
Pour ceux qui souhaitent enrichir
leur culture, les Gurkhas partagent avec les dieux le royaume de la
montagne. Leur âpre et rude environnement conditionne leur existence,
modèle leurs corps et trempe leurs caractères.
Paysans, ils savent que pour survivre, il doivent fournir un effort quotidien, opiniâtre, surhumain parfois. Egaux devant la peine, ils usent des mêmes techniques, emploient les mêmes outils pour faire rendre à la terre de leur lopins, souvent avare de ses fruits le meilleur d’elle même. Ils fabriquent à peu prés tout ce dont ils ont besoins. Tout ce qu’ils mangent, il le produisent. Ils n’ont de craintes que dans la colère du ciel, d’espoir que dans sa mansuétude. Comme tout les paysans du monde, ils sont soumis aux rythmes immuables des saisons. En réalité ils n’en connaissent que deux : Celle du soleil, des moissons et des fêtes, et celle des pluies, des labours et de l’attente inquiète des récoltes à venir. Les redoutables mains des Gurkkhas sont courtes comme celles d’un enfant, mais assez puissantes pour faire du légendaire Kukri la plus meurtrière des armes blanches. Le Gurkhas n’est ni souple ni athlétique. Sans entraînement, il n’est pas un coureur véloce, mais à son allure, sa lourde charge sur le dos, il peut trottiner avec une endurance incroyable, des heures durant sur les parcours les plus accidentés. Insensible aux intempéries, qu’elles soient pluies battantes, touffeurs moites de la mousson, ou aigres vents de l’hivers, il est, disent ses compagnons d’armes, comme la jeep est tout terrain, un guerrier tout temps (all-weather warrior). Les Gurkkhas ont servis sous tous les fronts depuis 1815, allant même jusqu’à terrifier les SS en Normandie en 1945 en prononçant leur terrible cris de guerre « Aio Gurkkhas ! ». A leur apogée les Gurkkhas se comptaient par centaine de millier. A présent, les temps ont changé. En 1998, il ne restait que 2500 Gurkkhas actifs employés sur des opérations à risque telles que le Kosovo ou le Timor Oriental. Quoi qu’il en soit, le monde n’est pas prés d’oublier leur passage… Pour revenir à des sphères plus musicales, le groupe Gurkkhas fût formé par deux ex membres de DAB (pour Delayed Action Bomb) en 1999. Dans la même année, cette formation enregistre une démo tape laquelle est envoyée à plusieurs labels. Les attentes reçurent rapidement des réponses et c’est ainsi que l’album « Engraved In Blood And Souls » vit le jour dans le milieu de l’année 2000 sur Massacre records, label Allemand, et fût l’objet de très bonnes chroniques partout dans le monde.
« All Weather Warriors », l’intro, nous plonge subitement la nuit au beau milieu de la jungle et fait de nous les témoins d’une attaque commando des Gurkkhas sur un campement ennemi alors que d’inhospitalières pluies tropicales labourent la terre déjà boueuse, que gronde le tonnerre. Les Gurkkhas nettoient, derrière des salves de détonations. « Gurkkhas at war » est un titre qui décrit les émotions, les peurs, le comportement, mais aussi les visions de ces guerriers Népalais, qui ne trouvent de raisons d’être qu’au combat. Musicalement il commence très fort. Les cordes lancent l’assaut en mitraillant une décharge rigoureuse de riffs construits sur des palm-out super puissants entre-coupés de détonations rythmiques à la batterie digne d’un bon vieux M50. Les hurlements guerriers, sont impitoyables, et nous recrachent en pleine gueule toute la hargne de ce morceaux et de la symbolique qu’il exprime. « Diabolic Mission » retrace la violence à laquelle est confronté un tout jeune Gurkkhas lors de ses première mission au front, cela depuis sa jeunesse paysanne au Népal jusqu'à son engagement au sein des Gurkkhas. Là encore une rythmique à la guitare très puissante introduit ce morceau. Les palm out sont très efficaces, saccadés et technique, et sont accompagnés d’une batterie énorme, riche en rythmiques phénoménales, travaillées et surtout d’une bonne précision. Les variations gutturales du chant ne peuvent que trouer le cul tant sur ces bases il dégage puissance et images très expressives. Il m’est rarement arrivé d’entendre un chant d’une telle qualité !!!! Par « Blood And Hate »toute la violence et la boucherie de la guerre sont clairement décrits. Du point de vue des paroles, c’est sans doute l’un des morceaux les plus brutal de l’album. Chez les Gurkkhas ne sommeille aucunes pitié… Instrumentalement ce morceau est très