Lorsque l’on évoque la scène extrême Polonaise, s’imposent bien souvent d’hideux bestiaires conformistes, vendus et sans saveurs tels que Behemoth ou Vader pour la masse la plus formatée, ou, de légendaires emblèmes tels que Graveland, Capricornus, Infernum ou Thor’s Hammer pour les plus téméraires. A l’ombre mégalithique la plus crasse de ces derniers croupissent néanmoins des cohortes d’entités plus impalpables et toutes aussi belliqueuses telles que Veles.

D’abord formé sous le nom de Belthil par Blasphemous appuyé d’un certain Bealphares en 1992, la bête fomentera une démo rehearsal l’année suivante pour définitivement orner son étendard du sceau de l’une des lus puissante divinité du Panthéon païen slave, également connut sous le nom de Volos, Walas ou Weles. Avec l’assistance d’activistes du Temple Of Fullmoon va voir le jour en août 1994 la démo « The Triumph Of Pagan Beliefs » via Dead Christ Commune, label de Blasphemous dédié à l’underground le plus intransigeant et farouchement érigé contre toute perspective de consumérisme mercantile.

« Winds Of The Vampire » renferme une ouverture insufflant à elle seule les heures les plus fanatiques et sombres de la séculaire scène polonaise. En une étreinte aussi morbide qu’auguste, l’on ressent en ce maelström de percussions spartiates paraissant surgir d’un péplum, de claviers hyperboréens aux allures de chœurs d’outre tombe, de rugissements et incantations informes et, de samples d’une chevaleresque immoralité, que ce « The Triumph Of Pagan Beliefs » en appelle à rendre hommage aux atrocités les plus ensevelies et effroyables ; Sentiment rapidement confirmé par le premier réel track laissant éclater une verve, un savoir faire slave typique et, des plus authentique en son amateurisme. En accord avec sa noble appellation, ce « Majesty Of War » regorge de riffs nerveux et incisifs chiadés de grouillantes saturations, de percussions approximatives très épiques privilégiant les mids tempos et la pesanteur de la double à de frénétiques et insensés débourrages, de vocaux meurtris de nostalgie et de rancœur mis en abîmes par une reverb’ intemporelle. Le blason du plus raw et insane des Graveland ne tarde pas à s’emparer de l’esprit contemplatif, les multiples résurgences de synthétiques orgues classiques exécutés par R. Darken exacerbant cette emprise.

Sublimant les pulsions de haine pure et radicale brûlant en les chairs du groupe, c’est un « The Pact » beaucoup plus virulent et incontrôlé que son prédécesseur qui reprend le flambeau. Un terrorisme métallurgique bouillonnant, concassé par un drum-kit dont chaque élément semble résonner tel l’acier se croisant massivement en de lointaines terres noircies, désolées mais, éveillant néanmoins d’étranges harmonies mélancoliques aussi spatiales que saturées. D’une beauté effrontée mais d’une sauvagerie sans nom, l’âme guerrière la plus fataliste semble ici avoir effleurée Veles.

S’ensuit un « Forgotten Time – Honoured Tradition » sans la moindre ambiguïté quand au sentiment passéiste, aux idéologies inflexibles régnant ici en maîtres. Ralentissant quelque peu sa conquérante charge, la servile monstruosité de Blasphemous s’apparente ici une hypnotique, lourde et suffocante errance solitaire et vespérale au cœur d’un terroir ancestral aujourd’hui souillé mais à jamais digne et fier ; Très conservatrice introspection où, cédant à la passion, la douleur et le regret donnent naissance à des émotions ataviques et fédératrices.

Le très évocateur « Black Majesty Spread Warfare » s’inscrit dans cette droite continuité, magnifiant sa désespérée majesté via l’émergence d’arpéges glaciaux, de multiples samples pastoraux et, des envolées vengeresses plus marquées. Assurément le track le plus alambiqué de « The Triumph Of Pagan Beliefs » et, dans son immensité païenne, le plus troublant.

Comme « Battle Din » le suggère, le huitième track en revient à une substance plus punitive à la façon d’une explosion en vase clos. Un chapitre similaire à « The Pact » laissant ressurgir souverainement une aversion aussi pure, insatiable que mystique et impalpable.

Enfin, « Epos » referme la procession hérétique en un halo aux consonances très médiévales et augustes laissant présager que cet assaut, peut être un peu trop court, constitue l‘appel fondateur d’un vaste et sanguinaire départ en campagne.

