Eternal Majesty est né en 1995, tout d’abord sous le nom de Enchantress Moon, sous forme de quatuor composé de Martyr (membre d’Atrox) à la guitare, Thorgon à la batterie, Sagoth à la basse (ex Antaeus, ex Ancestral Fog, Reverence & Aosoth) et Navint Alfius aux vocaux. Le groupe a gardé sa formation d'origine depuis sa création. Une première démo intitulée « Dark Empire » sort en septembre 1997 chez Spikekult. S’ensuit en décembre 1998 un Split tape avec Antaeus chez DMM Prod, strictement limité à 666 exemplaires et bien évidemment aujourd’hui sold out.

En 2000 voit le jour chez Chanteloup création une live tape du concert donné au Club Dunois en 1999, célébrant pour l’occasion les cinq ans d’existence et d’activité du groupe

Entre avril et mai 1999 sont enregistré des tracks pour le Split CD « None Shall Escape The Wrath » coproduit par SPK, Dae Mortis et Black Procession, tiré à trois cent copies et, partagé entre feu Judas Iscariot, Krieg et Macabre Omen, lequel embrasera l’underground dés septembre 2000.

En décembre de la même année, Eternal Majesty achève la capture de trois nouveaux titres destinés à un Split LP avec l’excellent Temple Of Baal qui sera produit par l’incontournable End All Life Prod ; Ainsi que « The Way Of Eternal Damnation », morceau inédit qui figurera sur le « SPK Kommando » Split EP aux cotés d’Antaeus, Deviant & Hell Militia. 

Finalement, début octobre 2002, la horde enregistre enfin son premier album sortit en version CD chez Battlesk’rs et, en version LP limitée à cinq cent exemplaires chez Akedia & Oh My Gore.

Ce « From War To Darkness… » est, outre l’écoute de quelques compilations passées, mon premier réel contact avec Eternal Majesty.

Well…. De prime abord, outrepassant rapidement la brève, de circonstances, mais aujourd’hui désespérément prévisible intro, la substance vomie par le quatuor  semble s’imposer quasi instantanément comme un énième témoignage de l’identité quelque peu aseptisée de la scène parisienne : Un brutal Black vigoureux, décuplé par une production, un son d’ensemble, des plus massif, soigné et très assaini, distillant via un impressionnant concassage de riffs monolithiques et de leads acérés transpirant d‘hystérie; Un submergeant martelage rythmique fendant l’air à l’image d’une bonne centaine de missiles sol-air s’en allant ravager je ne sais quel pont aérien humanitaire ; Et, un organe vocal vomissant haine, noirceur et aversion avec une ampleur écrasante et maîtrisée, un élixir galvanisant ne laissant aucun répit à l’auditorat. Certes, la qualité est au rendez vous, l’on sent les convictions, mais, les prémices de cette rondelle suintent d’un léger arrière goût de déjà vu en matière d’Art Noir d’obédience satanique à fortiori enfanté dans le, bien souvent très autosuffisant, creuset de notre capitale….

Néanmoins, en l’envol de l’épilogue de « The Warlord », second réel track de l’œuvre, les choses prennent une tournure relativement inattendue et surprenante offrant soudainement quelque chose de plus à cet album, un surcroît d’intérêt différenciant nettement Eternal Majesty de nombre de ses homologues. La pièce d’artillerie se fait bien moins épileptique que lors de la course aux armements des premier instant, balayant toujours les lignes ennemies à tirs nourris mais, de façon plus lourde et inquisitoire permettant aux riffs, appuyés par l’essor très profond et présent de la basse, de voguer vers des sphères plus ataviques, aux consonances parfois très médiévales, pour ne pas dire païennes si le terme n’était pas un peu exagéré. Cette montée en puissance auguste, parfois des plus nostalgique dans ses consonances, se confirme incontestablement de part l’avènement du très alambiqué track suivant qu’est « Le Christ Roi », chapitre gorgé d’arpéges d’autres âges, de mélodies fédératrices, de déclinaisons solennelles, de rythmes quasi martiaux… et ne quittera plus le groupe jusqu’à l’outro.

Ce sentiment va même s’exacerber et franchir un palier supérieur dans la noblesse passé les quatre premiers titres, à leur image musicale, dédiés lyriquement à la guerre, lorsque les prémices du judicieusement intitulé « Frost » fait pénétrer à l’auditoire les tréfonds de la « Side Darkness ». La virulence propre au groupe demeure mais semble plus empreint d’un hypnotisme presque dépressif en la forme où, après la bataille, plane sur les ravages fumants l’ombre de la grande faucheuse, toujours de façon très épique.

A noter pour terminer une importante utilisation de la langue de Molière dans les lyriks ce qui, je ne le dirais jamais assez mérite le respect et tout les honneurs.

En somme, l’intérêt de ce « From War To Darkness » réside dans le degré d’écoute lui étant octroyé et, pour ma part, c’est un réel plaisir de découvrir cet album, que dis-je, ce périple, qui en plus d’être brillamment exécuté, parvient de façon exemplaire et, avec personnalité à se détacher du conformisme parfois très clichesque et inutile de bien des groupes de la scène parisienne.

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Sperm. S.