Après avoir offert à l’obscurité la plus intégriste de la fange Black Metal deux démos propagées via la défunte Wolf Division, à savoir respectivement « Omnes Ad Unum » en 2000 et, le Split « Mankind’s Suicide » partagé avec l’impulsif et monstrueux Cantus Bestiae deux ans plus tard, à coté desquelles je suis odieusement passé et, que je désespère encore de pouvoir un jour me procurer, c’est finalement en cette même année 2002 que Ad Hominem dirigé d’une poigne de fer par Kaiser Wodhanaz va mettre l’underground à feu et à sang avec « Planet Zog – The End », premier album qui sera réédité en tape et Lp en 2003. 

Passé la contemplation percutante d’un packaging arraché à toute espèce de compromission et, on ne peut plus inflexible quand au sulfureux fond idéologique qu’il véhicule, l’immersion dans l’œuvre, et ce dés le préalable introductif du premier track qu’est « Invocation Of Madness – The Art Of Schizophrenia » corrobore cette forte impression d’un glas retentissant sous la contrainte la plus tyrannique, la détermination la plus vengeresse de part l’émergence de funestes orgues classiques aux allures de Requiem. Brisant cet intimisme morbide comme devant s’acquitter d’une ultime tâche, l’artillerie se positionne en une verve de prime abord d’une lourdeur oppressante aux consonances proche de l’indus rapidement relayée par un feeling très thrashy. Une frénétique double ne tarde pas à se mettre en place, immédiatement appuyée par les vocaux d’une incroyable cruauté du K.W. S’ensuit ce qui, pour beaucoup a été une révélation : L’explosion d’un Art simple mais d’une très agressive efficacité, allant sans détours pénétrer sa cible et laissant augurer le meilleur quand à la suite des hostilités. 

« Planet Zog », meurtiérement érigé contre l’une des plus inacceptable emprise, l’une des plus fanatique muselière culturelle, s’ensuit avec le même savoir faire, privilégiant un effort de guerre nuancé mais tenace et très catchy plutôt que le matraquage linéaire, guilleret, sans âme et conformiste que nous vomissent bien trop de groupes actuels ; Le même feeling tranchant cultivant un goût certain pour les refrains accrocheurs si propices à inscrire avec persistance et despotisme la subversion dans les esprits. Probablement l’un des meilleur track de l’album. 

Le troisième assaut ressuscite avec un sadisme de plus aigu, et dédaigneux de toute morale, des décennies de douleurs exacerbées à outrance, abreuvant avec hargne une rhétorique de haine si absolue quelle paraît quasi insatiable. De ce « Auschwitz Rules » s’exhale, là où toute vie succombe, des riffs feulant tels un panzerfaust pénétrant une infirmerie de campagne, des percussions crépitants tels les tourments du feu purificateur et, des vokills semblables aux vocifération de généraux déments dévoués à l’annihilation. 

A ce moment précède le track qui, un peu à la manière de la nouvelle version de « Total Volkermord », de part son intro dévoilant les vœux d’un activiste appréciant le travail bien fait et radical, achèvera pour sûr l’auditeur timide et égaré. Ce « The Psalmody Of Sub-Humans » restitue le titre de “mécréants” à la fange la plus apte à le subir et, de part ses dimensions très épiques, inspire de fantasmagoriques visions d’un chaos inquisitoire ravageant je ne sais quelle école coranique locale. 

« WW III » est à l’image de son appellation : Bref et, aussi intense que l’embrasement d’une frappe nucléaire, il s’agit là d’un affront pur et simple à tout élan humaniste, à tout déliquescent effort de paix et, d’existence harmonieuse, levant le voile sur une loi naturelle des plus légitime… Pour sûr le titre le plus brutal et expéditif de l’album. 

« Wolf Power » nous ressuscite en le contexte d’un Ad Hominem se laissant moins aller la folie épileptique, vers une essence plus pondérée, syncopée et insolente pour une ode aux forces et convictions d’un héritage ancestral, à l’avènement par la force la plus naturelle, d’instincts purement prédateurs en appelant à refermer les mâchoires de la résistance sur les gorges gangrenées des trois sœurs. Un souffle de noblesse communicative plane sur ce track aux consonances très martiales exacerbées par une boite à rythmes toujours aussi brillante. 

