Voilà qu'en ces sombres jours de décadence urbaine m'est tombé entre les main ce formidable premier opus de Tenebrae In Perpetuum juste après avoir visioné "La Chute" en compagnie d'AMSG (Faut t'il y voire un signe? Les italiens de T.I.P. sont ils les descendants messianiques du Duce ?). Ce combo italien, dont j'ignorait totalement l'existence, n'a pas tardé à susciter en moi une adhésion complète. En allant plus loin je pourrais même avancer que ce "Onori Funebri Rituali" est un coup de maître ne pouvant qu'annoncer la suprématie future du groupe. Artwork de killer, musique haineuse à souhait, sincère et sans compromis: que demander de plus en ces temps orageux qu'une telle oeuvre de qualité ?

T.I.P. pose les règles du jeu dés le premier track : point d'artifices introductifs ni d'autres mises en bouche pédérastiks; celui-ci attaque d'emblée les hostilités avec un blast beat apocalyptique d'au moins 180bpm accompagné d'un riff au son et aux déclinaisons très typé Ornament of sin. C'est presque du jamais vu tant ces putains de romains sont foutrement hargneux! L'assaut poursuit son cour en nous balançant des riffs toujours plus haineux les uns que les autres. L'intensité reste constante et c'est un réel exploit vu le niveau quasiment indétrônable du début de l'album. Ce phénomène, T.I.P le doit en grande partie à la diversité dont ce dernier fait preuve, car ici il n'est point question de plagia darkthronien ni d'éternel sosie de Burzum, mais d'une putain de créativité émanant des cendres des Grands, appelant un ordre nouveau. Il serait facile de déceler en cet opus de très nombreuses influences des plus classiques, mais cela ne s'arête pas là car le groupe semble résolument y ajouter son emprunte personnelle. Commençons donc les choses dans l'ordre et revenons au premier track.

Ce dernier mêle avec conviction la violence des débuts de Dark Funeral à la noirceur de Darkthrone, en y ajoutant évidemment quelques riffs d'une originalité déstabilisante. Atratus nous envoie directement dans la gueule une rhétorique interprétée dans sa langue natale, et là... c'est la consternation tant mes gémissements de tapette n'égalent en rien la prédilection de ce dernier pour l'art oratoire. Du JAMAIS VU, ses hurlements bestiaux sont indescriptibles, la haine émane de sa gorge, une telle performance est INEGALABLE! En terme de comparaison la seule chose que je pourrais dire est que ce fils de pute a hérité de la voix de Grishnack mais a un timbre beaucoup plus puissant et agressif. La rapidité de ses éructations est hallucinante, le chant en italien est irréprochable, il ne reste plus qu'a vous en faire une idée vous même tant vous ne pouvez concevoir une telle haine. A l'entendre, on l'imagine aisément se jeter sur le premier pédéraste venu en lui arrachant sauvagement les tripes pour en farcir le cul d'une bande de racailles. Décidément, les émotions parlent d'elles mêmes...

Mis à part les performances de ce cannibale foutrement bien membré de la gorge, le deuxième track révèle une facette toujours plus violente du groupe. Ce dernier s'articule autour d'une musique extrêmement proche de Troll (époque « Trollstorm »), à l'exception d'une petite surprise: un riff monstrueux digne du K.W. est balancé au milieu du track tel une ogive nucléaire au milieu de l'Afrique noire, cet époustouflant riff semble sortir tout droit de "A new race for a new world" et dote le morceau d'une monstrueuse aura totalitaire. A noter aussi que la hargne des parties guitares est prolongée par une petite reverb tout à fait délectable.

Suite à cet étron gargantuesque posé sur la gueule de l'imam de Sarcelle, T.I.B. surprend encore et toujours en introduisant son "Verso L'Apocalisse" (3ème track) par un riff galvanisé de fierté païenne, conquérant et interprété avec autant de conviction qu'un intégriste catholique irlandais s'en allant saigner un protestant anglais. On est donc bien loin de fientes islamistes comme Arallu ou Immortal Ayatollah, et ce, pour le plus grand bonheur de nos esgourdes. Le tout est accompagné de riffs plus que grandiloquents, et ponctué dans les règles de l'art par un arpège débordant de désolation.

