C’est en l’an de grâce 1991 qu’officie pour la 1ère fois Vidar Vaaer. Avec d’éminents compagnons d’armes tels que Samoth et Ihsahn, il vomit une musique dédiée à la mort et la destruction. Dans la petite région de Telemark en Norvège, on entend bientôt résonner les méfaits de Thou Shalt Suffer. En effet Ce groupe mythique intègre les fondations impartiales du Death Métal, dont la notoriété à la fin des années 80’s début 90’s, n’est plus à faire. 

Ildjarn a donc pris part à la première démo de Thou Shalt Suffer ainsi qu’à la méphitique quintessence de « Into the Woods of Bélial » officiant sur cette œuvre légendaire en tant que bassiste.

Cette expérience en communauté n’a apparemment pas convaincu Ildjarn, puisqu’il décide de créer son propre groupe qui sera intitulé brièvement Ildjarn, « Ildjarn » est la contraction de deux mots feu et fer, c’est le dérivé du  nom d’un endroit de Norvège. 

C’est donc sous cette bannière que, en 1992, Vidar Vaaer va exulter  sa volonté créatrice emplie de tout les tourments de son âme torturée. Et de cette frustration, de cette fureur, de cette haine, de cette colère envers la vermine humaine, personnifié par tous ces cloportes bipèdes que comprends l’humanité, Ildjarn enfante la 1ère démo  « Seven Harmonies of Unknow Thruth ». Cette démo est extrêmement rare a trouver de nos jours, voir impossible, dû a son nombre limité de copies (environ 25). On retrouvera Samoth sur la ligne de chant pour cette première réalisation. 

Un an après, continuant dans l’exégèse de son Art profane et infrangible, Ildjarn enregistre un nouveau chapitre avec Ihsahn (Peccatum, Emperor). C’est donc Ihsahn qui , cette fois ci, a eu l’insigne honneur de poser sa voix nécromantique sur la cacophonie maladive de Vidar Vaaer, accompagnant de son timbre les lignes de guitares et la boite à rythme. Une version Tape sera réalisée et auto produite  en janvier 1993.

Cette seconde démo tape, intitulé brièvement « Ildjarn », débute sans concession avec « Innferd », qui nous embarque dans un maelström de violence absolue très caractéristique de cette entité à part.

Le deuxième track « Kronet », est assez spécial puisqu’il débute sur le souffle de deux arpèges soutenus par une rythmique galvanisée à la double, mais attention lorsque la voix d’Ihsahn, arrive ces deux arpèges se transforment en power chords, et  donnent ainsi corps à un déluge syncopé et hypnotique, a vous rendre paraplégique. La machine est lancée en un concassage absolu voué à ne pas connaître d’apaisement A noter le septième track « Stov og Aske » (« poussière et cendres »), maladivement ponctué d’effets sonores chaotiques, de cris primaires et de bends langoureux que l’on peut déceler çà et là et qui représentent encore relativement bien un certain feeling harsh présent dans les premières heures du Black Metal scandinave. Cette tape est d’une pureté inouïe, tant ce chaos auditif inspire avec une crudité prodigieuse ce que pourraient être les douleurs d’une femme en couche engrossée par le démon lui même , tant, dans cette crasse déferlante, les tracks pourraient êtres comparés à des plaintes suintant d’une âme succombant aux affres de l’agonie. Ils sont courts, brefs, succincts, en gros il y’a de quoi tomber en syncope. 

La Géhenne ne désemplie pas, en cette année 1993  Ildjarn enregistre à profusion. En effet, l’expression artistique d’Ildjarn, incontinente et incompréhensible pour les profanes, n’est qu’une le reflet hermétique de sa pensée lugubre et mortifère, emplie d’une agressivité digne du rut du phacochère les jours de solstices !

Aux prémices de l’année 1993, Ildjarn s’allie avec Nidhogg, ils donneront naissance au cultissime « Norse 7" EP », limité à 500 exemplaires. Gonflant comme un ulcère les 4 tracks de ce vinyl vous enflamment les oreilles déjà chauffées a blanc. C’est Nidhogg qui sera au doux chant cette fois ci. Il sortira chez Nokturnal Art Production.

