
De cette union naissent plusieurs démos dont les noms m’ont échappés et, certains titres tels que « Par Delà Le Bien Et Le Mal » ou « Veni Vidi Vici » apparaissent par la suite sur différentes compilations telles que Innate, Waging The War via Sepulchral Records ou encore « The Return Of Darkness And Hate » chez Drakkar. Après les traditionnels changements de line up auxquels peu de groupes ont le privilège d’échapper, Garwall enregistre un mini-Cd intitulé « Abyssus Abyssum Invocat » en février 2002 avec la collaboration d’Adipocére Records. Dans cette update de janvier 2004, j’ai déjà eu l’occasion de me prononcer sur le cas de Balrog dont le seul et unique membre du même nom est également guitariste chanteur de Grawall et, je dois dire que l’album qu’est « Kill Yourself » m’a laissé quelque peu dubitatif. Non pas que le contenu de cette galette soit mauvais. Le Black Metal brutal, froid et haineux de Balrog est efficace, bien ficelé et intéressant, mais tout simplement un peu trop classique à mon goût. De son coté, Garwall dévoile ici une conception du Black Metal beaucoup plus personnelle et originale, moins standard et où d’éventuelles influences apparaissent comme beaucoup moins évidentes. Le quatuor ne s’embourbe pas pour autant dans la prostitution superficielle et, toute son aura réside dans le fait qu’il met au service de sa violence intérieure une grande maîtrise technique. L’art de Garwall dévoilé dans ces quatre tracks est incontestablement brutal, la trame est de traditions sinon il ne pourrait s’agir de Black Metal. Cependant, aux riffs tranchants épileptiques et acérés, à l’extrême rigueur des beats qui, dans les phases blastées pourraient aisément détrôner tout batteur de Grind qui se respecte, et, aux vokills qui alternent avec rudesse et efficacité tonalités Black et Death, viennent massivement s’ajouter de très nombreux breaks emplis de multiples touchers et feelings et, un travail de tout instant des leads guitares. Sur cette dernière caractéristique, il faut bien admettre que même si j’ai nettement trouvé que Christophe Cervo en faisait beaucoup trop on stage, celui ci est loin d’être un manchot branleur de manches. Le flot de solos et de mélodies qu’il dégage semble ne connaître aucunes limites et, leur fusion avec le restant de l’instrumentation très progressive et riche procure sans le moindre problème à l’auditeur un large panorama de sentiments et images. Cela va de la haine pure à la nostalgie, en passant par le désespoir ou une rage conquérante très épique et heavy metal. Cette réunion instrumentale offre un ensemble dense, tortueux qui sait tirer son épingle du jeu avec personnalité au milieu d’une scène où beaucoup trop de groupes ont trop tendance à se ressembler sans grande saveur. Le concept général bien que résolument sombre, virulent et blasphématoire semble suivre cette ligne directrice. En conclusion, « Abyssus Abyssum Invocat » est un bon mini-Cd qui, même s’il rompt un peu avec mes habitudes d’écoutes raw, minimalistes, totalement underground et craspec, est plutôt revigorant et stimulant. Attendons la suite des événements en espérant que la signature avec Holy Records ne soit pas un frein à la déferlante…
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