Alors que l’année 1992 touche à sa fin , un groupe répondant au nom quelque peu clichesque de Nocturnal Feast commence à se matérialiser dans l’underground Finlandais et, ne tarde pas en novembre à enfanter sa première démo.

Début 1993, Nocturnal Feast devient Black Dawn et une seconde démo voit le jour en mai. En cette époque où le Black Metal était encore dans sa généralité un mouvement incitant à la haine et à la violence, le groupe était engagé dans un conflit sérieux et permanent avec la communauté juive locale, la police et, un prêtre qui avait fait de la potentielle disparition du groupe une affaire personnelle. Les membres de la horde finirent par s’en prendre symboliquement et avec rage aux tombeaux respectifs des diverses communautés précités et, ce qui devait arriver arriva.

En 1994, alors que Black Dawn n’existe que depuis deux ans, le culte est contraint de cesser. En 1995, après avoir du faire face aux poursuites logiques et évidentes qui s’imposaient, le groupe se reconstitue et enregistre l’année suivante une troisième démo en répétition ; Démo tellement spéciale et à l’aura réputée si étrange qu’elle fut d’ailleurs jamais diffusée. 1997 marque les première tractations de personnel puisque la bête finnoise se retrouve réduite à ses deux membres fondateurs, Wrath et Cauldron ; Noyau en perpétuelle fusion qui sera néanmoins très rapidement rejoint par deux nouveaux adeptes répondant aux pseudos de Anzhaar et Gaunt. Les activités reprennent et, de ce fait est vomie un promo qui permet au quatuor d’obtenir dés 1998 l’aide de Necropolis et dés 2000 de Season Of Mist. « Blood For Satan » est le premier fruit de cette collaboration.

Habituellement, je suis très loin de raffoler des signatures de ces deux labels mais, celle ci fut présentée comme ayant quelque chose de particulier :

« Desecration. Self Mutilation. Sodomy. Violence. Chaos. Lust For Blood and razors through flesh. This is Black Dawn’s visions of total armageddon. No remorse, no beauty, no mercy. Just hatred and disgust for all humanity and the weak… in the unholy tradition of early Mayhem, Darkthrone, and the élite core of the Black Metal genre…”

Il y avait de quoi avoir la bave aux lèvres et, je ne put à ce titre m’empêcher de foutre une oreille sur la rondelle.

Après écoute, il est évident que Black Dawn est resté solidement inhibé dans l’essence originelle du genre : Les litanies proférées par Wrath sont semblables aux ricanements sadiques qui pourraient émaner de la glotte ravagée d’un maniaque qui déverserait ses semences impures et perverties sur la dépouille encore fraîche et immaculée de mère thérésa… Trônant derrière son drum kit, Cauldron semble avoir été conçut dans le seul et unique but de tout écraser sur son passage et de vaincre. Sa puissance de feu est proprement démoniaque et cela, que ce soit sur les blast beats ou sur les passages plus lents et mids. Enfin, les cordes tyrannisées par Anzhaar et Gaunt ne sont pas moins épileptiques et s’expriment via des riffs aussi tranchants qu’un rasoir notamment sur des tracks tels que « Pitbound- The 4th Trial Of Acolyte » ou « Enemy Of The Day » qui sont d’ailleurs à mon sens les meilleurs de l’album.  Mais, en définitive, tout ces ingrédients incontournables sont ils suffisants en cette époque contemporaine où la scène BM est de jours en jours plus saturée ?

Dans le cas présent c’est un peu léger et, je dois dire que ce « Blood For Satan » exhale une odeur assez forte de réchauffé.

Le problème majeur vient du fait que bien souvent les dix morceaux de cet album font très étroitement penser à du Dark Funeral ou pire encore à Marduk. L’influence de ces deux groupes peut évidemment être justifiable mais, on frôle ici parfois le plagiat ce qui est déjà moins appréciable.

La haine totale via la violence musicale a beau être le tronc commun du Black Metal, une personnalité et une aura propre restent néanmoins nécessaires pour vraiment rendre un groupe accrocheur. Le pari est ici un peu raté et, la production très fade et commune n’arrange rien.

Ainsi, la première écoute passe mais, la lassitude s’installe rapidement ce qui est regrettable compte tenu du concept du groupe qui suppure d’un intégrisme satanique très percutant et emplit de multiples facettes culturelles.

Ce premier album est donc loin d’être l’un des incontournable de l’année 2001. Il va falloir que pour le second assaut Black Dawn se retire les doigts sinon, nul doute qu’il est voué à l’oubli.

 Sperm S.