C’est avec une joie sans retenue que l’on comprend, alors, pleinement le potentiel créatif d’Ildjarn. Impalpables, épars, tels sont les mots qui me viennent à l’esprit pour qualifier la texture de ces morceaux. Le but recherché est de faire découvrir à notre subconscient la dépravation et la peur. C’est une quête que seul un Cénobite en puissance pourrait appréhender sans la moindre appréhension, car érudit familier de ces arcanes chaotique, et Ildjarn retranscrit cet univers à merveille.

L’écoute de « Mørklagt Sti, Svarte Hjerter », sur la Face A, tout comme celle de « Nattens Ledestjerne » ou de « Natt og Tåke », sur la face B, donne l’effet d’une douche froide : la thématique abordée, lors de l’utilisation des quintes structurant les riffs, sont d’une sublime simplicité dans leur régression technique, et pourtant les mots manqueraient presque pour expliquer ce déluge de haine et de hargne.

Ici Nidhogg nous charme de sa voix rude et écorchée, la plaçant de bon aloi, dans un environnement musical syncopé. Parfois Ildjarn laisse percevoir quelques harmoniques incongrues, à l’occasion desquelles Nidhogg nous vomit au visage un hurlement âcre et répulsif qui se disperse lentement dans ce désordre auditif épouvantable.

Les riffs presque hypnotiques dans leur linéarité sont présents uniquement pour corrompre le spectre vocal, les « mélodies », effroyablement assourdissantes, comparables à tonnerre informe, sont vouer aux gémonies.

Les percussions ont été construites sur l’alternance des deux éléments fondamentaux des coutumiers martèlements primaires inhérents aux Raw Black exploité dans son plus simple appareil. Il en ressort que les rythmiques développées sont cliniques harsh et constantes, presque rassurantes dans leur monotonie semblable à un battement de cœur ; Comme si Ildjarn s’accordait un minimum d’ordre et de stabilité, un fil sur lequel se raccrocher en quelque sorte. Bien sûr pour certains la chose semble des plus évidente, cet album ne permet aucune faiblesse.

En Février 1994, la folie commence seulement à envelopper son voile sombre sur Ildjarn, qu’il régurgite sans rémission une nouvelle démo-tape intitulée « Minnesjord », dont il assurera lui-même les vokills. « Minnesjord » signifie de façon on ne peut plus évocatrice, lugubre et morne « souvenirs du jour ». La quintessence des tracks est très primitive, du moins concernant les cinq premiers que sont « Utsyn 1-5 ». Une substance raw et brute alambiquée dans la plus pure et ignoble tradition instaurée quelques lunes auparavant. Tandis que les deux derniers : Myrk Var ( « bourgeon printanier ») et Dalens Änd (Avslutning) (« le souffle de la vallée »), sont, comme leurs appellations oniriques le suggèrent, des plus reposant, comme si Ildjarn avait acquis une certaine plénitude de l’esprit, afin de se ressourcer et de se vautrer dans la béatitude… Quoi que l’on pense de cette transition, certes très abrupte, celle ci préfigure toute l’ambivalence stylistique et le talent quasi schizophrénique du maître du temple et, laisse déjà entrevoir l’essence très ambiancée de certains fantastiques opus futurs.  

Aaaarrgghh!!!! Voici a présent l’un des plus beau bijou d’Ildjarn, selon moi : « Det Frysende Nordariket », l’une des premières réalisations que j’ai eu entre les mains, une véritable histoire d’amour digne d’une transcendance charnelle emplie des fluide boueux d’un phacochère royal !!!!!! En cette année 1995, Ildjarn donne naissance à cette œuvre unique qui scellera son premier cd, toujours éstampillée Norse league productions. Il sera limité a 1000 copies. Notons qu’en 1997, en partenariat avec Napalm Records une seconde édition verra le jour  en format digipack.

Cette tuerie intemporelle sera dédicacé à Javier J. Guerra, ce sombre et énigmatique artiste étant responsable, entre autres, de la cover de « Forest Poetry ».

Cette galette séculaire se compose des enregistrements suivants : Le « Norse 7’’Ep » précité qui, comme nous l’avons vus, a été enfanté en mars 1993 ; La seconde démo tape « Ildjarn » sur laquelle, je le rappelle, les vocaux démentiels sont assurés par Ihsahn et qui a été éditée en janvier 1993 ; Et enfin « Minnesjord » enregistré en février 1994.