saccadé, et là encore très technique. La gratte varie entre passages ultra speed et sans aucunes fioritures, et phases toutes aussi véloces, mais plus hachés et harsh du fait de la prédominance de palm-out entrecoupés d’harmoniques très bien placées de type Cannibal Corpse. Ce titre comporte énormément de break soutenu par une batterie très présente et massive. Les cordes vocales suivent avec génie les parties instrumentales et sont elles même très saccadées, tel un acte meurtrier au kukri. Décidément Gurkkhas domine, tue, haïe et puni tous ses assaillants. Une tuerie !!!! Même si « Atrocity » laisse présager une certaine violence au niveau des textes, les choses ne sont pas aussi simples, puisque ce track traite du paradoxe existant entre le calme et la sagesse du Bouddhisme des Gurkkhas et leur impitoyable et extrême violence au combat. Musicalement ce morceaux n’est pas très violent en lui même, mais il dégage énormément de robustesse. Les riffs sont assez modérés au niveau de la rapidité et de la brutalité, mais il est indéniable que la densité qui s’en dégage a été le fruit d’un travail d’écriture poussé. C’est plutôt la batterie avec une fusillade intensive à la double pédale et les cris de guerres que pousse le vocaliste qui lui profère une extrême violence, et qui pallie ce manque de bestialité épileptique. « Darkthrone » (titre clin d’œil au groupe de même nom) est pour sa part plus orienté vers l’occulte, et parle de l’affrontement entre les grands concepts que sont le « bien » et le « mal ». Pour le groupe ils ne font qu’un. Le floyd écrase complètement les tous premiers accords pour ensuite laisser place à un riff destructeur super rapide et très efficace, coupé de colossaux break de singlés. Ici, la gratte allie la finesse à la force, la puissance et la brutalité à l’harmonie si bien qu’en écoutant ce track, on peut aisément palper l’affrontement des deux concepts précités : Les passages ultra speed et brutaux symbolisant le « mal », et les passages un peu plus posés et mélodiques symbolisant quand à eux le « bien », et qui tour à tour s’affrontent. Les peaux résonnent de façon toute aussi impitoyable, et variée, car dans les moments de furie absolue elles bombarde les lignes ennemies à l’aide de la double, ou de blast-beats monstrueux, puis lorsque tous cela retombe elle les achève grâce à des rythmes un peu plus élémentaires mais là aussi très efficaces. Le chant, fidèle à lui même est très intense, il terrifie ses ennemis, un peu comme l’ont fait les Gurkkhas lors du débarquement. « Aio Gurkkhas ! » « Black Sun » parle de la remise en question d’un guerrier se retrouvant seul sur un chant de bataille autour de centaine de cadavres et, qui se demande pourquoi il combat, et tue. Ici le morceau commence par un arpége joué sur phaser, lequel fait rapidement fait place à un riff Death/Thrash terrassant énormément rythmé ; S’y mêle des sonorités aiguës assez étranges qui lui conférent un aspect des plus mystique. Parmi les neufs titres que composent cette galette, je pense pour ma part que la batterie y est plus variés, que les changements de rythmes y sont plus fréquents que sur les autres. Le chant lui est là encore agressif. « Crucified » relate une scène de torture classique ,mais est aussi comme dirait JF « un moyen de faire un gros FUCK à l’autre mongolien avec sa couronne d’épines sur la tête » L’on peut dire que « Crucified » est un morceau qui se rapproche de temps en temps énormément au thrash, mais il ne faut pas oublier que nous avons à faire à un groupe de Death Metal, ainsi, malgré ses sonorités très Thrashy, ce titre comporte lui aussi énormément de break en palm-out là encore à la Cannibal Corpse, quelques harmoniques très bien placé. La batterie, est monstrueuse, elle ne fait aucuns survivants avec ses nombreux matraquages , ses parties mid-tempo mais très massives et ses mitraillades à la double frénétiques. Les vocalises purulent de souffrance et de haine et elles torturent l’auditeur. Les Gurkkhas ne font aucuns prisonniers de guerre !!!! “The voice of the terrible one” est tiré d’une nouvelle du très fameux Lovecraft et est en quelque sorte un moyen de placer les faits d’armes des Gurkkhas que l’on pourrait qualifier de redoutablement efficaces et impitoyables tant ils sont brutaux, d’un point de vu plus spirituel, que furieux et non calculés. Le chant est très épuré, imposant, martial même, fait de nous des détenus, des mort en sursis. Les peaux alternent à une vitesse hallucinante hypnotisme linéaire de la double et concassage des blasts. Les cordes elles varient entre cassures de riffs, rapidité des rapidités syncopées et passages mid-tempo assez lourds. « The 12 Gurkkhas Commandements » symbolise tout le respect et le culte d’un code d’honneur, de vie et de mort que les commando Gurkkhas perpétuent au fil de leur existence, ces douze commandements sont les suivants :
