
La redoutable batterie d’artillerie qu’est Tsjuder émerge des aciéries norvégiennes en 1993 et, est alors uniquement composée de Berserk à la guitare et de Nag à la basse et aux vokills. L’année suivante marque l’arrivée de Draugluin en tant que second guitariste, Dés cette époque, un grand nombre de morceaux sont composés et prêts à figurer sur une première démo. C’est finalement en 1995 que « Ved Ferdens Ende » est capturée et cela malgré l’absence d’un véritable batteur. Peu de temps après cette première exaction, Berserk quitte les rangs et Tsjuder se retrouve de nouveau réduit à l’état de duo ; Duo qui malgré tout s’emploie rapidement à composer de nouveaux hymnes avec pour seul et unique objectif de faire toujours plus raw. En 1996, Torvus joint la division pour occuper le poste, jusque là vacant, de batteur ce qui permet l’enregistrement quasi instantané de « Possessed », une seconde démo. Très vite, Torvus révèle ses penchants de poseur et donc, ne tarde pas à être banni pour être remplacé en 1997 par Desecrator. Dans la foulée, Diabolus Mort, une vielle connaissance, rentre d’un exile de quatre ans et intègre lui aussi le groupe en tant que second guitariste. Ayant rassemblé pour la première fois un véritable line-ip, Tsjuder ne tarde pas la même année à enregistrer « Throne Of The Goat », un Ep, en collaboration avec Solistitium Records. 1998 est de nouveau une année synonyme de débâcle puisque Tsjuder se trouve pour diverses raisons réduit une fois de plus à l’éternel duo Nag / Daugluin. En 1999, les activités reprennent sérieusement avec l’arrivée de Blod de Gehenna à la batterie et, de Arak Drakoniz (ex Isvind) à la seconde guitare. « Atumn Nocturnem » ne tarde pas à voir le jour via At War Records. Ce promo suscite vivement l’intérêt de Drakkar Prod et du cultissime End All Life si bien qu’un contrat pour deux albums et une tournée est scellé dans le sang et la haine.
« Kill For Satan » se veut être un voyage sans retour vers les grandes heures d’un Black Metal norvégien qui n’est plus aujourd’hui que l’ombre de lui même. Son écoute nous replonge en des âges où les grottes obscures et minérales bordant les Fjords luisaient d’une lumière étrange et sépulcrale ; Abritaient des cultes et rituels inavouables perpétrés sous l’égide d’une certaine élite. Il s’agit là d’un hommage respectueux en nos aïeux et, en même temps d’un crachat fielleux à la face corrompue d’une certaine mouvance superficielle en quête d’une gloire juvénile qui, depuis 1995/1996 est juste bonne à se vautrer vulgairement sur les cendres d’une magnificence passé. En bref et, pour couper court aux formules de styles conventionnelles et de bon aloi, c’est à du putain de Black Metal raw et conquérant que nous avons ici affaire ! Les guitares de Draugluin et Arak Drakoniz sont tranchantes comme des rasoirs et, incisives au possible. Leur osmose est parfaite et, l’unité progresse avec une frénésie purement diabolique qui allie et concasse sans la moindre pitié les éléments incontournables du genre. Ainsi, l’avalanche contenue dans les quelques trente minutes de cette galette regorge de speed pickings hypnotiques, glaciaux et cosmiques parfois proche des premiers Setherial, Dissection ou évidemment Isvind ; De quintes beaucoup plus basiques mais systématiquement implacables, massives et furieuses ; D’apports très Death Metal qui, à grand renforts de palm-mute et harmoniques produisent l’effet d’un mur sonore infranchissable et écrasant. La basse tenue par Nag, souvent très présente et claquante, se révèle être un allié précieux, de taille et, très propice pour conférer à ce génocide sonore un surcroît de puissance et de profondeur. Puisque nous parlons de Nag, ne négligeons pas ses vokills écorchés et haineux à outrance ; Ceux ci placés et calés avec une froideur monumentale, sont un véritable appel à la résistance et à la rébellion contre l’influence des trois pestes du désert. Enfin, ce qui sera pour les puristes la cerise sur le gâteau et, à l’inverse, pour les groupies de dimmu burger ou old man’s child la goutte d’eau qui fera déborder le vase réside en la batterie. Son matraquage est tout simplement hallucinant dans sa hargne, voir surprenant dans certaines touches indéniablement martiales et dominatrices. Là où le drum-kit est pour beaucoup de combos une banale trame de fond violente et vectrice d’une simple mise en orbite, il s’inscrit ici comme un instrument à part entière et autonome qui, dans sa présence, sa brutalité et, ses incessants changements de rythmes contribue véritablement à donner toute sa dimension inquisitoire à l’art de Tsjuder. Notons que le responsable de ce broyage n’est pas Blod contrairement à ce qui était prévu initialement mais Anti-Christian. Ajoutez à tout cela un son énorme et cryogénique et, vous aurez à quelques détails prés une idée générale de l’approche musicale de Tsjuder. Est il vraiment utile de préciser que spirituellement, le quatuor reste tout aussi intègre et fidèle à la substance impériale de ses origines ?! Les lyrics de tracks tels que « The Daemon Gate », « Rapping Christianity » ou, « The Lord Of Terror » sont suffisamment explicites quand au dévouement du groupe au Dominateur Des Ténèbres et, à la destruction de la race humaine. Ceux qui ne seraient pas convaincus n’ont qu’à jeter un regard attentif sur la trilogie prophétisée par Diabolus Mort et, qui clôture l’album : Le concept renfermé par les titres « Kill For Satan (The King Birth) », « Sodomising The Lamb (The King Conquering) » et, « Beyond The Grave (The King’s Reign) » est on ne peut plus clair. En conclusion, inutile de prêcher plus longtemps les mérites de cette œuvre dont vous aurez tous palpés la magistrale consistance ; Consistance à laquelle il est difficile de rattacher d’autre adjectif que le mot « Tuerie » !!!!!!