Ce cd propose à l’auditeur de se déplacer dans un univers chaotique et abyssal, un tourbillonnement auditif impalpable. Ildjarn explore pour nous un environnement où la douleur et le tourment se déchaînent, tel un orage se propageant au cœur d’une forêt primitive. Sous ces couverts impénétrables, le jour filtre à peine au travers des noirs feuillages. Le seul  bruit venant troubler ce silence oppressant, est l’art profane d’Ildjarn n’exprimant aucun repentir. Jamais passion plus intime n’a pus été, de façon aussi proche de la perfection primitive de Mére nature, retranscrite dans un art musical, que par l’intermédiaire de cet album.  

1995 marque également l’année de l’édition de «Ildjarn » , une fois de plus chez Norse league productions, strictement limité à 750 copies. Cet album nous dévoile le coté le plus primitif de l’Homme qu’est Vidar Vaaer. Par certains aspects, il rappelle Burzum, car la dissonance écorchée et chargée de haine des vokills témoigne d’une souffrance qui atteint des degrés dignes de ce qu’a pu faire Vikernes, notamment sur le neuvième track qu’est « Nordiske Mørke ». La fureur et l’énergie qui se dégagent de cette release sont aussi chaotiques que les pensées lugubres et sans espoir d’un détenu en  cavale poursuivi par des lévriers afghans sanguinaires en plein Bayou tant la structure des morceaux peut tout aussi bien s’avérer haletante et empressée que oppressante et moribonde. L’on retrouve dans tout les cas ces percussions froides et inhumaines, dont la séquence ne change quasiment pas d’un morceau a l’autre. L’aspect minimaliste est à l’honneur dans les tréfonds maladifs de cette substance cadaveriquement saturée, dicordieuse et hurlant le martyr, que cela plaise ou non…

Ildjarn atteint le zénith de sa créativité en 1996, puisqu’il défèque ou réédite compulsivement moult albums ayant étés, pour la plupart, enregistrés fin 1995. Tout commence ainsi par une nouvelle réalisation témoignant de l’efficacité alchimique du couple démoniaque et viscéral Ildjarn-Nidhogg. Edité en 1995 toujours par NLP et Napalm Records, limité a 550 exemplaires. Ildjarn sera au chant et Nidhogg aux instruments, et cela s’en ressent la prod parait beaucoup plus « carrée » et soignée que dans le passé, Nidhogg semblant de surcroît plus a l’aise en tant que tenancier de l’artillerie hérétique.

Ce mini cd est entièrement dédié a cette forêt sombre et obscur si chère à Ildjarn. « Svårtfråd » signifie la « mousse noire », cette mousse que l’on trouve dans les profondeurs des forêts, sombres, épaisses et glaciales. Passée une courte et inquiétante intro synthétique, cette offrande que nous dessert ces deux ermites scandinaves débute par un larsen des plus significatif lors du premier track « I anmarsj gjennom grangrunn », il sonne comme un dernier avertissement, un cri de stryge que l’on égorge…Cette « marche au travers des conifères » vous transcende tel un shaman de Sibérie, abusant des champignons hallucinogènes et entrant, sous le joug de ses chimères dérangées, dans une fureur destructrice.

Le second track qu’est « Ved tjernets bredd » continue dans la violence blasphématoire en nous propulsant  au cœur d’un maelström épileptique. Quant à « Vintermark » il attaque directement en éructant et vociférant comme un ancien démon sylvestre, ce track rend témoignage de fascination eu égard à la violence du blizzard sibérien qui souffle sous ces septentrionales latitudes. Le dernier track  « Skogens Hatefulle Skapning » rend un ultime hommage aux sombres chemins qu’entreprend le pèlerin lors de sa quête, les larsens que parsèment ce track sont semblables aux bêtes noires et malsaines qui se terrent dans les bosquets et le guettent. Il signifie « Forêt haineuse », un titre on ne peut mieux choisit, pour finir cette digne offrande.

Suite la sortie de ce très noble « Svartfrad » viens l’avènement du sublime « Forest Poetry » sortant sous format cd en 1996, encore et toujours ,sous l’égide de Norse League Productions et de Napalm Records. C’est l’album culte que l’on se doit, de posséder, cet un « auto da fé », un « acte de foi » au sens biblique du terme. C’est la première fois qu’Ildjarn utilise l’anglais dans ses lyrics au lieu de sa langue maternelle.