En somme, adeptes des artifices surgelés et des proses politiquement correctes, faites table rase de cette galette puant autant le terroir qu’une pièce de sanglier oubliée sur un tumulus aux lendemains d’un festin paillard. Cette démo n’est destinée qu’à ceux sachant se repaître d’un Art cru, traditionnel et sincère.

Fort de cette démo adulée telle la plus interdite et impie des idoles par une minorité clairvoyante, Veles enfante en 1995 son premier véritable album intitulé Night On The Bare Mountain » en collaboration avec le désormais incontournable No Colours Records.

Dans le plus grand respect de l’immuable tradition, le spectre de Wroclaw déploie lentement son ombre menaçante en une introduction du même nom transpirant instantanément de ses desseins nocturnes et clandestins. Comme à l’accoutumée orchestrée par une âme créatrice qui, bien au delà de sa simple participation au projet, n’est plus à présenter, les prémices de ce « Night On The Bare Mountain », à mi chemin entre l’avant propos oppressant et glauque d’un « Carpathian Woves » et, la noblesse la plus éthérée des Lord Wind, dégage une froideur qui ne pourrait trouver d’égal qu’en l’haleine des Carapates venant caresser la nuque encore frêle et ingénue.

Un préalable sur-mesure à l’avènement de « The Winter Morning » imposant d’emblée un Veles ayant franchit un échelon de choix dans son Art, se détachant considérablement de l’influence raw et minimaliste du Graveland de la première heure pour voguer vers son propre mythe. En des structures moins binaires fusionnent des riffs plus personnels, des claviers mieux incorporés et plus riches dans leurs inspirations ce qui, propulsé par un jeu de batterie ayant gagné en relief s’avère propice à déceler nombre de breaks et rechutes acoustiques ayant pour seuls défauts d‘êtres parfois un peu brusques et impromptues. Les vocaux de Blasphemous sont, quand à eux restés inflexibles en leur cruauté torturée littéralement vomie.

En découle un hermétisme occulte radicalement accru comme en témoigne « A Dark Dream » qui, à la hauteur de ce qu’implique son appellation se décline, en un agonisant relief, vers des arcanes d’une cauchemardesque lancinance. Un pur condensé de noirceur pastorale, poignant en son ton d’un surréalisme quasi tragique.

« The Final Battle » est un court interlude acoustique d’une beauté nostalgique à en effleurer la damnation la plus irréversible. Suintant à la foi d’une insondable tristesse et, d’une immense fierté combattive, cet instant intimiste résonne tel l’ultime chant atavique de guerriers païens, en proie, après le sacrifice de soi dans l’honneur et le sang, à l’immortalité libératoire.

Rompant littéralement avec cette profonde sérénité survient « Majesty Of War » provenant de « The Triumph Of Pagan Beliefs » disséqué plus haut. Inutile de s’attarder une seconde fois sur ce chapitres bien évidemment plus cru et direct mais ô combien suprême.

Retour à un peu plus de subtilité en une rhétorique non moins vengeresse de part « My Bloodthirst (The Horrostorm) ». L’on y décèle à nouveau un toucher cristallin et alambiqué ponctué de nombreux breaks rythmiquement très tendus et galvanisant à l’image de la furie insurrectionnelle d’une culture opprimée par la peste monothéiste, prête à brandir les armes, et, rechutes acoustiques très nobles tempérant ces fougues d’une lucidité fataliste.

« Born Of Darkness » pousse ses premiers souffles d’une haleine froidement atmosphérique pour peu à peu s’emballer de façon très lourde et inquisitoire sous la tyrannie de l’organe très oppressant de Blasphemous. A mon sens, un track qui est un peu à ce « Night On The Bare Mountain » ce que « Delirium Tremens » est à « Planet Zog-The End » de Ad Hominem.

Enfin, s’ensuit « My Pagan Fatherland (Evil Power’s Night » » qui est probablement l’un des track les plus intense de cette œuvre, à l’image des convictions fortes et incorruptibles qui nourrissent les viandes combattives et subversives du groupe.

Alors que l’outro qu’est « Forest Of The Horrifying » pousse ses derniers soubresauts en un souffle morne et enivrant comparable à celui ayant ouvert les hostilités, je ne sais que trop ajouter quand à ce très impur et solennel produit de la terre, si ce n’est qu’une fois de plus il ne saurait convenir à tout les esprits.

