En tant que sixième Blitz bâtit à même les aciéries de Wolftower Recs, ce tant attendu Split Cd sortit en 2003 fit perler le foutre de nombre d’adeptes de Raw Black radical et, politiquement incorrect.

A la hauteur des engagements et convictions inflexibles des deux groupes ici réunis, ce « Polish-Hellenic Alliance Against Z.O.G. » se veut, sans ambiguïté, incarner le reflet d’une substance subversive se revendiquant, à l’inverse des tendances actuelles, être bien plus que de la simple musique.

L’assaut est donné par Capricornus, entité ayant prit corps en 1995 sous l’impulsion de l’ancien batteur de Graveland, aux compétences plus que discutables en la matière au demeurant, également maître d’œuvre du fantastique Thor’s Hammer qu’il n’y a plus réellement besoin de présenter. Après la mythique démo « Kein Blut Soll Verunreinigt Werden » vomie en 1995 et chroniquée en nos pages, le Split avec Aryan Blood en 1999, les Ep’s « Brennendes Jerusalem » & « Stahlgewitter » parus la même année, la bête de Wroclaw est de retour pour nous dévoiler, toujours aussi solennelle et fière, quatre nouvelles, et solidement forgées, odes à l’honneur le plus inflexible, à la résistance sanguinaire et acharnée sous la bannière de la roue solaire et de son héritage ressuscité contre l’ennemi monothéiste.

Elixirs spartiates et inquisiteurs, quintessence vengeresse et avide, l’on retrouve en ces quatre sacrifices belliqueux  l’artisanat très brut et profond ayant fait toute la noblesse des releases précédentes.

En un élan des plus atavique, Herr Capricornus offre ici au sein de structures certes très minimalistes et sommaires,  mais intrinsèquement efficaces et directes, et via une production dégueulante de gaz moutarde un imposant déchaînement de riffs meurtrièrement hautains et totalitaires explorant tour à tour, au grés du contexte lyrique, et avec néanmoins une étrange relief, préambules et breaks syncopés débordants d’un feeling très martial, envolées empreintes d’émotions purement épiques, explosions tranchantes où haine et cruauté sont les maîtres mots et, lourdes rechutes impérieuses, revigorantes et fédératrices ;  Autant de tyranniques pulsions, retranscrites de façon fort enivrante et contagieusement fédératrices qui, de temps à autres agrémentées de l’aura glaciale de claviers abruptes, de la virulence cristalline d’une seconde guitare ou, de divers samples, ne sont pas sans inspirer tout le mysticisme, le fanatisme des plus grands portes flambeaux du Black Metal Slave.

Bien évidemment, la boite à rythme vient apporter de solides fondations à ce témoignage insurrectionnel en ce que, programmée judicieusement à cette lancinante image, elle sollicite essentiellement les mids tempos et les lourdeurs vigoureuses où double pédale hypnotique, contretemps parfois très « tribaux » et roulement de caisse solennels trônent en maîtres. Une marche, assurée et vouée à la victoire du tumulte de laquelle s’élève la voix de Capricornus, plus rauque et sentencieuse que jamais tirant parfois, de part certaines intonations très grasses mais agressives, vers des horizons très R.A.C.

Le temps de laisser l’instrumentale « Fenrir Unleashed »  scander un dernier appel aux armes et, Der Stürmer, à la façon d’un débourrage de Mg42 en pleine tronche, se jette à son tour dans le théâtre d’une hécatombe déjà copieusement entamée.

J’ai déjà eu l’occasion dans le passé de me pencher « Europa Erwache ! », première démo parue en 1999. Depuis et jusqu’à ce Split ont vus le jour, outre quelques participations à diverses compilations, la démo « Siegtruppen » en 2000, suivie en 2001 par l’album « The Blood Calls For W.A.R. » et, du Ep « Iron Will And Discipline » l’année suivante.

L’incontournable archive d’époque poussant , à titre de préliminaire, ses derniers souffles, le groupuscule en provenance d’Athènes ne tarde pas à s’imposer à son tour, via cinq crachats de haine pure dont l’un étant une reprise d’un track de Schwarze Sonne emprunté à la démo « Auschwitz » datant de 1995, et cela, dans une optique bien plus Black Metal que sur ce que j’ai eu l’occasion d’écouter dans le passé… chose n’étant, au passage, pas pour me déplaire.

« Sons Of Thunder » explose en effet de façon quasi nucléaire dirais-je. Riffs simplistes à outrances, tranchants comme le rasoir sous une gorge encore frêle et exécutés à la fréquence d’une épuration de masse sur le peloton ; Les percussions sont linéaires mais aussi écrasantes que le furent les dizaines de milliers de bombes lâchés sur le Londres d’une certaine époque ; Et, les vocaux, à l’image de ceux de Capricornus, toujours aussi rauques sont gerbés avec une volonté rare, créant au passage des refrains copieusement burnés et accrocheurs.

Bien évidemment, les sympathies R.A.C. du groupes sont nettement palpables et reprennent rapidement leurs droits sur les morceaux suivants que sont « Revenge Burns Eternal », « Bis In Den Tod » ou « The Nailbomber » (« H.H. ! », la reprise précitée, étant un peu à part… peut être même le meilleur track de cette partie…) mais, à mon sens de façon moins marquée que sur un « Europa Erwache ! », conservant ainsi une certaine  et crasse vigueur toujours très métallurgiques, cette empreinte despotique, inquisitoire si particulière que je ne saurais extérioriser par de simple mots.

Pour conclure, sans s’avérer être purement sensationnel, ce « PolishHellenic Aliance Against Z.O.G. !» reste de bonne facture en ce que, bien au delà de sa symbolique forte, de sa non compromission notoire, il trône bien au dessus de bien des merdes se revendiquant NSBM aujourd’hui et n’ayant fait que corrompre par opportunisme  et incompétence cette arcane de la scène au départ pourtant si immaculée. Enfin, seuls les mous du bulbes ne l’auront pas encore compris à ce stade, cette rondelle n’est pas à mettre entre toutes les mains et doit avant tout être envisagée comme un support propagandiste pur et explicite. Se l’approprier dans un hasardeux esprit artistique ne serait que pure aberration.

Kontacts :
http://www.capricornus.cjb.net/
http://www.thepaganfront.com/dersturmer/

Sperm. S.