
Leviathan
fait partie avec Ondskapt des nouvelles recrues enrôlées
pour la cause Black Metal dans la division Selbstmord Service; Label
qui a déjà un certain nombre de prods à son actif
et qui s’est notamment largement illustré en collaborant avec
l’excellent et très necro Craft, ou, avec le très suicidaire
et dépressif Shining « Far Beyond The Light » étant la première réalisation officielle sous ce nom ; Le groupe étant très discret, surtout sur le net (aucun site internet, aucun contact…) ; Et ayant eu vent d’un certain nombre de rumeurs ou allégations plus ou moins crédibles dont une faisant par exemple état de la participation des membres d’Armagedda à ce projet, j’ai tenté d’extirper quelques informations directement au label. En vain, Leviathan semble intrinsèquement désireux de rester dans l’ombre ; Attitude assez frustrante pour l’adepte mais, au demeurant terriblement noble, en adéquation avec les éxigeances premières du genre et, qui nous épargne le pathétique spectacle déballé mensuellement au trimestriellement par des torchons qui se veulent spécialisés en matière de Metal Extrême. Je ne parviens pas encore vraiment à expliquer le nombre d’heures d’écoutes que je comptabilise pour cet album. Je n’ai jamais vraiment pus blairer la scène extrême suédoise dans son ensemble qui, majoritairement, s’engouffre beaucoup trop à mon goût dans certains carcans stéréotypés pour ne plus en sortir. L’école du « Gothenborg Death Metal » avec des groupes tels que Centinex ou Gardenian est un bien triste exemple de cela ; En matière de Black Metal, le style institué par Dark Funeral et consorts ne semble pas prêt à cesser de convertir de nouveaux adeptes, en témoigne l’explosion actuelle d’un groupe comme The Legion. Mais, contre toute attente, ce « Far Beyond The Light » crée la surprise et rompt littéralement avec les clichés colportés par les combos mainstream : Ici, point d’avalanche de speed pickings tiedasses, revus et corrigés dans leurs structures et mélodies mais un véritable travail d’introspection sur les cordes avec beaucoup de riffs arpégés, de contrastes dissonants morbides et dépressifs, des attaques vénéneuses et lancinantes… Un véritable ravage dysharmonique qui donne souvent l’impression que les entités intraterrestres les plus sombres tiennent furtivement le rôle de second guitariste. Point de matraquage abrutissant du début à la fin de l’album au niveau des percussions, mais une véritable recherche rythmique basée sur de très fréquents changements de rythmes, un jeu de cymbales intéressant et bien dosé, une utilisation hypnotique de cet instrument souverain et conquérant qu’est la double… Point non plus d’autosuffisance au niveau des lignes vocales. Nous sommes ici relativement éloignés du timbre standard et monochrome d’un Setherial ou Marduk qui même s’il reste efficace et approprié devient de plus en plus banal à notre époque. Le spectre vocal de Leviathan tire résolument sur les graves et s’exprime de manière inhumaine, dénuée de toute vie tel les dernières lamentations d’un suicidé en train de se vider de ses derniers fluides vitaux dans la solitude. Enfin, point de production Abyss Studio aseptisée mais, un son qui tout en restant puissant est incontestablement morbide, glacial, nekro et, un minimum personnel. Tout le monde aura compris que par cette première œuvre Leviathan s’érige tel un monolithe turgescent de haine et de froideur et, un titre tel que « Far Beyond The Light » ne fait qu’entériner cela et laisse largement deviner en quoi consiste l’aspect textuel. Un excellent album qui à lui seul relève l’opinion que je me suis fait de la scène suédoise à force de déceptions et trahisons. J’attends la suite avec une impatience peu commune. Contact : Sperm. S. |