Là
où bon nombre de précieuses immaculées, plus proches du scout pétainiste
nourrit au régime branlette, lait fraise, fadaises dominicales &
cie que du metalleux alcoolique, blasphématoire et bouffeur de culs,
éviteront cet article comme la peste bubonique incarnée, les
esprits les plus décalqués, en revanche, sentiront leurs chibres tressaillir
à la simple vue du nom de ce projet qui, fondé en 1996 sous l’impulsion
d’un Toxic Harmst [vokills / guitares / basse / programmation] que
l’on ne présente plus, étant également actif dans les affres de la
loge Arkhon Infaustus, et, d’un certain Vulgr [guitares], enfantera
dans le stupre la démo « Pacta Daemoniarum » en 1999, un
split avec Battlehorns en 2000 et, une ultime démo intitulée « Crasse »
en 2001 avant d’en venir à cette première hérésie d’envergure deux
ans plus tard.
Entre
les groupes prétendument aussi cultes qu’insanes mais, tout simplement
incapables d’assumer leurs réputations sur scène et, la foultitude
émergeante d’embryons de projets si formatés, si semblables car totalement
asservis à une certaine et tenace identité, qu’ils sont généralement
voués à la fausse couche, j’ai depuis longtemps appris à me méfier
des groupes / projets et pseudos artistes aussi pédant et opportunistes
que suffisants et vénaux, affiliés à la scène parisienne… Trop dubitatif,
sceptique et suspicieux, donc, je passerais à coté de la sortie de
ce « Lubie Satanique Dépravée » pour au final, après avoir
glané ça et là moult menus commentaires aussi alléchants que menaçants,
me laisser aguicher, quelques mois plus tard, par une providentielle
seconde main.
De
prime abord, voici un double Lp, estampille End All Life oblige, semblant
désireux, en un artwork mêlant paradis artificiels et visions d’un
führer ulcéré, slogans d’une débauche injurieuse et dégénérescences
pétainistes aiguës, dévotion satanique primitive et fanatisme islamique
aveugle… de quitter les sentiers battus d’une subversion devenue galvaudée
pour palper le mal en ce qu’il a de plus absolu et apatride… Premier
constat louable et des meilleures augures sur lequel je ne saurais
néanmoins m’arrêter, trop d’entités misant aujourd’hui sur l’esthétique
et l’exercice de style idéologique, voire la provocation infondée,
au détriment de leurs essences soniques pourtant d’égales et complémentaires
valeurs.
La galette, par conséquent mise en branle, divulgue un palabre introductif
laconique mais original qui, comme diluée dans l’acide ascorbique,
aurait put être le fruit de l’esprit décharné d’un J.J. Allin
qui, entre une partouze séropositive et un set scato des Murder Junkies,
se serait adonné aux joies de l’harmonium…. Et, pour le reste,
je le concède mille et une fois, la substantifique moelle de Diapsiquir
ne tarda pas à faire taire ma langue de pute, à noyer mes inquiétudes
d’avoir affaire à un énième ersatz de l’inégalable Arkhon Infaustus,
pour injecter en mon esprit un vertige anticonformiste et insoumis
que je n’avais pas ressentit depuis le fantastique « Login :
Satan » de Blacklodge.
Plus tourmenté que des prières lacrymales en chambre à gaz, plus chaotique
qu’une procession sur un chemin de croix pavé de claymores,
plus complexe, imprévisible que les préliminaires d’un gang bang de
schizophrènes, le duo Toxic H, Vulgr dégueule ici un cloaque de riffs
paraissant copuler à la charnière de tout ce que le Metal a connut
de plus extrême, entre décharges infernales et répugnantes typiques
à un Black Metal des plus animal et incontrôlé ; Pulvérisations
insolentes et névrotiques propre au Thrash le plus éthylique et hargneux ;
Dépressurisations arpégées, dissonantes, s’abandonnant, dans leur
perpétuelle déstructuration, vers les sphères métalloïdes les plus
suicidaire et manipulatrices, à mille lieu de bien des merdes doom-esques
aussi antalgiques que pédérastique ; Pachydermies asphyxiantes,
écrasantes témoignant de servitudes Death Metal on ne peut plus tenaces ;
Relances parfois très proche du Heavy le plus accrocheur et burné…
Un miasme de lead-guitars déployant des flux méphitiques de
mélodies & solos aussi désespérés que les errances d’un dément
qui, évadé, sous une lune gibbeuse, de son centre de désintox, tenterait
de trouver un malheureux gramme de substance salvatrice dans un bourg
creusois, plus perçants que l’aiguille d’une pompe chargée ras la
gueule et guettant un abcès fielleux, aussi épileptiques que je ne
sais quelle overdose d’héroïne coupée à la nitroglycérine…
A
cette image atrocement alambiquée, la section rythmique, programmée
et donc par définition d’une insondable et glaciale inhumanité, en
une aussi foutrique qu’intense volonté de relief, ne cesse, avec plus
de rapidité qu’il n’en faudrait à un prédateur sexuel pour transcender
ses chaudes caresses au stade de lacérations froides et assassines,
d’altérer, désagréger et reconstruire sa frappe, ne faisant qu’accentuer
une volonté déjà palpable de faire lâcher prise au cercle auditoire,
d’autant que la traditionnelle artillerie métallurgique se laisse
parfois dominer par des transes flirtant dangereusement avec l’indus
le plus glacial…
Exemple probablement le plus flagrant du concentré très personnel
de ce « L.S.D. », les vocaux de Toxic Harmst rebuteront
pour sûr les esprits les plus traditionalistes, défiant et conchiant
outrageusement le standard du genre en un timbre très rauque et instable,
usant et abusant d’effets de distorsions divers… Là où bon nombre
se formatent à un travail vocal policé, dénué de toute prise de risque
et audace, si soigné qu’il en devient sans saveur, Diapsiquir privilégie
la folie au sens le plus impulsif du terme en ne se parant d’aucuns
artifices ; Folie dans la fièvre de laquelle l’on devine des
lyrics scandés en français car souvent très audibles, notamment sur
le très particulier, voire répulsif « Torture Aposida »
concluant cette double rondelle ; Track ultime aux allures de
montée narcotique sur fond de bande son sybaritique façon guinguette
en pandémonium, porté par un électrocardiogramme succombant et une
fréquence rythmique dégénérant peu à peu au blast-beat matraqué….
Ajoutez à cela l’adjonction de divers samples issus du septième
art [« Leon », « Requiem For A Dream »…], de nombre
d’effets sonores divers, de claviers hallucinés et, vous serez encore
peu à même d’imaginer le traitement que réserve ce glaviot acide à
vos encéphales ; Glaire ne s’écoutant pas mais se subissant.
For
Brain Damaged People Only !
No
Fukking Contact !
Sperm.
S.
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