La même année, Jontho de Ragnarok s’accapare les baguettes et, « Demonic Possession », le second album, est alors enregistré de décembre à janvier et, sort en 2002. Pour ceux dont l’inculture dépasserait l’entendement, il est important de savoir que Tsjuder était le nom d’un peuple qui vivait il y a environ mille ans dans le nord de la scandinavie. Ces autochtones vêtus uniquement de noir vaquaient à leurs nobles occupations à savoir le vol, le meurtre, le viol et les massacres collectifs… Rien de bien étonnant donc, que le Tsjuder du XXIé siècle évolue dans la frange du True Black Metal. Depuis dix ans et, malgré les nombreux changements de line-up précités, Tsjuder n’a jamais dévié de ses objectifs et trahit ses idéaux. « Demonic Posseion » le prouve en imposant un Black Metal pur et sans fioritures dans la droite lignée de son prédécesseur mais, en encore plus radical ! En effet, chez cette horde norvégienne, point de touches mélodiques ou atmosphériques salaces, de voix claires libidineuses et, il est évident que le suave timbre féminin n’est ici conçut que pour déchirer le silence de la nuit jusqu’à ce que mort s’ensuive au court de rudes ébats sodomites ! Le but est ici de propager et perpétuer l’esprit du Black Metal originel et, ne se situe une fois de plus pas ailleurs. On retrouve dons sans le moindre accroc cette nébuleuse orgiaque et hostile qui a fait les lettres de noblesse de excellent « Kill For Satan ». Le jeu de cordes de Draugluin n’a rien perdu de son gigantisme, il s’est au contraire exacerbé et vivifié pour mêler avec hargne et clairvoyance les plans traditionnels, qui ne sont pas parfois sans rappeler les influences des premiers Mayhem ou Darkthrone, et, un feeling Death Metal Brutal comme en témoigne le riff d’ouverture de l’album par exemple. La disparition du second guitariste ne semble pas avoir laissé de séquelles ; Draugluin se permet même quelques solos très agressifs et froids basés sur un usage épileptique du floyd. Tout au long des huit méfaits qui peuplent ce « Demonic Possession », Jontho ne faiblit à aucun moment et, son martelage sans compromis est à la hauteur de sa réputation en apportant une force et précision d’exécution tout bonnement redoutable. Il convient de préciser que malgré sa résonance atomique, le drum-kit est beaucoup moins présent et écrasant que sur « Kill For Satan, l’accent ayant visiblement été mit sur les cordes et les vox par les ingénieurs son. Au delà de son approche sans failles de sa basse, Nag est plus criard et incantatoire que jamais ; Sa voix black ravagée par la haine prend tout son sens dans cette ambiance une fois de plus entièrement dévolue à l’éradication du christianisme. Notons que son timbre s’agrémente parfois de grunts beaucoup plus Death Metal ; Grunts qui sont l’œuvre de Draugluin et, qui confèrent à l’atmosphère générale déjà totalement délurée un regain de profondeur et de puissance non négligeable. Rien de nouveau en somme ; Tout consiste simplement en la poursuite et l’approfondissement d’une quête noble et immuable. Le principal changement au delà de l’évolution par rapport à « Kill For Satan » réside dans la production qui est beaucoup moins propre, plus craspec et donc, beaucoup plus foutrique !!! Avec Tsjuder, une chose est sure : Le flambeau et l’étendard de la lutte sont passés entre de bonnes mains et, les staves churches continueront à nourrir les terres avides de leur cendres !!! Quand à tout ceux qui auraient oubliés ce qu’est et restera le BM (mouvance C.O.F. et autres bâtards sociétaires….) laissons Nag enfoncer le clou : « Black Metal is supposed to be for an elite and totally underground. No keyboards, female vocals or so on; All this shit has nothing to do with Black Metal. Black Metal is satanic music and, it’s not for everyones.” Blood And Honor Tsjuder!!!!!!!!!!!!! Contact : By Herr AMSG |