D’une époque défunte où, en une atmosphère menaçante et opaque, les plus mièvres et incultes acteurs de la banalisation de la scène ne recevaient, à titre de gratifications, qu’insultes et rats crevés estampillés du sceau des Légions Noires, n’a survécu, outre moult menues rumeurs difficilement vérifiables et, non sans douloureusement y avoir laissé quelques plumes, que Mütiilation. Néanmoins, en les esprits des plus noirs et fidèles apôtres, la mémoire de ces intolérantes heures perdure, intimement entretenue par un imposant héritage parsemé de crasses et immortelles réalisations, à l’image de ce Split réunissant Vlad Tepes et Belketre, parut en 1995.

Après une série de démos enfantées entre 1993 et 1994, à savoir « Winter Rehearsal 93’ », « Celtic Poetry », « Return Of The Unweeping Moon » &, « War Funeral March », le spectre brestois, armé de l’étendard mythique du plus sanguinaire Voïvode Wallache, mené par Wlad, également réputé pour ses méfaits au sein de Mogoutre, Black Murder et Vermyapre Kommando, et, Vorlok, que l’on a put retrouver dans les rangs de Seviss et des même Mogoutre & Black Murder, lève le rideau sur le macabre cérémonial.

Porté par un grain sonore répugnant, vicié tel le pus rance suintant des orifices secs et violacés d’un pendu fraîchement oublié au fond d’un sous bois, un simple et vaporeux larsen suffira amplement pour happer les puristes les plus chevronnés en les enrailles d’une dérangée nostalgie, ressuscitant l’étrange et incroyable créativité ayant fait la gloire des plus froides et obscures années de la confrérie.

Telles le fruit de pensées solitaires et contradictoires surgissant en l’aube blessée d’un échec suicidaire, les guitares, en une crudité chaotique d’une paradoxale et très profonde finesse, se désagrégent en de fuyantes noirceurs, de très abstraits tourments paraissant voués à ne connaître aucun salut et, dont la violence émotionnelle est telle que l’on effleure parfois le tragique le plus asphyxiant. Entre soufre ardent, litanies déchirantes et intimismes abruptes, l’alambique dis-harmonieux, dans sa continuelle décrépitude, prend toute son ampleur sous le joug de l’atroce capharnaüm rythmique molestant ses rouillées mécaniques, tant la frappe, transpirant d’une très particulière et hypnotique aura organique, instinctive, semble restituer les derniers soubresauts de viandes pourrissantes sur un vestige de conscience. Enfin, l’organe vocal de Wlad, aussi intrinsèque que le gargouillis viscéral de fluides corporels violés par le pal, résonnent avec une folie fanatique, un désespoir inquisiteur et cruel.

Vlad Tepes, achevant sa malsaine besogne en des sphères quasi ritualistiques, Belketre ne tarde pas à investir la loge clandestine sur les bases d’un thème de renommée aux consonances des plus avides et conquérantes, après avoir déglutit les démos « Prays To Nothingness » en 1990, « Zelda Rehearsal » en 1991, « Studio Tracks 1993 » et, « The Dark Promise » en 1994.

Fonctionnant sur les bases de Aäkon Këëtrëh et de Vordb Dreagvor Uerzerb, ayant également apportés leurs contributions à d’énigmatiques entités telles que Dzlarv, Torgeist, Moëvöt ou Black Murder, la substantifique moelle de Bleketre s’apparente à celle de son morne acolyte, bien qu’étant un peu plus labyrinthique et, jouissant d’un feeling plus Old School du fait de délectables et vigoureuses réminiscences thrashisantes nourries à la rotteuse frelatée.

Pour le reste, tout en cette seconde partie de « March To The Black Holocaust » n’est donc que densité saturée vertigineuse lourde en pesantes souffrances et malignes servitudes ; Tourments acoustiques à la fragilité lépreuse et à l’hermétisme quasi religieux ; Rythmes manipulateurs et aussi improbables, instables que le serait l’électrocardiogramme d’une carcasse irradiée se noyant dans ses organes internes liquéfiés ; Et, états d’âmes d’un prêcheur dément, succombant, sous les douleurs purulentes de la plus tenace infection syphilitique paroissiale… Le tout bien évidemment magnifié par un effort sonore délicieusement chiadé d’un fumet grouillant, aussi mystique qu’excrémenteux.

Je ne sais quoi ajouter quand à cette pièce légendaire tant, de part sa quintessence unique, homogène et impériale, celle ci constituera à jamais l’une de mes plus privilégiée rondelles de chevet.

Indispensable. 

No Fukking Contact.

Sperm. S.