
Nartvind
est le fruit d'une copulation impie réunissant Nihil (dunklerkrieg,
plague, heidenwelt) et Ghoul sous la bannière d'un nécro
black metal concentrationnaire et déshumanisant. Le résultat
de cette union macabre qu'est "until their ruin" n'a pas
attendu longtemps pour susciter en moi l'adhésion totale ainsi
que l'élaboration d'une petite chronique en ces jours de commémoration
(et oui! 1945-2005: "pour ne jamais oublier"!). Car nous
n'avons pas tous la chance, comme notre bon président Chirac,
de se rendre sur ce lieux de pèlerinage qu'est Auschwitz pour
célébrer un grand événement de l'Histoire:
la shoah. Et le track suivant n'est pas là pour démentir cet inéluctable fait. Sobrement intitulé "blitzkrieg" (et quelle nostalgie...), il nous balance à la gueule un bien meilleur portrait de Guernica qu'un certain prostitué de l'abstraction artistique à sut le faire. Cette blitzkrieg à la saveur totalitaire mise sur une machinalité démoniaque évoquant l'irrésistible marche des chars allemands sur le sol espagnol, broyant chaires et os, morts et vivants, sans l'ombre d'une larme. C'est sur un arpège particulièrement repoussant que se termine cette éloge dithyrambique de ce que fut une période glorieuse…. Le morceaux suivant poursuit cette errance arpégée sur fond de mid tempo et de hurlements torturés semblant directement provenir de la salle d'autopsie du docteur Mengele; et vous l'aurez compris: l'anesthésie n'est pas au menu. Rien d'exceptionnel en somme, le spectre de la Mort continue à planer sous la voûte ténébreuse de ce paysage d'holocauste en attendant le moment voulu pour arracher de ces griffes glaciales le cœur souillé de sous-hommes ne méritant pas de dispenser leur morale de faible au reste de l'humanité. "war propaganda" ne se fait pas prier pour planifier cette sombre tâche qui lui incombe et réitère donc les offensives sous le signe de Goebbels (décidement, Nartvind à choisit de nous pondre là un bien joli portrait de famille!). Les sonorités plus aiguës, voire cristalline, de ce dernier rappellent d'ailleurs avec virtuosité la douce mélodie du verre brisée ayant bercé une certaine nuit teutonne. L'ensemble reste toujours aussi absurde et déshumanisé. Quant aux bases structurelle, elles demeurent irrésistiblement classiques (blasts beat abrutissants etc.). Donc rien de nouveau pour "black metal mist", l'obus suivant, mise à part l'haleine de Nihil commençant sérieusement à puer le Zyklon B. Le bougre semble avoir inhalé des quantités considérables de l'insecticide en question jusqu'à se ronger l'intérieur de la gorge: chaque vibration de ses cordes vocales mutilées est distinctible lorsque ce dernier gerbe "black metal mist". Un remake auditif de Nacht und Nebel version bm en somme... A cette version belge de bm ist krieg suit "flowing blood", un savant croisement entre le ton mélancolique d'un Burzum et les étranges sonorités chaotiques propre à Nartvind qui imposent déjà un registre bien spécifique et unique en son genre. Et c'est alors que notre long voyage initiatique à travers les landes désolées de la souffrance nous mène bizzarement à "hail self destruction", un titre hors contexte et festif dont il serait inutile de faire la description. Burlesque macabre? Branlette viking ratée? Libre à vous de contacter Nartvind pour plus de précisions... Peut-être n'est il là que pour souligner la qualité du titre suivant qui nous replonge dans la guerre initialement menée par les premier track. Dernière offensive de l'album
"valleys of extermination" s'occupe de nous débarrasser
(à coup de pelleteuse caterpillar s'il vous plaît) des
cadavres encore fumants de l'ennemi tombé sous le vacarme des
raids de la Luftwaffe. Un titre aussi délicat et poétique
que le sont les émanations olfactives d'un charnier. Riffs
à la fois destructeurs et dégueulasses (foutre! Ghoul
n'épargne aucune corde de sa guitare, ce furieux gratte avec
autant de tendresse qu'un grizzly élitiste se faisant les pattes
sur un chêne centenaire), vokillz écorchée rappelant
le chant glaireux d'Abbath, accords vomitifs, acérés
et criards, "valleys of extermination" s'impose comme une
conclusion digne de ce nom et fait honneur à l’œuvre éternelle
des grands bourreaux de l'humanité.
Kontakt : A.M.S.G. |