Au lendemain de ce second acte de dévotion, Blasphemous alléguant la mort de son acolyte Bealphares va nommer à l’avant poste vacant des guitares un certain Lupus, également actif au sein du groupe Gromowladny. Va alors voir le jour en cette même année 1996 « Before The Missing », Split partagé aux cotés du mythique et controversé pilon germanique qu’est Absurd. Un an plus tard va être enregistré un promo deux titres préfigurant un nouvel album qui suivra dans la foulée.

Possédé par ce toucher d’un totalitarisme mystique si particulier, c’est Rob Darken qui, comme à l’accoutumée, embrase les poudres, et par là met en branle les mécaniques de ce « Black Hateful Metal ». Tel un funeste retours aux sources, cette introduction intitulée « The Triumph Of Pagan Beliefs » se répands telle une noire et chaotique aurore boréale préfigurant le trouble. Fédéré par des gongs primitifs et guerriers, un étrange sentiment insurrectionnel s’élève peu à peu au son des claviers alors que semble de plus en plus s’amplifier l’impatience de milliers de gantelets caressant avec fureur les fourreaux.

Le calme faisant place à la tempête, « The Dawn Of New Empire » porte le premier coup fatal avec le même feeling que celui fumant encore des cendres de « Night On The Bare Mountain ». Ses prémices se font très épiques et modérées, vacillantes entre de froides lancinances ancestrales et, moult menues progressions aux réverbérations très médiévales, mais, la tension se faisant de plus en plus palpable, cette quiétude néanmoins combattive ne tarde pas à sombrer dans la folie la plus primaire et Old School, révélant des siècles de douleurs revanchardes.

A même le charnier monothéiste, « Uralten » pose les premières pierres du nouvel ordre noir. De part une très éthérée et minimaliste osmose entre guitare acoustique et piano, la souveraineté renaissante paraît dominée par un profond et confiant intimisme mais, prend soudainement un visage inattendu en laissant s’échapper une très raw, brève et intense décharge métallurgique, comme pour porter le coup de grâce aux dépouilles encore chaudes des opposants.

Débutant sur un riff torturé aux inspirations étranges et indéfinissables, « Broken Cross » est une délicieuse invitation à la contemplation inquisitoire des désirs interdits devenus réalité. L’on retrouve en ce chapitre tiré du promo 97, dont les lyrikz ont étés empruntés au track « Hakenkreutz » du cultissime Magnus, tout l’hermétisme glauque et macabre, toute la simplicité artisanale et, toutes les vibrations ensorcelées ayant fait la gloire des bestiaires radicaux polonais. Décernons les honneurs aux mutilations laryngales d’un Blasphemous semblant avoir succombé à la démence la plus pestiférée.

Témoignage sans détour des sympathies de Veles à l’égard du combat culturel pour le sol et le sang européen, « The Spirit Of Ancient Europe » reprend le flambeau. Prenant le temps de s’imposer avec solennité et grandeur, le ton se révèle plus que jamais empreint d’un fanatisme dictatorial n’ayant cure des muselières bienséantes et, se permettant l’audace de laisser étinceler quelques nuances assez R.A.C.

Après une grandiloquence certaine, la sixième plage dévoile le track le plus ultime de l’album. Eveillant des forces hérétiques et séculaires « The Temple Of Infernal Fire » est à la hauteur de son appellation : D’une crudité titanesque, très Old Vein et sans artifices.

S’ensuit « Black Hateful Metal », idole façonnée à la gloire de notre mouvement et, ne serait ce qu’en les substantifiques viandes de Veles, hommage lui restituant ses lettres de noblesse et toute sa signification. Un obscurantisme outrancier et impur déversant des percussions semblables à un souffle nucléaire abatant le mur des lamentations, des riffs aussi effilés que des milliers de carreaux d’arbalètes déchirant les chairs pèlerines sur l’esplanade des mosquées, des claviers filtrants de cérémonials rupestres prohibés, des vocaux hallucinés comme conchiant la sainte inquisition à même le bûcher ardent…

Faisant écho à « Broken Cross », « Millenium Of Disgrace » provient également du promo 97. Il n’y a pas grand chose à dire de plus que ce qui a déjà été proféré quand à ce track dont l’appellation parle d’elle même quand à la rancœur véhiculée.

Enfin, R. Darken reprend seul les rênes pour clôturer avec une majesté poignante cet opus via un très éloquent « After The Battle »

Une fois de plus, une victoire surgit à l’horizon, mais beaucoup de sang devra encore abreuver la Terre Mère pour laver l’affront. Ce « Black Hateful Metal » mérite amplement son appellation même si, j’admet avoir une préférence pour son précurseur.