A ce stade intervient à titre d’interlude « Delirium Tremens » ; Maladif procès d’intention à l’égard d’un répugnant état de fait où le Kaiser déclame en voix claire et francophones ses plus introspectifs dégoûts et, de là, ses plus impitoyables volontés sur fond de saturations hachées et pachydermiques, de samples à l’agonie et, de percussions proches de l’indus dont chaque beat semble retentir tel les déflagrations d’une pluie d’acier menant le fusillé à trépas. 

« Soldier Of Wotan », suintant d’une spiritualité des plus païenne, fédératrice et imagée emboîte le pas. S’agissant probablement du morceau le plus alambiqué et complexe de ce « Planet Zog – The End », celui ci se consomme tel une quête initiatique pulvérisant perpétuellement envolées de haine pure, retombées plus épiques aussi galvanisantes que l’écho d’un millier de bottes battant les terres sanguinolentes d’un front ultime et proche et, narrations plus atmosphériques et ataviques auxquelles viennent s’ajouter synthétiseurs hyperboréens et voix claires. 

Enfin, en accord avec son appellation, « The End » clôture l’assaut en ce que, d’une lourdeur hypnotique impitoyable, il tend au dénuement le plus absolu, à la discorde la plus libératoire, où, dans les entrailles de décombres fumants amoncelés de corps informes et calcinés ne réside plus aucun espoir. 

D’une intensité asphyxiante pour le faible profane et, d‘une rigidité idéologique incorruptible et sans merci, ce premier album est un impressionnant et exemplaire monolithe trouvant aisément sa place en les meilleurs albums hexagonaux de cette dernière décennie. 

Après la sortie de « Purification », fantastique Split tape partagé avec le non moins excellent Warfire, coproduit par la Wolf Division & Total Holocaust Records, Ad Hominem récidive la même année via ce, une fois de plus très cru et direct « A New Race For A New World », cette fois en collaboration avec Undercover Records et, avec l’appui d’un certain Pwcca responsable, sous un autre pseudo, de la furie rythmique de Cantus Bestiae. 

L’ouverture, faisant cette fois office de track à part entière, nous replonge immédiatement dans le contexte totalitaire imposé par le premier album, tel l’aube menaçante d’un renouveau hautain se levant sur la désolation cristallisée par « The End »… Le ton est glacial, une fois de plus déterminé et intrinsèquement sanguinaire, guidé par les élocutions distantes du maître d’œuvre. Contexte propice aux premières déflagrations de « Nuclear Black Metal Kampf » où l’on retrouve à l’identique cette essence cruelle et intransigeante façonnée à même le filet de la baïonnette, déversant des riffs outrancièrement incisifs, des percussions d’une violence aveugle, dont le caractère ici organique perd quelque peu en froideur martiale mais, gagne en puissance et diversité, et, ces vocaux inégalables tant il ssuintent de hargne. Lâché tel du napalm sur une poche de candide opposition, ce track témoigne à lui seul de toute l’intolérance, la subversion et supériorité qu’implique le combat Black Metal. La rage est omniprésente de ses débuts retentissants à son furieux point de chute où le Kaiser déclame avec une folie écorchée insistante sa haine la plus incurable. 

Le track suivant viens quelque peu pondérer cet incroyable assaut, lancé avec autant de pitié qu’une balle de mauser déchargée en pleine boite crânienne, en renouant avec un feeling harsh et syncopé caractéristique. Estampillé du nom du groupe lui même, ce chapitre symbolise avec force une barbare volonté de rabaisser l’indigne, le faible au seul statut qu’il mérite, le condamnant ainsi après la souffrance tyrannique, au tombeau. 

« Ritual Of The Depaved » emboîte le pas en une verve similaire. Dominateur et sentencieux, le tonnerre métallurgique ici distillé n’est que prétexte à d’obséquieuses invectives eu égard à l’extrême absurdité d’une société qui, dans sa dégénérescence, est vouée au non sens. Les riffs chirurgicaux sont autant de coups portés à des apparats sociaux dissimulant des pulsions et appétences non assumées ; Chaque feulement de caisse est une incision permettant de s’extraire d’un abcès aberrant d’humanité, où toute identité, toute valeur pourrit inexorablement. 

