
Après de fantastiques prods telles que « On The Sortilage Of Christianity » de Lucifugum, « Monuments Of Misanthropy » de Vultyr, « The Mystical Beast Of Rebellion » de Blut Aus Nord, « Taedium Vitae » de Malleus Maleficarum ou autre « De Aeternitas Kommando » de Crystalium, c’est au tour de Nebel de débarquer des abysses toutes griffes tendues et crocs acérés avec la ferme et unique intention d’occasionner les pertes les plus lourdes possibles dans les rangs ennemis !! De cette entité énigmatique, je ne sais rien si ce n’est qu’elle est d’origine Lyonnaise et, qu’elle compte en ses rangs trois maniaques à savoir HDS à la basse, aux vokills et à l’écriture des lyrics, Ukjent derrière les fûts et Chaosbutcher aux guitares et tenancier de la composition musicale. Mes tentatives d’investigations, aussi poussées furent elles, s’étant systématiquement soldées par des échecs cuisants, ne nous éternisons pas et, passons directement au contenu de cette onzième prod du successeur de Chanteloup Créations : Un bref panorama permet sans aucune difficulté de se faire une idée sur l’ampleur de la situation et, de comprendre que l’appellation dont jouit cet album est totalement fondée ! Cet « Hymns Of Destruction » amorce les hostilités à la manière d’une bombe artisanale réduisant en cendres une stave-church oubliée quelque part entre Fantoft et Sarpsborg par V. Vikernes lors de sa grande tournée nationale de 1992 ! Nebel se passe judicieusement des artifices et intros pompeuses et habituelles pour faire exploser sans la moindre accalmie son art funeste situé à mi chemin entre la froideur nostalgique misanthropique d’un Burzum qui aurait gobé de l’ecstasy et, la brutalité radicale d’un Mayhem de la grande époque ramené à la vie par je ne sais quel nécromancien blasé de voir Maniac s’adonner au plaisir solitaire sur le nullissime « Grand Declaration Of War ». Que ce soit pour les guitares ou la basse, le tiraillement des cordes semble monté sur le guide d’une tronçonneuse. L’opacité des riffs et l’intensité des speeds pickings sont tellement impitoyables et atteignent parfois de telles fréquences de frénésie que les manches et les cordes semblent prêts à lâcher en tout instant. Les percussions sont monstrueuses et claquent avec gigantisme. La production de Ludovic Tournier semble avoir exploité à cent pour cent le potentiel le plus subversif et malsain de l’Andromède Studio. Tout est parfaitement audible, jusqu’au moindre détail du roulement le plus conquérant et sans pitié ce qui permet à Ukjent de s’ériger tel un marteau ultime de violence inouïe et aveugle. Enfin, les vox sont assez particulières pour le genre pratiqué par la nouvelle génération puisque empreintes de très forts relents Death Metal comme pour renouer avec des ages ancestraux et reculés où les frontières entre Death et Black étaient plus qu’infimes et où les maniaques des deux genres agissaient de concert pour répandre haine et désolation. A noter que parfois, les déchirements de HDS se font moins caverneux, plus rauques et distordus comme sur « Nausea » qui ne peut qu’inspirer une certaine comparaison avec l’aura hantée de Attila sur le légendaire « De Mysteriis Dom Sathanas ». Rien à ajouter de plus ici. Tout simplement saisissant ! Si l’on supplante le carde strictement musical pour se pencher sur l’état d’esprit forcément déséquilibré qui guide le trio, il paraît difficile de se faire une opinion précise. Nebel utilise des titres forts en symboles et dont les termes sont sujets à diverses interprétations tels que « Corruption », « Light », « Nausea », « Holocaust » … L’absence de tout lyrics ou tout indice renforce cette difficulté d’accès ; Je ne me risquerait donc pas à d’éventuelles interprétations hasardeuses… En conclusion, « Hymns Of Destruction » est un album très classique au milieu de beaucoup d’autres dans l’underworld, mais, sa rage incontinente ne peut que faire son effet. Il s’agit là et, quoi qu’on en pense d’une œuvre ultime représentative d’un underground hexagonal qui pense dans le bon sens, qui relève le niveau et, qui sait rester respectueux.
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