
En tant que fervent supporter du one-man-band depuis ses débuts officiels en 2002, l’idée que Nihilistic Kaos puisse un jour recevoir un appui pro’ digne de ce nom, car mérité, commençait à sérieusement me taquiner le nœud et, comme tel fut déjà le cas concernant Devilish Era quelques mois plus tôt, il faut définitivement croire que ce saligaud de Lord Azmoth se veut être à l’écoute des fantasmes les plus improbables, sordides, fondus du casque… C’est ainsi que l’année 2006 marquera la sortie de « Les Homélies Du Vice » chez Forgotten Wisdom Prod. « J’existe depuis le
matin du monde, et je ne m’éteindrai qu’à la chute de
la dernière étoile. En un calme tout relatif, ces quelques mots, scandés avec une dédaigneuse sobriété depuis les tréfonds d’un silence d’infecte augure, font rapidement place à un « Caligula » tempête dépeignant un Nihilistic Kaos plus remonté que jamais ; Un Nihilistic Kaos, selon toute vraisemblance, autant décidé à, une fois pour toute, en découdre avec certains claque-merdes, qu’à pleinement assumer le rôle divinateur que lui affuble le nom de son nouvel affront. A mon souvenir, les flyers tirés concomitamment à cette release firent état d’un projet au sommet de son Art, ayant enfin trouvé sa propre personnalité… postulat auquel je n’adhère qu’en partie. Autant il me semble impensable pour tout groupe se prenant au sérieux, cultivant un minimum d’audace, de ne pas se perfectionner avec le temps, logique se manifestant ici via un effort de production plus puissant, une balance entre les instruments plus fluide, des arrangements plus subtils, une section rythmique plus carrée, variée, organique… qu’auparavant ; Autant il ne m’aurait guère fallut plus de trois ou quatre secondes d’une écoute anonyme pour reconnaître la patte N.K. et ses riffs primaires qui, propulsés en des structures aussi dépouillées qu’efficaces par une distorsion plus croupie que ne le sera jamais la nappe phréatique de notre toxico-vénérien Bois de Boulogne National, firent immédiatement entrer le fondateur Split avec Nordum dans le florilège intimiste de mes démos de chevet de l’année 2002. La grandeur, la décadence sont toujours de mise, il suffit de foutre la tronche dans les lyrics de ce track d’ouverture pour s’en convaincre. Monomaniaque fracas blasté
de palm-mutes lépreux entrecoupés de sonorités
plus tranchantes que le rasoir rouillé de je ne sais quel inadapté
lobotomisé aux W.I.P. qui, en pestiférée descente
chimique dans les entrailles du Sentier, déciderait froidement
de poursuivre l’œuvre de J. Mengele, « Célébrations
de l’Apitoiement », lyriquement mené par Ebola [rescapé
du regretté Ond Aand] s’impose tel une crasse et putassiére
diatribe de l’actuelle omniprésence / influence des trois sœurs. « Races humaines également
inférieures, supériorité dans la médiocrité, Quelque part entre mid-tempos inquisiteurs suppurant de cette doléance glacière qui fit les grandes heures du Black Metal scandinave du début des 90ies et, dépressurisations accablantes, distordues, relativement proche des instants les plus scabreux, obscènes du vieux Mütiilation, « La Caresse De L’acier » est une célébration du passage à trépas en sa forme la plus pécheresse. Ce track, bien plus clairement que le premier, dévoile l’organe vocal de Körös sous un jour plus rauque, froid, déshumanisé, moins déchiré que dans le passé ; Organe déclamant un texte de Lord Azmoth qui, s’il inspirera peut être un peu à certains, dans l’esprit, un Eros Necropsique plus cru, minimaliste qu’à l’accoutumée, devrait néanmoins parler aux plus lucides. « Prison de tourments,
prison de haine. Plus supporter ce fardeau, cette peine. Rythmiquement très modéré
