Winterblut
est un projet actif au sein de l’underground Allemand depuis 1996,
date de parution de sa première démo trois titres intitulée
„Asche Gattes“; Demo qui dés l’époque pose déjà
solidement les bases musicales et idéologiques recherchées
par l ‘entité. S’ensuivent rapidement « Im
Lande Des Mitternachtsberges », une seconde démo
datant de 1997 et comportant également trois titres ;
Un promo en 1998 ; Et, la même année une troisième
et dernière démo répondant au nom de « Praludium
Im A Mall ». C’est finalement l’année suivante que voit le jour « Der 6. Danach », le premier véritable album de Winterblut édité par Darker Than Black et largement promu par le Pagan Front. Les présentations qui s’imposent étant accomplies, voyons désormais quel goût caractérise ce sang hivernal et nordique que le groupe semble se mettre un point d’honneur et de fierté à distiller : Premier constat, « Der 6. Danach » est une œuvre longue, très longue puisqu’elle comptabilise un peu plus de soixante dix minutes. Cela n’est généralement pas de bonne augure en matière de Black Metal puisque l’on peut toujours craindre d’éventuelles chutes de régime ou l’arrivée de sensations de lassitude indigestes. La bête s’en sort pourtant admirablement bien en proposant une galette en perpétuel mouvement qui, tout en préservant le coté rustique propre à l’underground, en étant pas forcément complexe ou technique se montre indéniablement variée. Rien de comparable par exemple avec le monotonie suicidaire d’un album de Wigrid. Ainsi nous est ici livré un cycle permanent où se télescopent émotions et sentiments divers. L’auditeur n’a de cesse de se laisser porter entre élans conquérants mis en valeur par des riffs martiaux, des tempos modérés mais fermes où la double joue souvent un rôle essentiel et, des synthétiseurs épiques et médiévaux parfois proches, de manière moins recherchée et mise en avant, de la majesté de Nokturnal Mortum ou de Lucifugum ; Rage guerrière belliciste, bestiale et sans merci par des accélérations primitives et minimalistes si chères au Raw Black Metal ; Retombées et interludes abruptes, inquiétantes où les plans métal se font plus discrets, où les synthés prennent le dessus et, endossant une dimension funeste, semblent suggérer que même lors d’une marche triomphale, la mort rode ; Et, tempos renaissants avec lourdeur où des mélodies de guitares mêlées à des claviers plus nostalgiques inspirent les murmures de cérémonies mortuaires qui, portées par les vents parmi les sous bois ensanglantés et les tumulus préfigurent l’aube de nouvelles batailles. Les lignes vocales sans être d’une extraordinaire profondeur et efficacité savent s’adapter en circonstance au relief imposant des douze tracks divisés en quatre chapitres de cette œuvre ; Cela en se montrant alternativement haineux conformément à ce qu’édictent les codes du genre, plus intimistes, graves et solennels ou, totalement païens de part l’utilisation de cœurs exclusivement masculins et particulièrement revigorants et fédérateurs. Dans tout les cas, ils s’avèrent particulièrement propices à la narration d’une textuelle très attachée à la langue nationale du groupe ; Langue qui, plus que jamais, semble être un catalyseur de haine emplit de vielles légendes et de cette sempiternelle fierté guerrière germanique. Il y aurait encore beaucoup de choses à dire avant de conclure. Ce « Der 6. Danach » est à mon sens un brillant album qui de part le périple particulièrement envoûtant et hypnotique qu’il inspire s’écoute d’une traite ou ne s’écoute pas. Il s’agit là d’une autre facette de la scène extrême underground allemande qui, à partir du meilleur de l’intégrisme des premières heures et d’une identité culturelle très conservatrice parvient pourtant à enfanter quelque chose de très original, personnel et revigorant ; Un peu dans la veine de l’excellent Veles. Un bon compromis entre le Raw et l’atmosphérique qui n’est cependant qu’à conseiller à ceux qui trouvent satisfaction que dans les purs produits underground. Contact : Sperm. S. |