
Le nom de l’opus, déjà plus qu’éloquent, hâtivement relayé par un « Decreation » s’ouvrant sur un arpége cryogénique semblant avoir été dissout en le bouillonnement âcre et chimique des plus nocives et clandestines substances, est il encore réellement utile de préciser, aux indécrottables aficionados des premières heures du groupe, que leurs potentiels espoirs de retour aux sources se heurteront au néant le plus absolu ? Reverence poursuit en effet la mutation amorcée puis confirmée sur les deux précédentes releases, franchissant un palier décisif et transvaseur vers le point de non retour stylistique & idéologique le plus total. Les échos venimeux de l’arpége
précité passent donc définitivement à
la chausse trappe toute considération métallurgique
traditionaliste, tout obscurantisme régressif au profit
d’un concentré se voulant indomptable, sans limites vraisemblables,
déployant des flux de riffs à la croisée des
décharges tridimensionnelles et improbables d’un Blut Aus Nord
nouvelle ère qui, pour l’occasion, se voudrait plus désagrégé
qu’une dépouille hérésiarque laissée pour
morte dans la fange au crépuscule de son écartèlement,
plus disparate et incontrôlable que je sais quelle vermine vénérienne
qui corromprait les viandes et fluides d’un pointeur multirécidiviste
pourrissant, à son tour souillé, dans la noirceur humide
du mitard … Des éthérés cycles arpégés,
distillés avec une insistance hypnotique digne du grand
Xasthur ou d’un Forgotten Tomb [quoi que, à dire vrai et à
mon plus grand désespoir, l’influence Shining soit plus plausible]
si asphyxiants que leur venin pervers et manipulateur suffirait à
rallier je ne sais quelle mièvre et frivole chorale de gospel
aux causes apocalyptiques les plus sectaires pour, au final, la mener
à un destin endoctriné digne de celui des plus dévoués
disciples de l’ordre du temple solaire… De plus indéfinissables
mises en abîmes semblant vouloir se jouer de nombreuses étiquettes
stylistiques mais, n’étant pas, néanmoins, sans m’inspirer
certaines émulations propres à Spektr ou Axis Of Perdition… Là où l’utilisation
d’une boite à rythmes m’aurait semblée prévisible
et plus idoine en tant que vecteur d’inhumanité, de vide émotionnel
et d’oppression mécanisée, les percussions, quand à
elles, sont belles et bien organiques mais, du fait de leur mixage
par un VX69 pour l’occasion évadé de Punish Yourself,
parviennent à rester, en parfait accord avec les exigences
de l’exercice, cliniques, vertigineuses et claustrophobes. En conclusion, voici donc une chronique
de prime abord plus qu’élogieuse mais au terme de laquelle
je reste plus que dubitatif. Shining ayant toujours été,
à mon sens, de la merde en barre opportuniste et suffisante,
et, les guignols de Blut Aus Nord commençant très sévèrement
à placer leur prétention au delà de leurs capacités,
vous comprendrez mon dilemme. Si à l’heure actuelle tout me
prête à croire que Reverence peut espérer un avenir
plus que radieux, il lui faudra, pour se faire, estomper l’emprise
que ses nouvelles influences ont sur son essence. Il en va de même
d’un point de vue strictement esthétique / « éthique »
puisque l’artwork de cette rondelle, bien que brillant et en adéquation
avec son contenu, n’est pas sans rappeler, même auteur oblige,
le spectre du nullissime « Thematic Emanation…. ». Contact : Sperm. S. |