C'est alors "Oscure Prensenze" qui montre le bout de son tarin en imposant un arpège introductif complètement hallucinant ayant une saveur totalement unique. La détresse mentale dont ce dernier fait preuve ainsi que le sentiment d'oppression qu’il provoque sont plus qu'authentiques. Le reste est donc facilement prévisible: reprise des blasts ainsi que celle de riffs très portés sur les aigus, le tout se terminant sur une mélodie criarde et dissonante rappelant fortement celle de "The crying orc".

Rien d'exceptionnel pour "Anime silencioze", le track suivant, opérant dans un true black classique bestial et subtil à la fois.

La réelle apogée créatrice de ce « Onori Funebri Rituali », c'est incontestablement "Delirio Nella Cripta", titre dont il serait un crime de ne pas élaborer un descriptif détaillé. Celui-ci balance dans la gueule toute la nostalgie et la grandeur d'une errance cryptophile effectuée au bord du coma éthylique. Le réalisme est incroyable! Le premier riff bendé est articulé par un mouvement houleux évoquant avec virtuosité une descente d'escalier, l'estomac gorgé de Vieux Pape, appelant irréversiblement ces spasmes vomitifs qui l'accompagnent toujours aussi fidèlement (Demandez à Epuration, il le sait bien mieux que moi). Suite à cette partie jouissive, que pourrions nous attendre de mieux? Impossible de surpasser un tel riff au feeling si absolu! Et bien NON! T.I.B. réitère l'attaque gastrique en nous balançant un riff purement hallucinatoire, tiré directement d'un cauchemar, et subjugué d'un blast beat martelé à coup de double grosse caisse comme sait si bien le faire Tioneb (hailz à toi!) dans les pires abandons charognard de Cavaticus. Le tout est un arrache-gueule sans précédent, un mortier bombardant sans relâche le front rouge; les mots me manquent cruellement pour décrire une telle batterie d'artillerie lourde! Le reste du morceau poursuit donc cette errance macabre sur ce même feeling quoi que toujours plus nostalgique.

Le track suivant "Quegli Occhi" ressemble énormément à "Oscure Prensenze" (même schéma) à l'exception d'un ajout de voix monastiques insufflant à l'ensemble une aura plus blasphématrice. Toujours du grand art !

C'est alors que débouche "Gli Abyssi Di Pisorno" en démarrant sur un riff évoquant tout l'art martial d'Immortal (en beaucoup mieux). Tout se déroule donc de façon ordinaire mis à part l'arrivée finale d'une mélodie plus noire que l'obsidienne même, accompagné d'une nappe d'orgue semblant sortir tout droit de « Planet ZOG » (et croyez moi, la ressemblance et incroyable).

C'est finalement "Nero Dominio" qui clos les hostilités. Un bien beau track fortement bestial très proche d'un Goatreich 666. Arrivé à ce neuvième morceau, Atratus braille toujours aussi violemment en ne perdant aucune puissance (le salaud!) : ses cordes vocales pourraient presque servir à étrangler un boeuf tant elles résistent au mauvais traitement que leur soumet Atratus. J'ajouterais aussi que l'élocution de ce dernier est foutrement proche de celle de Nagash sur Trollstorm.

Voilà donc un excellent opus que nous propose ces deux italiens fortement burnés. "Onori Funebri Rituali", de sa noble appellation, est une oeuvre que vous vous devez de posséder, une sorte de panzer lancé au milieu d'une guérilla marxiste, un coup de pelle militaire foutu dans la gueule d'un octogénaire, bref, pour moi le meilleur assaut de l'année 2004 étant parvenu à mes oreilles. Bien qu'étant d'une forme très classique, son monstrueux contenu ne peut que vous pousser à l'acheter. Et avec ses neuf bon gros tracks, vous en aurez pour votre argent tant le fait de produire des cds de 3 morceaux et des split de 2 pistes est devenu une mode. Pour conclure, j'emprunterais au kamarade Sperma l'expression suivante: Mon foutre perle ! No n! Bien plus que ça ! Mon foutre jaillit !!!

BUY IT IMMEDIATLY !!!!!!!

No Fukking Contact ! 

A.M.S.G.