Tout commence paisiblement, les cordes s’attaquent à des riffs très modérés et à des palm-out très massif et lourds qui annoncent la couleur de ce titre, un maelström de puissance fait de riffs concassés et temporisés ; Malgré tout ceci, ces parties instrumentales sont très véloces et expéditives dans leur accroche. Les paroles sont quand à elles très succinctes, et dés le début de « The 12 Gurkkhas Commandement » elles retentissent à la manière de hurlement de douleur pour ensuite se métamorphoser en hurlements quasi guerrier, voir même martiale. La batterie alterne là encore entre mitraillement intensifs et vitesse modérée, les rythme donc sont vigoureusement hétéroclites ce qui profère une fois de plus à la musique de Gurkkhas une très grande richesse. La seule conclusion qui s’impose à ce premier méfait : « Kaphar Hunu Bhanda Marnu Ramdo »
Certains ont qualifiés "A Life.Of Suffering " comme une vraie machine de guerre huilée sous le signe de l’efficacité, privilégiant puissance et grosse rythmique, ils n’avaient pas tort c'est « un Tank lancé a plein régime et chargé d'obus jusqu'a la gueule » !!!!!!! Cet album à acquis énormément de brutalité et de puissance face à son prédécesseur … Tout commence avec ”Born on a day of war”. Comme le présage ce titre, les naissances peuvent subvenir lors d’une guerre, évènement ou il devrait seulement, dans le pur concept de la guerre, n’y avoir que des morts, de la souffrance et de la violence. Durant les premières secondes , seule, la double pédale telle une rafale de pistolet mitrailleur balaye les positions ennemies et nous laisse penser que le combat va être dors et déjà impitoyable et meurtrier. Les seuls moment de répit que cette machine de guerre s’octroiera sera pour sa recharger en munitions et laisser refroidir son canon, mais l’on peut dorénavant affirmer qu’elle sera redoutablement efficace. Les parties guitares ne font aucune fioritures : Brutales, puissante et techniques, elles allient linéarité et cassage rythmique à la perfection. Le chant lui, contrairement à l’album précédent varie moins entre passage gutturaux et passage hurlés, mais ceci n’altère en rien sa puissance et son incroyable cruauté, car il me semble que le chant à énormément pris de coffre et de force. Expérience et évolution oblige… ”Tears of blood” reflète toute la souffrance ressentie face à ce que le combat peut engendrer chez l’individu. En ce qui concerne les cordes, elles sont là encore très variées ce qui fait la spécificité de cette formation. L’alternance de nombreux rifs en palm-out, les break, les harmoniques et les passages mid-tempo apportent une réelle richesse à ce morceau, qui je dois l’avouer procure chez moi un certain plaisir belliqueusement sadique. Le chant est expéditif, l’enchaînement des paroles et la façon de les placer est quasi militaire, il dégage de surcroît beaucoup de souffrance. Cette batterie d’artillerie qu’est la batterie libère elle aussi une grande puissance et, comme les cordes, elle est riche en rythmiques et très diversifiée. Une tuerie !!! S’ensuit ”A life of suffering”. Après le titre précédent narrant les sentiments inhérent à la guerre, ce morceau traite maintenant des souffrances qu’elle engendre. Les parties instrumentales commencent très fort tel un déluge d’une brutalité des plus extrême. En ce qui concerne la violence des cordes elle est entrecoupée de break et d’harmonique stridentes qui mutilent littéralement ses assaillants. Les parties mid tempo redonnent un peu de souffle à l’auditeur mais jamais pour très longtemps, ce qui profère à ce titre une puissance colossale et une grande agressivité. Le chant est très épuré, spartiate, à une vitesse un peu moins rapide que précédemment mais avec toujours autant d’hostilité. La rapidité des battement des peaux reste constante et pourraient facilement être comparée aux claquement de balles d’un fusil mitrailleur. “Kukri” Du même nom