« The weak use to say that one who combats with a sword dies from a sword too
But they do forget that one who doesn’t rise his sword
Or relinquishes it from his hands dies on a cross!
Join our fight or die from our hands !
 »

Après une démo et deux albums qui resteront gravés dans les plus méphitiques et inavouables anales, Veles va, pour d’obscures raisons se retirer dans l’ombre pour plusieurs longues années, laissant dans l’attente la plus floue les adeptes. C’est alors qu’un No Colours toujours plus fidèle à lui même va surgir et propager en mars 2004 « Blood On My Knife », Split Lp réunissant Veles et son compatriote Legion, à ne pas confondre avec la bouse suédoise acidulée déchaînant la presse people ou, l’obscur combo allemand entre bien d’autres.

La noire rondelle dévoile tout d’abord la partie Veles qui, au delà de la discographie du groupe, n’apportera rien aux fidèles des premières heures puisqu’elle ressuscite à l’identique la démo 1994 « The Triumph Of Pagan Beliefs ». Il s’agira néanmoins, pour les autres, d’une excellente opportunité pour s’enquérir de ce premier blasphème devenu cultissime et, pour sûr, introuvable ; De se laisser ensorceler par les premières heures de l’amateurisme obscur et rare d’une entité devenue institution.

L’on y retrouve ces guitares qui, à la perpétuelle croisée de saturations suppliciées ou d’acoustiques champêtres, et, sacralisées par des claviers d’un aigu vertige, résonnent comme autant de clandestines prières vouées à l’éveil de l’âme slave la plus sauvage, traditionaliste et assassine ; Ces percussions aussi fédératrices que chaotiques, au toucher fragile et parfois improbable martelant des grosses caisses résonants telles les éclatements sourds de masses d’armes s’abattant sur des crânes de croisés, des tomes aux claquements semblables à des cohortes de mausers se faisant échos sur un peloton sauvage et, des cymbales semblant inexorablement se désagréger à l’image d’un amoncellement de dépouilles vaincues rongées par les braises purificatrices ; Et, ces vocaux cruels, malsains et haineux semblant en tout instants s’en remettre avec foi à l’incommensurable courroux d’un Perun défié par la candeur des trois sœurs.

La partie Legion quand à elle ne s’avère pas plus propice à apporter du sang neuf à l’édifice. Jusqu’alors, ce projet regroupant un certain Leinad, membre de Mysteries, et, l’incontournable Rob Darken, a donné naissance à « My Celtic Blood », single parut en 1993, « Blood On My Knife », démo de 1994 et, à un Split avec Perunwit en 1995 et, comme le nom de la galette le suggère, la seconde face renferme une réédition du second méfait.Néanmoins, via ce « Blood On My Knife », Legion se révèle être le parfait alter ego de Veles pour cette véhémence confrontée.

Insufflé par une production plus que douteuse et, en un minimalisme ultra violent n’étant pas sans rappeler un « Kein Blut Soll Verunreinigt Werden » de Capricornus, Legion n’égare pas sa course aux armements en de futiles fioritures et, éclate littéralement, comme possédé par une funeste transe chamanique vouée à ne pas connaître autre fin que le passage à trépas.

Les riffs jouissants d’un fuzz hideux, comme chiadé à l’acide de batterie, défèquent des inspirations d‘un frénétisme primaire outrancier, en une insistance des plus acérée et aveugle ; Les percussions, probablement vomies d’une obscure boite à rythmes de l’ère communiste, entretiennent un martelage étroitement binaire à la perpétuelle croisée de blasts irrationnels semblant surgir d’un guide de tronçonneuse et, de mids tempos instables, incontrôlés mais, très martiaux. De cette opacité vénéneuse et repoussante s’envolent, de façon on ne peut plus sporadique, des orgues distordus et cauchemardesques paraissant être enfantés par un ecclésiastique dément et fanatique, s’obstinant à poursuivre sa grand messe dominicale sous le blitzkrieg. Enfin, la cerise sur le gâteau réside probablement en les phases vocales complètement flinguées et putassières, hurlés jusqu’au dégoût répulsif le plus acide que même un Varg Vikernes dépressif, claustré dans la moiteur insalubre du mitard et, s’abreuvant d’un cocktail débouche chiotte / champignons hallucinogènes ne saurait égaler.