tout en sachant rester soutenu, « Rats » inocule
à « Les Homélies Du Vice » une
teinte quasi rock’n’roll ; Initiative n’étant pas pour
me déplaire, témoignant de surcroît d’une maturité
musicale certaine, d’un parcours métallique conçut
tel une globalité ; Chose rare en une époque où
beaucoup d’arrivistes semblent imaginer que le Metal dit extrême
est né aussi simplement qu’une banale envie de chier au bord
d’un Fjord, sans le moindre crasse et dégénéré
précédent. « Je suis le grand démiurge…
le marionnettiste de la création. Dans la veine matraquée ultra radicale de « Célébrations De L’apitoiement », la « Morsure Du Cuir » relâche les brides, laissant à nouveau éclater une conception de l’Art Noir plus proche du fanatisme d’un « Transylvanian Hunger » que de la gay-titude d’un « Drudenhaus »… Après s’être cognés, non sans douleur, le vît dionysiaque de l’ami Körös en XXL, gageons que nombre de « postchrétiens » se rueraient ici sur leurs bassines… » Le maître du temple donne ici corps à un texte de Darkcountess, nom qui ne sera pas inconnu aux maraudeurs de l’UG ayant déjà ouvert « Les Litanies Infernales Zine » ou, écumés certains recueils de poèmes plus ou moins affiliés au milieu. « Je me soumet, au plaisir
d’être ton jouet Présence de Kurgan oblige,
« Sade » impose un nouveau retour à un
feeling plus Old School, auquel viennent sporadiquement se greffer
quelques solos et rebondissements proches de la quintessence
de la vieille scène Toulonnaise, tout en approfondissant, vous
l’aurez d’ores et déjà compris, la thématique
de son prédécesseur.
Conservant la fuck you attitude poisseuse et cinglante de « Sade », « Saprophagus » la décline néanmoins en des agressions très harsh, syncopées, parfois propices aux dissonances les plus abjectes, comme pour mieux accompagner la plume malade, l’organe dégénérescent de Mrik [Devilish Era, Wolok etc… etc…] aux confins de la plus inacceptable, et donc jouissive, folie, en un timbre étrangement proche de celui de Luc Mertz. Sadisme aussi chirurgical que débridé, aussi répugnant qu’excitant, aussi disgracieux qu’esthétique… horreur se justifiant par notre simple animalité dont les impulsions se voient trop souvent réfrénées… les mots me manqueraient presque pour qualifier la nébuleuse lyrique de ce track qui, abreuvant ma fascination pour les rapports Eros / Thanatos, est tout simplement la plus foutrique de cette rondelle. « Dyspareunie résolue Enfin, « Dans Les Tréfonds Du Péché » referme « Les Homélies Du Vice » dans la plus grande et barbare tradition Nihilistic Kaos, scellant une ultime osmose spiritualo-auditive Körös / Darkcountess. Ce track n’est pas foncièrement le meilleur de l’album à mon sens mais a le mérite de lui offrir une chute aussi intense qu’absolue. « Dans les tréfonds
du péché Si au terme de cette dissection en règles certain(e)s exigent encore de bonnes raisons pour daigner engrosser les caisses de F.W.P. , ce n’est plus de mon ressort. Je suppose que pour toute une génération d’antimatières annihilée par l’invasion du néant, la culture pornographique de la superficialité et le manque d’audace, la prescription de tabourets et de cordes devrait être reconnue d’utilité publique… Tout en nuances / relief, conceptuellement solide, visuellement soigné / personnel etc… « Les Homélies Du Vice » est un excellent premier album, un excellent testament également puisque Körös a, depuis, fait table rase de toutes connexions avec le microcosme BM, écœuré par un UG de plus en plus méprisable, risible… décision que je respecte et comprend. Après Nordum, je lève désormais mon biberon en l’honneur de Nihilistic Kaos. Contact : forgottenwisdomprod@wanadoo.fr Sperm. S. |