Voici un projet qui avec son premier album datant de 2001 a explosé dans le milieu du Raw Black Metal Underground de façon aussi inattendue que brutale. Visiblement sortit de nulle part, ce groupe composé de Knatz Varggoth de Nokturnal Mortum et d’un certain SS membre de l’excellent Hate Forest a rapidement provoqué de vives réactions divisant une fois de plus les adeptes d’un Black Metal bien pensant, conformiste et politiquement correct et, les maniaques chevronnés d’un Black Metal enragé et sans compromis.

Cette énième entité slave est rapidement devenue l’un des fer de lance de la faction NS de l’art noir à tel point qu’elle a entre autres été sollicité par le label américain Unholy Records pour figurer sur la compilation « National Socialist Black Metal / The Voice Of Our Blood » aux cotés de tueurs qui n’ont aujourd’hui plus rien à prouver tels que Ad Hominem, Wolfnacht, Grom ou Temnozor pour ne citer qu’eux. Nous reviendrons en temps voulut sur cette compilation, intéressons nous pour l’heure de prés à ce nouvel emblème.

Les hostilités débutent de façon rigoureuse et Aryan Terrorism s’affiche d’emblée comme un duo ne s’embarrassant pas de détours ni de fioritures !

L’on va droit au but, directement au fond des choses avec un premier track très simpliste et cru autant dans sa structure, que dans ses consonances ou le feeling et toucher général. Ce « Jewish Provocation » montre clairement que le travail de composition s’oriente bien plus vers une vision des choses copieusement catchy et combattive plutôt qu’en faveur d’une ligne directrice globalement linéaire dans son épilepsie et donc abrutissante. Les riffs ont ici une identité très Old School et harsh et sont guidés par des rythmiques majoritairement mid tempos appuyés d’une double survitaminée tandis que les vokills de Varggoth sont accusateurs, totalitaires et écorchés par la rage et l’amertume.

Les personnes de goût penseront probablement de façon quasi instantanée à Carpathian Forest, du moins, celui des premières heures, les plus sombres et convaincues immortalisées sur des œuvres telles que « Through Chasm, Caves & Titan’s Woods » et donc bien avant que le groupe n’ait plus que son visuel sanguinolent, mammaire et blasphématoire pour défendre le trône du mal ! Mais, laissons ce groupe errer dans les succursales de Season Of Mist et Metallian !

L’avenir n’est plus en Scandinavie !

Le premier assaut s’achève de façon aussi instantanée et brute qu’il a commencé et, le second track reprend sans plus attendre le flambeau avec force et honneur. Celui ci reprends la sulfureuse substance fortement retro-thrash de la première plage mais, l’agrémente de touches plus mélodiques et nostalgiques, d’un peu plus de relief, de breaks, de rapidité et changements de rythmes. Ce « Total War » donne le ton dans la mesure où tout en conservant un très raw, agressif et accrocheur feeling Old Vein, il apporte une touche parfois spatiale et donc plus contemporaine à l’essence d’Aryan Terrorism. La violence mêlée à la mélodie est incontestablement la pièce maîtresse permettant de différencier de part une profondeur abyssale et une âme authentique notre art de la soupe populaire !

Le duo le sait pertinemment bien et cette noble alchimie ne quittera plus l’album jusqu’à ses derniers souffles, du moins à une exception prés : Celle qui domine « A National Socialistic Call », la septième plage.

Ici point question de Raw Black Metal mais, de RAC au sens propre. Hormis le discours toujours aussi véhément, Aryan Terrorism y apparaît comme l’on peut s’en douter beaucoup plus modéré ce qui n’empêche  pas aux rythmiques d’être tenaces, aux cordes de s’exprimer de façon fort belliqueuse et à Varggoth de clamer son idéologie avec une haine toute aussi explosive et subversive.

Pour ceux qui seraient plutôt habitués à l’autre bord, une légère comparaison est envisageable musicalement avec ce que l’on peut entendre sur le fameux « Beat The Bastards » de The Exploited, le coté garage, alcoolique et impulsif en moins. Aryan Terrorism semble ici plus posé, plus ambitieux et, en conséquence moins brutal mais, la trame des riffs, leurs structures, leurs gammes et certaines intonations vocales sont parfois résolument similaires.

En conclusion, ce « War » est un album de bonne facture mais, je dois dire que face à sa réputation grandissante, je m’attendais à quelque chose de bien différent. Disons simplement quelque chose de moins classique, de plus personnel. Quelque chose qui fasse la différence par rapport aux grandes influences passées comme cela est notamment le cas dans Hate Forest ou Nokturnal Mortum.

Enfin, le principal mot d’ordre reste ici la propagande et, à ce titre, je pense qu’il est inutile de s’égosiller des heures pour souligner que ce groupe et en conséquence cette rondelle est à réserver à des oreilles initiées et averties.

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Sperm. S.