C'est après une série de trois remarquables démos ainsi qu'un titre paru aux côtés de Fornost que Vargulf lance ce premier assaut de taille. Premier et seul full lenght album sortit jusqu'à ce jour, « Invading the Throne » témoigne incontestablement de l'impétueuse fougue de ce combo germanique couillu ayant de la haine à revendre et du sang à vomir. Bien qu'il ne puisse passer que pour un soldat allemand ordinaire au milieu d'une Wehrmacht en pleine expansion, Vargulf se distingue par son petit côté "terroir teuton" étant bien décidé à imposer ses règles du jeu sans se laisser mettre au pas par de quelconques avis extérieurs.

Au premier abord, la forme est classique et « Invading the throne » ne semble rien déceler d'extra ordinaire. Le son vachement typé rehearsal semble donner une dimension universalisante aux compositions (qui n'ont rien d'universel, elles, nous y reviendrons plus tard), une organisation sonore en somme très monolithique rendant l'approche assez neutre. Les hurlements de H. saturent sensiblement, les différents organes de la batterie ne sont pas délimités distinctement et la gratte a une je ne sais quelle sonorité commune, banale. En bref, le son n'est pas du tout de mauvaise qualité, mais s'accompagne d'une forte odeur de concert de part son aspect très contigu. Cette facette du groupe est notamment accentuée par la bestialité de ses compos dont l'essence barbare évoque toute la nostalgie d'une blitzkrieg correctement planifiée, lancée au milieu d'une fosse pleine de RASH. C'est alors que le réel potentiel du groupe commence à se dessiner. La forme s'estompe pour laisser s'ériger un contenu foutrement puissant ainsi que novateur. « Invading the Throne » est muni d'une artillerie très hétérogène, d'une diversité formelle transcendée par une aura teutonne inéluctable bien que les tempos soient dans l'ensemble constamment pêchus, Canis Lupus offre une large palette de rythmes tantôt typés punk et old school, tantôt d'une violence déshumanisante (blast beats chaotiques à la sauce crystallium) et parfois d'une lourdeur martiale "paganisante" s'articulant autour d'une double grosse caisse en triple croche « gravelandesque ». Les riffs, quant à eux, n'échappent pas à la règle, et bien au contraire. Les méthodes utilisés par Asatru sont vastes et vont du palm mute lourd (très death black) jusqu'à des parties mélodiques plus typées Absurd tout en passant par l'inévitable speed picking et l'utilisation des 3 dernières cordes à vide dans la tradition freezing moon. Le feeling ainsi que les influences semble tout aussi diversifiés, certains morceaux ont un côté très dodheimsgard période « kronet » alors que d'autres font directement penser à la saveur païenne typique du terroir musical allemand en marquant une énorme ressemblance avec Vargsang (remémorez vous les riffs de « call of the nightwolves ») à la fois blasphématrice et heathen. C'est simple, il suffit de l'écouter pour savoir que Vargulf est un groupe allemand, c'est à croire qu'aucune formation de cette contrée n'échappe à la règle.

Après avoir remarqué tout ces éléments, ont s'aperçoit qu'au final "Invading the Throne" et un album bien difficile à qualifier, parfois totalitaire et militarisant, parfois typiquement "true black" (notamment grâce à l'apparition de « Invading the Throne » semblant sortir tout droit d’un « Heaven in Flames »), parfois même wagnérien (mélodies baroques et nordiques fusant tel les vents hyperboréens), la chose la plus évocatrice que je puisse dire à son propos est que c'est un album allemand qui ne trahit pas sa terre natale et qui na rien à envier aux autres. C'est du bon matériel, et il serait dommage passer à côté. Donc vous savez ce qu'il vous reste à faire si rien de mieux ne se présente à votre regard en ces temps de famine.

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A.M.S.G.