Il est très rare que j’accueille d’un œil indulgent les projets aux allures de dream-team en ce qu’ils sont bien souvent, pour leurs instigateurs, prétextes à se détendre le gland, à se reposer sur leurs acquis pour, au final, proposer, au commun de la plèbe métalloïde, l’imbuvable le plus exotique… Il suffit de s’écouter le primal et tout récent affront de Scum pour s’en convaincre…

De ce type de conglomérats, visiblement de plus en plus en vogue ces dernières années, seule une poignée est parvenue à imposer le respect à ma langue de pute… parmi ce cercle privilégié : Hell Militia, projet composé de Meyhna’ch [Malicious Secrets / Mütiilation] pour les vokills, T. Persecutor [Arkhon Infaustus] & Arkdaemon [Temple Of Baal / Deviant] pour les guitares, Dave Terror [Vorkreist] derrière les fûts & Hellsukkubus [Antaeus / Vorkreist] pour la basse, qui, après être apparut sur le split Ep « SPK Kommando » aux cotés d’Antaeus, Eternal Majesty & Deviant en 2001, et, avoir enfanté « The Second Coming », démo Rehearsal, deux ans plus tard, signe ici son premier véritable album avec l’appui du très respectable Total Holocaust Records.

Typiquement parisien, donc, mais conférant néanmoins l’impression de trôner bien au delà de toute cette tourbe saturée d’entités tellement prévisibles qu’elles en deviennent communes, acceptables… de tout ce risible cloaque microcosmique esthétiquement conformiste, idéologiquement inhibé, transpirant d’une foultitude faussaire de junkies par procuration, d’artisans de discorde avortés, d’embryons subversifs lobotomisés et d’extrémistes s’étant engouffrés, sans convictions réelles, dans les brèches d’une décadence For Him désormais galvaudée… caractérisant la scène de notre capitale, Hell Militia propose un Art Noir aussi intégriste et traditionnel que personnel et inspiré.

A l’image d’un superbe artwork / lay-out transsubstantiant les membres du groupe au rang d’éminentes icônes œcuméniques qui auraient succombées aux charmes des plus obscènes calamités charognardes [bien que je constate, une fois encore, que certains vils obscurantismes demeurent tabous et intouchables, au détriment purement symbolique d’une église de nos jours pour le moins inoffensive en dehors d’un certain lobbying…], la production, très soignée, de ce « Canonisation Of The Foul Spirit » se revendique autant d’une crasse sordidité que d’une imposante vigueur… Alchimie propice à la suppuration d’un miasme de guitares plus néfastes que le rictus d’un prêtre excommunié qui, pour immortaliser son ultime office, aurait puisé le sang usurpateur, extrait la cannibalesque chair eucharistique, aux sources du Léthé, en la vilenie d’une rave noire, et, condamnerait peu à peu sa dégénérescente paroisse au feu éternel originellement attisé pour le Diable et ses ange ; Plus fanatiques et aveugles qu’un malléable apostat qui, s’étant abandonné aux maléfices de l’infernale, terrienne et céleste lune aux milles formes changeantes, vagabonderait dans les entrailles assoupies d’un couvent pour y poisser la pureté rédemptrice des filles du sacré ; Plus tranchantes et informes de dissonances que les vertiges d’un pénitent qui, oublié dans l’Hadès avant son effondrement démoniaque, contemplerait Medusa, Alastor, Erinyes & Keros, et autres chimères sanglantes de la Suite d’Hecate, pervertir et tirailler le séjour maussade des trépassés… Guitares où surnage de façon très palpable le jeu de basse d’Hellsukkubus, grouillant tel les soubresauts d’une vie qui laisserait peu à peu la juvénile virginité de viandes sacrificielle en pâture aux austères tourments de la Mort…

Si l’hégémonique clairvoyance matraquée de Dave Terror ne saurait être remise en question à l’écoute d’un quelconque glaviot de Vorkreist, ce n’est pas la fréquence rythmique régnant sur les dix tracks de cette rondelle qui viendront heurter un démentit à ce postulat. Colossale, asphyxiante, chirurgicale, écrasante, indomptable, crue et brutale, je ne compte pas les superlatifs potentiellement tangibles à la qualification de cette frappe où toute réverbération de grosse caisse s’écrase sur l’auditoire tel le doigt d’un Dieu qui se serait mit à haïr sa création ; où tout clappement de tome retentit de façon plus morbide que les vertèbres d’un hérétique qui se disloqueraient sous le poids d’une inquisitrice pendaison ; Où tout feulement de cymbale paraît luire tel le tranchant d’une vengeresse lame aliéné et criminelle qui, dans l’opaque crépuscule dominical d’un presbytère sur le point de rejoindre le royaume de Morphée, attendrait patiemment la mort d’un pédophile homme de foi…

Enfin, c’est à un Meyhna’ch fidèle à lui même, à la liquéfiée du casque croisée de la folie impulsive, instable de Malicious Secrets, et, des introspections maladives de Mütiilation, qu’il incombe de vomir une textuelle dépravée, sanguinolente, torturée, perverse et endoctrinée que, bien qu’absente du booklet, l’on imagine parfaitement apte à faire dégueuler les parasites straight-edge, mondains et politiquement corrects de l’UG. 

Au final, il en ressort ce qui fut, pour moi, l’un des meilleurs et plus authentique album de l’année 2005, en ce qu’il est bien difficile d’y déceler de quelconques  castratrices influences notoire, pas même dans les rangs pourtant très singuliers des groupes fondateurs de ses membres… Summum de ce constat : La reprise très noire du « Years Ago » d’Alice Cooper témoignant d’une démarche audacieuse et libre de toutes servitudes. Grand et démesuré.

Worship Or Stay A Cock Sucker !!!!!!! 

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HELL MILITIA

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Sperm. S.