
« Les
« Fractals », comme on les appelle communément,
sont un concept mathématique qui décrit une même
structure revenant sans cesse mais à des échelles différentes.
Le point servant à indiquer une coordonnée à
un endroit précis, il situe le groupe, dans sa philosophie,
par rapport aux différentes échelles et structures que
l’on rencontre dans le Cosmos. Pouvant aussi être un moyen d’expression
dimensionnelle au même titre que les coordonnées cartésiennes,
le point fractal indique, dans le concept du groupe, une échelle
que seule la musique peut réussir à exprimer.. »
Fondé en novembre 1999 par Guilherme et Julien, Fractal Point nait de l’alliance de deux ferveurs, la musique et la physique. Ceci s’expliquant par le fait que durant cette période, Guilherme était étudiant à la faculté de physique à Genève. Avec l’aide d’un de son ami de longue date, ils décident de former un groupe dans lequel ils vont pouvoir s’exprimer et ceci en s’inspirant de leurs différentes influences dans le Metal. Ils se mettent d’accord sur le fait qu’ils feront une musique « mélodique », mettant en avant les différentes facettes de chaque musicien. Dans le but de construire quelque chose de cohérent, un fil conducteur et un concept sont mis en place : Le Cosmos et l’Univers. Se basant sur les connaissances actuelles de l’homme en matière d’astrophysique, d’une bonne dose de métaphysique et de plusieurs années d’études de musique, Guilherme se met alors à composer et à écrire.. Ils passent l’année 2000 à mettre en place les dix premiers morceaux tout en essayant divers autres musiciens. C’est au début du mois de janvier 2001 que les choses se fixent a savoir que Carlo à la basse, André aux vokills et Olivier à la guitare intègrent le groupe afin de compléter le line-up. Après plusieurs concerts pendant l’année 2001, ils enregistrent en avril 2002 un opus de cinq titres « Analysis Of Dimensions » (Produit en partie par l’association PTR), afin de promouvoir leur musique. Celui-ci reçoit d’excellentes critiques dans les zines et l’accueil qu’ils reçoivent du public est plus que prometteur. Au début de l’automne de la même année, André et Olivier quittent Fractal Point en raison de leurs diverses activités extérieures. Ils sont alors remplacés par Antoine et Laurent, ce qui permet au groupe d’enregistrer de nouveaux morceaux pour une démo qui va leur permettre de signer sur l’excellent label français « Dead Sun Records ». Presque un an plus tard, en mars 2004, ils retournent en studio afin de sortir leur premier album, « The Bizarre Machinery Of Universe »… Le style dans lequel officie ce quintette suisse est une mixtion d’un Death ardent, précis et diligent, somptueusement agencée d’une vélocité mélodique toute particulière. Encore une fois, je suis heureux de m’apercevoir que le Death Metal accueil encore en ses rangs des formations aussi toniques et intéressantes que Fractal Point !!! « The Birarre Machinery Of Universes » évolue philosophiquement et thématiquement dans un « univers » qui n’a en ce jour et, à ma connaissance, était sondé que par la fameuse, excellente et cultissime division de Pete Helmkamp, Order From Chaos dans « An Ending In Fire ». En effet, il suffit simplement de jeter un œil sur les lyrics pour s’apercevoir que cet opus est une véritable encyclopédie scientifique en lui-même, ce qui change des perpétuelles nécrobies et purulences en tout genre que le mouvement a pour habitude de chérir amoureusement et avec pathologie. Les sujets ici récurrents traitent des circonstances dans lesquelles le monde fut crée, de la théorie du chaos et bien évidemment du cosmos et de l’espace et, de fait, on pourra donc sans trop de difficulté affirmer que le concept de Fractal Point est axé autour du cosmos et l’espace. La fragrance et la teneur instrumentale de Fractal Point est un peu comme « l'ensemble de Mandelbrot », infini et unique, il faudrait une infinité d’informations pour répertorier les différentes facettes qu’elles contiennent !! Crée par Julien Riesen, l’art work et le lay-out, symbolisent très bien la thématique dans laquelle cette formation évolue, à savoir qu’il met en scène, et ceci tout en mouvement, le cosmos et ses mystérieux et inéluctables mouvements.. Un paysage ou se confronte avec une dureté et une certaine froideur la destruction et la création… L’instrumentation quant à elle, ne peut que me conforter lors de l’audition de cet astre incandescent tant elle ne déroge en rien avec le concept tant mystérieux et si fort que j’ai pu soulever lors de la lecture des lyrics et de l’appréciation du design de ce dernier !!!! Les parties guitares enfantées par Guilherme et Laurent ont toutes deux l’efficacité destructive d’une super-nova en stade terminal de contact. Effectivement, elles laminent puis anéantissent avec force et prestance tout ce qu’elles rencontrent sur leurs passages. Cela via un jeu « pluridimensionnel » fortement syncopé, basé sur une épilepsie en triolet et, relayé par de puissants speed-pickings linéaires, mariant les graves aux aigus, de grosse rythmiques lourdes et brutales, parfois en palm-out, le tout entrecoupé de quelques petits passages en hammer et pull off à la sauce DM US ou par quelques monumentaux et très ferme breaks. Notons que malgré ces dites démences et fureurs précédemment citées et, pour faire retomber un peu la pression, l’auditeur se heurtera dans la progression de l’œuvre à « Cosmic Field », une instrumentale transpirant d’une incontestable nostalgie des plus déroutante, associant un intemporel arpége acoustique à de quelques lentes parties saturées tirant leur quintessence dans les aigus. A l’image de moult menues naissances d'étoiles, les solos et nombreux tapping sont aussi éphémères qu’abondants. Leurs intervention sont néanmoins complexes, brillantes, subtiles et contribuent à souder parfaitement le reste des parties instrumentales entre elles tout en leur proférant une saveur toute singulière. La basse quant à elle accompagne avec précision et rigueur les guitares tout en leur exhalant une puissante des plus astrale et cosmique. Tantôt par nappes, tantôt omniprésente, son timbre, son jeu est assez groovy lorsqu’elle ne suit pas les bases rythmiques des guitares mais, ceci, dans une certaine mesure. La batterie, tel le souffle du Big Bang ne fait aucunes concessions et blaste violemment, puissamment et rapidement, toutefois, avec énormément de subtilité en cassant souvent et ingénieusement les rythmes pour laisser place à des roulements techniques mais cependant ardents et dominateurs. Enfin, les vociférations gutturales de Antoine quasi jupitériennes, engouffrent l’auditeur avec férocité, brutalité et agressivité à la manière d’un gigantesque trou noir, dans les fins fonds sombres et incommodants du système solaire le plus lointain. Ses performances sont absolument majestueuses et il enchaîne des phrasés calculés et très bien placés avec efficacité !! Pour conclure sur cette œuvre, j’invite les personnes désireuses de percevoir en un Death technique puissant, méthodique, d’une brutalité calculée et teinté de mélodies non clichesques, autre chose qu’une brutalité minimaliste nécrosée, mais plutôt un aspect encore relativement méconnu et inexploité de la scène DM tant concernant sa substantifique moelle philosophique que son engouement pour la mise en avant des instruments. Support !!! Contact : Dead Sun Records www.deadsunrecords.com Verrukose Urethra |