
Les guitares, tenues de mains d’experts par la donzelle Hoggsogoth et le sieur Mephisto, balancent des riffs imparables, allant et venant avec aisance entre les contrées glaciales de la Scandinavie et, les souterrains infernaux du vieux Thrash impénitent, jusqu’à léchouiller le scrotum protubérant du Heavy. Ainsi il ne faudra pas s’étonner de sentir sur un même morceau le souffle méphitique de bands légendaires tels que Bathory, Gorgoroth, Mayhem et Kreator ! Pour ce qui est des vokills, ils sont tout bonnement impeccables, en admettant que ce terme puisse coller à un tel étalage de maîtrise dans l’art de vociférer comme un damné semblant réclamer son soûl de violence et de barbarie. Ainsi Charon passe allègrement du guttural rauque au hurlé d’un Tom Araya en grande forme, en passant par l’inévitable écorchement typiquement Black, de quoi rassasier notre soif de haine. Les lyrics sont quant à eux de la plume de Hoggsogoth et demeurent sans équivoque ! Plus blasphématoires les uns que les autres, ils reflètent des convictions que ne sauraient saisir je ne sais quel merdeux candidat pour le prochain Zone Interdite de M6, ayant découvert, pas plus tard qu’hier au détour d’un fan site Slipknot ou Evanescence, les dogmes soi-disant subversifs d’un ex dresseur de fauves humaniste californien se revendiquant de Satan pour le bien du libre arbitre de tous, mais plus particulièrement de ceux présentant paradoxalement une force de caractère avoisinant le zéro sur l’échelle des convictions personnelles. L’artwork de l’album renforce l’aura maléfique et old school du groupe en arborant un crayonné cradingue du grand cornu, illustration classique depuis que le Metal est Metal et encore une fois la preuve d’un attachement sincère à certaines traditions. Pour sûr, ce bon vieux Jacky Cordonnier y verrait là la toute première représentation historique du diable (putain, j’en ris encore !!). Lord Charon ne se contente pas seulement de propager ces idéaux malsains en se faisant saigner la trachée à travers de minces réverbérations, puisqu’il s’active également à chatouiller les 4 cordes d’une basse elle aussi maîtrisée et qui trouve autant sa place dans la musique de Lord que le reste de l’artillerie. En parlant d’armement lourd, il serait aberrant de passer outre l’excellent jeu d’Armageddon derrière les fûts. Ça blast et ça break à tout va, les changements de rythme sont légion, préparez la minerve… Foutre ! Mais ces metalheads n’ont-ils aucun défaut ? Si en plus je vous dit que cette release a été enregistrée dans un petit studio avec de modestes moyens, on me soupçonnera de m’être trompé d’item en rédigeant cette chronique… Et pourtant, « Hell’s Fucking Metal » nous sert une production des plus correctes, où chaque instrument reste parfaitement audible dans son exhibition toute métallique. Point n’est ici question de fonctionnaires le jour, occultistes la nuit jouant de cierges phalliques et de poignards en plastique pour invoquer Belzébuth dans l’espoir de provoquer une quinte de toux chez son voisin de palier. Je ne vois là que des artistes passionnés dans leur sombre ouvrage à distiller, dans les bulbes ramollis de qui voudra bien les entendre, le pernicieux poison d’un Black Metal burné rimant avec Venom, Possessed, Sodom ou Celtic Frost pour les plus anciennes influences, outre celles déjà citées plus haut. Quant aux morceaux dans leur singularité, je pense qu’il est inutile d’établir un commentaire pour chacune de ces sept petites tueries. Tous du même tonneau Black’n Thrash, aucun n’est à jeter !! Mais bordel, à me relire j’ai
la sale impression de m’être embourbé dans les éloges
les plus grasses… Et pourtant rien n’est à rectifier ! Je n’aurai
d’autre conseil que de vous suggérer fortement de vous sortir
les doigts du cul pour acquérir cet album par n’importe quel
moyen. En dernier recours, essayez le chantage et les menaces de mort
à l’adresse ci-dessous, sait-on jamais. Kontact : KonRig |