Ici la violence implacable des tracks devient beauté.


Dans le brouillard épars dégueulant du quatre-pistes, l’auditeur se trouve rapidement enveloppé et complètement perdu. En cette cacophonie maladive, on ressent plus, que l’on ne perçoit, les riffs des morceaux. Structurellement l’harmonie de cet album est perceptible, durant toute l’écoute de ces 22 tracks. La plupart du temps les beats, tels de massifs et puissants colosses autistes, ne subissent aucunes variations et restent inchangés dans leur fréquence démente et hypnotique ; Les riffs sont puissant, tourbillonnent et résonnent dans votre être vers une réaction alchimique effleurant la crise de delirium tremens. Toute la structure des morceaux est basée sur cet aspect nihiliste de la mélodie, et les vokills d’Ildjarn augmentent cette atmosphère oppressante et étouffante.

L’aura en est cependant plus sereine bien qu’elle soit toujours aussi dérangeante. Pour le profane cet album est considéré comme inaudible, testé le avec mère-grand, vous verrez sa réaction, il y a de fortes chances que la jouissance effroyable qu’elle en tirera la pousse sans préavis à aller déguster sa dernière bière !  

Quelques dizaines de lignes plus haut, j’évoquais toute l’ambiguïté créatrice de Vidar Vaaer à l’occasion de l’analyse de «Minnesjord », nous y venons ici. En effet, nul doute qu’avec « Landscapes », Ildjarn offre une galette dès plus surprenante. Ce double cd, strictement limité à 250 exemplaires, ne contient rien de plus que de la musique ambiante. Celui ci sera distribué par Norse League Production, en 1996 . Après avoir passé un certains temps dans les montagnes de sa terre natale. Ildjarn a pensé qu’il était temps pour lui de mettre en avant les émotions qu’il a ressenti envers la nature. Ne recherchant aucune similitude avec ses albums précédents, Ildjarn utilise un simple clavier où il transpose un rythme contemplatif. Cette musique semble langoureuse et spacieuse. Malgré tout cet album  montre des signes de faiblesse, chose bien souvent aisément décelable dans ces arcanes stylistiques, probablement à mettre sur le compte du fait qu’il fut enregistré à la va vite, visiblement en deux nuits. Il est certain que cet album calmera les ardeurs de bon nombre d’adeptes d’Ildjarn même si l’intégrité reste sauve.

Suite à ce chapitre à part et privilégié et, dans un ultime assaut de férocité notoire, Ildjarn assoie définitivement son aura nécro et dépouillée. Ce bref écart ne scellait en rien une sécession eu égard à l’art métallurgique nous mobilisant tous ici bas. La bête côtoie toujours avec assiduité le royaume de l’extrémité sonore et du laminage sonore. En 1996 il libère des  plus profondes abysses de la nuit : « Strenght and Anger », qui sortira d’abord très modestement chez l’ineffable Norse League productions, puis sous format cd en partenariat avec Nalpam records par la suite.

Tout ici respire la brutalité et la destruction, c’est un cycle qui revient à ses origines. Un fond sonore insalubre, caractéristique de ce doux frottement de cordes et de ces percussions aux apparences si mécaniques. Cet ensemble auditif est entrelacé, d’une verve vocale toujours aussi rauque  et horrifié, morbide presque insolente.

Du track I jusqu’au XV, l’on voit de détacher quelques éclats de ce monolithe de part de concassées et improbables variations de riffs, toujours soutenues par cette putain de rythmique intense et antédiluvienne. Paralysant nos conduit auditifs, ces riffs sont là pour sonder  l’inconscient de l’auditeur assidu. Ces tracks sont délibérément agressifs et asociaux. Ildjarn pousse le vice extrêmement loin sur cet opus, et infecte notre manière d’aborder la musique ! La guitare, pour exemple, à la base si musicale dans ses fondements, s’avère ici si sauvage et primaire qu’elle en devient inaccessible. L’humeur noire qui se dégage de cet album, ce déluge de sonorités éclatées frénétique, évolue peu à peu vers un final des plus minimaliste et bruitiste, une douce métaphore chaotique.