En somme, en accord avec sa vocation d’antiquaire, No Colours n’offre rien de particulièrement novateur, mais repoussant une fois de plus les frontières de la folie la plus interdite, de la crasse la plus nauséeuse, offre aux maniaques pourvus de reins solides, un modeste mais correct objet de culte.

En avril de cette même année 2004, l’ombre malveillante de la bête ressurgit des abysses après sept longues années de silence, armée d’un « The Black Ravens Flew Again », à la bannière plus que symbolique, révélatrice et, qui verra le jour non plus sous le joug de No Colours mais de Der Sieg.

Il ne saurait en être autrement au vu de la droiture passée des usages du groupe, le premier track sobrement intitulé « Intro » a été façonné à même les forges de Rob Darken. A nouveau portée par de spartiates et cryogéniques nappes de claviers et, d’éthérés tambours de guerre, semblant retentir des plus profonds sous bois, en un élixir inspirant en tout instant le plus primitif des Lord Wind, une aube sanglante et inexorable semble jeter son dévolu sur des lignes ennemies courrant à leur perte.

Cette auguste ouverture, se révélant quelque peu usée et désormais commune dans le contexte de Veles, paraît préfigurer le couronnement d’un morne mégalithe qui aurait en rien subit l’usure des ages. Toutefois s’ensuit un « The Loyalty For Country » qui fera aux puristes les plus intrinsèques et passéistes l’effet d’un coup de poing dans la mâchoire tant, un peu à la manière d’un Absurd et de l’impressionnant gouffre séparant ses déjections les plus fougueuses, légendaires et, ses témoignages plus récents et posés, il dévoile un Veles ayant considérablement accru son assise. Si le groupe n’a pas fait parler de lui durant bien des lunes, il n’en demeure pas moins qu’il n’est pas resté inactif.

Exacerbés par le son glacial d’une production beaucoup moins fébrile que dans le passé, les riffs s’avèrent être beaucoup plus limpides dans le toucher, le feeling en dominant la substance, ce qui, de part les soubresauts d’une basse omniprésente, confère une profondeur insondable à la verve païenne insurgée, la nostalgie hyperboréenne atavique et, aux impulsions sylvestres fluidifiant les viandes de l’entité. Un étrange mais flagrant sentiment de maturité se dégage de cette façon plus réfléchie, maîtrisée d’éveiller les forces les plus primitives hantant les terres de magie de l’Est Europe et, s’il est incontestable que cela magnifie l’Art de Veles, je dois bien admettre que l’amateurisme lépreux et tressaillant d’un « Night On The Bare Mountain » se fait de temps à autre cruellement regretter. Ce « The Black Ravens Flew Again » étant bien plus qu’auparavant axé sur les saturations brutes des guitares, bon nombre de breaks folkloriques, intros et outros glauques et hypnotiques ont étés jetés aux oubliettes, ce qui lui confère un potentiel d’agression plus direct, moins hermétiquement alambiqué et, par là, peut être un peu trop aisément accessible pour le commun des mortels.

Les percussions offrent un constat relativement similaire. Leur martèlement se révèle incroyablement cassé, complet et dense ce qui galvanisant le jeu de corde de sentiments plus que jamais despotiques et inquisitoires entraîne les structures des tracks vers de très riches épopées, de très épiques et passionnelles chevauchées au cœur de terres renaissantes où les idoles païennes prennent avidement corps sur les cadavres des édifices monothéistes. Néanmoins, une fois de plus, la nostalgie de la frappe chaotique, inégale et, parfois d’une injustesse dantesque d’antan, que n‘aurait pas renié le Capricornus d’un « In The Glaire Of Burning Churches », se fait des plus palpable.

Enfin, les déchirures vocales de Blasphemous fendent, bien évidemment, l’air de façon moins démente et possédée que sur « Black Hateful Metal ». La verve se fait moins incontrôlée et passionnelle et, plus sentencieuse, elle insuffle un textuelle des plus patriotique et politiquement incorrecte de façon lointaine, telle un effroyable spectre du passé ressurgissant d’entre les flammes.

Somme toute, c’est un Veles ayant délaissé ses originels tourments qui nous revient ici ; La haine primale du groupe est toujours aussi asphyxiante mais, se trouve utilisée à des fins visiblement plus constructives. Ce « The Black Ravens Flew Again » demeure néanmoins sincère, droit, de très bonne facture et, devrait convenir à toutes celles et ceux vouant un culte à des albums tels que « Creed Of Iron » de Graveland ou, « Totenlieder » d’Absurd.

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Sperm. S.