens dérisoires et sur un équipement des plus rustique, ne contrevient évidemment pas à la ligne de conduite fixée au départ pour le groupe : Le son très sale et nécrotique laisse entrevoir un BM très fidèle à sa substance initiale c’est à dire très malsain et très brut avec une inspiration satanique très forte. Inutile de préciser que les quelques exemplaires distribués n’ont pas tardés à disparaître entre les mains des véritables maniaques adeptes de True Nekro UG Kult ! 

Ce premier gage d’authenticité et d’intégrité permet à Temple Of Baal de rentrer en contact avec les Montpelliérains de Chanteloup Créations et d’obtenir un contrat pour vomir sa première véritable démo. La horde investit donc le Coprophagus Studio et y enfante en février 2000 « Black Unholy Presence ». Cette démo limitée à 300 exemplaires sort en juin de la même année et ne tarde pas à rapidement s’épuiser. Initialement l’on peut y (re)trouver « Tempting The Bastard » et « Black War », deux tracks déjà présent sur « Satanas Lux Solis ».

Comme pour “Satanas Lux Solis”, « Black Unholy Presence » a un impact non négligeable au sein de l’Underground. Cette démo permet en effet à Temple Of Baal d’obtenir deux contrats : 
Un premier avec Drakkar pour participer début 2001 à la compilation CD « The Return Of Darkness And Hate » avec une version exclusive du track « Undead Soul », originellement déjà présent sur « Satanas Lux Solis » et réenregistrée sur le home studio de Amduscias à la fin 1999, cela aux cotés de tueurs tels que Mütiilation, Impiety, Garwall, Cursed…. Un second avec le légendaire et très droit End All Life Productions pour enregistrer un Split LP avec les bouchers parisiens d’Eternal Majesty. A cette occasion, Temple Of Baal ressuscite « Faces Of The Void » déjà présent sur « Black Unholy Presence » et, enregistre deux nouveau hymnes : « Satanic Dominators » à l’honneur du noyau de résistance incarné par les rares groupes restés incorruptibles au sein de la scène BM et, l’instrumentale « On Through The Void ». Les 300 exemplaires de cette coalition impie sont sold out en à peine trois semaines…

En 2001, alors que le premier album de Temple Of Baal était déjà planifié, Chanteloup se voit contraint de rendre les armes et de stopper ses activités pour les raisons que tout le monde sait ; Passons sur ce sujet, il est inutile d’accorder un quelconque crédit à cette énième et pitoyable chasse aux sorcières. Quoi qu’il en soit, face à cette situation, c’est sous l’étendard de Oaken Shield que le groupe va continuer à répandre avec convictions les valeurs de Lord Satan. Ainsi, Oaken Shield va commencer par rééditer en format CD le fameux « Black Unholy Presence » (chroniqué dans la page démos) à 888 copies simplement agrémenté de « Woman Of Dark Desires », reprise de Bathory déjà présente sur « Satanas Lux Solis » et exécutée en répétition de la façon la plus chaotique, bestiale qui soit et, avec la participation de Erik Danielsson de l’excellent Watain.

Renforcé par son parcours déjà bien rempli et sa notoriété grandissante au sein de la scène BM UG, Temple Of Baal va multiplier ses apparitions en concert aux cotés de grands noms tels que Abigail, Arkhon Infaustus, Antaeus, Impiety….

Finalement, c’est en 2002 que Amduscias, Arkdaemon et Herr Rikk rentrent en studio pour y immortaliser leur premier véritable album. Ainsi, « Servants Of The Beast », dix septième production de Oaken Shield, est enregistré au « Frigo » studio à Paris entre le 22 et 26 juillet 2002, mixé le 28 et, vois le jour en 2003.
Tout ceux qui, avant la sortie de cette galette, ont eus le bon sens de se procurer « Black Unholy Presence », sa réedition limitée, ou, des réalisations plus anciennes n’ont pus qu’être frappés par la copieuse et impressionnante progression exposée ici par le trio.

Le premier changement de taille vient d’un élément souvent fondamental et décisif dans la consistance de l’aura et de l’atmosphère dégagée par un album, à savoir la prod. Il faut dire que, pour la première fois, Temple Of Baal à outrepassé le stade des enregistrements live impulsifs sur home studio pour capturer sa substantifique aversion dans un local digne de ce nom. Ne vous attendez cependant pas à une prod fade, vide et sans âme qui serait en adéquation avec les exigences de propreté superficielle actuelles. Non ! Certes le son est moins empreint du caractère ultra underground de « Black Unholy Presence », il est plus audible et puissant mais, il reste indecrottablement sale, brut et old vein.
Autre métamorphose non négligeable réside dans les lignes vocales. Celles ci sont tout bonnement méconnaissables par rapport à ce que l’ont peut dénicher sur les anciennes démos. Elles ne s’expriment plus à la manière stridente et hurlée du passé, mais dans un registre beaucoup plus grave, rauque, presque Death Metal, oserais-je dire et, de façon plus posée et mieux maîtrisée.
Est il vraiment utile de souligner que les cordes et les percussions n’ont pas échappées à ce remaniage ? Tout les tracks sans exceptions sont bien plus structurés et moins basiques tout en restant du pur Temple Of Baal dans ce qu’il a de plus violent et extrême. Les riffs sont indéniablement devenus personnels puisque l’on ne ressent par exemple plus du tout l’influence d’un Gorgoroth des premières heures, influence nettement reconnaissable sur les anciens assauts. Au delà de l’aspect typiquement raw Black Metal de son art, Temple Of Baal va encore plus loin dans la transcendance de son aura Old School ; Cela de part une expression toujours plus massive et dévouée pour les vieux Bathory, Hellhammer, Celtic Frost, Sodom ou Sarcofago dans ce qu’ils ont de plus thrashy et insolents. Il s’agit là d’un retour aux sources ; A une époque où le BM n’était pas un instrument créateur de beauté mais était repoussant, suscitait haine et dégoût, engendrait douleur et destruction et, était vecteur de pure noirceur. Une marque de respect pour les racines et donc plus que jamais un signe de maturité.
Il est désormais plus aisé de saisir les propos d’Amduscias lorsque celui ci affirme qu’il préfère un album catchy à un album rapide du début à la fin.
Si l’évolution musicale est donc indéniable tout en restant intègre, l’aspect conceptuel n’est pas non plus en reste. Les textes se sont adaptés mais demeurent extrêmes et blasphématoires avec parfois l’utilisation d’un tutoiement très agressif, malsain et malveillant. Les propos du groupe résument à eux seuls très bien l’ampleur de la chose : « Nos paroles sont des outrages à la race humaine, une affirmation du satanisme dans la négativité qu’il devrait toujours revêtir, des prières pour la dévastation prochaine du monde et de cette pourriture qu’est l’homme. Haine , oppression, torture mentale avec comme unique finalité la destruction et la mort… »
A noter la participation de Erik Danielsson de Watain, devenu désormais incontournable, sur le track « Deathblessed (At The Hornlike Spears) » qui démontre une fois de plus son talent malsain et subversif de parolier.
Tout est dit !
« Servants Of The Beast » est un très bon album. Si un jour maudit des dieux la scène française devait intégralement se fourvoyer dans la médiocrité et vendre son cul, Temple Of Baal serait sans aucuns doutes de ceux qui opteraient pour la mort ! Total Support !!!!!

Contact :
http://membres.lycos.fr/templeofbaal/index1.htm

Sperm S.