Le track « Strengh and « Anger » reflète très bien l’essence insalubre de cet album. La Force , annonce cet état de violence, Ildjarn utilise ce chaos auditif comme un guerrier. Cette Force n’est présente que pour un seul but : détruire. La colère est  le moteur de cette volonté indestructible, afin de bousiller nos conduits auditifs.

Pourtant on peu s’interroger sur les tracks 17« black Anger (Hate Meditation I ) » et 19 Midnight Strengh (Hate Meditation II), qui n’ont, à mon sens, assurément pas leur place, ces longues parties de synthés hypnotiques, malgré le fait qu’elles semblent être l’œuvre malsaine de mains gangrené par la lèpre, viennent sans conteste casser la tension, jusque là honorable et fascinante, de l’ensemble. La stupeur et l’étonnement m’ont assailli lors de ma première écoute, et une seule question m’est venu à l’esprit : « Qu’est ce que ça fout là ? », il a du s’endormir sur une touche de son clavier. Avec le recul, on peut penser que c’est histoire de reposer les oreilles, mais bon…

Cet opus d’Ildjarn brise, une fois de plus le conformisme ambiant. Vidar Vaaer montre que une fois de plus il ne cherche pas de compromis commerciaux.

Si vous avez trouvés que « Transylvanian Hunger » était trop raw, « Strenght and Anger » n’est absolument pas pour vous, passez votre chemin… La pendaison pour les pisses froids et autres couilles molles symphoniques …  

« Son of The Northstar » nous ramène une fois de plus en des temps obscurs et reculés puisqu’il  a été initialement édité durant l’année 1995 sous format vinyl via Freezing records.

Mais en 2002 Full Moon productions, usant de toute sa fourberie propre a cet esprit mercantile américain, le réédite sous mini-cd et le limite à 1000 copies, sans s’enquérir une seconde de l’avis d’Ildjarn. Cet opus regroupe différents tracks ayant étés capturés entre 1992 et 1994.

On retrouve donc les mythiques « Kronet » et « Fjerde Dag », sur lesquels Ishahn blasphème de sa voix fortement accentuée d’un effet de reverb  magistralement dosé,

Malgré cette très judicieuse entrée en matière, le choix et la mise en place du tracks suivant semblent être l’œuvre d’un tétraplégique puisque le « Minnesjord » ici présenté sécrète un son inaudible gorgé de moult menus effets de distorsions, l’optique rythmique n’inclue aucune cymbale… Très chaotique troisième plage en somme. En comparaison le morceau suivant incarné par « Mot Kveld » paraît, malgré sa rudesse, bien plus agréable d’écoute et moins irritant à l’oreille en tout. Enfin « Hafsval », le dernier chapitre de ce Mcd relativement dispensable et réchauffé, hormis pour les fanatiques, finit en beauté en nous submergeant de riffs et de beat  à la sauce vertigineuse  typique d’Ildjarn.  

          

Après la réalisation du cd « Strength and Anger », en 1996. Les infos concernant Ildjarn furent de plus en plus  rares. Des rumeurs de tous ordres parcouraient les terres, alléguant que Ildjarn aurait été dissout. Mais heureusement pour les profanes et autres béotiens, il n’en était rien. Car Ildjarn et son félon compagnon Niddhogg s’affairaient avec un acharnement inchangé sur un nouveau projet d’ambiant dans la veine de « Landscape » :  De leurs esprits emplis de majesté face aux grandes contrées de Norvège va naître le cd « hardangervidda » et le mini-cd « Hardangervida part 2 », qui ont été produit par Ildjarn lui-même. Ildjarn ainsi que Nidhogg rendent ici hommage aux montagnes Hardanger. Le processus d’élaboration de cette œuvre est relativement nouveau et inédit pour le duo puisque sa mise en place à nécessité pas moins de trois années. Cet hommage sincére et respectueux fut finalement achevé en 1997 et édité, bien évidemment, chez NLP en 2002. Distribué dans les premiers temps par Ildjarn, ce sera Northern Héritage qui reprendra le flambeau et qui promulgueras dans les limbes cette œuvre d’inspiration divine. Ces deux pièces maîtresses sont décrites par Ildjarn comme étant « une musique symphonique de paysages ,payant un tribu à la Nature norvégienne » chose clairement palpable, émotionnellement parlant, à l’écoute de cette pièce. Ainsi entièrement dédié au respect et à la contemplation de la nature, il faut pour l’honorer, le déguster lors de vos hautes errances au cœur de la majesté dominatrice d’un bon vieux pic du midi, lorsque le soleil se prépare à être rattrapé par la lune et, que l’oxygène commence à vous manquer. Cette release dégage un grand moment d’intensité, une révélation spirituelle. L’art noir et malsain qu’elle renferme vous pénètre de son aura mystique. Il s’agit là d’une quête qui vous happe profondément dans le désert givré norvégien entouré par les crêtes neigeuses et les vallées abondantes vues seulement par le pèlerin à la recherche de l’esprit du Nord. Pleinement composé de claviers, Ildjarn réutilise sa définition du « minimalisme », et donne cette fois un aspect plus professionnel, carré et soigné à la composition et, en conséquence, au rendu final des morceaux : qui sont, de toute évidence, cette fois, moins soumis aux aléas de la fougue créatrice et à la muse de l’improvisation.

