Ayant, quoi que certain(e)s en pensent, toujours été preneur des glaviots  d’Armaggedon [à ne pas confondre avec le Armageddon dirigé par le batteur de Lord…], et, l’album “Imperium Wird Durch Das Blut Wieder Aufleben”, dernier méfait en date de la bête, m’ayant récemment généreusement vidangé le poireau, il m’était impossible de ne pas pousser le vice plus loin, de ne pas me pencher sur Irhmgaar ; Side project aux origines, une fois encore, plus qu’obscures qui, composé d’un Grimwald [guitares, basse & programmation] qu’il serait désormais effronté de vouloir vous présenter en nos colonnes et, de Striid [Vokills], que certains connaissent probablement déjà pour ses méfaits au sein de Lugubre & Mord, enfanta les démos « Funeral Hate » [2002] & « The Satanik War » [2003], avant d’en venir à ce « Sado Terrorist (Ugly Devil’s Worshipper) », Mcd parut en 2004 sur le label australien Heaven Ablaze.

Ceux ayant coutume, solubles dans les alcools frelatés, de culbuter leurs plus imbuvables conquêtes au son d’une certaine propagande de terreur estampillée « True Elitist Black Metal », reconnaîtront à cette rondelle certaines familiarités, à commencer par l’effort de production aussi robuste que ne le sera jamais la coque d’un colossal cuirassé venant surprendre le paisible ballet nocturne d’une crédule  et parasitaire flotte clandestine ; plus intense et opaque que la noire vermine proliférant dans les fluides et viandes du damné protagoniste de « I Zombi – Chronicle Of Pain »… Course aux armements sonore catapultant la fièvre d’une boite à rythmes pour le moins singulière qui, efficacement programmée dans son plus simple appareil, confère à l’auditeur l’impression d’être un loqueteux sans-abri se prenant une purificatrice avalanche de coups de paras sur le coin de la tronche… Douce chimère d’une virulence « orange-mecaniquesque » qui, ayant traversée les âges, aurait été déclarée, par les temps qui courent, d’utilité publique…

Difficile encore de ne pas penser à Armaggedon à l’écoute de la pléthore de riffs peuplant les cinq tracks ici déglutis, entre réincarnation d’un spectre Mayhem d’un barbarisme si spasmodique qu’il en ferait passer la frayeur d’une virginale journaliste de guerre, piégée dans un gang-bang croisé Hutus / Tutsis, pour une vulgaire dégénérescence d’acteur raté de série B… résurgence de l’héritage Darkthrone des premières heures, plus furieusement primitif et obscur que ne l’a jamais été la récente et très médiatique mise à mort d’un certain juvénile représentant du peuple élu, plus froidement austère que le fut son crasse, sauvage & improvisé lit mortuaire… et, impulsions thrashisantes parfois très Old School, comme sur le dernier cycle de « Destruction Of The Light », lesquelles m’insuffleraient presque la nostalgie des plus épiques cuites et bastons des fins de balssylvestres Lorrains ayant bercées mon engance…
Pour le reste, l’on soulignera tout de même la sous-jacence d’une certaine patte suédoise propre à ce que purent être Dark Funeral ou Marduk avant de sombrer dans l’auto pastiche et le ridicule, via nombre de speed pickings effrontés, insoumis et alambiqués, et, d’un particulière touche dépressive, arpégée ou non, à la façon des plus noirs Judas Isacriot… désespoir à jamais plus crédible et pénétrant que n’importe quelle merde comique scellée Shining…

Mais, la plus grosse rupture se situe, à mon sens, dans les vocaux de Striid : plus sépulcraux, lointains et grouillants que ceux de SSatan. Il n’en demeurent pas moins tout autant rongés par la haine et déclament une textuelle que l’on suppose ignoble de part des noms de tracks tels que « Nazareth Holocaust », « A Goat Pissing On Your Grave », « May The Cross Burns Worldwide », « Destruction Of The Light » ou « Glory To Master Satan », bien que j’aurais espéré que l’aspect sado annoncé soit beaucoup plus explicitement prononcé… 

Une excellente découverte en définitive qui, si elle ne révolutionne, bien évidemment, rien, laisse néanmoins augurer le meilleur pour l’avenir, d’autant qu’aux dernières nouvelles, Bestial [Epuration Satanique] semble avoir rejoint les rangs en tant que véritable batteur. Les intégristes chopperont un barreau turgescent… les groupies des prods de Melancholia Records passeront leurs chemins et, ne devraient d’ailleurs même pas arpenter les entrailles de ce webzine… 

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