Epheles n’est désormais plus un nom qu’il est nécessaire d’introduire en détail, du moins pour celles et ceux qui, dans le passé, ont pris le temps de s’intéresser en profondeur à leurs deux premières et très prometteuses démos Cd-r ; Pour les autres, ceux qui seraient passés honteusement à coté, je les renvoie aux chroniques immortalisées dans le passé en nos pages.

Voilà bien longtemps que, hormis à l’occasion de quelques compilations dont l’excellente « Furor Gallicum » sortit chez nos camarades de BDP / Tyran Prod et, aujourd’hui sold out, ce groupe sévissant dans le Nord Est de la France n’avait pas fait parler de lui ; Plus précisément depuis l’an de discorde 2001, époque de l’avènement de « L’Ombre De La Croix ».

Trois longues années d’absence donc, qui furent néanmoins synonymes de mouvements importants puisqu’elles marquèrent le départ de Malphas, jusqu’alors l’un des deux pilier fondateur de l’entité, la signature chez un label peu scrupuleux, sur lequel nous reviendrons par la suite, ainsi que l’intégration d’un batteur et d’un bassiste pour en arriver en mai 2003 à la capture de ce premier véritable album qu’est « Le Dernier Pardon ».

Album placé sous l’égide de considérables changements mais qui, de part sa durée effleurant les cinquante minutes pour sept tracks, incluant un court interlude ainsi qu’un très bref et radical morceau d’outro, laisse néanmoins d’ores et déjà deviner un Epheles dans la droite continuité de ses premiers obscurs opus, cultivant toujours avec ardeur un goût prononcé pour les longues et alambiquées litanies.

Il suffit de se laisser happer outre-tombe par un concis et abrupte préambule synthétique et, de relever dignement la tête après s’être bouffé en pleine tronche les premiers souffles d’une prod titanesque et très soignée pour s’en convaincre et, par là, retrouver ces tourbillonnants tourments, ce glacial et multidimensionnel dénuement si caractéristiques.

Les riffs enfantés, dans une douleur semblant inouïe, par Nephtys entretiennent plus que jamais cette aussi effroyable qu’émotionnelle ambiguïté entre explosions d’une virulence épileptique des plus crue et brute se laissant submerger par une haine quasi incontrôlée, purement animale, et, rechutes pachydermiques plus raffinées, s’abandonnant, via l‘émergence de divers arpéges ou de mélodies saturées d’une froideur cristalline, à une mélancolie suicidaire proche du mal incurable. Le jeu de basse, bien plus présent que dans le passé, assuré par Dominiaz, offre à l’ombre de la grande faucheuse ici implacablement incarnée un surcroît de profondeur abyssale ; Abîme funeste, théâtre d’une perpétuelle étreinte entre macabre décrépitude et haletant soubresauts d‘existence d’où s’exhale une fois de plus des claviers judicieusement pensés privilégiant atmosphères et ambiances au détriment des pathétiques branlettes stylistiques que nous gerbent sans convictions de plus en plus de groupes, Destinity ou Anorexia Nervosa en tête de liste ; Claviers parfois tellement viscéraux qu’ils luisent d’un inexplicable et morbitaire atavisme.

Au firmament de ce noir édifice trônent en maîtres les vocaux de Nephtys ; Gravés à même le marbre sépulcral le plus émoussé, ils perpétuent, dans leur déchirement résignés où leurs phrasés clairs plus cérémonieux, l’héritage laissé nombre de lunes plus tôt. Je ne regrette que l’absence des lyrikz dans le promo m’ayant été envoyé.

Enfin, les percussions sont une grande première dans l’histoire d’Epheles puisque assurées par un véritable batteur. Que dire si ce n’est qu’un regain de puissance et de diversité rythmique est incontestable et purement jubilatoire, même si certes, l’aspect mécanique d’antan de part sa froideur déshumanisée est bien plus appropriée à l’entité qu’un frappé purement organique.

De l’écoute de ce « Le Dernier Pardon » l’on ressort subjugué, meurtri et viscéralement épris tant il témoigne d’un nouveau et impressionnant palier franchit par la bête ; Mais l’on ne peux également que demeurer indigné par l’attitude intolérable, le mutisme de longue date et l’incompétence notoire et fourbe du label Asso Everlasting condamnant pour l’heure cet opus remarquable à la clandestinité, peut être même à jamais.

Il est de plus en plus rare de trouver aujourd’hui des groupes sachant rester sincères et fidèles passé le stade des démos ! N’hésitez pas à contacter le groupe et à lui apporter un soutient et intérêt plus que mérité !

GRIM REGARDS !

Sperm. S.