Ces deux réalisations sont les deux dernières faites par Ildjarn, à ce jour. Mais, heureusement, l’arrivée de ces deux cd d’ambiant et du frivole « Son of the Norse Star », ont remis au goût du jour : Ildjarn, ce conteur  oublié.

Désormais beaucoup de ses anciennes prods de chez NLP, sont  à nouveau disponible à l’initiative du maître lui même. (de quelle meilleure preuve de dévotion à l’underground pouvait il témoigner?). J’entends déjà de gentils petits trous du cul tout justes bénis au foutre dans leur divin presbytère local scander  « qu’il faut bien croûter …» A ceux-ci je réponds, qu’il s’agit là d’une grande preuve d’intégrité morale, que de ne pas faire de compromis commerciaux, et de choisir ceux qui auront la joie de goûter au fruit défendu, noble élite à laquelle ils n’appartiennent bien évidemment pas.

Un évènement important en somme, scellé par la coalition formée  récemment entre Ildjarn et Le label finlandais Northern Héritage Records. De cette union impie, à vous rendre hystérique tout un couvent de nonnes, va naître une réédition de toutes les anciennes œuvres sacrées de la bête, des premières démos jusqu'à « Strengh and Anger », sous format vinyl bien sûr ; Il ne peut en être autrement au vu la politique droite et intégre de ce label siégeant à Lahti…En dépit du fait que l’édition de ces vinyles soit en quantité limitée, c’est une nouvelle chance pour l’auditeur dévoué de (re)découvrir ces albums cultes.  

En 2002 Northern Héritage édite ainsi et pour mettre les fanatiques en haleine « 1992-1995 », qui retrace toute cette époque où Ildjarn commença à douter de l’homme et a lui démontrer qu’il n’était à l’image et à la ressemblance de rien… sinon du néant.

Ce « florilège » fut compilé par Ildjarn lui-même, on retrouve quelques tracks jamais édité jusqu’alors, comme : L’ « Intro », « Inanimate », « Blackened Might », « Utsyn 6 »,ainsi que « Et Glimt » et « Krigere ». Le reste des tracks que comprend les 72 minutes et 10 secondes de cet album, peuvent se retrouver sur « Det Frysende Nordariket », « Ildjarn », « Forest Poetry » et « Strengh and Anger ». Les morceaux choisit sont issus des albums d’Ildjarn, grâce auxquels il a acquis sa notoriété. En dépit d’une absence intentionnelle de promotion publicitaire ; cette initiative brute et inaliénable n’a fait que conquérir un peu plus les cœurs de ceux ayant sus  rester purs.

L’Intro commence comme un doux rêve qui se finit en cauchemar, le cauchemar étant bien sûr l’arrivé du second track profond et méprisant envers la vermine humaine. Le huitième track « Inanimate » étonne par une profondeur chtonienne, mon ouïe, déjà usée pour cause d’écoutes ininterrompues, y décèle une forte dose de gain qui n’est pas désagréable, couplée bien sûr avec une sauvagerie écorchée vive digne d’un « roi pourceau », cela donne à ce track une aura des plus maléfiques et irritantes.