S’ensuit ce qui est, à mon sens, l’un des moment le plus fort de ce « A New Race For A New World » aux cotés du « Nuclear Black Metal Kampf » précédemment évoqué. Ressuscitant à sa manière les tourments de l’histoire pour convier les enfants des trois pestes à un ultime voyage vers le néant, ce « Arbeit Macht Tot » dégage une violence et, une haine inouïes, autant en le fond qu’en la forme. L’on y retrouve, un peu comme pour un rack tel que « Planet Zog », un goût certain pour d’insistantes et manipulatrices élocutions que certains qualifient de refrains. 

Après avoir craché au visage des jouissances dépravées et superficielles de l’être sur le quatrième track, Ad Hominem semble donner sa propre définition du plaisir synonyme de sadisme et de cruauté. Ce « The Dithyramb Of Sadism » est aussi vif que l’œil du bourreau le plus dénué de compassion, aussi acéré que la lame pénétrant la gorge de l’enfant, aussi jouissif que de contempler la souffrance gagner les viandes faibles et, aussi libératoire que de sentir la mort s’emparer de la dépouille. 

Concassant plus que jamais élans épiques des plus ataviques et, éruptions de virulences pures et quasi incontrôlées, le délicatement intitulé « Shoot The Pope » reprend le flambeau, transcendant Ad Hominem en les hautes sphères du blasphème par excellence, où le Kaiser déclame avec une violence irrévérencieuse rare, une hérésie vengeresse quasi aveugle, son dégoût profond pour la gangrène gérontocratique et, ses visions de mise à mort sauvage du fanatisme grabataire pourrissant entre les murs dorés du Vatican sous les préceptes cadavéreux qu’il colporte. 

Enfin, « Will To Power » vient apporter la dernière pierre à cette seconde élévation vers un degré supérieur de conscience en une rhétorique que n’aurait pas renié Nietzsche lui même. A cette image et, un peu à la façon du « The End » clôturant le premier assaut, ce track est emplit d’un ton dictatorial, d’un despotisme lancinant mais agressif mettant en évidence une destinée ne faisant pas de place à la médiocrité et au déshonneur. 

En somme, alors que la brève outro se meurt, un album tout simplement fantastique, s’inscrivant dans la droite et implacable lignée de « Planet Zog – The End » s’impose définitivement, même si, j’admet avoir une légère préférence pour son prédécesseur.

Près de deux ans plus tard, sur les cendres d’une année 2004 ayant scellée le couronnement de trois splits Ep’s d’une véracité plus qu’honorable, « A New Race For A New World » trouve enfin son successeur d’envergure en « Climax Of Hatred ». Troisième album à la dénomination appétissante qui déchaîna néanmoins les passions : L’étonnant choix d’Avantgarde Music en tant que label, là où beaucoup auraient probablement espérés une signature chez Totenkopf Propaganda, Death’s Abyss Rex ou Christhunt, et, cet éternel paradoxe d’un milieu Black Metal désireux de rester intrinsèquement underground tout en se revendiquant d’un dessein hégémonique absolu & viral… L’arrivée de Altar ZK6 derrière les fûts, lequel, bien qu’indéniablement talentueux et déjà actif dans les rangs quelques peu subversifs de Crystalium, put néanmoins amener à un parallèle plutôt antinomique, pour ne pas dire contradictoire, entre certaines notions d’Ordre, de Despotisme et, la quintessence dépravée d’Arkhon Infaustus… Une reprise de Mysticum de même relativement inattendue dans le contexte, allant de paire avec une démarche externe semblant avoir mis de l’eau dans son pinard… Je confesse moi même avoir succombé à la méfiance…