que la fameuse arme des Gurkkhas. C’est le seul titre de l’album comportant un sample. La force et la puissance des cordes est ici à son apogée, elles sont aiguisées tel un Kukri prêt à mettre hors d’atteinte ses ennemies . Ces riffs sont d’une efficacité meurtrière. Les hurlements guerriers retentissent tel un cri de guerre, ils sont tantôt brefs et sans aucune pitié, tantôt prolongé gutturaux et caverneux. La batterie profère à la musique une puissance, une rapidité phénoménale. « The day of battle” retranscrit bien les parties instrumentales qui la constitue : brutale et guerrière. Pour ma part, ce titre est lui aussi un des plus violent. Les riffs sont monstrueux, l’alternance entre palm-out grave et speed peeking aigu renforce cette affirmation. Un assaut sans pitié !!! Les toms sonnent tels une batterie lourde en action, cela lui attribut une grande puissance et rapidité, les rythmes sont lourd mais diligent, et se font en masse. Pour ce qui est de la double pédale, elle est toujours aussi destructrice et exterminatrice. Le vokills sont gutturaux à souhait, cruels, fermes et empli de ressentiment et d’hostilité. “Legacy” ne tarde pas à surgir d’une tranchée oubliée accidentée. Contrairement aux autres titres qui commencent de manière expéditive, ce morceau lui lance l’assaut d’une façon assez posée à l’aide de parties guitare très cassées, saccadées, mais ceci ne tarde pas à se transformer en une averse de riffs beaucoup plus violent et rapide. Du très bon Gurkkhas en perspective !!! De plus la technique guitaristique est au rendez-vous et, les changements de riffs sont efficaces et se font profusément. Un régal !!! La batterie tient énormément de place dans la musique de ce track car elle lui apporte une puissance phénoménale net vigoureuse. Les coups de cymbales qui suivent la double pédale me font penser aux bruit de douilles claquant contre le sol. Il est inutile de répéter que les rythmes sont riches et diversifiés. Les vox sont sur ce titre très présent, impitoyables, expéditifs et cruel. Le chant est une tuerie et, d’une rare intensité ! “If I should die” est coulé dans le même moule de brutalité spartiate et ravageuse, c’est un carnage de férocité et de puissance !!!arrrrg. Ce titre est un hymne à la haine et à l’homicide. La gratte ne laisse aucun répit à l’auditeur et lui meurtrit littéralement les tympans !!! Pour ma part c’est un des tracks que j’apprécie le plus et je ne peut que ressentir de l’admiration face a un tel chef d’œuvre… Le chant est copieusement alerte, herculéen, résistant et d’un force guerrière à tout épreuve. Je pense qu’il est inutile de parler de la batterie au risque de me répéter une fois de plus, car elle reste fidèle à la hauteur de sa réputation. “Chronicles of chaos” clôt cette galette avec génie. En effet comme à l’accoutumé les parties instrumentales s’enchaînent avec pertinence et hétérogénéité à grand renfort de riffs et de touchers divers tous plus taillés dans la masse les uns que les autres. Cette alliance de plans apporte là encore énormément de virilité au morceau, même si au final l’on peut dire que c’est un des morceaux les plus lent du cd. La batterie est constante tantôt rapide tantôt plus oblongue, elle est une fois de plus l’échafaudage, le squelette, le pilier de la musique de Gurkkhas. Pour finir les vox sont barbares et très agressif avec un certain coté presque dépressif. La structure du chant n’est pas tout a fait la même que sur les autres musiques, elle est terriblement oppressante, tout en sachant rester riche et assassine. Pour clore cette époustouflante galette, l’utilisation de quelque chose de totalement novateur dans la musique de Gurkkhas se fait percevoir, celui d’un monologue guttural du plus bel effet. En conclusion voici encore une putrain de tuerie qui démontre que le DM peut ne rien avoir de particulier à envier à la scène US. En 2003 cette formation de Death Metal belliqueuses et dévastatrice nous avait fait part d’une nouvelle des plus attristante, l’un des plus grand pilier du Death Français, Gurkkhas, allait s’éteindre laissant bon nombre de maniaques dans l’amertume et l’acrimonie la plus totale. Puis début 2004 une nouvelle retentit des abysses, celle de la reformations de Gurkkhas, branle bas de combat chez tout les volontaires, est enfin revenu le temps de monter au front et de tomber sur le champ d’honneur ! Contact :
Verrukose-Urethra |