Le projet qu’est Graven et, dont voici le premier et unique album n’est pas tombé de la dernière pluie acide. Ce blasphème incarné, que je considère personnellement comme déjà cultissime à largement eu le temps de mûrir dans l’esprit possédé et pervertit par la haine de Vargsang, son principal maître d’œuvre, lequel est loin d’être une arriviste sur la scène.

Bien avant de s’affirmer définitivement sous cette appellation, la bête teutonique a fait ses premières armes sous le nom de Totenreich ; Première véritable matérialisation terrestre des convictions fortes de Vargsang, qui a enfantée deux démos, à savoir « Requiem  Aeternam » en 1990 suivie huit ans plus tard de  « Pestrüm ».

Suite à cela, un certain Vronth, compatriote de Vargsang exhumé de groupe Nocti Vagus, rejoint Totenreich pour y utiliser ses baguettes à meilleur escient.

En 2003, Totenreich devient Graven suite aux diverses et éternelles raisons d’éthique et de polémique qui gangrènent notre scène de part en part depuis ses fondements et qui persisteront dans leur pourriture contagieuse probablement jusqu’à la fin des temps.

La même année, le duo vomit à la face du monde la première démo de Graven intitulée « Of Misanthropic Spirit ». Dans le même temps, Undercover Records produit ce « Perished And Forgotten » originellement capturé en novembre 2001.

Le voile de mystère planant sur cette entité étant à mon goût suffisamment écarté, il est désormais temps d’en venir à la raison d’être de cette chronique :

Cette galette débute sur un prologue intitulé « Whispering Fields ». La pression monte lentement mais inexorablement de part une succession d’accords fermes et arpégés tout en saturations auxquels se mêlent des samples et sons qui expriment à la perfection le goût profond qu’entretient Vargsang à l’égard des ambiances hivernales et des êtres nobles que sont les loups (ceux qui possèdent « Call Of The Night Wolves » du second projet de Vargsang, tout simplement appelé Vargsang, comprendront ce que je veux dire…)

Puis, après quelques une minute trente de conditionnement autant physique que psychologique, c’est l’explosion ultime vers ce qui fait indéniablement partie de ma playlist de l’année 2003 !!! Cela jusqu’à l’outro qui reprend le thème de départ.

Graven n’est pas le genre de groupe à pratiquer un style qui lui permettra de s’illustrer dans metallian aux cotés de daubes telles que Sinergy, Division Alpha ou autres Edenbridge !!!!! Au contraire, les huit tracks grouillants dans cette rondelle nous imposent un retour vers l’extrémisme originel, vers un primitivisme enfoui et refoulé en ces sombres ages par la prostitution culturelle et musicale actuelle.

Tout semble ici forgé avec sagesse dans les glaces éternelles les plus pures et immaculées et, l’art immortel qui en découle semble s’ériger dans son relief imposant comme une foultitude de stalactites acérées et prêtes à vous perforer en tout instant.

Cet alliage si particulier et caractéristique que l’on ne retrouve nulle part ailleurs que dans le vrai BM, entre violence crue et primitive et, déclinaisons nostalgiques et augustes est finement distillée ; Cela de part l’entrechoquement frénétique de dénué de toute vie des vokills déchirants et plaintifs et de riffs glaciaux de Vragsang et, de la batterie spatiale, froide et cristalline de Vronth. Ces deux maniaques étaient résolument faits pour créer ensemble et, je pense qu’un track tel que « Of Misanthropic Spirit » résume à lui seul cela.

Le spectre de l’influence scandinave est évidemment et, comme bien souvent de nos jours, bien présent mais, il serait infamie de prétendre que Graven est fondé sur un vulgaire plagiat tant l’aura qu’il dégage, sans prôner pour autant une quelconque originalité, est puissant et imposant.

De plus, le duo ne serait pas Allemand s’il ne se laissait pas aller à l’expression de quelques influences antiques plus thrashy ou Old Death Metal ; Le fantastique mid qui surgit à la deuxième minute de « Raven’s Call Of Death » est entre autres un exemple évocateur de cela.

La nationalité du groupe n’est pas non plus étrangère à sa thématique prédominante puisqu’il s’agit là selon les principaux intéressés de « Great Misathropic Art ».

Que dire de plus en conclusion si ce n’est sombrer dans la passion pour vanter inlassablement les mérites de cet excellent album !!!! L’on ne peut que déplorer le départ de Vragsang car, le pire était certainement à venir.

Contact :
www.undercover-records.de

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