Instantanément, l’on discerne, à la contemplation des sonorités prolégomènes de « Loading Genocide », qu’au delà d’une rhétorique à l’évidence toujours aussi intraitable, « Climax Of Hatred » paraît se profiler tel l’album du renouveau. Ainsi les orgues scabreux, ignobles et abruptes qui marquèrent les mises en branle des méfaits précurseurs, ont désormais fait place à une atmosphère plus éthérée, suppurant de guitares menaçante et de percussions spartiates ; Ambiance avide et farouche d’un départ pour le front le plus ultime, propulsant l'inexhaustible verve martiale d’Ad Hominem vers des sphères beaucoup moins obscures et moribondes que dans le passé, bien plus brutes et primaires, plus directes, rentre dedans… Et, ce sentiment se confirme lorsque, sans la moindre trêve, détone le premier track tangible estampillé du nom de l’album. 
L’on retrouve ces guitares, d’un stoïcisme au tranchant plus inquisiteur que ne l’ont jamais étés les antédiluviennes distractions de Torquemada en ses heures les plus endoctrinées ; Insensibles à en faire passer la quête purificatrice que mena Chris Barnard en Afrique du Sud pour une mission humaniste ; Et, d’une vigueur forcenée digne d’un légionnaire aliéné & déserteur qui palucherait frénétiquement le canon de je ne sais quel fusil à pompe, lui faisant balancer la purée à la face d’une plèbe retrouvée… Des guitares certes efficaces en somme mais, semblant néanmoins avoir essuyées une notoire perte d’inspiration, notamment via une incision Thrashisante devenue, hormis sur « Achtung », très secondaire, voire anecdotique, au profit de bon nombre de plans plutôt classiques bien que très harsh, s’en remettant peut être un peu trop à la verve déjà explorée sur « A New Race For A New World » pour véritablement faire mouche. Soulignons la recrudescence de la basse que je n’ai pas souvenir d’avoir entendu de façon si prononcée depuis « Omnes Ad Unum » et, qui confère à l’ensemble sus-évoqué une incontestable profondeur outre certains relents, à mon sens, inévitablement « groovy »…

Au cour de mes chroniques des splits Ep’s partagés avec Ornaments Of Sin ainsi que Funeral Winds, Leviathan & Eternity, j’ai déjà eu l’occasion d’évoquer la frappe d’Altar ZK6 ; Matraquage qui, ayant, une fois encore, sut ne pas sombrer dans le tronc commun supersonique qu’on lui connaît, épouse l’éloquence dictatoriale propre à la bête du Kaiser Wodhanaz, en un flux où chaque crépitement de grosse caisse résonne tel la réverbération sourde d’une exécution perpétrée du fond d’un blockhaus ; Où chaque claquement de tom confère à l’auditeur l’effet d’une grenaille qui viendrait lui aguicher les viscères ; Où chaque tintement de cymbale se veut aussi oppressant qu’un nocturne feulement de roquette surgissant dans le sommeil de populations civiles… Il m’est néanmoins difficile de ne pas entretenir une certaine nostalgie à l’égard de la programmation rythmique qui propulsa l’intolérance sonique de « Planet ZOG – The End » ou, de la poigne barbare, bien que moins élaborée, de Pwcca sur « A New Race For A New World »… 
Les vocaux, quand à eux, constituent probablement le changement le plus radical entre cette rondelle et les précédentes puisque, à mille lieu des excoriations saturées d’antan, le timbre du K.W. se révèle ici, de façon totalement brute et spontanée, en des tons très rauques et hautains. L’ensemble y perd indéniablement en folie haineuse, en agressivité aveugle mais, y gagne, de part plus de précision et d’assise, en totalitarisme ; Cruauté totalitaire exacerbée par un travail lyrique placé de façon impressionnante d’absolutisme. 
Avant de s’achever sur un « D/S/R/ » que je trouve relativement insipide et dispensable outre son message fort en symboles, ce glaviot vitriolesque, où chaque tracks, n’ayant pour leitmotiv que la haine le plus innée, s’érigent comme autant d’allégories toujours plus inavouables, dévoile une reprise du « Crypt Of Fear » de Mysticum ; Réadaptation qui, contrairement à mes suspicions premières, se fond remarquablement à l’ensemble en ce qu’elle parvient de façon naturelle à s’approprier la froideur très industrielle de l’originale pour la transcender en des dimensions on ne peut plus bellicistes.

Au final de cet article mitigé, bien que condamnant bon nombre de merdes actuelles à la fosse commune, ce « Climax Of Hatred » m’a laissé sur une faim assez décevante en tant qu’inconditionnel des premières heures, d’autant que les Ep’s précités me firent augurer bien plus… 

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Sperm. S.