« Blackened Might » semble quant à lui plus festif, la structure musicale est un peu plus fouillée que d’habitude, mais le chant, pour sa part, aurait put être plus poussif. Passons, je digresse, et la haine commence a me poignarder le cœur car l’écoute de cette excellent track me donne, malgré ce léger détail, l’envie d’exulter une quelconque folie salvatrice sur une victime innocente que j’aurai préalablement levée dans une ruelle sombre et étroite….

Le dernier track « Krigere » finit l’ensemble de ce florilège avec un bon goût notoire, la rythmique mid-tempo  prolonge nos souffrances, et nous fait redescendre calmement dans les Abymes de la folie. Le problème c’est qu’on reste sur sa faim et, la rage au ventre l’on crache tel un urètre en putréfaction et l’on en redemande !  

L’heure du bilan continue avec cette seconde compile « Ildjarn-Nidhogg » distribué par Northern Heritage en 2003 et limité à 1000 exemplaires. Incluant le célèbre « Norse » Ep sublimement remasterisé, l’incontournable mini-cd « Svartfråd », plus quatre autres tracks jamais distribués.

Le premier assaut « Eksistensens Jeger » est magnifique ! Du grand Ildjarn  empreint d’une rythmique prenante qui vous transporte vers une mystique béatitude, le tout saupoudré de haine et de violence toute en saturation et en écorchement vocal. Le ton est lancé et, c’est avec plaisir que je constate que le reste de cet album est très homogène ce qui constitue un excellent chapitre pour permettre à ceux encore incultes d’avoir un aperçut, de ce que peut produire Ildjarn.  A noter que pour la première  fois on trouve les lyrics dans le livret, mais uniquement pour « Eksistensens Jeger », les voici car il est vrai que la chose est fort peu commune :

« Du er et trett rovdyr
På veien haltende

Flenger opp

Av reisen
Kamuflert som menneske
Tatovert av slit
En Eksistensens Jeger, krigsmalt
Av dirt usynlige oppdragg. »
 

Ce track parle du piège de l’existence, de ce prédateur fatigué, par le poids des ans, dans la déchirure, il achève son voyage, dans un dernier souffle invisible, loin des hommes, dans une terre parsemée de crevasses, ce piège de l’existence, à la fois martial et guerrier.

La symbolique de ce track pourrait très bien être une autobiographie de Vidar Vaaer, qui est la personnification même de l’ermite, un sage éclairé qui vit reclus dans une forêt sombre et ombragée, à l’abri du regard cupide des hommes. Fantastique !  

Toujours chez Northern Héritage Records, « Nocturnal Visions » sort en 2004. Ce mini-cd regroupe, une fois de plus, des enregistrements  fort anciens puisque réalisés entre 1991 et 1995. 

Les tracks Nocturnal visions I à III datent de février 1992, On retrouve une version remixée de Strenght an anger V baptisée pour l’occasion  Winter Recital ; Un autre Strength and Anger y est remixé mais de manière plus torturée, il s’agit du VII. Enfin « Closing Recital » ferme avec froideur et majesté ce chapitre ultime… Il est temps de méditer à présent…

Soulignons que dans cette quête de préservation du culte, 2004 marque également la réédition des anciennes prod d’Ildjarn sous  noble format tape disponibles sur le label polonais Blutreinheit Production. Afin que l’esprit d’Ildjarn puisse perdurer à jamais… Que l’on se souvienne…  

En conclusion générale, l’on peut ainsi affirmer que là où le Black Métal conventionnel visait une structure clairement définie, Ildjarn, retranscrit les codes habituels du genre, pour créer, grâce a son approche des plus simple, une sublimation digne des plus grand mystiques. Le sens de la musique d’Ildjarn est en pleine incertitude à chaque morceau. Que ce soit dans la fureur salvatrice d’un Strenght and Anger ou dans la contemplation mystique de Hardangervida, 

Le résultat est instantané, Vidar Vaaer à su créer et imposer un nouveau genre, sauvage, distant, impalpable, dans lequel un écosystème de détails sonores conspirent à engendrer une plus grande vision : Celle du VRAI Black Metal, dans sa forme la plus pure. 


Vidar Vaaer,

P.O. Box 37, 3833 Bø i Telemark,

Norway
http://www.ildjarndomain.com

 

 

Nilfheim