
C’est ainsi qu’en 2002 il met en sommeil Graven pour se consacrer corps et âme à un projet personnel et individualiste sobrement appelé Vargsang ; Projet de toute évidence plus approprié au dépassement et à l’approfondissement de ses convictions et qui renoue avec le bonne et lointaine époque de Totenreich, son premier véritable projet qui était déjà un one man band. On est jamais mieux servit que par soi même…. Mettons de coté l’amertume et la rancœur d’avoir vus sombrer Graven de façon si prématurée pour nous intéresser à ce « Call Of The Night Wolves » qui est le premier album de Vargsang. Si l’on se réfère aux diverses critiques qui circulent à son sujet, cette galette est loin d’avoir fait l’unanimité quasi écrasante de son prédécesseur au niveau de l’accueil reçut. Ainsi, je ne citerais pas de noms, ce serait trop d’honneur et d’intérêt, mais, retenons quelques formules fort caustiques et surréalistes selon lesquelles il est « impossible qu’en 2003 un disque puisse sonner aussi moche naturellement » (n’est ce pas la vocation première du BM ?!?:!), « ce qui est censé mener à l’authenticité n’est finalement qu’un gimmick trendy pour frustrés », ou encore, « le hateful Black Metal qu’il prône ne ressemble qu’à une vulgaire parodie du christraping Black Metal de Marduk » ????!!!! Vérifions donc : « Call Of The Nightwolves » débute un peu à la manière de « Perished And Forgotten » sur un arpége saturé, situé à peu de choses prés dans les mêmes tons et, appuyé d’une rythmique lourde et plutôt similaire ; Puis la machine se met peu à peu en branle pour entamer une ascension fulgurante dans les hautes sphères de l’intégrisme True Black Metal. La recette est une nouvelle fois simple, mais diablement efficace. Vargsang est un concassage permanent et sans merci de haine viscérale, de froideur radicale, de dénuement suicidaire, de nostalgie étouffante, de rancœur combattive, de violence rustique et primitive et, de misanthropie crue et pure. La première comparaison qui parviendra aux oreilles cultivées et exercées dans ce contexte d’agressivité tumultueuse et de noblesse antique est bien évidemment Graven ce qui est inévitable car, comment la patte acérée d’un compositeur pourrait disparaître d’œuvre en œuvre, de projet en projet ? Toutefois il serait réducteur de croire en la généralité de cette comparaison. Bien au delà de Graven, Vargsang emprunte beaucoup à des aînés compatriotes tels que Nargaroth (en moins lyrique) ou Wigrid dans ce qu’ils ont de plus brut et autiste. Cela fait que ce Vargsang sonne de manière beaucoup plus païenne et pastorale que Graven, de façon moins supersonique, avec beaucoup plus de changements de rythmiques et, une aura par la force des choses plus auguste et lancinante. Ainsi là où Graven résonne comme un véritable blitzkrieg, Vargsang se manifeste de manière plus posée et moins incontrôlée tel une chevauchée longue et épique dans des terres hostiles et gelées. Un titre tel que « Through Frost-Covered Moors » suggère parfaitement cela. L’autre gros changement provient des percussions. L’absence de Vronth se fait en effet parfois cruellement sentir. Les martèlements sont beaucoup moins techniques, les roulements ultra simplistes ; Le jeu de Vargsang est plus monotone, moins efficace et assassin. Un véritable batteur aurait pour sur contribué à plus de puissance… Enfin, à un degrés moindre, les vox n’ont pas les relents agonisants et plaintifs du passé ce qui les rends un peu moins hypnotiques, violents et personnels ; Ils sont plus classiques et même parfois proches de ceux d’Abbath (notamment sur « Call Of The Nightwolves » qui ressemble parfois étrangement à un « Call Of The Winter Moon »…) Voilà pour le descriptif. Je pense qu’il n’y a pas besoin de pavoiser sur la philosophie qui guide Vargsang car, malgré l’absence habituelle de lyrics, il est évident qu’elle est restée identique dans ses fondements. En conclusion, il est inévitable que certains vont s’interroger sur la véritable raison d’être de Vargsang, jugeant qu’il aurait été plus logique et de meilleur aloi de continuer la quête Graven. Il n’y a probablement pas besoin de chercher plus loin que dans la misanthropie aigu du personnage qui, l’ayant probablement poussé à se débarrasser de la seconde âme de Graven à justifiée un nouveau départ… Dans tout les cas, je ne comprend toujours pas l’attitude de certains chroniqueurs incompétents qui se sont empressés de plomber cette œuvre alors que dans un passé récent ces mêmes individus se sont probablement adonnés au plaisir solitaire en bavant sur le divin « Perished And Forgotten ». Ce « Call Of The Nightwolves » reste assez classique, ne révolutionne pas le genre et n’atteint pas le niveau de son prédécesseur mais, il reste tout à fait correct et efficace. Nul doute que le meilleur est à venir. Sperm. S. |